Relativement au canon (11) et aux livres qui
(1) Conf. Helv. 1. c. 1. C’est aussi le sentiment des Luthériens.
(2) Circulaire xxx. Lxx1V. et souvent ailleurs.
(3) Conf. Helo. τι. c. 11. — Zwingli. De la clarté de la parole de Dieu.
(4) Zwingli. Réponse à Valentin Compar. De la clarté de la parole de Dieu.
(5) Zwingli. Rép. au serm. de Luther contre les visionnaires.
(6) Zwingli Elenchus. adv. Catabapt.
(7) Calvin. Brev. instruct. adv./Anabapt. præf. Brevis instruct. adv. Libertin. c. 1x. Div. Inst. τ, 9.
(8) Tract. theol. politic. c. vrxr.
(9) Leviath. P. 111. c. ΧΧΧΊΙ,
(10) De auctor. 8. Script. in Bibl. FF. Pol, τ, 263 sq. — Catech. Racov. c. 1.
(11) Κανών Catalogue des livres saints. Soc. 1. 17. (comme
doivent y être admis (1), on trouve dans les temps les plus anciens des différences de plusieurs sortes dans les différents auteurs et dans les diverses églises particulières, qui essayèrent de distinguer et de rassembler les livres auxquels on doit exclusivement attribuer une origine et une autorité divines. Relativement aux livres de lPAncien Testament, on remarque chez les plus anciens écrivains une différence déjà connue chez les Juifs; les uns adinettent avec Méliton (2) le canon palestinien, où ne se trouvent compris que les livres écrits en hébreu (3); les autres, le canon alexandrin, qui comprend en outre les livres composés en grec (4); c’est pour
aussi Tableau nominal des clercs. €. Mic. ©. xvI. xXvu. (Suicer. hoc verb. n. v.) ou bien, Regle prescrite aux clercs par l'Église. £us. Hist. Eccl. vi, 25.) — Canon Scripturarum “ἀρ. Serm. ccexv. ἢ. 1.—Cfr. Act. cum Felic. Manich, 11, 6. adv, Faust. xx11, 79.
(1) ᾿Ενδιαθηχὰ Orig. Orat. n. 14. — Δεδογμένα εἶναι θεῖα Orig. Cels. v, 55. — Βιδλία χανονιζόμενα Ath. Epl, ad Rufin. — "Qpiquéva χαὶ χανονισμένα βιόλία (Pseudo-) 474. Synops. — Kaνονιχὰ βιόλία C. Laod. c. rx. — Literæ canonicæ Aug. Faust. xx, 9. — Liber canonicus Aug. Serm. ccexxV. ἢ. 1. — Dans un sens plus large χανονιχὸς dans Orig. Prol. in Cantic. in Matth. Comm. ser. n. 46. libri canonizati, scripturæ canonizatæ, Ibid. n. 28. Κανὼν, dans le même sens in Jos. Hom. 11. n. 1. :
(2) Melito (Sard.) ap. Eus. τν, 25. Toutefois le livre d’Esther et celui de Néhémie manquent dans le canon de Méliton.
(3) (Pseudo-) Athan. Greg. Naz. Epiph. Hilar, Rufin, Hier. C. Laod. c. ταχ.
(4) ren. Clem. Alex. Orig. Tert. Cyp. dont les témoignages sont rapportés dans Jan. Introduct. Part. 1. et dans Munscher Histoire des dogmes chrétiens. Part. τὶ p, 241 sq.
L'ÉCRITURE SAINTE. 111 celui-ci que l'Église s’est déclarée lorsqu'elle à plus tard déterminé d'une manière définitive le canon des Écritures (1).
On trouve aussi quelque incertitude dans les premiers temps relativement au canon du Nouveau Testament. Eusèbe, dans le canon qu'il nous à transmis (Hist. Ecel. n1. 24), partage les livres saints du Nouveau Testament en livres admis par tous (ὁμολογούμενα) et livres que tous n’admettent pas (ἀντιλεγόμ ενα): 1] met dans cette dernière classe l'épttre de saint Jacques , celle de saint Jude , la seconde de saint Pierre, la seconde et la troisième de saint Jean. 11 désigne comme apocryphes (νόθα) ceux dont il est démontré que les apôtres ne sont pas les auteurs; il met dans cette classe les actes de saint Paul (acta Pauli), le pasteur d’'Hermas, l'apocalypse de saint Pierre, l’épitre de saint Barnabé, le livre intitulé διδαχαί ou constitutions apostoliques, et l’évangile des Hébreux ; et il fait observer que plusieurs y comprennent aussi l'apocalypse de saint Jean. Ceux qui ne sont pas seulement apocryphes , mais qui renferment des puérilités ou des impiétés, forment une classe à part, celle des ἄτοπα rat δυςσεδή; Eusèbe range dans cette dernière catégorie l’évangile de saint Pierre, celui de saint Thomas, celui de saint Matthias, les actes de saint André, ceux de saint Jean et ceux des autres apôtres.
Peu à peu nous voyons les livres contestés (ἀντιλεγόμιενα) de la classification d’Eusèbe se ranger
(1) ἃ Hippon. 393. — C. Carthag. 597. 19. — C. Rom. 494. — Aug. Doct. christ, 11, ὃ. — Znnoc. Epl. ad Exup.
148 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE ν.
au nombre des livres reconnus, et prendre place dans le canon. Saint Athanase (1) et saint Epiphane (Heær. Lxxvi) les y admettent. Tous, à l'exception de l’Apocalypse, sont cités comme canoniques dans saint Cyrille (Cat. 1v, n. 33. ch. xv, n. 13,16), dans saint Grégoire de Nazianze (Carm. xxx111), dans les Constitutions apostoliques (Lxxxv) et dans le célèbre canon de Laodicée (r1x).
Cependant il se rencontre encore des oppositions isolées contre les autres livres de la classe des ἀντιλεγόμενα. Les Iambes à Seleucus, attribués tantôt à saint Grégoire de Nazianze, tantôt à saint Amphilogue d'Icone ( Greg. Naz. Opp. T. π΄. p. 165 et Gall. Bibl. PP.T. vi) disent que plusieurs n’admettent point dans le canon la seconde épitre de saint Pierre, la seconde et la troisième de saint Jean , ni l’épitre de saint Jude, ni même l’épitre aux Hébreux, et que la plupart rejettent l’Apocalypse. Didyme d'Alexandrie regarde aussi la seconde épitre de saint Pierre comme non canonique (Enar. in 11 Petr.), et Théodore de Mopsueste n’est pas favorable à l’épitre de saint Jacques. La version syriaque ne reconnaît parmi les épitres canoniques que la première de saint Jean, la première de saint Pierre et celle de saint Jacques. On remarque dans l'Église latine une forte prévention contre l’épitre aux Hébreux , depuis le moment où le Montanisme commence à se produire; comme dans l'Église grecque, on voit l'autorité de l’Apocalypse de
(1) Epl. de paschate T, 1. P. 11. p. 767. ed. Montfauc. —
" (Pseudo-) 444. in Synops. ibid. T. 11, p. οὔ.
ne - -
L'ÉCRITURE SAINTE. 149 plus en plus méconnue depuis abus qu'en ont fait les Millénaires.
L'Église cependant, s’élevant à la fin contre les préférences particulières et contre les caprices de la critique, et voulant fixer définitivement le canon des Écritures , en vient à reconnaître solennellement dans plusieurs conciles les livres deutérocanoniques de l'Ancien aussi bien que du Nouveau Testament (1). Ce canon, confirmé de plus en plus pendant le 1v° siècle, réunit les suffrages des siècles suivants, sauf quelques rares exceptions qu'il faut expliquer par l'influence de saint Jérôme.
L'opposition élevée par les protestants contre les livres deutérocanoniques de lAncien Testament, et aussi, quoique avec moins de fermeté et d’animosité, contre les livres deutérocanoniques du Nouveau Testament, et contre quelques parties séparées de lun et de l’autre, a déterminé le concile de Trente à reproduire le canon du τυ siècle (2) pour le mamtenir dans son intégrité.
On ne saurait nier d’ailleurs que l’aversion des réformateurs pour les livres deutérocanoniques ne repose en grande partie, et peut-être principalement, sur des raisons purement dogmatiques. Ce sont aussi des raisons dogmatiques qui ont fait rejeter dans les
(1) C. Carthag. (in. 379) ce. xzvir. — C. Hippon. (393) c. Χαμ, — C. Carth. (419).—C. Rom. sub Gelas. (494).—Jnnoc, Epl. ad Exup. (405). — Aug. Doct.christ:11, 8. ἢ. 12. 13.
(2) Pallavicini a démontré contre Sarpi que la décision du concile de Trente sur le canon des Écritures, n’introduit au
cune nouveauté,
temps plus modernes tel ou tel des livres protocanoniques, la critique n'ayant été employée qu’à éliminer ce que la dogmatique rationaliste avait par avance déclaré nécessaire de retrancher et de proscrire. Que si de notre temps plusieurs consentent volontiers à recevoir des écrits apostoliques jadis vivement contestés, cela vient parfois de ce que, ne reconnaissant plus l'obligation de se soumettre à autorité de la parole des apôtres , on n’a plus aucune raison de refuser aux anciens monuments du christianisme leur incontestable valeur.