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CHAPITRE X

Premiers Péripatéticiens.

SOMMAIRE

1. Dégénéralion(lesidéesd'Aristote.2. Théophraste. — Caractère mesquin de sa doclrine—Egoïsme desamorale. 3. Eudème.— Même le.ndance. i. Aristoxène et Licéarqtie nient la réalité delaraisonetdel'âme.S. Straton de Lampsaque tombe de plus en plus dans le matérialisme. 6. Lycon,Ariston de Cos, Critolaiis font de leur école une école de rhéteurs.

i . Les premiers Péripatéticiens semblent avoir tâché d'étendre le champ de la doctrine d'Aristote dans la direction que nous venons d'indiquer. C'est un phénomène qui s'explique très-facilement, si l'on fait attention à la marche qu'avait suivie Aristote. Car de la même manière qu'il combattit le faux élan des premiers académiciens, et s'éleva même contre la tendance de son maître à l'idéal, de la même manière qu'il se forma une opinion un peu froide sur les choses de ce monde et qui inclinait même au mépris de l'existence humaine etdecequi s'y rattache; de même il dut être peu porté à élever ses disciples au ton de cette inspiration, sans laquelle pourtant on ne fait rien de .grand dans la science et dansla vie, sans laquelle l'homme ne peut s'élever à la connaisssance des choses divines. Sans doute qu'à forced'application, les Péripatéticiens purent bien faire plu-

(1) Gurlilt, dans son esquisse de riiistoire de la philosophie , résume ainsi les principaux mérites d'Aristote qu'il rapporte à cinq titres : 1. La division et la classification des sciences; 2. l 'extension donnée à leur domaine par l'histoire naturelle, l'économie, etc.; ô. la langue philosophique déterminée et enrichie ; 4. l'union de l'histoire de la philosophie avec rétudedela philosophie; 5. le sage emploi du doute comme préparation à la recherche de la vérité.

On peut lui reprocher î. un désir trop marqué de rahaisser les philosophes qui l'ont précédé ; 2. l'extrême obscurité et la sécheresse de son style; 5. un besoin exagéré de combinaisons systématiques; 5. l'abus des expressions techniques, des divisions et des distinctions.

sieurs choses, et des clioses dignes de réflexion, mais ils se monlrent petits dans la vie el dans l'opinion qu'ils s'en Grent.

2. C'est ce qui se remarque très-clairement dans la morale de Théophraste cVEressos dans l'ile de Lesbos, successeur immédiat et le plus distingué des disciples d'Aristote, et qui laissa un nom dans l'histoire naturelle. Ainsi il recommande avant tout la recherche des biens extérieurs et rabaisse la vertu. Vilam régit fortuna, dit-\\, non saptentia. Aussi attribuet-il le caractère de la divinité , tantôt à l'intelligence, ce qui est la pure doctrine d'Aristote , mais tantôt aussi au ciel et à tout le système astronomique. Combien il est éloigné de la force platonique qui salue la mort avec joie dans l'espérance d'une science plus parfaite, lorsqu'il accuse la nature d'avoir donné à l'homme une vie trop courte pour qu'il puisse achever les sciences qu'il a commencées! Sa morale se renferme dans un égoïsme étroit; il va jusqu'à mépriser le mariage et les rapports paternels dans la plupart des positions de la vie. Ses idées sur le mouvement diffèrent aussi de celles d'Aristote, puisqu'il le confond avec l'énergie. C'est pourquoi il dit que l'âme est en mouvement et que ce mouvement est corporel ou incorporel.

3. Eudème ne fit que développer les opinions de Théophraste, et en morale il plaçait la vertu dans le bonheur seul.

4. Deux autres disciples d'Aristote s'écartent encore plus de l'idée que leur maître avait donnée de l'ânie. Aristoxène, célèbre dans l'antiquité par ses connaissances musicales, revint à cette opinion qui fait consister l'homme dans une triple harmonie, opinion combattue ])ar Arist<»te, Dicéarque, qui fit entrer les sciences empiriques , particulièrement la géographie, dans le cercle de l'école péripalétique, ne semble pas très-éloigné de celle opinion. I! dit clairement que l'àme , la raison n'est pas un être ou une substance en soi , mais seulement un certain état du corps, un état d'animation qui compète à l'unité du corps, aussitôt qu'il est formé et dispose d'une certaine manière dans ses parties par la nature. 11 niait par conséquent aussi formellement que l'àme fût immortelle.

5. Ces erreurs font voir dans quelle direction s'avançait l'école péripatétique, en s'atlachant déplus en plus au sensible.

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