‹ Manuel de l'histoire de la philosophie ancienneChapitre 9 sur 90 · EMPÉDOCLE · texte numérisé non relu

EMPÉDOCLE

2. Nous trouvons cependant, qu'il ne semble pas avoir muiatenu la doctrine de son maître touchant l'opposition de l'esprit et de la matière.

S. Mais sa doctrine physique ressemble d'une manière frappante à celles d'Anaximandre et d'Anaxagore , puisqu'il enseigne, que dans le commencement l'action du feu fil sortir de la fange primitive la terre et tout ce qui a vie j que les animaux se nourrirent d'abord de cette fange et vécurent peu ; ce ne fut que plus tard qu'ils purent se reproduire entre eux. L'homme fut séparé du reste des animaux et se créa peu à peu des institutions sociales. Chose étonnante, cette absurde doctrine a été reproduite par des savants modernes et notamment par Mallet, dans son Telliamed.

•4. Archélaùs est le premier philosophe de l'école d'Ionie qui ait parlé de morale; il établit comme principe que le juste et l'injuste ne dérivent point de la nature, mais de la loi et de la convention.

5. Après Archélaùs, on ne trouve presque plus de traces des travaux de l'école d'Anaxagore. Mais la philosophie ionienne exerça une influence immédiate sur les Sophistes.

6. La doctrine mécanique de la nature que nous trouvons dans les opinions d'Anaximandre et d'Archélaûs s'accorde assez bien avec l'observation du changement des phénomènes par le changement des combinaisons chimiques et mécaniques, et s'applique mieux sous ce rapport à l'expérience que la doctrine dynamique. Elle porte mieux à l'observation des qualités sensibles des choses. Elle conduisit aussi à la distinction de l'esprit et de la matière , ce qui constitua , comme nous l'avons déjà observé, un progrès très-important pour la spéculation philosophique.

Empédocle.

Sommaire.

1. Pourquoi il faut placer Empédocle dans cette série. — 2. Sa vie. Ses maîtres, sou caractère sacerdotal. Ses voyages. Son poëme.— 3. Le Sphérus sou principe. Nature du Sphérus. Rapport avec les Eléates. — i. Formation du

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monde. Intervention de la discorde et de l'amour. Point de vue mécanique. — 5. Manière dont les deux principes agissent. — 6. La vie du monde. Les quatre éléments. Le feu.— 7. Leur mélange. Formation progressive des êtres. —8. Distribution inégale des éléments; elle conduit Empédocleà une vue morale dumonde. Les purifications. — 9. Théorie delà connaissance. Les sens. La raison. — 10. Caractère mystique du système.

1, Aristote réunit fréquemment Erapédocle et .\naxagore par rapport à leurs doctrines, parce qu'ils font dériver la formation du monde , non des transformations d'un principe unique , mais de la séparation et de la réunion d'une pluralité préexistante d'éléments primitifs, et qu'ils admettent tous deux un principe actif ou une force distincte de la matière. Nous croyons donc devoir nous éloigner ici de la classification de Ritler et ranger Empédocle, non parmi les Eléates. mais dans la série des physiciens mécanisles, sans nier pourtant, qu'il y ait aussi des rapports entre sa doctrine et celle des philosophes de l'école d'EIée.

2. Empédocle naquit à Agrigente en Sicile, ville rivale de Syracuse et colonie dorienne. Il florissait vers l'époque de la plus grande prospérité de sa ville natale. La famille dont il était issu y semble avoir été une des plus considérées et des plus opulentes. Quelques anciens le font passer pour disciple de Pylhagore , d'autres pour disciple de Parménide, On rapporte aussi qu'il avait suivi les leçons d'Anaxagore, mais Aristote dit expressément, qu'Anaxagore était antérieur à Empédocle pour le temps ; mais postérieur à lui par ses ouvrages. Em4:)édocle était considéré par l'antiquité comme un homme prodigieux et s'attribuait lui-môme des connaissances surhumaines. 11 passe à ses propres yeux pour un Dieu immortel , qui est partout honoré des hommes et des femmes, s'annonçant déjà par ses vêtements comme un prêtre et un ami des dieux. 11 donnait comme preuve de cette dignité sa puissance surhumaine. Sa vie fut conforme à sa doctrine et à l'opinion qu'il avait de lui-même. Il ne voulut acquérir aucune influence politique dans sa patrie, quoiqu'il en eût les moyens : il refusa même la souveraineté d'Agrigente qui lui fut offerte par ses concitoyens. 11 fit aussi des voyages, notamment en Italie et à Athènes. On raconte beaucoup de choses étranges sur sa mort-

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