LES SCEPTIQUES , ETC
C'est ce que nous remarquons encore dans la doctrine du disciple et du successeur de Théophrasle , de Stralon de Lampsaque , surnommé le Physicien. Se conformant aux idées de son maître qui considérait l'énergie de la raison pensante comme un mouvement, il alla jusqu'au point de résoudre la pensée intellectuelle dans la perception sensible et de tout expliquer par la nature seule, sans comprendre la nécessité d'un Dieu, qui, dans son immobilité , mette le monde en mouvement, (( La nature, dit-il, possède en elle-m<^me une certaine <i force de vie et d'action ; elle n'a ni sentiment ni forme ; tout i: se produit de soi-même , sans l'intervention d'un ouvrier ni « d'un auteur, n
11 paraît que ce fut surtout la théorie du mouvement établie par Aristote et modifiée par Théophraste , qui conduisit Straton à ce résultat matérialiste.
6. C'est une chose remarquable que Stralon s'occupa si peu de connaissancesexpéritnentales. I! semble avoir cru avec ses successeurs que les premiers Péripatéticiens avaient atteint la perfection à cet égard: il se contenta donc des résultats de leurs recherches. Mais sous ses successeurs Lycon , Ariston de Céos, Critolaûs et d'autres , l'école pérlpatétique semble avoir pris encore une autre direction. On nous dit que ces philosophes ne firent que revêtir des lieux communs, des ornements de la rhétorique, et nous ne savons autre chose de leurs doctrines , si ce n'est qu'elles se rapportent àla morale, qu'ils ne pouvaientpas, eux non plus, entendre absolument dans le môme sensqu'Aristote. Ilnefautpas s'étonner que l'école péripatétique soit alors devenue très-insignifiante, et qu'après Straton elle n'ait trouvé que peu de partisans, puisque le caractère de l'éthique d'Aristote n'a jamais exercé une grande influence.