PHILOSOPHIE ÉRUDITE.— PLATONICIENS. 42S
la morale stoïcienne, produit par les Stoïciens que nous venons de passer en revue, et par ceux qui leur ont succédé, s'éloigne beaucoup de la direction scientifique, mais que nous devons reconnaître que ces Stoïciens trouvent une sorte decompensalion dans leur sentiment religieux; de ce sentiment naquit en eux tout l'amour avec lequel ils cherchèrent à embrasser le monde extérieur, quoiqu'ils regardassent comme nécessaire de se séparer de tout ce qui n'est pas nous. Mais c'est surtout dans la contemplation de soi-même, qu'ils s'attachèrent à ce sentiment religieux. Antonin encore plus qu'Epictèle en appelle au démon intérieur, à la raison , au Dieu qui réside en nous et nous dirige
23, Il importe de remarquer, dans l'intérêt de la marche de l'histoire , comment les nouveaux Stoïciens se rapprochaient, par leur tendance religieuse, de la philosophie grécoorientale. Ils préparaient la propagation de la philosophie néoplatonique, puisqu'ils regardaient la voie qui nous éloigne de toute souillure extérieure comme la voie qui nous met en harmonieavec les choses divines; comme les Néoplatoniciens , ils voulaient arriver au repos de l'âme parla pratique sévère de la vertu, et contempler ensuite le divin au-dedans de leur âme. La différence essentielle qui existe entre eux , se remarquera facilement, en comparant la doctrine des Stoïciens avec celle des Néoplatoniciens, que nous exposerons plus tard.
Après le siècle d'Antonin nous ne trouvons plus de Stoïciens, dans cette direction, qui aient eu quelque nom.