CHAPITRE
SOMMAIRE
{. Notion du christianisme. — 2. Attaques des juifs contre le christianisme. 3. — Attaques et calomnies des païens. — 4. Défense du christianisme contre les juifs. — 5. Défense du christianisme contre les païens. — 6. Démonstration positive du christianisme. — 7. Polémique contre le paganisme. — 8. Rapports du judaïsme avec le christianisme, -- 9. Unité du christianisme. — 10. Prétendue perfectibilité du chrislianisme ; système de l’accommodation, — 11. Théorie des articles fondamentaux. — 12. Catholicité du christianisme. — 13. Apostolicité du christianisme. — 14. Sainteté du christianisme. — 15. Nécessité et indéfectibilité du christianisme, — 16. Rapports de la philosophie avec le christianisme.
1. Le christianisme (1) a été considéré de tout temps comme la religion et la révélation par excellence,
(1) Χριστιανισμὸς Zgnat. Magn. n. x. Philad. vr. Rom. τι. — Orig. Cels. vi, 1. — Tert. Marc. v, 4. — Eus. Præp. Εν, 1.1, 6. — Χριστομαθία Jgnat, Philad. vur. — ‘O χατὰ χριστιάνισμον λόγος Orig. Cels. 1v, 3.— Θεῖα διδάγματα Justin. Apol. 17. n, 2v.— Χριστοῦ λόγος Eus. Dem. Evang. 1, 5. — Δόγματα Χριστοῦ Orig. Cels. ὙΠ, 1. — Χριστοῦ διδάγματα Justin, Apol. 11. n. 11. 111. — Ἀναλάμψασα διὰ Ἰησοῦ Χριστοῦ θεοσέδεια Orig. Cels. v, 23.— Χριστιανῶν θρησχεία Orig. Cels. γι], 67. — Χριστιανῶν λόγος Orig. Cels. vrir, 68. — Σωτήοιος λόγος Hippolyt. de Christ. et Antichr. ἢ. 1, — Λόγος τῆς ἀληθείας χαὶ σοφίας Justin. Tryph. cxxr., — Ἀλήθεια Θεοῦ Justin. Tryph. xcvr. — Καθαρὰ χαὶ ἀληθινὴ Ἰησοῦ Χριστοῦ διδασχαλία
per eminentiar (1), comme étant, par opposition avec les opinions discordantes et mobiles de l'esprit humain, la vérité même de Dieu (2). On le trouve défini : la vraie connaissance (3) et le vrai culte (4) d'un Dieu unique (5) en trois personnes (6), la vraie vie, la vie sainte (7), l'espérance en Dieu (8), l’at-
Justin. Tryph. xxxv. — Εὐαγγελιχὴ διδασχαλία ÆEus. Dem. Evang. 1. 6, 8. — Religionis christianæ sacramentum. Tert. Marc. ἵν, ἃ. — Christiana religio. Aug. Civ. Dei xvur, 4. ἢ. 2.
(1) ᾿Αληθὴς θεοσέῤεια Justin. coh. c. 1. — Eus. Εὐσέδεια, οὐχ ἡ ψευδώνυμος χαὶ πολυπλανὴς,, ἀλλ᾽ ἣ σὺν ἀληθείᾳ τὴν προςηγορίαν ἐπιγραφομένη. Præp. Evang., 1, 1.— Gerson. Sola religio christiana est proprie vere et antonomastice dicenda religio. Contr. Grabon. Prop., 11.
(2) Les Apologistes l’opposent aux opinions (δόξαι, opiniones) des philosophes paiens. — Justin. Apol. 1. n. 9. — Athen. leg. vi. — Tert, Spect. ὁ. 1. ἶ
(3) Justin. Apol. 1, n. 13. — Zren. 1, 10.n. 1. — Athenag. leg. ἢ. x. ΧΙ, xx1V. — Eus. Dem. Ἐν. 1x, 6.
(4) Ignat. Ἵνα... ἄσητε τῷ Πατρὶ ἐν Χριστῷ Ἰησοῦ. Rom. τι. - Tert. Deum colimus per Christum. Apol. xx. — Act. Justin. Καὶ ἄγω χριστιανός εἶμι" εὐσεόῶ γὰρ καὶ προςχυνῶ τὸν μόνον ἀληθινὸν Θεόν. --- Cfr. Justin. Apol. 1. ἢ. νι. — Melito Apol. fragm. in Gall. τ, 6η8. — Euseb, Dem. Ev. 1x1, 6. Præp. Εν. LE
(5) Athen. leg. vi. — Theoph. Autolye. 111, 9. — Tert. Scap.11.—Justin. Ὅ (ἕνα χαὶ μόνον εἶναι Θεὸν) πρῶτόν ἐστι τῆς ἀληθοῦς θεοσεῤείας γνώρισμα, CO. XXXVI. — Euseb. Dem. Evang. 1.1, 02, ὦ.
(6) Justin. Apol. 1, 6. 13, 66. — Athen. leg. x. — Hippol. adv. Noet.x1v. — Cfr. in χήρυγμα Πέτρου (ap. Clem. 1v, 3.) ἡμεῖς οἱ χαινῶς Θεὸν τρίτῳ γένει σεδόμενοι χριστιανοί.
(7) Justin. Tryph. exxxr. — Justitia. Lact. Mort. persec. C. TI.
(8) Justin. Tryph. xx.
LE CHRISTIANISME. At
tente de la vie à venir(1), la vraie théologie (2), la philosophie la plus haute et la plus étendue (3). Quand il est question du christianisme, c’est tantôt le côté spéculatif, la connaissance (4), tantôt le côté pratique, le culte (5), ou le côté moral, la piété (6) et l'amour de Dieu (7), qui sont mis au premier rang; cela s'explique aisément par le caractère dominant des divers esprits, ou par les circonstances particulières qui ont déterminé le choix de leur point de vue. Nulle part d’ailleurs on ne trouve dans l'Église la connaissance séparée de laction, ou l’action séparée de la connaissance , présentée comme ayant quelque valeur; mais c’est toujours dans la réunion de la croyance et de la pratique, que l’on place l’idée pleine et parfaite du christianisme (8), et
(1) Orig. Cels. νι, 2.
(2) Euseb. Dem. Evang. 1n, 3.
(3) Euseb. Dem. Evang. 1, 6. πὶ, 6.
(4) Justin. Apol. 11. vi. xv. — Athenag. leg. x11. — Tatian. Græc. x11. ΧΧΧΙΙ.
(5) Zgnat. Rom. 11. — Justin. Apol. 1, 6. — Tert. Apol. xxT. etc.
(6) Justin. Tryph. exxurr. — Euseb. Hist. Eccl. 1, 4.
(7) Eus. Præp. Ἐν. 1, 1.
(8) Tert. Ubi enim apparuerit esse veritatem et disciplinæ et fidei christianæ, illic erit veritas Scripturarum et expositionum et omnium -traditionum christianarum, Præscr. xXIx. — Eus. Τῆς χαινῆς διαθήχης μαθήματά τε καὶ παιδεύματα. Dem. Ἐν. 1, 4. Πρὸς τὸν ἕνα χαὶ μόνον... Θεὸν ἀνάνευσις χαὶ À κατὰ τοῦτον ζωή. Præp. Ἐν. 1, 1. — Chrys. Ὃ χριστιανισμὸς μετὰ τῆς τῶν δογμάτων ὀρθότητος χαὶ πολίτειαν ὑγιαίνουσαν ἀπαιτεῖ. In Joan. Hom. xxvir. — Cyr. Ὃ τῆς θεοσεδείας τρόπος Ex δύο τούτῶν συνέστηχε, δογμάτων εὐσεδῶν ἀχριδείας καὶ πράξεων ἀγαθῶν.
c'est Jésus-Christ que l’on reconnaît partout comme le fondement et le lien mutuel de l’une et de l’autre. On trouve , du reste, dans les temps anciens, comme plus tard, des esprits qui obéissent plutôt à la tendance intellectuelle (scholastique), pendant que d’autres suivent la tendance mystique. Mais c’est hors de l'Église seulement qu'on voit se produire le sentiment erroné qui s'attache exclusivement soit à la spéculation , soit à la pratique ; à la spéculation , comme ont fait, en général, les Gnostiques, et un grand nombre de philosophes modernes; à la pratique, comme ont fait Marcion (1), les Manichéens (2), les Pélagiens, les Apostoliques, les Arnaldistes, les Vaudois, les Hussites, les Anabaptistes, les Piétistes, les Herrnhuters, les Sociniens et les Arminiens,
Les sectateurs du christianisme sont appelés, du nom de son fondateur, et à cause de leur union in-
Cat. 1v, 2. — Evagr. (Scet. mon. 1v. Sæc.) Χριστιανισμός ἐστι δόγμα τοῦ Σωτῆρος ἡμῶν Ἰησοῦ Χριστοῦ ἐκ πραχτιχῆς καὶ quauxic χαὶ θεολογιχῇς συνεστώς. Capp. n. 1. (οἱ. Mon. eccl. gr. 1x7. Ρ- 70.) — Cfr. Justin. Ἡμεῖς δὲ καὶ ἐν ἔργοις καὶ γνώσει καὶ χαρδία τιμῶμεν. — Cfr. Aug. Cum religionis summa sit imitari quem colis. Civ. Dei vux, 1.
(1) Tert. Præsc. xxx. — Mare. 1, 28. Marcion nous est représenté comme imposant aux croyants, qu'il n’admettait qu'après un long et sévère catéchuménat, une conduite morale très-sévère, l’abstinence du mariage, de tout plaisir, de toute joie, de tout aliment non indispensable. Ses diseiples, pour témoigner le mépris qu'ils faisaient de la chair, couraient au martyre, et recherchaient la mort, Cfr, ἔασον, 16. 1v, 15. vV1,12. Martyr. Palæst. c. x. La gxose de Marcion n’était qu'un complément, simplement accessoire, de sa doctrine morale.
-(2) Aug. ce, Faust. v, 1.
Le 2. 5 SET τ Dci λρυνωδε Mises =
time et de leur ressemblance relative avec lui, chrétiens (1), χριστιανοὶ, (de Χριστὸς), nom auguste et glorieux, comme le remarquent d'anciens monuments (2). L'Église a dû rejeter et flétrir par un jugement solennel (IL conc. de Constantinop. xu1) l'opinion de Théodore de Mopsueste, qui voulait que les fidèles s’appelassent chrétiens du nom de Christ, comme les Platoniciens s’appelaient ainsi du nom de Platon, les Marcionites de celui de Marcion, etc., ce qui anéantissait tout ce qu'il y a de profond dans ce nom de chrétiens.
Comme le christianisme était désigné quelquefois par le mot πίστις (3), la foi, les chrétiens étaient ap= pelés souvent πιστεύοντες, πιστοὶ (4), fideles. On appelait le christianisme, le service de Dieu, et les chrétiens, les serviteurs de Dieu (5); de même encore, le christianisme étant la philosophie et la théologie par excellence, les chrétiens étaient appelés philoso-. phes et théologiens dans le sens vrai, absolu et le plus élevé du mot (6).
(1) Chrétiens, du nom de Christ. — Justin. Apol. 1, 12, Tryph, vx. exvir. cxxxv. — Tert. Marc. 1V. 14. — Eus. Dem. Evang. 1, 5... De l’onction divine qu'ils recoivent. Athen. leg. xi1. — Quant à l'origine du mot CArétiens, rapportée fanssement par les païens au mot χρηστοὶ ( Tert. Apol. 11173 ZLact. Div. inst. 1v. 7), elle est acceptée par les Apologistes, qui l’expliquent dans le sens que ce mot signifie. Justin. Apol. τ, 1v; Tert, Apol. 11, etc.
(2) Eccl. Vienn. et Lugd. epl. de Martyr. Lugd, c. x.
(3) Hippolyt. Susann. ἢ. 23.
(4) Ἡμεῖς οἱ πιστεύοντες τῷ Θεῷ. Hippolrt. de Susann, v. 17. — πιστοί. Eus. Præp. Εν. 1, 1.
(5) Servi Dei. Tert. Spectac. 1.
(6) Voyez entre autres, Zert. de Pallio.
44 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Il.
2. La vérité et la divinité du christianisme furent combattues par les juifs et par les païens.
Il ne nous est resté aucun traité spécial des juifs contre le christianisme (1). Mais nous connaissons les reproches qu'ils lui ont le plus souvent adressés par les réfutations qui en ont été faites. Ils prétendaient que Jésus n’était pas le Messie, parce que le Messie devait être un roi glorieux (2), dont la venue serait précédée de celle du prophète Élie (3), qui viendrait lui donner l’onction royale (4); s’il était déjà venu, il était encore inconnu et caché (5). Ils couvraient d’ailleurs d'infamie la naissance de Jésus (6), et l’accusaient d’avoir séduit la foule par les charmes et les sortiléges qu'il avait appris en Égypte : ils lui reprochaient de s'être faussement fait passer pour Dieu (7); de n’avoir agi qu’en secret, et d’avoir refusé d’accréditer sa mission par des miracles (8); sa
(1) Saint Justin nous rapporte (Dial. c. Tryph. 18. 118.) que les juifs, dès les premiers temps du christianisme, firent répandre dans le monde , par des émissaires , ὅτι αἵρεσις ἄθεος καὶ ἄνομος ἐγήγερται ἀπὸ Ἰησοῦ τινος Γαλιλαίου πλάνου ; que ses disciples avaient dérobé son corps après qu’il eut été mis en croix; qu'il avait enseigné les crimes horribles dont les chrétiens se rendaient coupables, ete, Mais qu'il s’agisse là, comme quelques-uns l’ont supposé, d’un écrit ou d’un livre renfermant ces accusations, et que les juifs se seraient efforcés de répandre de tous côtés, le texte ne dit rien qui autorise à le penser,
2) Justin. Tryph. vin. |
3) Justin. Tryph. var, xuix.
4) Justin. Tryph. vin.
) Justin. Tryph, vu.
) Orig. Cels. 1, 28. 32. — Cfr. De La Rue in h. 1. ) Orig. Cels. 1, 28.
(8) Orig. Cels. τι, 70.
doctrine, du reste, ne contenait, disaient-ils, rien de nouveau, rien qui ne füt bien connu de tout le monde, par exemple, le dogme de la résurrection, du jugement, et de la rémunération (1). Il avait été livré au supplice de la croix, comme ennemi de Dieu et comme maudit par lui (2), ce qui montrait assez qu'il n’était pas fils de Dieu (3). Les prétendus événements de sa vie étaient une invention de ses disciples (4); ils lui avaient appliqué les prophéties de l'Ancien Testament, qui pouvaient s'appliquer tout aussi bien à beaucoup d’autres (5).
Quant à la résurrection de Jésus, c'était une fable du même genre absolument que les mythes des paiens (6); seulement ses disciples avait été trop maladroits pour donner à leur invention même la simple apparence de la vérité (7); les apôtres avaient dérobé le corps de Jésus , et avaient répandu le bruit qu'il était ressuscité (8). Les chrétiens avaient renié Jéhovah pour retourner au paganisme (9); ils n'avaient plus rien qui les distinguât des païens, ni la circoncision, ni l'observation du sabbat, ni celle des fêtes (10); en s’affranchissant de la loi, ils avaient détruit toute vé-
(1) Orig. Cels. τι, 5.
(2) Justin. Tryph. xcur.
(3) Orig. Cels. 1, 66.
(4) Orig. Cels, xx, 13.
(5) Orig. Cels. τι, 15.
(6) Orig. Cels. 11, 28.
(7) Orig. Cels. 11, 26.
(8) Justin. Tryph. xvir. cxvirr. πο Tert, Spectac. xxx. (9) Justin. Tryph. xvir. vu.
(xo) Tert. Jud. 11.
46 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Il.
rité (1); ils se souillaient des vices les plus honteux et le plus condamnés par la nature(2); et tout cela, c'était la doctrine de Jésus qui le leur commandait.
Les livres saints, disaient-ils encore, sont la propriété des juifs; les chrétiens ne s’en servent que par usurpation (3); c’est aux juifs aussi qu'appartiennent et les prophéties (4) que les chrétiens corrompent par leurs interprétations, et le Messie promis par les prophètes, dont les chrétiens altèrent l’idée, en donnant part dans son royaume aux étrangers (5); c’est le même esprit d’envahissement qui porte les chrétiens à chercher partout des proselytes à leur culte (6).
Ce furent les calomnies des juifs qui donnèrent lieu à tous les soupçons que l’on concçut contre la vie et le culte des chrétiens ; leurs émissaires semèrent ces calomnies parmi les païens (7), qui les adoptèrent sans examen et en devinrent les trop zélés propagateurs. Les juifs, d’ailleurs, maudissaient les chrétiens dans leurs synagogues (8), et attentaient à leur vie quand ils le pouvaient (9).
(1) Orig. Cels. τι, 4. 6.
(2) Justin. Tryph. xvir. cv.
“ (3) Eus. Præp. Evang. 1, 2.
(4) Eus. Præp. Evang. 1, 2.
(5) Eus. Præp. Evang. 1, 2.
(6) Eus. Præp. Evang. 1, 2.
(7) Justin. Tryph. xvux. Apol. 11. c. xvir, — Orig. Cels, vr, 27. — Tert. Nat. 1, 14.
(8) Justin. Tryph. xvI. xXCIII. XCV. XCVI.
(9) Justin. Apol. 1, 31. Tryph, xvi. xcv. — Hippolyt. Susann. n. 22.— Eccles. Smyrn. Epl. deS. Polyc. martyr. | n, XII, 54.
3. Les païens (1), de leur côté, considérèrent le christianisme comme une doctrine nouvelle (2), comme une secte juive (3), comme enseignant l’athéisme (4); ils accusèrent les chrétiens d'adorer le ciel et les nuages (5), ou bien le soleil (6), où même une tête d'âne (7), et des choses encore plus monstrueuses (8); de renoncer au culte national (9), et même à toute nationalité (10), de se séparer de tous
(1) Sur les efforts de la science païenne contre le christianisme, cfr. Riffels : Exposition des rapports entre l'Église et l'État. Part. 1, p. 64 sq.
(2) Æus. Præp. Evang. 1, 2.
(3) Orig. Cels. 1, 2. 112, 14. V, 35. — Eus. Præp. Evang. 1, 2. Dem. Evarg. 1, 2. où il montre que les chrétiens, bien qu'ils fassent usage des livres sacrés des Hébreux, ne sont point une secte juive.
(4) Justin. Apol. 1. n. vi. ΧΠῚ. — Athenag. 111. 1Χ. x. ΧΙ. ΧΗ, — Eus. Præp. Evang. 1, 1.— Dio Cass. Hist. 1. ΤΧΥῚ. — Cfr. Xortholt. Paganus obtrect. 1, 10.
(5) Juvenal. Sat. χτν, 96. — Tert. Apol. χχιν.
(6) Tert. ad Nat. 1, 13. explique ce reproche par l’usage où étaient les chrétiens de se réunir le dimanche {16 jour du soleil), et de prier le visage tourné vers lorient.
(7) Minuc. Fel. Octav. 1x. — Tert. Apol. xvr. Nat. 1, 11. — Orig. Cels. vr, 30. Celse avait peut-être vu un diagramme appartenant à la secte des Ophites, sur lequel un ange était représenté ayant une tête d’âne, selon la description qu’en donne Origène. Cels. νι, 24 sq.
(8) Minuc. Fel. Ali eos ferunt ipsius antistitis ac sacerdotis colere genitalia et quasi parentis sui adorare naturam. Oct. 1x.
(9) Tert. Apol. x. Nat. 1, 11. — Eus. Præp, Evang. 1, 2.
(10) Orig. Cels. v, 35. 36 sq, — ÆEus. Præp, Evaug. 1, 2.
les peuples et de tous les cultes (1), et 4 Ἰπίγοάαϊγο une nouvelle divinité (celle du Christ) (2); d'immoler, dans leurs cérémonies religieuses, un enfant enduit de farine (3), et de se livrer, après avoir éteint les flambeaux, à de honteuses impuretés (4). Ils leur reprochaient en outre leur foi aveugle (5) et leur superstition (6), les accusant de tenir leurs mystères secrets (7), d’avoir horreur de la lumière (8) et de l'intelligence (9); puis ils faisaient remarquer la division de la communauté chrétienrie en sectes nombreuses (10), et la condition malheureuse des chrétiens (11); ils insistaient d’ailleurs sur les calamités physiques et politiques qui accablaient l'empire depuis que le christianisme s’y était répandu (12).
(1) Orig. Cels. v, 35. 37. vu, 2. — Athenag. leg. xur. — Eus. Præp. Evang.1, 2.
(2) Orig, Cels. v, 35. 37.
(3) Justin. Apol. 11, 12. — Athenag. leg. xxx. — Minuc. Fel. Octav. ΙΧ. — Tert, Apol, 1v. vir. vit. ad Nat. 1; 2. 7. — Orig. Cels. vi, 27.
(4) Athenag. leg. in. — Minuc. Fel., Octav. 1x. — Orig. Cels. vr, 27.— Tert. Apol. 1v. var. var. ad Nat. 1, 2.
(5) Orig. Cels. 1, 9. 1v, 54. — Eus. Præp. Evang. 1, 3. — Cfr. Gallen. de differ. puls. 17, 4.
(6) Orig. Cels. 111, 79.
(7) Orig. Cels. ux, 15. — Tert. Apol. vaux.
(8) Minuc. Fel. Octav. vur. Latebrosa lucifugax patio, in publicum muta, in angulis garrula.
(9) Orig. Cels. in, 18. 44.
(10) Clem. Str. vi. = Orig. Cels. 111, 10. 12.
(1 1) Justin. Apol. 11. 4. — Minuc. Fel. Octav. xxxXVIL. — Arnob. Gent. 11, 96.— Cfr. Aug. Civ. Dei I, 29.
(12) Orig. Cels. ur, 15. comm. series in Matth. n. 39. — Tert. Nat. 1, 9.— Cfr. dug. Civ. Dei 1, 1 sq. 11, 2 86.
On disait aussi parmi les paiens que la venue du Christ au milieu des hommes n’était pas nécessaire (1 ); puis on demandait pourquoi Dieu avait tardé si longtemps à envoyer le rédempteur (2). Il était souverainement déraisonnable, ajoutait-on, de regarder le Christ comme un Dieu, à cause des miracles qu'il avait faits, Apollonius, qui en avait fait de plus grands encore, n’ayant été considéré que comme un simple favori de Dieu (3). On expliquait d’ailleurs les miracles de Jésus-Christ par la magie (4), dont il avait appris le secret de prêtres égyptiens (5); ou bien l’on attaquait le caractère des apôtres, attribuant à Pierre (6) ou à Jean (7) l'invention de la nouvelle religion; on rejetait aussi l’histoire évangélique (8) à cause de l'ignorance des apôtres (9), dont on croyait avoir une preuve évidente dans la grossièreté bar-
(x) (εἰς. (ap. Orig. Cels. 111, 1.)
(2) Arnob. gent. 11, 74. 75. — (εἰς. (ap. Orig.-adv. Cels. 1v, 7- 14.)
(3) Hierocl. dans son Φιλαλήθης (voy. la réfutation qu’en fait Æus.) — Lact. Inst. div. v, 2.
(4) Ces. (ap. Orig. c. Cels. 1, 28. 38.) — Æus, Dem. Evang. x 3. 8.
(8) Cels. (ap. Orig. Cels. 1, 9.)
(6) Excogitaverunt nescio quos versus græcos tanquam consulenti cuidam divino oraculo effusos, ubi Christum quidem ab hujus tanquam sacrilegii crimine faciunt innocentem ; Petrum autem maleficiis fecisse subjungunt, ut coleretur Christi nomen per trecentos sexaginta quinque annos ; deinde, completo memorato numero annorum, sine mora sumeret finem. Aug. Civ. Dei xviu, 53. ἢ. 2.
(7) Julien soutenait cette opinion. Voy. Cyr. adv. Jul. 1. x.
(8) (εἰς. (ap. Orig. c. Cels. nr, 23.) — Hicrocl. Φιλαλήθης.
(9) Hierocl. cit. (εἰς. (ap. Orig. c. Cels. 11, 62.)
bare des écrits du Nouveau-Testament (1). On répétait d’ailleurs les rêveries des juifs sur la résurrection du Christ.
4. Aux objections des juifs, l'Église opposait les prophéties (2); elle montrait que ni l'ancienne loi (3) ni la circoncision (4) n'étaient obligatoires en soi et par leur nature; qu'il n’y avait de nécessaire que la purification intérieure, figurée par la circoncision (5); que, du reste, Israël selon la chair n’était pas le vrai et l'unique Israël (6); que le christianisme était, non pas une défection et une révolte, mais bien l’accomplissement de la loi ancienne (7); que la destruction de la métropole des juifs rendait le judaïsme désormais impossible, et que ceux qui voulaient rester dans l’ordre de la loi, n'avaient plus à attendre de la loi elle-même que des malédictions (8).
Puis on développait la majesté et la force de la doctrine chrétienne (9); on justifiait le caractère de Jésus et de ses disciples; on établissait la vérité de son
(1) Lact. div. Inst. v, 1. — Lucian. de Solæc.
(2) Justin. Dial, e. Tryph. — Tert. c. Judd.— Hippolyt. adv. Judd.— Æus. Dem. Evang. Præp. Evang. — Bas. (Seleuc.) Dem. «ἄν, Judd. — CArys. adv. Judd. orr. etc.
(3) Barr. Epl. ἢ. 1 sq. — Justin. Tryph. xxmx. XXVIL. XLIII. XLVI. XLVIL. — Tert, Jud. τι 54. — Eus. Dem. Evang. 1, 6.
(4) Barn. Epl. n.1x.— Justin. Tryph. xXVIL. XXVHIL. XLVI. — Tert. Judd. x.
(5) Barr. Epl. n. 1x. — Justin. Tryph. xIL. xIX. XXIV. GXHL. — Tert. Judd, ur.
(6) Justin. Tryph. cxxnr. cxxv.
(7) Justin. adv. Tryph. passim.
(8) £us. Dem. Evang. 1, 7.— Cfr. Tert. adv. Judd. xr.
(9) Justin. Tryph. vaux.
LE CHRISTIANISME. o1 histoire (1), et on concluait la vérité de sa mission
et de sa divinité, du châtiment qui était tombé sur les juifs (2), pour n'avoir point cru en lui et pour l'avoir crucifié.
Passant ensuite de la défense à l'attaque, on reprochait aux juifs de ne pas comprendre l'Écriture (3), de la détourner de son vrai sens, de repousser avec Paveugle obstination du préjugé toutes les idées chrétiennes, particulièrement dans l'interprétation de V'Écriture (4); on leur faisait observer que, n'ayant plus d'autre marque distinctive que la circoncision (Just. Tryph. ἢ. xvr) et la polygamie (#brd. n. cxcr), ils étaient à tous égards stériles comme le sable de la mer (zbid. n. cxx), et incapables de recevoir aucune bonne doctrine (ibid. ).
5. Quant aux païens, on leur démontrait que le Christ n'était ni un émposteur ni un rnagicten, et, pour cela, on en appelait à son caractère ( Euseb. Dein. Ἐν. 111, ὃ. 6), à ses enseignements (ébëd. 111, 3), à la terre convertie (24. ibid.) et au règne du démon détruit par sa puissance (#béd. 111, 6), au caractère de ses miracles et de sa mort (ἐξα. 115, 4). Ni lui ni ses disciples n'avaient jamais employé les moyens dont usent les magiciens : la vertu des plantes et des racines, les fumigations, les talismans, les signes écrits, etc. (ἰδία. 111, 6); jamais d’ailleurs aucun disciple du
(1) Justin. adv. Tryph. — Tert. adv. Judd.
(2) Justin. Tryph. xvur. avi. Ex, — Orig. Cels. 1v, 22. — Hippolyt. adv. Judd. c. vi. — Tert. Judd. χιπι. — Chrys. adv. Judd. orr. v. — Aug. Civ. Dei 1v, 34.
(3) Justin. Tryph. LV. LXVILL. LXX. LXXI. CXIIL. CXV.
(4) Justin. Tryph. xxxVIx,
δῶ PREMIÈRE ΡΑΒΤΙΕ. — CHAPITRE II.
Christ n'avait été convaincu de pratiquer la magie (ibid. 11, 6), et il était assez clair qu'ils ne l’employaient pas, puisqu'ils l’avaient formellement interdite (ἰδία. 1, 6. 111, 6) à ceux qui embrassaient le christianisme (cfr. ct. x1x).
On répondait au reproche de nouveauté (1), en faisant remarquer que le christianisme était aussi ancien que le monde, aussi ancien que la vérité (2); qu'il n’était que la restauration de la religion primitive (3); que le Verbe avait opéré et enseigné dans le monde dès le commencement (4), que la loi et la prophétie étaient son œuvre (5); que, le judaïsme n'étant qu'une première phase du christianisme, celui-ci avait dans le judaïsme son fondement et son origine (6); que c'était au contraire le paganisme qui était nouveau (7); que le christianisme n’avait point été puisé aux sources païennes (8), que c’étaient plutôt les philosophes païens qui avaient emprunté leur sagesse aux saintes Écritures (9), dont ils n’avaient
(1) Theophil. Autol. 111, 16. — Eus. Hist. Eccl. 1, 4.
(2) Justin. 1 Apol. ἢ. xzv1. 11 Apol. n. vir sq.
(3) Justin. Coh. xxxvur. — Eus. Dem. Evang. 1, 5.7.
(4) Justin. Coh. græc.
(8) Justin. Coh. græc. — Tert. Apol, xxxt.
(6) Barn. Epl. n. 1v. χιν. — Tert. Apol. x1x. ΧΕΙ. — Justin. Coh. χατι. :
(7) Theophil. Autolyc. 1, 16. — Aug. Civ. Dei xvuxr, 36. (8) Orig. Cels. νι, 23. 24.
(9) Justin. Apol. 1, 44. 64. 69. Coh. x1v. xx, χχυ-χχχιν. — Thecphil. Autolyc. 11, 53 sq. — Clem. Str. 1, 22. w, 4. — Orig. Cels. vr, 19. vit, 30. — Tert. Apol. xLWII. an. τι. — Eus. Præp. Evang. x, ἡ. - Lact. Inst. div. v, 5. VII, 22, —
guère fait autre chose que corrompre et altérer la doctrine (1). Il n’y a donc, concluait-on, que le nom de chrétien qui soit nouveau, et, d’après son origine, il est irréprochable (2).
Au reproche d’athéisme, on opposait le fait incontestable de l’adoration par les chrétiens d’un Dieu en trois personnes (3); quant aux dieux des païens, les chrétiens, disait-on, refusaient de les adorer, parce qu'on ne peut servir plusieurs maîtres (4), parce que Dieu, d’ailleurs, n’a octroyé à personne le droit d’être honoré d’un culte divin (5); parce qu’enfin , ils ne croyaient point à ces dieux (6), qui ne sont autre chose que les mauvais anges (7), que des hommes mortels (8), ou des êtres sans vie (9), comme le soleil, la lune et les éléments, simples créatures destinées au service de l’homme (10). Mais, ajoutent les Apologistes, les chrétiens ne déshonorent pas les
Aug. Doct. Christ. 1x, 39. Déjà, dans son Commentaire sur la loi mosaïque, publié du temps de Ptolémée Philométor, le juif Aristobule, philosophe péripatéticien, avait fait la même remarque.
(1) Justin. Coh. xxxv sq. — Theophil. Autolyc. 11, 12. — Tert. Apol. χύνει.
(2) Athenag. leg. 11. — Justin. Apol. 1, 4. — Tert. Apol. xx.
(3) Justin. Apol. 1. n. 6. 13. — Athenag. leg. x.
(4) Orig. Cels. var, 3 sq.
(5) Tat. græc. 1v.— Orig. Cels. vu, 9.
(6) Tert. Apol. x.
(7) Orig. Cels. vus, 11.—Tert. Scap.11.—Athenag. leg. xxv1.
(8) Tert. Apol. x. Nation. 11, 7.
(9) Tert. Apol. xu1. — “λέπας. leg. xY.
(10) Tat. græc. 1v. — Theophil. Autolyc. 1, 4.— Tert, Nat. 11, 5. 6, — Eus. Dem. Evang. 111, 3.
54 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE τ.
dieux, puisqu'ils savent bien que ces dieux ne sont pas (1); les païens seuls, qui croient à leur existence (2), peuvent les déshonorer, et ils les déshonorent en effet, puisqu'ils ne reconnaissent pas les dieux les uns des autres (3), et qu'ils avouent qu’on ne saurait tous les honorer (4), l'autorisation politique nécessaire à cet effet manquant toujours pour quelque divinité (5). D'un autre côté, ils rendent des honneurs divins à des hommes morts (6), et attribuent à leurs dieux les vices et les crimes des hommes (7), ce qui est le comble de l’impiété et un horrible blasphème. D'ailleurs, la théologie des païens est tout entière absurde, la théologie mythique des poëtes et la théologie physique des philosophes, aussi bien que la théologie populaire (8). Le christianisme, étant la vérité absolue et la vraie philosophie, ne saurait autoriser les hommages rendus à une erreur nationale, parce qu’elle est nationale (0). Il y a au-dessus des lois du pays une loi imposée à tous les hommes (10); et si un paien quitte son pays pour venir se fixer au milieu d’un peuple étranger, il lui arrive aussi de garder ses dieux et de ne point adorer ceux des lieux où il habite (1x).
) Tert. ad Nat. 1, 10.
) Tert. Nat. 1, 1e
) Athenag. leg. xiv.
} ΤΕ Nat.'T, ro:
) Tert. Nat. 1, 10.
) Tert. Nat. 1, 10.
) Tert. Nat. 1, 10. — Eus. Dem. Evang. v. Proœæm. ) Tert. Nat. τι, 1 sq. — Aug. Civ. Dei vi, 5.
) Orig. Cels. v, 34.
10) Orig, Cels, v, 37.
11) Orég, Cols, v, 38,
er "
LE CHRISTIANISME. 55 Au reste, le Christ n’est point une divinité nouvelle (1), c'est l'idolätrie qui est un culte nouveau (2). — Au reproche qu’on leur fait d’adorer une tête d'âne, les chrétiens répondent simplement que c’est un absurde mensonge ; ce qui est vrai, au contraire, c’est que les païens adorent l’âne tout entier et d’autres animaux (3) avec lui.
Quant aux accusations de cruauté et d'immoralité, on y oppose la vie notoirement chaste et charitable des chrétiens (4); et ce fait si remarquable, que les tribunaux n’ont aucun délit du genre de ceux dont on les accuse à punir ou à reprendre chez eux (5); on en appelle aussi à l'impossibilité morale qu'ils commettent les crimes odieux qu’on leur impute (6).
En réponse au reproche de manquer de patriotisme, on en appelle à la conduite des chrétiens, qui remplissent avec une fidélité irréprochable les devoirs des emplois publics (7), et on invoque le témoignage que leur rendent à cet égard les dépositaires du pouvoir (8). C'est dans le paganisme seul qu'il faut chercher la cause des maux qui accablent le monde (9);
(1) Orig. Cels. v, 37.
(2) Athenag. leg. xvrr.
(3) Tert. ad Nat, 1, 11.
(4) Justin. Apol. 1, 27. 67. — Tatian, Græc. XXXIL. XXXIT. — Athenag. leg. xxx1. xXXX11. XXXIII sq. — Jert. Apol. τι. xLvI. ad Scapul. 1v.
(5) Tert. Nat. 1, 2 sq.
(6) Tert. Nat. 1, 7 sq.
(7) Tert. Scap. 11. ἵν. — Justin. Apol. 1, 17.
(8) Justin. Apol. 1, 69. 70. — Tert. Scap. ιν. Apol. v.
(9) Minuc. Fel. Octav. xxvi. — Lact. Div, {nst. 11, 26, — Aug. Civ. Dei,
il y a eu bien des calamités avant le christianisme (1), et beaucoup de celles qui ont éclaté depuis, sont des fléaux envoyés par la justice divine pour châtier l’obstination des païens et punir la haine et les persécutions dont ils poursuivent le christianisme et les chrétiens (2).
Quant au secret qui enveloppe leur doctrine, ils font remarquer qu’on démontre dès l’abord à ceux qui veulent être chrétiens la vanité des idoles, lunité de Dieu, et la venue en ce monde du Rédempteur promis (3); puis, qu'après la préparation convenable, on les initie plus tard à des doctrines plus élevées (4), exactement comme font les païens, qui ont aussi leurs mystères et leurs initiations (5).
A l’imputation de n’admettre parmi eux que des hommes sans culture intellectuelle, ils répondent qu’ils se contentent de ne pas les exclure (6). Du reste, pour faire voir quelle hauteur de raison et de science il y a dans le christianisme, ils se réfèrent aux Épitres de saint Paul (7). Ils opposent au reproche qu'on leur adresse de n’avoir qu’une foi aveugle, le soin qu'ils mettent à réfuter le paganisme et le judaïsme, et leur travail d'exposition scientifique du christianisme (8); puis ils font remarquer qu'ils ont dans
(x) Tert. Nat. 1, 9.
(2) Tert. Scap. 11.
(3) Orig. adv. Cels. rx, 15.
(4) Orig. adv. Cels. nr, 19.
Orig. adv. Cels. 1171, 48.
Orig. adv. Cels. 11, 20.
Eus. Præp. Evang. 1, 3.
les miracles et la vie tout entière du Christ, quelque chose de plus fort que toutes les démonstrations (1).
Quant à la difficulté que semblaient fournir aux païens les dvisions qui s'étaient produites au sein même du christianisme, on l’écartait en répliquant que la philosophie et la médecine ne cessaient pas
‘être bonnes en soi, malgré les différentes opinions qui s'étaient élevées dans le domaine de ces sciences (2); qu'on ne pouvait de même rien conclure contre le christianisme de la formation des sectes diverses qui le divisaient, non plus qu’on ne pouvait s’autoriser des sectes qui partageaient les juifs, pour nier la divinité des livres de Moïse et des prophètes (3).
6. On démontrait d'ailleurs positivement la divinité du christianisme par les miracles de Jésus-Christ (4), dont on avait une preuve évidente dans la foi et dans le caractère des apôtres (£useb. Dem. Ἐν. 111, 6), et en particulier par le miracle de la résurrection (5), par l’accomplissement des prophéties de Jésus- Christ (6), par les prophètes de l'Ancien Testa-
(1) Eus. Præp. Evang. 1, 3.
(2) Orig. adv. Cels. 111, 12. 13.
(3) Orig. adv. Cels. 11, 12.
(4) Aristid, Apol. (ap. Eus. Hist. Eccl. 1v, 3.) — Arnob. τ, 43. — Orig. Cels. x, 68. 111, 25. 28. — Eus. Præp. Evang. 1, 3. Dem. Evang. 11, 2. 5. 6. — Aug. Civ. Dei xx11, 6.
(5) Orig. Cels. 1, 16. Et aussi tous les autres Apologistes, d’après l’apôtre saint Paul.
(6) Orig. Cels. 11, 13. — Cfr. Eus. Præp. Evang. 1,3. — Justin. Tryph. xxxv.
ment (1), qui parlent du Christ si souvent et tant de siècles avant sa naissance (2), qui sont d’ailleurs si parfaitement d'accord entre eux (3), et dont les prédictions continuent de s’accomplir chaque jour (4); puis, par la conversion des apôtres et par leur courage (5); par la diffusion du christianisme (6) et ses effets moraux si merveilleux (7); par la réunion si étonnante des hommes en une même église (8); par la constance des chrétiens (9); par les dons surnaturels toujours subsistants dans l’Église pendant les premiers siècles (10), le don des miracles par exem-
(1) Justin. Coh. xitr, — Orig. Cels. 117, 15. 23. — Eus. Præp, Evang. 1, 3, Dem. Evang, 1, 4. 3. vrrx, 1x. — Aug. Civ. Dei xx11, 6.
(2) Justin. Apol, 1, 32 sq. Coh. var. 1x. — Theoph. Autol. zur. — Orig. Cels. 11, 14.— Eus. Præp. Evang. x, 3. — Lact. Div. Inst. τν, 5. — Aug. Civ. Dei xvrr. xvrI1, 37.
(3) Theoph. Autolyc. 11, 51.
(4) Justin, Apol. 1, 53. — Tert. Apol. (xx. — ÆEus. Præp. Evang. 1, 3.
(5) Orig. Cels. vurx, 47.
(6) Justin. Apol. 1, 39. — Arnob. τ, δά. 55. — Tert. Apol. c. 1. — Orig. Cels. 1, 3. 11, 13. — Eus. Præp. Evang. 1, 3. — Aug. Civ. Dei xx1x, 5.
(7) Justin. Apol, 1, 14 54. — Athenag. leg. 11. XXXIL. ΧΧΧΙΙΙ. — Arnob, τ, 6. — Tert. Apol. 111, — Orig. Cels. 1, 9.46.— Lact, Div. Inst, 111, 26. — Eus, Præp, Evang. 1, 4. Et aussi Bardesan. de Fato n. x. | |
(8) Orig. Cels. vu, 47. — Eus. Præp. Evang. 1, 4.
(9) (Pseudo) Justin. Epl, ad Diogn. c. vrr, — Justin. Apol. 1, 16.— Tert, Apol. xxirr, — Min. Fel. Oct. xxix. — Orig. Cels. vrir, 48. — Aug. Civ. Dei xxu, 6.
(10) Justin, Tryph. xxx1x. Lxxx VI, — Zren, 11, 32, Ὧν 4. — Orig. Cels. 1, 46, — Hippolyt, de Charism, ὁ. 1,
Lt, TES RE ee
ple (1), et le pouvoir de commander aux démons et de délivrer les possédés (2); par la force de l’'Eglise (Euseb. Præp. Ev. 1., 2.4) et par la sublimité de la doctrine chrétienne (3).
On croyait aussi pouvoir en appeler aux oracles sibyllins (4) et à ceux d’Hystaspe (5), dont la lecture était à cause de cela interdite par le pouvoir, aussi bien que celle des prophètes de l'Ancien Testament (Justin. Apol. τ, 44).
Les Apologistes faisaient d’ailleurs éclater jusqu’à l'évidence la crédibilité des récits apostoliques sur Jésus-Christ (6); ils en trouvaient une première démonstration dans la naïveté avec laquelle les disciples racontent tout ce qui concerne soit la personne de Jésus-Christ, soit leur propre personne, et même ce qui est à leur désavantage, leur fuite honteuse, par exemple, au moment de la passion de leur
(1) Orig, Cels. 1, 6. 46. aux, 24. νι, 2. — Tert. Apol. xx. XXVIL. ΧΧΧΙΙ, XXXVII, — Cyr, Idol. vanit. 111, 24. — Aug. Civ. Dei xx11, 8. ἢ, 1 54.
(2) Justin. Apol. τι. n. vi, — Zren.x1, 32. ἢ. 4. — Min. Fel. Oct. xxvir. — Tert, Apol. xxit1. Scap. 11. 1V. — Orig. Cels. at, 36. σις, 13. γαῖ, 58.
(3) Eus. Præp. Evang. 1, 4.
(4) Justin. Apol. 1, 20. Coh. xxxvir. — Theoph. Autol, 11, 2. 9. 31, 36. — Clem. St. vu, ὅ. — Tert. Nat. 11, 12. — Lact, 1, 6. vir. 16. — Aug. Civ, Dei xviur. 23. — On appelait, à cause de cela, les chrétiens, sibyllistes. Orig. Cels. v, 61. — On leur reprochaïit aussi d’avoir falsifié les écrits de la sibylle. Orig. Cels, vix, 56.
(5) Justin. Apol. 1, 20. — Lact, Div, Inst. γαῖ, 15.
(6) Arnob, Gent, 1, 56 sq. — Orig. Cels. x, 24. — Eus. Dem, Evang, zut, D.
maître (1); ils en trouvaient une autre preuve dans la matière même du récit.
Ils montrent, en effet, comment il y a, relativement aux faits racontés par les évangélistes, impossibité absolue de fraude ou d’erreur; impossibilité d'erreur, parce qu'il est question de faits publics et importants, que les témoins pouvaient facilement connaître et qu'ils avaient eu l’intention formelle de bien observer, auxquels, d’ailleurs, il s’agissait pour eux de tout sacrifier et de dévouer toute leur existence; impossibilité de fraude, parce qu’on ne saurait admettre que des hommes simples aient en si grand nombre formé le complot de tromper par un mensonge le monde de leur temps et la postérité, alors que celui à qui ils rendaient témoignage venait de mourir d’une mort ignominieuse et abandonne de tous; parce qu’on ne saurait admettre qu’ils se soient déterminés à précher une imposture qui ne devait, en ce monde comme dans l’autre, aboutir pour eux qu’à des opprobres et à des supplices; une telle folie et une telle perversité ne pouvant se rencontrer dans la nature humaine (2). On montrait d’ailleurs que leur véracité acquérait une valeur incontestable par leur martyre (3).
Quant au reproche adressé aux apôtres et aux disciples de ne pas employer dans leur enseignement la méthode scientifique, les Apologistes font observer que c’est là précisément ce qui donne plus de force
(1) Orig. Cels. 11, 15. — Eus. Dem. Evang. ται, 5.
(2) Voyez un magnifique développement de ce point de vue dans Eusèbe, Dem. Evang. 11, 5.
3) Orig. Cels. 1x, 10.
RP Re ΝΑ
LE CHRISTIANISME. 61 à leur témoignage, en même temps qu'il fait éclater plus visiblement l’action divine dans la conversion du monde opérée par leur prédication (1).
7. Passant ensuite du point de vue apologétique au point de vue polémique, ils disent que le paganisme est l’œuvre du démon (2), qu’il est plein d’absurdités et de contradictions (3), que ses dieux et ses cérémonies sont également entachés d’immoralité (4). Ils reprochent aux sages du paganisme leur ignorance (5), leur orgueil, leurs mauvaises mœurs (6), leurs contradictions entre eux et avec eux-mêmes (7), ils les accusent de corrompre la vérité (8), et de faire en général trafic de leur sagesse (9). La philoso-
(1) Orig. Cels. ur, 39.
(2) Athenag. leg. νι. xxvt. — Theoph. Autolyc. τι, 28. — Orig. adv. Cels. 117, 29.
(3) Justin. Coh. τι. — Theoph. Autolyc. 11, 15. — Athenag. leg. vi. xv. x1v. xx1v 56. — Min. Fel. Oct. xxvir. — Arnob. c. gentes, passim. — Clem.Coh, 11.— Athan. c. gent. — Lact. div. Inst., passim.
(4) Athenag. leg. xxxu. — Justin. Monarch. vr. ad Græc. or. 11. — Clem. Coh. 111. — Tert. Apol. x1v. xv. — Arnob, c. gent. L. 1v. — Aug. Civ. Dei 11, 4 sq. vrr, 21. 26 etc.
(5) Justin Tryph. ar. Coh. xx. xxxvi. — Theoph. Autolyc. 1, 8. — Tert. Anim. 1. — (Pseudo-) Clem. Recogn. x, 51. — Aug. Civ. Dei xr11, 17.
(6) (Pseudo-) Clem. Recogn. 1, 9. — Aug. Civ. Dei τι, 7.
(7) Justin. Apol. 1, 4. 11, 10. 13. — Cohort. 1-vur. — Hermias Xrrisio gentil. philos. 1, 11. 111 sq. — Aug. Civ. Dei XIII, 17. XVIIL, 41.
(8) Clem. Stx. τ, 17. — Tert. Apol. xLvI.
(9) Justin. Tryph. τι. — Tat. Græc. xxv. — Cfr. Philo gigg. ed. Mang. T. τ. p. 268.
phie païenne a proprement pour auteur le démon (1), comme les dieux des païens ne sont eux-mêmes que les démons (2); ce qui s’y trouve de vrai vient du Verbe (3), que le christianisme nous fait connaître dans toute sa plénitude (4); et à ce titre, ce qu'il y a de vrai dans la sagesse païenne, appartient au christianisme (5).
8. La différence du christianisme et du judaïsme (6) et le rapport de supériorité du premier sur le second (7) sont reconnus par les anciens aussi clairemént qu'ils reconnaissent et établissent d’autre part le rapport de dépendance (3) qui unit les deux Testaments ; en sorte qu'ils présentent l'Ancien Testament comme étant, relativement au Nouveau, non pas une œuvre
(1) Hermias Irrisio gent. philos. 1. — Theoph, Autolyc. τι, 8,
(2) Aug. Civ. Dei 1v. 27. γιὰ, 33.
(3) Justin. Apol. 17, 10. 13.
(4) Justin. Apol. 11, 8. 13.
(5) Justin. Apol, τι, 13.
(6) Zgnat."Aronov ἐστι Χριστὸν ᾿[ησοῦν καλεῖν, χαὶ ἰουδαΐζειν" ὃ γὰρ χριστιανισμὸς oùx εἰς ἰουδαϊσμὸν ἐπίστευσεν, ἀλλὰ ἰουδαϊσμὸς εἰς χριστιανισμὸν, ὡς πᾶσα γλῶσσα πιστεύσασα εἰς Θεὸν συνήχθη. Magn. x. — Εἰιδόδο développe longuement cette différence, Dem. Evang. 1, 6.
(7) Zren. Libertatis Novum Testamentum dabant (Apostoli) his qui nove in Deum per Spiritum sanctum credebant. 111, 12. n. 12. Lex libertatis 1v, 34. n. 1, 3. 4. — Tert. Marc. v, ἡ. — Eus. Dem. Evang. 1, 6.
(8) Barr. Epl. n. xu1. — Zren. Nos et causam differentiæ Testamentorum et rursum unitatem et consonantiam ipsorum referemus. 111, 12. 1). 12.— Tert. Et tamen sic concedimus separationem istam per reformationem, per amplitudinem ,
d'opposition (1), mais un commencement et une préparation qui mènent à un complet développement. L'alliance nouvelle n’est done autre chose que lallance ancienne dans son progrès, dans son pur idéal, dans sa dernière consommation (2). On voit au contraire chez les Ébionites , et au moyen âge chez les Passagiens (3), se reproduire l’idée qui confond et met au même rang l'Ancien Testament et le Nouveau (4); comme aussi celle qui nie, par un excès opposé, toute dépendance de lun avec l'autre. Ce dernier point de vue est celui des Gnostiques (5), des Manichéens (6) et de leurs adhérents au moyen âge, celui de Kant et de Schleiermacher dans les temps modernes.
per profectum, sicut fructus separatur a semine, quum sit fructus ex semine , sic et evangelium separatur a lege, dum provehitur ex lege, aliud ab illa, sed non alienum, diversum, sed non contrarium. Marc. 1v, 11.
(1) Eus. Dem. Evang. 1, 5. 6. 7.
(2) Tert. Marc. 1v, 1.21. v,2.— Jren. 19, 34. n. 2.
(3) « Passagiens , nom qui signifie tout saints. C’est le nom que quelques auteurs ont donné à certains hérétiques qui parurent dans la Lombardie au xn° siècle; ils furent condamnés avec les Vaudois dans le concile de Vérone, sous le pape Lucius II, l’an 1184. Ils pratiquaient la circoncision, et soutenaient la nécessité des rites judaïques, à l’exception des sacrifices; c’est pourquoi on leur donne aussi le nom de circoncis. Ils niaient le mystère de la sainte Trinité, et prétendaient que Jésus-Christ était une pure créature. » Bergier Dict. de théol.
(4) Bonaccurs. Vit. hæretic. in d'Achery Spicil. T. 1, p. 211. ed. de La Barre.
(5) Zren. 1x, 12. n. 12. — Tert. adv. Marcion.
(6) Aug. c. Faust. xu1, 14. Civ. Dei xv, 26.
9. Toute l'antiquité admet comme un dogme constant l’unité du christianisme, entendant par là qu'il constitue un tout unique et complet, formé, sans retranchement (1) ni addition (2), de tout ce que Jésus-Christ a enseigné ou prescrit d'enseigner.
10. En opposition avec ce point de vue (3), Marc, disciple de Valentin, et les Montanistes, admirent une certaine perfectibilité du christianisme par de nouvelles révélations, bornant toutefois cette perfectibilité à l’élément moral qui devait recevoir du Saint- Esprit son achèvement essentiel (4), en même temps que les mystères chrétiens recevraient une confirmation plus expresse et un développement plus profond (Tert. Prax. c. νι. xx). Les Manichéens (5), les Messaliens (6), les Anabaptistes, les Swedenborgiens et les Quakers ont admis cette idée de perfectibilité dans un sens plus absolu, et l’ont HP d’une révélation nouvelle.
(1) Nusquam christianus aliud est : unum evangelium, et idem Jesus : negaturus omnem negatorem et confessurus omnem confessorem Dei. Zert. Cor. xx. Præsc. vi. — Ambr. in Luc. l. vi. ἢ. 101. — Cassian. Incarn. vi, 17.
(2) Zren. 1v, 26. n. 2. — Mar. Vict. in Eph. n1, ὅ.
(3) Zren.1, 14.n.1
(4) Tert. Vel. virg. 1. Monog. 1-11. Pudic. x. — Theod. Hæret. Fab. 111, 2. Le montanisme s'appelait en ce sens véx προφητεία. — Serapion (Antioch.) Epl. ad Caricum et Ponticum, ap. Êus. V, 19.
(5) Felix. Disput. cum. Aug. 1, 9. — Aug. Faust. xxx, 1. 6.
(6) Theod. Hist. Eccl.1v, 11. — Joan. Dam. de Hæres. Cependant il n’est point question de révélation dans ce que rapportent d'eux Æpiphan. Hæres. Lxxx. — Aug. Hæres. LVIT,
D'autres, se plaçant à un point de vue tout opposé, ont enseigné un perfectionnement du christianisme, non par voie d’addition ou d'achèvement, mais par voie d'élimination de ce qui leur semblait purement local ou temporaire. Leur point de départ a été la supposition que Jésus-Christ, dans son enseignement et dans son langage, s'était accommodé aux préjugés des juifs, et ses apôtres, après lui, aux erreurs des juifs et des païens; en sorte qu’il aurait été réservé aux siècles postérieurs de purger le christianisme de ces éléments étrangers, surtout des élements judaïques, et d’affranchir l’idée éternelle, qui en est le fond, des enveloppes temporaires qui l'ont d'abord défigurée; telle ἃ été, dans les temps anciens, l'opinion des Gnostiques (1), et dans les temps modernes, celle de Semler (2), entre autres.
Saint Irénée oppose au système d’accommodation des Gnostiques, cette raison péremptoire que le Christ se serait donc manifesté en vain, puisque la vérité ne se trouverait nulle part, et qu’elle resterait inaccessible à tous (111, 12. n. 6); il ajoute que les apôtres, loin de s’actommoder aux préjugés des juifs et des païens, les ont au contraire heurtés de
(1) Quemadmodum dicunt hi, qui sunt vanissimi sophistæ, quoniam Apostoli cum hypocrisi fecerunt doctrinam suam secundum audientium capacitatem et responsiones secundum interrogantium suspiciones, cæcis cæca confabulantes secundum cæcitatem ipsorum. rer. 11, 5. n.x1 sq. — Cfr. 12. 0. 6.— Tert. Præsc. xx111. XXVI.
(2) Semier. De discrimine notionum vulgarium et christiauarum in N. T. observando. Hal. 1777. De discrimine inter σαρχιχοὺς et πνευματιχούς. Ibid. 1778.
front (n. 7), et que c’est précisément cette 6pposition ouverte et hardie qui leur a valu les PHaS et la mort (#bid. 25. 10).
Le Système d’accommodation des hérétiques, sÿstème auquel on peut sans difficulté rattacher celui de Semler, est bien différent du système théorique et pratique d’accommodation qu’on ἃ souvéht Signalé (1) dans les Pères de l’Église. Car les Pères ne regardent comme permise ét comme utile FES cette sorte d’accommodation purement nég ‘alive qui consiste, selon lés circonstances, tantôt à ne pas dire encoré, tantôt à ne pas dévoiler entièrement tel ou tel point dé doctrine, comme cela se pratiquait én grand, d’après la discipline du secret, dans l’instraction dés catéchumènes. Mais ni les Pères mi les écrivains ecclésiastiques n’ont jamais déclaré légitime laccommodation positive qui autorisérait à dire où à enseigner le faux par condéescendance pour l'erreur; et, en même temps qu'aucun d'eux n’admet et n’autorise une telle accommodation dans les points strictement doctrinaux, 11 S'en trouve plusieurs. qui réprouvent comme illégitime, même dans les choses purement historiques et tout à fait extérieures, tout semblant d’accommodation de ce
(1) Reinhard. progr. Utrum ét quando possint oratores divini, in administrando suo munefé , demittere 5656 ad vanas hominum opiniones. Vitteb. 19742. ἡ. Réimprimé dans ses Opp. acad. vol. 1. p. 475 sq. — Carus. Historia antiquior sententiarum Ecclesiæ græcæ de accommodatione Christo, in- Primis Apostolis, tributa. Lips. 1793. — Jahn. Quel est le sentiment des Pères sur l’accommodation : dans l’Appendice aux œuvres théologiques de Jahn. Tubingen 1821.
LE CHRISTIANISME. ΟἹ genre. Ainsi Jules Africain se déclare contre l’opinion qui tendrait à supposer que la généalogie de Jésus-Christ n’est point strictement historique, et que les noms des prêtres et des rois s’y trouvent cités et disposés uniquement dans le dessein de glorifier Jésus- Christ (1). Saint Augustin réprouve également lopiuioù de saint Jérôme (2), adoptée d’ailleurs par quelques autres Pères (3), d’après laquelle saint Paul n’aurait résisté à saint Pierre qu’en apparence ( Ép. x1x).
La perfectibilité du christianisme par voie de dégagement et d'élimination (#odus tollens) est admise aussi dans une mesuré plus où moins étendue par les philosophes modernes, qui, ne voulant conserver dé la religion que l'élément moral (Kant, Fichte, Fries ) ou l’élément spéculatif (Schelling, Hegel), retranchent et abandonnent le reste.
Il y ἃ un autre système de perfectibilité tout à fait Spécial : c’est celui qu'ont enseigné Saint-Simon et Lamennais.
11. Une autre doctrine des temps modernes, destructive aussi de l’unité du christianisme, c’est la distinction introduite par Hunnius (4), et bien souvent reproduite (5), des dogmes chrétiens en fonda:
(1) Μὴ δὴ χρατοίη τοιοῦτος λόγος, ἐν ᾿Εχχλησίᾳ Χριστοῦ, ὅτι ψεῦδος σύγκειται εἷς αἶνον χαὶ δοξολογίαν Χριστοῦ. Epl. ad Aristid. (in Routh. Rel. sacr. 11. p. 116.)
(2) Hier. in Gal, τι, 11.
(3) Orig. Strom. I. x. (Hier. Epl. Lxxtv.) — Chrys. Hom. in illud. In faciem restiti n. 18. — Theophy1. OEcum. in Gal. τι,
(4) Hunn. Διάσχεψις. Voyez Quenstedt System. 1. p. 242.
(5) Calov. Musœus. Hollaz. Baier. Buddeus, Jurieu. Mosheim.
mentaux, et non fondamentaux. Les Pères, il est vrai, distinguent, d’après les indications mêmes de l’Écriture (1), d’une part, les points de doctrine, objet du premier (2) et du plus essentiel enseignement, les points capitaux auxquels d’autres se subordonnent comme les conséquences aux principes, et qui doivent être crus d’une foi explicite, comme dit l’école; et, d'autre part, les points qui n’appartiennent pas à ce premier enseignement, qui n’ont pas la même importance fondamentale relativement au reste de la doctrine, et qu'il n’est pas nécessaire de croire aussi eÆplicitement; mais ils n’entendent point par là qu'une partie des dogmes chrétiens doivent être crus, et qu'on puisse ne pas croire les autres ; d’où il suit que la théorie des articles fondamentaux n’a aucune racine dans l'antiquité chrétienne, et qu’elle appartient exclusivement aux temps modernes.
Cependant, si nous demandons aux partisans modernes de cette doctrine ce qu’il faut entendre par les articles fondamentaux, et quels sont les dogmes auxquels s'applique cette dénomination, nous remarquons entre eux la plus grande diversité. D’après les Sociniens et les Arminiens, qui se sont proposé de réduire le plus possible les points de croyance (3), il ne faut considérer comme fondamentaux que les
(1) τ Cor. ur, 9-15. — Eph. τι, 20-22. — un Tim. τι. 39. — Heb. ν, 12-14. V3, 1.
(2) Orig. Θεωρεῖ δέ τις τὴν τερπνότητα Κυρίου, τὰ ὑποδεδηχότα δόγματα τῆς ᾿Πχχλησίας ὁρῶν" προςθαλῶν δὲ τοῖς περὶ Τριάδος, περιαθρήσει τὸν ναὸν αὐτοῦ. In Ps. xxv1, 4. où ὑποδεδηχότα δόγματα signifie articles fondamentaux, ou plutôt élémentaires.
(3) Armin. Apol. 6. 11. — Limborch. Theol. vir, 21.
dogmes contenus dans le Symbole des Apôtres. 1) ἃprès Jurieu, il n’y a de fondamentaux que les dogmes de la Trinité et de l’Incarnation; Semler (Doctrin. Christian. 8. 79) se réduit à celui de la Trinité; Hobbes (1) et Locke après lui, à la croyance que Jésus est le Messie; Storr (Esprit du Christianisme), à la doctrine du Christ en général; Eckermann (Dogmatique, tom. 1. p. 713), à l’existence de Dieu; Tieftrunck (2), à amour de Dieu et du prochain. D’autres déclarent qu’il est impossible de déterminer ce qui est fondamental.
Quant au principe sur lequel doit se fonder la détermination des articles fondamentaux, suivant les uns, c'est l’accord des deux grandes sociétés protestantes ; selon les autres, c’est l’aecord entre toutes les églises qui se disent chrétiennes; d’autres cherchent ce principe dans la liaison nécessaire des doctrines avec la moralité et le bonheur de l’homme.
12. A côté de l'unité du christianisme se trouve reconnue, aussi dès l’origine, sa catholicité. Le christianisme est regardé comme une religion catholique(3), parce qu'en lui disparait le caractère particulier du juif et du gentil (4), et qu'il réunit en un seul corps de doctrine toutes les vérités éparses
(1) On human Nature c. xt. $ 10. De Cive c. xvur. ἢ. 6. Leviath. c. ΧΙ11. ΧΙ.
(2) Censure de la doctrine protestante. Part. 1, p. 112.
(3) Liber. Πίστις χαθολικὴ καὶ ἀποστολική. Epl. ad Epp. Orientis. — Æus. Dem. Evang. 1, 5. 7. — Fides catholica. Tert. Marc, 1v, 4. — Aug. ver. Rel. 1x. n. 17. Util. cred, C. VII. N. 13.
(4) Clem. Str. νι, 5. 17. — Orig. Cels. 1v, 9.
jusque-là dans les divers systèmes des philosophes(1); parce qu'il renferme dans sa pure intégrité la vérité divine annoncée par Jésus-Christ (2); tandis que les autres doctrines, qui ne la possèdent ni pure mi entière, sont par cela même des doctrines hérétiques; enfin, parce qu'il est destiné à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux (3), que son origine remonte à l’origine même du monde (4), et qu'il s’est trouvé dès sa première promulgation universellement répandu (5).
18. L’apostolicité du christianisme est un autre point de vue également cru et proclamé dès les premiers temps; doctrine apostolique et doctrine chrétienne ayant dès lors le même sens (6), comme doc-
(1) Athenag. leg. v. at Minuc. Fel, χτχ. xx, — Clem. Str. 1, 13. — Lact. Div. Inst. vux, 7.
(2) Justin. Ἡμεῖς οἵ τῆς ἀληθινῆς Ἰησοῦ Ἄῤτετοῦ καὶ καθαρᾶς διδασχαλίας μαθηταί, Tryph. xxxv. Οἱ ἐκ πάσης τῆς ἀληθείας μεμαθευμένοι, XL.
(3) Ζιώω. Dem. Evang. 1, 4. ὅ. 7, Præp. à ILE
(4) Justin, Apol. x. n. (6. 11. ἢ. 7. --- Tat. Crée XFAV. τε -- Theophil. Autolyc. 111, 16. — Eus. Hist. Eccl. 1, 9. Dem. Evang. 1, 56. — Epiph. Hær. I. n. 5. Tertullien dit dans un autre sens : Christiana disciplina a novatione Testamenti.. , a redemptione carnis, id est Domini passione censetur, Nemo perfectus ante repertum ordinem fidei, nemo Christianus ante Christum cœlo resumptum, nemo sanctus ante Spiritum sanctum de cœlo repræsentatum. Pudic. x.
(5) Eus. Dem. Evang. 1, 6. xxx, 6.
(6) Zgnar. Δόγματα ᾿[ησοῦ Χριστοῦ χαὶ ἀποστόλων, Magn. 13. — ren. Non enim per alios dispositionem salutis nostræ cognovimus, quam per eos, per quos evangelium pervenit ad ΠΟΒ. 111, 1. — Apostolica doctrina, Zert. Præscr. 6. ΧΧΧΙΙ, — Tren. 1N, 83. ἢ, 8. — Clem, Of προπάτορες τῶγ δογμάτων (ἀπό-
trine nouvelle veut dire doctrine fausse, doctrine anti-chréuenne (1). Les Pères réprouvent d'ailleurs la distinction que les Gnostiques prétendaient établi entre les apotres , d'après la mesure dans laquelle ils supposaient qu'ils avaient connu les mystères (2).
14. La sainteté du christianisme est impliquée dans l'idée qui le constitue, dans la base qui l'appuie, dans le but qu'il se propose.
15. Tous les chrétiens, d’ailleurs, s'accordent à le reconnaître comme zécessaire, comme, possédant seul la force et la vertu de conduire au salut (3); tous s'accordent à le croire #ndéfectible (4), plaçant dans la puissance du Christ la garantie de son indéfectibilité.
Βηβμφουῃ de païens πα δὶ se flattaient de voir bientôt périr le christianisme (5). Au moyen âge il y
στολοι) Strom. 111, 1. — Pamphil. Apostolica et ecclesiastica dogmata. Apol. Orig. ς, 1. — Ziber. Epl. ad Epp. Orient. (ap. Soc, 1v, 12.) — Athan. Epl. encycl. ad Epp. n.1. Voy. ma Dogmatique. Part. 1, p. 53,
(1) Tert. Hermog. c. 1. Prax. 11.
(2) Zren. ax, 13. n. 1 54. 14. n. 1 sq.
(3) Tert. Nam et mortuus es, qui non es Christianus, non credendo quod creditum Christianos facit, Carn. Christi c. xx. — Orig. Σύμφερον ἣν τῷ τῶν ἀνθρώπων γένει παραδέξασθαι αὐτὸν (ησοῦν) ὡς υἱὸν Θεοῦ, Θεὸν ἐληλυθότα ἐν ἀνθρωπινὴ ψυχῇ καὶ σώματι. Cels. 111, 29. — Æus. Σωτήριον διδασχάλιον. In Ps. XXxXI1, 8. Σωτήριον δόγμα. In Ps. χοῖχ, 8. Et particulièrement Dem. Evang, 1, ὅ. — Cfr. Zenat. Καὶ τὰ ἐπουράνια; χαὶ ἣ δόξα τῶν ΡΟ χαὶ οἵ ἄρχοντες ὀρηροί τε χαὶ ΠΩΣ ἐὰν μὴ πιστεύσωσιν εἰς τὸ αἷμα τοῦ Χριστοῦ, χἀχείνοις χρίσις ἐστι. SMYrD. ἢ. VI.
(4) Eus. In Ps. Lxxr, 17. — Aug. Util. cred. c. vu. n. 20.
(5) Aug. Civ. Dei xvur, 53. δή,
eut des sectaires, les disciples de l'Évangile éternel (1), et les Homines intelligentiæ (2), comme ils se nommèrent, Dulcin (3), Amalric ou Amaury de Bena (4), qui soutinrent que le christianisme n’avait qu’une destination temporaire, et qu'il devait être remplacé par une religion plus parfaite, la religion de l’esprit ; dans les temps modernes, les Saint-Simoniens ont aussi élevé la prétention de compléter le christianisme, et de le dépasser par une doctrine qui donnerait un plus large développement à la nature et au bien-être matériel de homme.
16. Relativement au rapport de la philosophie avec le christianisme, on avait déjà, dans les temps les plus anciens, conçu et enseigné nettement que la philosophie a pour objet la recherche du divin (5), lequel se trouve exposé dans le christianisme ; d’où il résulte que le christianisme et la philosophie sont es-
(1) 1. Quod doctrina abbatis Joachim excellit doctrinam Christi. vi. Quod evangelium Christi aliud evangelium subiet, et ita pro sacerdotio Christi aliud sacerdotium succedet etc. Eymeric. Decret. inquisit. p. 11. q. 1x. $ 4. — Argentré Coll. judic. de nov. error. #, 164.— Voy. Joh. Olivus Comm. in Apocal. (Baluz. Miscell. T. 1. p. 213 sq.), dont Ubertin de Casali cherche à défendre l’orthodoxie, ibid. Ρ. 298.
(2) Error. homm. intellig. ἢ. 18. In Baluz. Misc. 1. τι, Ρ. 283.
(3) Guilhelm. Nangiac. Chronic. contin. ann. 1306.
(4) Guilhelm. Armor. Hist. de vit. et gestis. Phil. Aug. ann. 1209. — Rigord. de Gest. Phil. Aug. ann. 1209. — Cæs. (Heisterbac.) Hist, mirabb. v, 22.— Conc. Paris. ann. 1210.
(5) Justin, Tryph. 1. mr. — Orig. Prov. 1,2. — ÆEus. In Ps. χχῖνι, 33. — Aug. Trin. xX1V, 1. N. 3. XIII, I. n. 2,
sentiellement une même chose; mais que le christianisme est la plus haute et la seule vraie philosophie (1).
Cependant, tout en reconnaissant et en acceptant la philosophie (2), les‘docteurs anciens se déclarent avec force contre les philosophies (3), c'est-à-dire contre les systèmes arbitraires de la sagesse païenne, ou de la pensée individuelle. |
Comparée à la doctrine chrétienne, la sagesse païenne n'est rien (4); la sagesse chrétienne, au con-
(1) Zren. Γνῶσις ἀληθὴς À τῶν ἀποστόλων διδαχὴ, χαὶ τὸ ἀρχαῖον τῆς ᾿Εχχλησίας σύστημα χατὰ παντὸς τοῦ χόσμου. 1v, 33. n. 8.— Justin. Tryph. vin. Apol. 11. vu. — Jutian.
Græc. xxxv. ΧΕΙ. — Orig. Cels. 111, 53. In Rom. |. xxx. ἢ. 1.
— Melito Apol. fragm. ap. Æus. 1v, 26. — Lact. Ir. Dei. xu. — Eus. Dem. Evang. 1, 6. 111, 6. — Aug. Ver. Rel. v. n. 8. var. n. 12. Trin. xII1, 19. 24.
(2) Justin. ᾿Ἐστὶ γὰρ τῷ ὄντι φιλοσοφία μέγιστον χτῆμα, xl τιμιώτατον Θεῷ, ὧτε προάγει χαὶ συνίστησιν ἡμᾶς μόνη, χαὶ ὅσιοι ὡς ἀληθὼς οὗτοί εἶσιν, οἱ φιλοσοφίᾳ τὸν νοῦν προςεσχηχότες. Tryph. 11.
(3) Justin. ‘TU ποτε δὲ ἐστὶ φιλοσοφία καὶ οὗ χάριν χατεπέμφθη εἰς τοὺς ἀνθρώπους τοὺς πολλοὺς λέληθεν" οὐ γὰρ ἂν Πλατωνιχοὶ ἦσαν, οὐδὲ Στωϊχοί.... Tryph. τι. Οὐδὲν ἐμοὶ... μέλει Πλάτωνος, οὐδὲ Πυθαγόρου. Ibid. ττι. — Tert. Quid simile Philosophus et Christianus ἢ Græciæ discipulus et cœli? famæ negotiator et salutis? verborum et factorum operator? rerum ædificator et destructor ? interpolator erroris et integrator veritatis? furator ejus et custos? Apol. xzvi. De certis incerta præjudicat... nihil divinæ licentiæ servat, leges naturæ opiniones suas facit. Anim. 11. Philosophus animal gloriæ. — Hermias. Irrisio gentil. philos. — Zact. Div. Inst. 1. 1m. de falsa Sapientia.
(4) Orig. Κρείσσων ὀλίγη γνῶσις πνευματιχὴ ὑπὲρ πλῆθος σοφίας ἐθνῶν. In Ps. xxxvI, 16.
traire, est en accord parfait avec elle-même (1), et complète dans ce qu'elle embrasse; tout chétien est un philosophe (2) qui a pour maître Dieu (3), le Christ (4) et l'Esprit-Saint (5); il y a là, non pas de yaines opinions, Mais la pure et certaine vérité (OL. =
Que le christianisme et la vraie philosophie soient une seule et même chose, c’est aussi la doctrine de Scot Erigène(7), d’Abailard (8), de Roger Bacon (9), de saint Bonaventure, de Gerson et de plusieurs autres docteurs. )
Les dangereuses conséquences de la séparation de la vérité en vérité philosophique et en vérité chrétienne , apparaissent clairement au moyen âge (10),
(1) Athenag. leg. νι.
(2) Tat, Græc. xxxur. — Athenag. leg. v. — Tert.de Pallio. — Min. Fel. Oct. xx.
(3) Tat, Græc. ΧΧΧΙΙ, — Theoph. Autol. mx, 17. — Tert. Scap. 1v.
(4) Justin. Tryph. exvixr. Apol. τ. n. vr. Apol. x. n.x. — Iren. 111, 18. τ. 6. — Aug. Civ. Dei xviu, 54.
(b) Theoph. Autolyc. x, 33,
(6) Justin. Apol. τ. n.1x.— Athenag, leg. νι.
(7) De Prædestinatione cap.1. n. 1,
(8) Quæ profecto summi Patris summa sophia cum nostram indueret paturam, ut nos veræ sapientiæ illustraret lumine perfecto, nos pariter christianos et veros effecit philosophos. Epl. 1v,
(9) Una est sapientia perfecta, quæ divinis litteris contiποίαν,
(10) Stephan. (ΕΡΡ. Paris. 1276.) Dicunt enim(nonnulli proff. Paris.) ea vera esse secundum philosophiam, sed non secundum fidem catholicam, quasi sint duæ contrariæ veritates, et quasi contra veritatem sacræ Scripturæ sit veritas in dictis gentilium. In 4rgent, coll. jud, 5, 179,
bi di
“πτοὐττεεεἔΨοιςΝςινιἔιψ tnt
et particulièrement dans la période de la prétendue renaissance , où l’on rencontre plus d’un penseur qui semble partager son intelligence en deux moitiés, dont l’une affirme avec l'Église ce que l’autre nie avec la philosophie.
Les chefs de la Réforme se sont représenté la philosophie et le christianisme dans un rapport d’irréconciliable opposition.
La philosophie moderne ἃ reconnu dans le christianisme son véritable but et son objet propre; c’est dans son union avec lui qu’elle cherche son perfec: tionnement et son progrès le plus élevé. Seulement il faudrait que l’union et l’unité des deux doctrines eût pour condition l'admission de la philosophie dans le christianisme, plutôt que la prétention de réduire le christianisme à n'être plus qu’un simple élément de la philosophie.