DOCTRINE DE SOCRA.TE. 14S
1 3. C'est à la manière d'envisager la vertu comme une science, que nous semble de voir être rapportée la distinction que Socrate faisait entre la félicité a cquise par le travail {sw^rpoi^ta) et le bonheur fortuit ( turu^ioi). Il enseignait, en conséquence de la même doctrine, qu'il n'y a que ceux qui savent commander qui commandent réellement.
1-4. Socrate comme nous venons de le voir, fit donc des recherches scientifiques sur la morale ; mais nous ne trouvons pas qu'il les ait conduites bien loin dans les détails. Si la question roule sur le juste et le bien en particulier, il renvoie aux lois de l'État, qu'il met en rapport avec les lois non écrites ou divines. Il indique aussi sous ce rapport la vocation spéciale que la divinité fait connaître à tous les hommes en particulier et que chacun doit s'appliquer toute sa vie à remplir.
15. En considérant tous ces résultats à la fois, nous voyons bien comment Socrate était porté, par ses entretiens avec une jeunesse pleine d'espoir, a provoquer un mouvement scientifique nouveau et plus complet ; non pas un mouvement partiel dans une branche particulière de la philosophie, mais un mouvement qui-, dérivé de la conscience de la science générale, s'étendit à tout ce qui est susceptible d'être su (1).