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CHAPITRE V

Antisthène et les Cyniques.

1. Comparaison des Cyrénaïques avec les Cyniques. 2. Vie cI'Antisthène, ses maîtres, son école — Sa pauvreté —Ses rapports avec la société. 3. Le souverain bien consiste dans la vertu; le seul mal consiste dans le vice. Le

IJiS DEUXIÈME PÉRIODE.

reste intiiffi rcnl. 4. FVigorisme sauvage de celle école — Dédain des richesses etc. Idéal du Sage — Oubli de la tempérance socratique. 5. Les Cyniques rejettent la définition de Socrale et les idées de Platon. 6. Théologie d'Antisthène. 7. Ses disciples.

1, Tandis que les Cyrénaïques croyaient parvenir à une indépendance personnelle entière . en considérant toutes les situations de la vie comme des sources de plaisirs, les Cyniques pensaient atteindre le même but. en se soustrayant , autant qu'ils pouvaient, aux influences du monde extérieur et en plaçant cette indépendance dans l'absence de tout besoin. De là le caractère positif de l'une et le caractère négatif de l'autre de ces doctrines. La tendance négative de l'école cynique semble avoir eu sa raison dans la position sociale d'Antisthène» son fondateur.

2. Anlistbène, Athénien, dont la mère était de Phrygie ou de Tlirace, suivit d'abord Gorgias; il s'adonna même à l'éloquence

sophistique et ouvrit une école de Sophistes. 11 fit plus tard la connaissance de Socrale et devint et resta son fidèle disciple. Des idées préconçues, un caractère raide et exagéré l'empêchèrent cependant de bien comprendre la doctrine de son maître. L'école qu'il fonda fut nommée cynique, soit à cause du b'eu de réuniondes Antisthéniens, (Anlisthènc enseignait au Cynosarge , gymnase près du temple d'Hercule); soit à cause de leur manière de vivre , qui contrastait singulièrement avec les mœurs élégantes des Athéniens. Anlistbène , pauvre et exclu, par sa naissance, des charges publiques, plaçait la véritable valeur de l'hoinuïe dans l'usoge delà raison, et cet usage dans l'indépendance d'esprit. Déclarant la guerre à la mollesse et au luxe de son temps, il prenait tout l'extérieur d'un mendiant et marchait gravement, et en général d'un air négligé, armé de son bâton et de sa besace. Méprisant son siècle, il en fut payé de retour; car on nous dit que son école fut peu suivie, et que lui-même en conçut un tel dépit qu'il renvoya le petit nombre de ses disci])les. Anlislhène écrivit plusieurs ouvrages.

3. Le point central de la doctrine d'Antisthène est, que le souverain bien se trouve dans une vie vertueuse. La vertu consiste uniquement dans l'activité et ne demande point de recherches scientifiques étendues ni de hautes connaissances : elle suffit

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