La production du monde se fait selon les Stoïciens de
la mani" .-e suivante. Dieu tire d'abord l'univers de son sein et s'y disperse, et en s'opposant au monde ou plutôt à lui-même, il produit les objets particuliers. Sous ce rapport les Stoïciens comparent Dieu à un feu artificiel, qui s'allume et s'éteint avec mesure , à une semence d'où germe le monde régulièrement {hyci arep/jLxnxti) . La formation du monde n'est donc qu'une période de la vie divine. Il a commencement et fin mais il ne finit que pour être produit de nouveau.
12. Considéré comme tout, le monde est parfait, mais il ne l'est pas dans ses parties. De là l'origine du bien et du mal, dans l'explication desquels les Stoïciens devaient rencontrer, comme tous les panthéistes, d'insurmontables difficultés.
13. Conformément à leur opinion, que Dieu se disperse dans le monde, ils admettaient aussi la pluralité des dieux. Ils soutenaient donc le polythéisme contre Epicure, les Sceptiques et les nouveaux académiciens, et conservaient ce qu'il y avait d'essenliel dans l'ancienne religion. Mais les dieux engendrés sont périssables comme tout le reste. Chrysippe avait écrit beaucoup sur ces parties du culte païen.
14. Le monde, comme ouvrage de Dieu, est doué de la plus belle forme, plein d'harmonie et de symétrie. Les divers produits de la nature nécessitent cette symétrie et nous montrent qu'ils ont été faits les uns pour les autres.
15. La physique des Stoïciens est donc d'accord avec celle des Socratiques antérieurs en ce qu'elle cherche le but des phénomènes cosmiques et qu'elle en fait dépendre , dans le sens le plus élevé, toutes choses. Ainsi les plantes existent pour les animaux, les animaux pour les hommes, les hommes pour les dieux et les dieux pour le Dieu suprême. Tout tend ainsi à une perfection plus grande, et le monde, ou Jupiter devient insensiblement plus parfait; il faut même regarder, comme le dernier but des choses, l'incendie du monde, au moyen duquel Jupiter finit par assimiler toutes les choses à lui-même comme une nourriture. Tout cela exprime assez clairement la direction principale de la doctrine stoïcienne, qui tend à résoudre entièrement l'individuel dans le général.