‹ Manuel de l'histoire de la philosophie ancienneChapitre 55 sur 90 · ÉPICURE. — CANONIQUE · texte numérisé non relu

ÉPICURE. — CANONIQUE

est vraie en tant que sensation ; elle ne peut être ni pronvce ni contredite ; elle est évidente par elle-même ; car elle est un mouvement qui résulte de quelque antre chose et qui ne peut être ni diminué ni aug^menlé ; elle est le produit des émanations des corps, lesquelles viennent affecter nos organes sensitifs et y former des images (^^oco^i;) correspondantes aux objets extérieurs, dont ces émanations proviennent.

2. Uneseconde source de la vérité ce senties représentations générales, qu' Epicure nomme anticipations frr/^aJij^fîs). C'est des sensations , des idées sensibles que nous les tirons . au moyen du souvenir de beaucoup de phénomènes passés, que l'impression sensible extérieure a produits dans l'âme (n-^i;));^^?; fTTi jj.'jyijj.yj nj j^cUxy./.ç :^ca^;v fùc-jivTCi), Nous les formous par la coïncidence avec les objets , par l'analogie, par la ressemblance, par la composition et par la réflexion. Epicure ne connaît point d'activité libre et spontanée de l'esprit; la réflexion ne peut donc être pour lui que le renouvellement des sensations passées. Condillac et ses adhérents ne procèdent pas autrement , en faisant dériver les opérations purement intellectuelles des transformations successives de la sensation.

3. Les représentations générales ne sont, pour Epicure, des critériums de vérité que pour autant qu'elles sont d'accord avec les sensations dont elles dérivent ; car elles ne sont que l'écho des sensations en nous. Epicure paraît suivre ici l'opinion d'Aristote , suivant laquelle l'erreur ne peut naître que de la liaison des représentations entre elles. L'erreur ne se rencontre que dans l'opinion ou la supposition ( "Va^ij^tç ) qui demande encore à être confirmée par la sensation. Si elle est confirmée (.-«-«//a^ru/i^ws] ou non réfutée {o^x xvTty.oc^.zupriTii'j , elle est vraie; elle est fausse, au contraire, si elle n'est pasconfirmée

eux iirtfXX/iTVfliTii) OU si elle est réfutée ( avu/j.x/:TVf.y;7ii) .

4. Les Epicuriens dédaignaient de faire des recherches plus profondes sur les formes de notre pensée et sur le véritable caractère de la science. Ils regardaient la définition comme inutile; ils pouvaient nier le principe de la contradiction; tellement leur théorie de la pensée est souple et élastique, et, comme celle de tout sensualisme, se plie aisément à tous les

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caprices des esprits superficiels et passionnés. En outre , la supposition des images détachées des corps, qui doivent produire la sensation, est entièrement gratuite. Et en supposant même que la sensation se produise de cette manière, rien ne nous garantirait , dans cette hypothèse , la légitimité de nos perceptions extérieures. La théorie d'Epicure pèche donc par sa base, et la base venant à manquer, tout s'écroule (1).

Voyons maintenant si la physique repose sur de meilleurs fondements.

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