ANTISTHÈNE ET LES CYNIQUES
plus dans une jouisssnce quelconque , mais dans une disposition de l'esprit. Aussi sa doctrine est profondément égoïste : selon Théodore, le sage se suffit à lui-même, l'amitié n'est qu'un vain nom, et en général rien n'est honteux ni immoral de sa nature.
8. lîégésias, surnommé Peisilhanatos, et qui enseigna à Alexandrie admit les mêmes principes que Théodore. Mais considérant les nombreux obstacles qui s'opposent à ce que l'homme trouve la joie, il enseignait , que la vie n'est qu'un fardeau qu'il faut lâcher de secouer. Dans un livre qu'il composa sur sa doctrine , il fif exposer ses principes par un homme qui se laissait mourir de faim. Comme Hégésias était très-éloquent et qu'il peignait avec les couleurs les plus sombres les misères de la vie humaine, il poussa plusieurs de ses disciples à se donner la mort. C'est pourquoi il fut surnommé Peisithanatos et on lui défendit d'enseigner.
9. Annicéris voyant les trisles et affreuses conséquences de la doctrine de Théodore et d'Hégésias, revint au principe d'Arislippe et tâcha de reconcilier la doctrine cyrénaïque avec les exigences de la vie sociale. Comme il se rapprochait en certains points de la doctrine d'Epicure, quelques anciens l'ont regardé comme Epicurien mais à tort , puisqu'il n'admettait pas un but général de la vie.
10. L'enchaînement historique nous a déjà fait dépasser le temps des premiers Socratiques j cependant nous n'avons rencontré que des doctrines dont nous pouvons dire que les éléments existaient déjà du temps même de Socrate. Tout le mérite des Cyrcnaïques est d'avoir donné à ces éléments un enchaînement scientifique, au moyen duquel il est assurément plus facile d'en juger la valeur.