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ARISTOTE. SA PHILOSOPHIE EN RÉNÉRAL

vie et de poésie , si inspirée, tandis que celle d'Aristi>te est abstraite, sèche et calme. Aristole est donc presque toujours un froid investi^jateur. Ce n'est que rarement qu'il fait attention au rapport qui unit la science du général et de la nature avec la volonté et l'esprit de l'homme. Aussi ses écrits n'ontils rien de ce caractère insinuant, qui fait un des principaux charmes de ceux de Platon. H n'est pas aussi naturel , aussi profondément vrai dans l'intuition intérieure de la vie de l'àme, que dans la contemplation des formes sous lesquelles la nature physique se révèle à nos regards.

Jl. Malgré ces différences, Platon et Aristote se rapprochent singulièrement dans les résultats généraux de leurs recherches. Pour Platon, les choses ne snnt que par leur ressemblance et leur participation aux idées, et les idées se rapportent toutes à l'idée suprême, à l'idée de Dieu, à l'idée du bien, qui les contient toutes. Selon Aristote, chaque chose se compose déforme et de matière. La matière, substralum de toute la diversité phénoménale que nous apercevons , est en elle-même entièrement Indéterminée et imperceptible; elle ne nous apparaît qu'après avoir été déterminée par la forme. C'est pourquoi Aristole considère la matière comme le non-être, susceptible de fontes les modifications possibles au moyen de la forme, tandis que la forme est en quelque sorte la vie des choses, elle est ce qu'il y a de vraiment réel en elles. Et de même que Platon ramène toutes les idées inférieures à une idée suprême, de même Aristote rattache toutes les formes particulières à une forme primitive et suprême, qui est pour lui le bien à réaliser, comme pour Platon l'idée suprême est aussi le bien.

12. Disons maintenant encore quelques mots de la division de la philosophie, selon Aristote.

Des considérations que nous avons présentées plus haut sur l'état actuel des écrits d'Aristote, on peut conclure combien il doit être difficile d'y découvrir les éléments d'une division de sa philosophie qui satisfasse tout le monde. Le seul résultat qu'on puisse avec quelque fondement déduire des indications éparses, peu précises et peu d'accord entre elles, concernant celte question, c'est qu'Aristote admettait la division de la philosophie en philosophie théorétique et en philosophie pra-

tique, aussi bien que celle en logique , physique et éthique. Cette dernière, qui a été admise depuis Aristote dans toutes les écoles de philosophie de l'antiquité , lui est expressément attribuée par nos sources. C'est pourquoi, dans l'impossibilité où nous sommes de trouver une division qui soit d'accord avec tout ce qu'Aristote dit à ce sujet, nous l'adopterons aussi pour notre exposition de sa doctrine. Nous aurons donc à traiter de trois parties de la philosophie d'Aristole, de la logique, de la physique et de l'éthique, dont les deux dernières sont moins strictement scientifiques que la première. Et comme non-seulement cette partie de sa philosophie , qu'il appelle philosophie première et qui ressemble parfaitement à la dialectique de Platon, mais encore les théories sur la forme de la science, appartiennent à la première partie, nous aurons à examiner dans la logique et la théorie de la pensée et la théorie de l'existence. Aristote s'accorde parfaitement dans cette division avec Platon, et l'ordre dans lequel les trois parties se succèdent, est le même dans les deux philosophes. La philosophie première, qui est pour Aristote la philosophie absolue, et ne considère que l'existence comme telle, et par conséquent la logique en général, doit précéder les autres parties de la philosophie; mais la physique, comme philosophie seconde et comme science théorétique, se rattache immédiatement à la philosophie première , et enfin vient la philosophie pratique ou la philosophie qui a l'homme pour objet, et qu'Aristote appellerait plus volontiers politique qu'éthique.

13. La philosophie d'Aristote mérite d'être étudiée avec un soin tout particulier, parce qu'elle a exercé la plus haute influence sur les travaux philosophiques du moyen-âge et même sur la philosophie des temps modernes.

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