DISCIPLES DE PLATON
définition et sur l'union des sciences, quoiqu'il les étendit davantage. Maisils'éloifjna dans d'autres points de doctrine de son maître. Il admettait deux oritériiun de la vérité , qui correspondent, l'un aux choses sensibles, l'autre à celles qui sont du domaine de la science. Il allait aussi, dans la doctrine des nolAbres, plus loin que l'esprit de la doctrine ])latonieienne ne le permettait, en quoi il fut imité par ses condisciples Xénocrate et Hislice. Ces hommes semblent avoir conjecturé, que le mystère de toutes choses est dans la théorie du nombre. Speusippe s'éloignait encore de la doctrine de Platon en ce qu'il prenait pour premier jirincipe autre chose que le bien en soi. Il est aussi accusé d'avoir voulu affaiblir l'idée d<;s dieux, puisqu'il attribuait à une force animale l'administration de toutes choses, et que l'on dit de lui, qu'il éloigna le vénérable, le plaçant autour du centre du monde, et peut-être aussi aux deux côtés du ciel les plus excentriques, où les Pythagoriciens avaient aussi cherché le divin.
S. La tendance vers les idées pythagoriciennes se montre à découvert dans Xénocrate , le plus célèbre de ces académiciens. Ce philosophe , né à Chalcédon , passe pour s'être d'abord attaché, comme disciple, à Eschine le socratique, et ensuite à Platon. Aj)rès la mort de Speusippe, il enseigna fendant vingt-cinq ans à l'Académie. Loué pour ses qualités norales, il passe pour avoir eu un esprit lourd et privé d'agrément. Il enseignait dans des discours suivis , et divisa la piilosophie en logique, physique et morale. Il essaya de rédiire la doctrine de Platon à des formules mathématiques. Ausi nous dit-on, que personne n'est allé plus loin que Xcno'.rate dans la dérivation des choses suivant la série des nonbres. L'unité et la dualité sont pour lui les dieux qui régissnt le monde , mais dont la diversité donne les huit contellations; il compare le divin au triangle équilatéral , parc qu'il est formé de côtés égaux ; le mortel au triangle scalèie , parce qu'il se compose de côtés inégaux, et le démoni<ue au triangle isocèle, qui a deux côtés égaux et un côté i\égal. Dans sa théorie du divin et dans la gradation des foces divines qu'il établit se reconnaît encore une façon
de penser toute fantastique. Il aspire à saisir le divin par intuition, et ne veut plus des mythes que Plalon avait si souvent employés comme symboles de ses pensées. Xénocrate définit l'âme un nombre qui se meut lui-même. Sa doctrine sur les lijjnes indivisibles révèle le même esprit.
4. Mais la direction de l'ancienne Académie vers l'intuitif et les idées fantastiques qui s'y rattachent se reconnaît surtout dans l'Epinomis. Que cet écrit soit ou non de Philippe d'Opuntium, un des disciples de Platon, il est en tout cas trèsvraisemblable qu'il est sorti de l'ancienne Académie. On y trouve un culte des sciences mathématiques, particulièrement de l'arithmétique et de l'astromonie , qu'on ne peut trouver authentiquement platonique.
5. PoIém(m d'Athènes , Cratès et Crantor semblent être revenus à la doctrine de Platon, mais sans avoir rien fait pour le progrès de la philosophie. Polémon et Cratès confirmèrent leurs leçons par une vie qui leur mérita la vénération de leurs concitoyens. Etroitement unis pendant leur vie, ils furent ensevelis dans un même tombeau. Crantor passe pour le premier inlerjirête des écrits de Platon ; ce qui est un symptôme df l'affaiblissement de la force productive intellectuelle, et et même temps le commencement de l'érudition en philosophie.
6. Avec Arcésilas , disciple de Polémon, commence une noivelle ère du développement de l'école académique , mais qui appartient à une époque postérieure et qui rentre dans ine direction différente.
ICHAPITRE IX.
Arîstote.
A. Vie et écrits.
SOUSIAIRE.
1. Origine cfAristote. 2. Son séjour à Athènes auprès de Platon. 5. Drection de ses éludes. 4. Ses rapports avec Alexandre-Ie-Grand. 5. Son éruition et sa bibliothèque. 6. Son école et son enseignement acroamatique t exotérique. 7. Sa mort. 8. Appréciation de l'inimitié qui aurait existé «tre Plalon et Aristote ,et de certains bruits défavorables sur son caractèn 9. Coupd'œil sur l'histoire des écrits d'Arislole jusquà la renaissance desettres.lO.