‹ Manuel de l'histoire de la philosophie ancienneChapitre 32 sur 90 · ANTISTHÈNE ET LES CYNIQUES · texte numérisé non relu

ANTISTHÈNE ET LES CYNIQUES

pour nous rendre heureux , si elle a pour compagne la tempéra nce socratique. La vie vertueuse est donc le but vers lequel doivent tendre tous les efforts de l'homme. La vertu seule est un bien, le vice un mal, et ce qui n'est ni vertu ni vice est indifFérent.

4. En conséquence de ces principes, Antisthène méprisait les lettres et les arts pour autant qu'ils détournent du but réel de la vie. Il dédaignait les richesses, la gloire, une noble extraction, et restreignait les besoins de la vie à ce qui est indispensablenient nécessaire., en se fondant sur cette maxime de Socrale, que celui qui a le moins de besoins ressemble le plus aiix dieux. L'idéal de l'homme vertueux, du sage, consiste donc, selon Antisthène , dans l'indépendance la plus complète de toutes les circonstances extérieures. C'est de ce rigorisme extravagant, que découlèrent les paradoxes et les absurdités eu fait' de conduite . qu'on a reprochés aux Cyniques et cet éloignement de la tempérance vraiment socratique, qui est si visible dans leur système.

.5. Fidèle à la direction que Socrate avait donnée aux études philosophiques, Antisthène s'occupa aussi de diiilectique; ainsi il soutenait qu'on ne peut rien définir: on peut seulement dire d'une chose que c'est ce que c'est. Il rejetait aussi les idées de Platon. On doit s'étonner de trouver de pareilles opinions dans un disciple de Socrale, dont tous les efforts tendaient cependant à la définition des idées. On trouve aussi de semblables erreurs dans d'autres écoles sorties de l'école de Socrate. La cause s'en trouve dans la méthode de ce philosophe.

6. Dans sa doctrine .sur Dieu, Antisthène semble s'être rap. proche de Socrate, sans garder cependant celte sage mesure qui caractérise toujours l'enseignement de son maître.

7. Antisthène , comme nous l'avons déjà remarqué, n'eut qu'un très-petit nombre de disciples, chez lesquels la tendance scientifique semble encore s'être perdue davantage. La philosophie n'était pour eux qu'une manière de vivre. Nous ne citerons que le célèbre Diogène de Sinope, surnommé le Socrate en délire, à cause de son excessive exagération , et Cratès, mari d'Hipparchie , qui était d'une trempe d'es{»rit plus douce et

plus bienveillante; ce qui le rendait plus propre à former, avec son disciple Zenon , la transition de la morale cynique à la morale stoïcienne.

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