‹ Manuel de l'histoire de la philosophie ancienneChapitre 69 sur 90 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

jusqu'à un rertain point , puisqu'il participe à la raison universelle, qui forme l'unité dominante de son âme , comme elle constitue l'unité du monde • ils demandent à l'homme qu'il soit vertueux, qu'en possession de cette science il vive conformément à la loi rationnelle. Mais le peut-il réellement, lui qui est soumis à la puissance qui domine tout , qui se manifeste en tout, qui est l'essence de tout, et ne semble se servir de ce monde que comme d'un vain jouet qu'elle fait» pour le défaire ensuite? Non , il ne le peut, lui qui n'est qu'un phénomène passager de la vie générale. Chaque homme est relégué par la nécessité générale à sa place déterminée, et ce n'est qu'en suivant sa nature propre et individuelle qu'il est libre: comprendre cette nature et s'y soumettre , voilà la sagesse , voilà la vertu. Mais l'individu, partie du principe universel, considéré en lui-même, n'a aucune valeur ; c'est pourquoi ses actions particulières sont toul-à-fait indifférentes; elles n'ont de valeur qu'en tant qu'elles expriment la force universelle. Les Stoïciens n'oublient pas l'idéal, il est vrai, mais c'est pour détruire toute activité individuelle , pour ne la considérer qu'avec dédain. De là, une foule de conséquences les unes plus révoltantes d'immoralité que les autres. Nécessité et fatalité en tout et pour tout, voilà l'expression la plus nette et la plus simple du principe des Stoïciens. Cette nécessité atteint l'être parfiiit lui-même , et c'est ainsi qu'ils ont exprimé de la manière la plus juste le point de vue sous lequel les anciens Grecs envisageaient le monde, point de vue au-dessus duquel Platon et Aristote s'étaient efforcés de s'élever par la puissance de leur génie, sans avoir pu y réussir.

Le Stoïcisme , étant contraire à la nature humaine , ne put se nuùnlenir intact et sans subir de notables modifications. La nouvelle Académie parvint sans peine à répandre rapidement sa doctrine si superficielle sur le probabilisme. Ceux-là même qui avaient été formés à l'école stoïcienne se relâchèrent de la sévérité de leur système , et l'on finit bientôt par créer un éclectisme sans base, qui devait anéantir la philosophie.

Toutefois les travaux de cette époque n'ont pas été infructueux pour les siècles suivants; tous, au contraire, sont venus puiser à cette source si abondante en idées philosophiques et se sont efforcés, avec plus ou moins de succès, de les comprendre et de se les approprier.

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