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res, un ange ἃ été donné à chacun des fidèles pour le garder et lui porter secours, il y a, suivant une opinion assez répandue, fondée sur l'interprétation littérale de l’Apocalypse (ch. 11 et 11), un ange chargé spécialement de chaque église particulière (4); plu-
27. 64.— Hil. in Ps. cxxxvIL. ἢ. 5. — Basil. in Ps. χχχτιιι. n. 5. Ps, xzvrIx. ἢ. 9. Δάν. Eun. ται, 1. etc. Voy. ma Dogmatique. P.u.p.241. — Cfr. Frider. Schmidt. Histor. dogmat. de angelis tutelaribus, nouv. édit. par Z/gen. Lips. 1817.
(1) Orig. Cels. ναι 15. in Ez. Hom. 1. n. 7. — Æus. Dem. Evang.iu, ὃ. — Ambr. Vid.c.1ix.— Aug. Civ. Dei 1x, 23. ἢ. 1.
(2) ren. 11, 52. — Orig. Cels. v, 4. ὃ. 6. var, 13: — Eus. Dem. Evang. m1, 5. Præp. Evaug. ναι, 13. — Bas. adv. Eun. v.— Greg. Nyss. adv. Eun. Or. 1v. — Theod. Græc. affect. curat, Serm. ur. — Chrys. in Col. Hom. vu. ἢ. 1.— Theod. in Col.11,18.— Aug. Civ. Dei 1v, 23. n. 3. x, 12. Ver. Rel. τιον, ἢ. 110. IIT.
(3) Ὅτι où δεῖ χριστιανοὺς ἐγκαταλείπειν, τὴν ᾿Εχχλησίαν τοῦ Θεοῦ, καὶ ἀγγέλους ὀνομάζειν, ἢ συνάξεις ποιεῖν ἅπερ ἀπαγορεύεται. Cfr. Bals. Zonar. Arise. h.c. …
(4) Orig. in Luce. Hom. xu. χα, Num. Hom. x1, ἢ, 5, —
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sieurs mêmes reproduisent, en se fondant aussi sur des passages de l'Écriture (1), le sentiment déjà exprimé par Philon (Posterit. Cain. Τὶ 1, p. 243. Mang.), qu'il y ἃ un ange préposé spécialement à la garde de chaque peuple (2), chargé de le protéger, et de l’offrir continuellement à Dieu en sacrifice (3); saint Basile ajoute que ces anges gardiens des peuples sont plus élevés en dignité que ceux des individus (adv. Ennom. Π|, 1). Enfin, un grand nombre de Pères croient que Dieu a établi des anges spéciaux sur les éléments (4), sur les diverses parties du monde organique et inorganique (5), sur les animaux (6), sur les
Eus. ‘in Ps. χα, 12.— Hil. in Ps. cxxiv. — Greg. Naz. Or. xxx. —Bas. Jej. Hom. 11. ἢ. 2. Epl. exxvur. Cfr. Petav. Ang. τι, 7.
(x) Dan. van, 17 sq. Χ, 13. 20. xu1, 1. 13. — Deut. xxxu1, 8. (Lxx.) — Sir. XVII, 17.
(2) Clem. Str. νὰ, 17. — Orig. Gen. Hom. xv1, 2. Exod. Hom. va. n. 2. Num. Hom. xr. n. 5.Jos. Hom. χη. ἢ. 3. Luc. Hom. x17. — Æus. Dem. Evang. 1v, 10. — Bas. Eun. ut, 1. — Epiph. Hær. 11. n. 34. — Chrys. in Matth. Hom, Lx1. — Theod. in Dan, x. — Dion. Hier. Cœl. c. 1x. $ ἡ.
(3) Eus. in Psalm. Lxx1, 10.
(4) Justin. Tryph. v.— Athen. Leg. x.xXxIV.— Orig. Jerem. Hom. x. n. 6. — Eux, Dem. Evang. 1v, 10. — Hier. in Gal. 1V, 3. — Aug. Gen. lit, xur, 36. — Joan, Dam. Orth. fid. τι, 3. — Cfr. Job. xxxvr, 32. 33. — Apoc. vu, 2. 3. x1v, 18. XVI, D.
(5) Orig, Joan. T. xux. ἢ. 49.
(6) Herm. Past. Vis. 11. 6. 11. — Athen. leg. (cité par Method. ap. Epiph. Hær. xx1v. n.21. et dans Phot. Cod. cexxxn.) — Orig. Opus tamen ipsi mundo etiam angelis, quisint super bestias , et angelis, qui præsint exercitibus terrenis. Opus est angelis, qui præsint animalium nativitati, virgultorum
358 SECONDE PARTIE. —- CHAPITRE fil.
plantes (1), et en général sur toutes les choses visibles (2); pendant que d’autres, saint Cyrille d'Alexandrie, par exemple, s'élèvent contre l’idée d’une telle puissance accordée aux anges, et croient à un gouvernement immédiat du monde par la Providence (3).
La doctrine d'Origène sur les anges présente des singularités fort remarquables. Ce sont les anges, d’après lui, qui entretiennent dans l’air et dans l’eau les principes fécondants, et qui font croître les plantes pour l'usage de l’homme (4); ce sont eux qui président à la naissance de l’homme, qui introduisent les âmes dans les corps (5), de même qu'ils les conduisent dans le séjour des morts (6); ce sont eux
plantationumque et cæteris pluralibus incrementis. In Num. Hom. x1v. n. 2 (Cfr. 4poc. 1x, 11).
(1) Orig. in Num. Hom, x1v. n. 2.
(2) Aug. de div. qu. 83. q. zxx1x.
(3) Oùre ἀδούλητον, ἢ ἀχαλλὲς τῷ Θεῷ τὸ κατάρχειν τῶν ἐπὶ γῆς, οὗ διὰ μεσίτου τινος, προςεχῶς δὲ καὶ, ἵν᾽ ὀὕτως εἴπωμεν, αὐτουργιχῶς, etc. (adv. Jul. 1. τν.). T. να. p. 149. Mais il admet qu'il y a des anges chargés de garder et de protéger les peuples : Oùx εἶναι φὴς πολλοὺς ἐπὶ γὴς τῶν ἁγίων παρὰ Θεοῦ τεταγμένους εἴς γε τὸ δεῖν πεπιστευχόσιν ἐπιχουρεῖν καὶ οἱονεὶ χαθηγεῖσθαι λαῶν; II. Φυημὶ, πῶς γὰρ οὔ; De Ador. spir. et verit. 1. rv.
(4) Καὶ ἡμεῖς μὲν γὰρ φαμὲν, où χωρὶς προστασίας ἀοράτων, ἵν᾿ οὕτως ὀνομάσω, γεωργῶν, καὶ ἄλλων οἰκονόμων, οὐ μόνον τῶν ἀπὸ γῆς φυομένων, ἀλλὰ χαὶ παντὸς ναματιαίου ὕδατος, χαὶ ἀέρος, τὴν γὴν φέρειν τὰ ὑπὸ φύσεως λεγόμενα διοικεῖσθαι, χὰὶ τὸ ὕδωρ ἐν ταῖς πηγαῖς καὶ τοῖς αὐθιγενέσι ποταμοῖς ὀμόρεῖν καὶ φέρεσθαι, χαὶ τὴν ἀέρα ἀδιάφθορον τηρεῖσθαι, χαὶ ζωτιχὸν τοῖς ἀναπνεοῦσιν αὖτὸν γίγνεσθαι. Cels. vrir, 31. Cf. ibid. 32.
(5) Luc. Hom. 1v. Joan. T. xxx. n. 49.
(6) In Joan. T. χιχ. n. 4. T. xxviur, ἢ, 5. — Cfr. Hippolyt. adv. Platon. c. 1.
enfin qui les mènent au lieu des supplices (1), où qui les introduisent dans le paradis (2). On voit, dans tout cela, clairement apparaître l'intention d’attribuer aux anges les fonctions que les paiens attribuaient à leurs dieux, et de travailler ainsi à détruire le polythéisme, en transportant au christianisme, après les avoir purifiés, plusieurs points importants du vieux paganisme.
Origène enseigne encore que ce sont les anges qui inspirent les prières (Orat. n. 11); qu'ils s'unissent aux hommes pour prier avec eux (4béd. 31); qu'ils offrent dans le ciel, comme prêtres, une eucharistie spirituelle (3), et qu'ils participent aux fruits du sacrifice de Jésus-Christ (4). Les anges préposés à la garde des hommes, dit-il ailleurs, se rendent quelquefois coupables de négligence dans l’accomplissement de leur ministère, et perdent pour un temps, en punition de cette faute, la vue de Dieu; les anges des enfants sont, au contraire, plus vigilants; et c’est pour cela qu’ils ne sont jamais privés du bonheur de voir Dieu (in Luc. Homil. xxxv).
12. Comme tous les docteurs de l’Église enseignent, conformément à l’Écriture, l’existence des bons anges, de même tous admettent, sans hésitation, l'existence des mauvais esprits, clairement en-
(1) In Levit, Hom. 1x. ἢ. 4.
(2) Cfr. Clem. Strom. 1v, 18. — Const. apl. vin, 41. (Cot. h, 1) — Cfr. Zuc, ἄντ, 22.
(3) Lev. Hom. 11. n. 3. — Cf, Huet, Origenian. 1. 11. qu. 3. D. 24,
(4) Lev. Hom. 1. ἢ. 3. — Cf, Huet, Origenian, 1, 11. qu. 3. n. 20. 24.
900 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE LI, seignée aussi dans les Livres saints. L'Écritnre établit, et ils établissent après elle, entre ces esprits déchus, une différence fondée sur la mesure de leur bonté première et de leur méchanceté actuelle; et ils distinguent l’un d’entre eux par la dénomination de malin esprit, per eminentiam; cest le Démon, à qui l’Écriture donne tant de noms divers, qu'il est difficile d'y en ajouter d’autres. Parmi ces noms, on distingue particulièrement celui de prince de ce monde, ἄρχων τοῦ χόσμου τούτου, que l’on trouve souvent employé, expliqué, et quelquefois mal interprété; ainsi les Gnostiques et les Manichéens concluaient directement de ce nom, que le Diable est l'auteur du monde (1). La dénomination de prince de la matière (2), donnée au Démon par Athénagore, mérite d’être remarquée, ainsi que la distinction établie par Origène entre Satan et le prince de ce monde (in Luc. Hom. xxxv). Saint Justin (Apol. 11, c. v) et Tertullien après lui distinguent les anges tombés, des démons (3). Saint Irénée voit un symbole du malin esprit dans le poisson monstrueux qui engloutit le prophète Jonas (/ren. adv. Hær. 111, 20, n. 1); Origène en trouve l’image, entre autres, dans Nabuchodonosor (4).
(1) Aug. in Joan. Tract. rxx1Ix. n. ἃ. — ÆEpiph. Hær. Lxvr. — Chrys. in Joan. Hom. LxXxIv.
(2) Athen. leg. xxv. — Cfr. Joan. Dam. Orth. fid. 11, 4.
(3) Sed quomodo 'de angelis quibusdam sua sponte corruptis corruptior gens dæmonum evaserit damnata ἃ Deo cum generis auctoribus, et cum 60 quem diximus principe, apud Litteras sanctas ordine cognoscitur. Apol. xx11.
(4) Orig. in Dan. 1v. (in Comm. varior. in Dan. Mar, T. 1. p. 43.)
43. Relativement à la nature simple et incorporelle des mauvais esprits, on retrouve la même divergence d'opinion que nous avons déjà signalée en parlant des bons anges. D'après Tatien, les mauvais anges sont formés d’une substance matérielle complétée par une substance spirituelle, et c’est pour cela qu'ils se portent avidement vers les choses sensibles (adv. Græc. x11). Le valentinien Théodote leur attribue un corps, et c'est par là qu'il explique comment ils peuvent être soumis à un châtiment (C/er. excerpt. Theod. x1v). Origène pense que les démons habitent dans une atmosphère grossière, où ils se nourrissent de la fumée des sacrifices, dont ils ne sauraient se passer (Exh. mart. n. 45 ; adv. Cels. 1v, 32, νπι, 35). Alexandre de Lycopolis les définit des animaux sensibles (αἰσθητὰ ζῶα) (Manich. placit.); Evagre, moine de Scété, va même jusqu'à déterminer avec précision la conformation du corps des démons (1); saint Isidore leur donne simplement pour enveloppe des corps aériens (Ord. creat. ὁ. vi). D’autres, en grand nombre, pensent que ce sont des êtres d’une nature tout à fait spirituelle.
L'opinion que les démons sont des êtres de nature corporelle, a été reproduite dans les temps modernes, avec des circonstances tout à fait étranges, par le théosophe anglais Pordage, qui prétend que les diables ont une stature gigantesque et des corps tout noirs, tandis que les anges sont de la taille des hommes.
(x) ψυχρὰ γὰρ λίαν τὰ τῶν δαιμόνων σώματα, χαὶ χρυστάλλῳ rapeugeon. Capp. n. LxvI.
14. L'opinion que le Diable a été méchant dès l'origine se rencontre chez quelques hérétiques seulement, par exemple chez les Ebionites (Clem. Hom. XIX, ἢ. 12, 13), puis chez Saturnin, Basilides, Mar: cion, Bardesanes, Manès, et généralement chez les dualistes. Mais les Pères enseignent que tous les esprits ont été créés bons, et qu’une partie d’entre eux s’est pervertie en s'abandonnant au péché (1); ils rapportent du reste à la chute des anges les peintures et les récits qui se trouvent dans Isaïe (x1v, 12) (2) et dans Ezéchiel (xxvi1, 2, sq.) (3). A la question : pourquoi Dieu a-t1l permis cette chute, qu'il pouvait empêcher, saint Augustin répond que Dieu a voulu montrer par là ce que la créature peut être par lui et par sa grâce, et ce qu’elle peut deyenir, au contraire, par elle-même et par son orgueil (Civ. Dei χιν, 27).
Quant au peché qui a causé la chute des mauvais anges, c’est, selon les uns, le péché d'impureté commis avec les filles des hommes (4), selon d’autres, l'envie des prérogatives accordées à l’homme (5), ou
(1) Tat. Græc. vu. — Athen. Leg. xXxIV. — Ζγεπ. 1V,41,n. 2. V, 28.n. 4. — Clem. Strom. vu, 7. — Orig. Princ. Prol. n. ἡ. Cels. 1v, 65. vir, 69. — Tert. Apol. xxx. Marc. 11, 10. — Eus. Dem. Evang. τύ, 9. Præp. Evang. vu, 16 etc.
(2) Eus. Dem. Evang. 1v, 9. — Hier. in Eph. 11, 7. — Aug. qu. in V. T. qu. ex.
(3) Tert. Marc. τε, 10. — Orig. in Ez. xu. — Cyr. Cat. 11. ἢ. 4.
(4) Tert. Virg. vel. vir. — Lact. Inst, div. 11, 15. et beaucoup d’autres.
(5) Justin. Tryph. c. xx1v. — ren. 11, 33. ἢ, 8, 1v, 4o.
LA CRÉATION. — LES ANGES. 363 la jalousie contre le Fils de Dieu (1), ou bien lorgueil (2), et surtout la présomption superbe de se croire semblables à Dieu (3) ; Papias pense que c’est simplement la mauvaise administration de l'univers (4). Au moyen âge, l'opinion dominante est celle de saint Augustin, qui fait consister le péché des mauvais anges dans l’orgueil et la prétention à l'autonomie. Dans les temps modernes, Turner (5) a émis l’idée que la chute des anges a eu pour cause l'ambition des ordres inférieurs, qui ont voulu ravir aux ordres plus élevés leur supériorité.
Quelques Pères croient, il est vrai, que Satan avait une place élevée parmi les anges (6); mais saint Augustin pense (7), au contraire, et beaucoup d’autres ave lui, qu'il était l’un des moins honorés de la cour céleste (8).
V, 24. n, 3. — Tert. Pat. v. Marc. 11, 10. — Cyp. de Zelo et
(1) Lact, Inst, div. τι, 8.
(2) Orig. in Ez. Hom. 1x. — At. Or. de virginit. — Cf. Sap, x, 15. — 1 Tim, 111, 6. (xpiux Διαδόλου).
(3) Orig. in Dan. 1v. (Mai. 1. p. 43.) — Eus. Præp. Evang. vit, 16. — Aug. qu. in Vet. Test. qu. cxu. — Bernard. Grad. humil. c. x. n. 31. — Thom. P. 1. qu. zx. Art. mt. Cf. Is. x1v, 13.
(4) Pap. ap. Andr. Cæsar. Comm. in Apoc. c. xxxIv.
(5) De primi peccati introitu , sive de lapsu angelorum et hominis. Lond. 1691.
(6) Tert. Marc. τι, 10. — Orig. in Ez. x. — Cyr. Cat. 1.0, 4. — Lact. Inst. div. 11, 8. — Thom. P. 1. qu. zx. Art. vu.
(7) Aug. Lib. arb. ne, 11. n. 32.
(8) Athen. Leg. xxv. — Greg. Nyss. Or. Cat, vi. — Joan. Dam. Orth. fid. 11. 4.
La doctrine de l'Église exclut positivement toute idée d’un rétablissement final du Démon dans son premier état (1), comme Origène l’a reconnu lui-même (Epl. ad Fabian. ἢ. vi), et comme le concile de Constantinople l’a solennellement décidé, en 553, contre les Origénistes des temps postérieurs. Ta raison sur laquelle on fonde la croyance qu'il n’y a point de rédemption pour le Démon, c’est que les anges, étant affranchis de tout assujettissement à un corps, et des sollicitations au mal qui peuvent en résulter (2), se sont abandonnés au péché par pure malice, et par la seule décision de leur volonté (3). Saint Irénée pense d’ailleurs que Satan aurait pu faire pénitence (in, 23, n. 3); saint Basile dit que c’est pour avoir séduit l’homme qu’il a rendu son sort irrémédiable (in Is. c. χιν, ἢ. 279). Duns Scot distingue deux moments dans la chute de Satan; l’un d'amour désordonné pour lui-même; l’autre de haine positive contre Dieu; il pense que la faute du premier moment pouvait être rachetée, mais qu’il n’y a pas eu de rédemption possible depuis le second moment, où la haine de Dieu (le status iræ) est devenue en lui quelque chose de fixe et d’irrévocable (Sentent. 1. τε. Dist. νὰ. 4. τι).
(1) Justin. Apol, 1,28. 11, 8. — Tat. Gr. χιν. xv. — Jren. 1,10.— Tert. Carn. Christ. x1v. Marc. 11, 10.— Cyr. Cat. vi, 1. — Hil, in Ps. exLvINI. ἢ. 7. — Aug, in Ps, LXXVuI. ἢ. 28.Civ. Dei xxx, 17. — Hier: adv. Rufin. 1. 1. T. 1v. Ῥ 11. p- 379. (Mart.) adv. Pel. dial. τ. p. 5o2. ibid.
(2) Nemes. Nat. Hom. c. 1. — Cassian. Coll. 1v, τή. — Jul. Pom. Vit. contempl. τ, 8. — Greg. M. in Job. 1x, 5o. n. 76. — Job, de OEcon. 1x, 42. 43. — Joan. Dam, Orth. fid. ἅτ, 34 90:
(3) Aug. in Epl. ad Galat. ἢ. 24.
LA CRÉATION. τὸ LES ANGES, 309
Plusieurs auteurs anciens et plusieurs théologiens du moyen âge ont pensé que, dans la révolte qui a troublé le monde des esprits, un certain nombre d'anges sont restés chancelants et indécis, et ne se sont déclarés ni pour ni contre Dieu; Dante ἃ reproduit cette idée (1). Il faut remarquer aussi une opinion de saint Justin, citée et approuvée par saint Irénée (v,26, n. 3}; ces Pères disent que le démon s’est conduit jusqu’à la venue de Jésus-Christ avec une certaine réserve, parce qu'il ne regardait pas encore sa condamnation comme certaine et définitive; mais que depuis qu'il a entendu sa condamnation de la bouche de Jésus- Christ, il a été enflammé d’une rage violente, et ἃ vomi par la bouche des hérétiques toutes sortes de blasphèmes.
15. Quant au rapport des anges déchus avec le monde sensible, on trouve dans Tertullien (2) et dans plusieurs autres Pères l'idée que les démons, en entraiuant l’homme dans le mal, ont bouleversé l'univers et soumis le monde à leur puissance; et c’est un point admis et maintenu par les Apologistes, qu'ils se sont fait dans le monde ainsi bouleversé, comme un nouvel empire (3), en y fondant le paganisme (4); qu'ils ont séduit et égaré Les hommes par les fables des
(1) .........che non furon ribelli, Nè fur fedeli a Dio, ma per se foro.
Inferno, canto ται. 38. 39.
(2) Tert. Spectac. c. τι. —— Macar. Pat. et Discret. c. 111. (3) Athen. Leg. xxv. — ἕω. Dem. Evang. 1v, 9. (4) Athen. Leg. xxvr. — Theoph. Autolyc. 11, 28.
poëtes (1), par les mystères (2), les oracles (3), les aruspices (4) et les idoles (5), en sorte qu'ils se sont fait adorer par la race humaine aveuglée et frappée de folie (6). Origène leur attribue aussi les persécutions (Cels. 1v, 32). Tertullien dit que ce sont eux qui bouleversent les éléments et corrompent les fruits de la terre (Apol. xx1r); saint Cyprien (epl. Lxxv), et saint Augustin (Gen. litt. 111, 4), qu’ils ont le pouvoir de produire dans l’atmosphère toutes sortes de phénomènes, d’exciter les tempêtes, et de produire la grêle (Cfr. ‘Job. r). Les Priscillianistes avaient aussi cette croyance; mais le concile de Braga, de 560, décida contre eux que les mauvais anges ne peuvent
(1) Theoph. Autolyc. 11, 10.
(2) Tert. Præscr, xr. Baptism, ὁ. v. Apol. xxu.
(3) Tert. Or. xs. — Orig. Cels. 1v, 92. — Chrys. Or. de 5. ΒΑΡΎ]. De 5. Paul. Or. xzir. — Soz. Hist. Eccl. v, 18.
(4) Lact. de Morte persec. c. x. Tum quidam ministrorum scientes Dominum , cum adsisterent immolanti (Diocletiano in Oriente), imposuerunt frontibus suis immortale signum. Quo facto, fugatis dæmonibus, sacra turbata sunt. Trepidabant aruspices, nec solitas in extis notas videbant ; et quasi non litassent, sæpius immolabant. Verum identidem mactatæ hostiæ nihil ostendebant, donec magister ille aruspicum Tagis, seu suspicione, seu visu, ait idcirco non respoudere sacra, quod rebus divinis profani homines interessent. :
(5) Minuc. Fel, Oct. xxvir. — Orig. in Is, Hom. vir. n. 2. Cels. vai, 41.
(6) Justin. Apol. 1. c. x, ΧΙ, — Tat. Græc. ΧΙ, XVIII. —
Athenag. Leg. xxvi. — Min. Fel. Octav. χχναι. — Clem. Alex. Coh. τι. — Orig. Cels. 1, 29. sel. in Num, xxx, 1.— Tert. Spect, x; ΕΣ.
rien de semblable ; et au 1x° siècle, Agobard de Lyon écrivit un livre tout entier contre cette croyance, qui, du reste, a été reproduite par l'abbé Richalm, vers r270(1),et s'est conservée jusqu’à nos jours dans les croyances populaires.
Il est un fait qui ἃ donné lieu à des explications très-diverses; c’est l'évocation de Samuel par la pythonisse, dont il est parlé dansl' Écriture (ISam.xxvin). Déjà, du temps d'Origène, plusieurs niaient que l’apparition de Samuel eût été réelle, en sorte qu'Origène se crut obligé d'en établir la vérité dans un traité spécial (de Engastrimytho). Au reste, saint Cyrille d'Alexandrie (2) est au nombre de ceux qui soutiennent que l'apparition de ombre de Samuel n'eut rien de réel. Saint Augustin ne veut pas décider la question; il laisse en doute si Samuel apparut réellement, ou s’il n’y eut qu’un prestige et une illusion (3). On sait que la question est restée douteuse dans les âges suivants et jusqu’à nos jours (4).
16. C’est une opinion admise par les anciens Pères, d’après l'autorité de l'Écriture, que le châtiment des
(1) Revel. de insid. dæm. in Pez. T.1. p. 11.
(2) De Adorat. spirit. et verit. 1. νι. T. 1. p. 189. ed. Aub. |
(3) De divers. qu. ad Simplic. 1. 11. qu. iv. De octo Dulcit. quæst. qu. vi. n. 2. 3.
(4) Becker, Van Dale (Diss. de div. Idololat.sub Vet. Test.) pensent que la pythonisse ne produisit aux yeux de Saül qu'une vaine illusion, et qu'il n’y eut aucune apparition réelle; Buddæus (Dogm. 1. 11. c. 11. $ 39), qu'il apparut un fantôme; Nat. Alex. (Hist. Vet. Test. Diss. xxur), que l’ombre de Samuel apparut réellement à Saül, mais par un effet de la volonté de Dieu, et non par suite d’une évocation magique.
anges déchus n'aura sa pleine exécution qu'à la fin des temps; jusque-là, ils infestent notre monde, et c’est l’air qui est désigné comme le lieu de leur séjour (1). La croyance de l'Église est que les démons nous tendent des embüches (2); mais l'idée que chaque homme ἃ un démon particulier chargé de le tenter, bien qu’elle ait été plusieurs fois exprimée ; ne doit être considérée que comme une opinion particulière (3). On trouve des détails fort extraordinaires relativement aux embûches du Démon dans
(1) Orig. Cels. 1v, 32. vrir, 35. ἔχῃ. Mart. n. 45. — Eus. Dem. Evang. 111, 3. 6. — Mar. Victor. in Eph. τι, 1.— Hier. in Eph. 51, 2. vi, 12,
(2) Tat. Græc. xv1. — Athen. leg. xxv. — Clem. Strom.
IV, 12. 11, 20. — Orig. Princ. 111, 2. n. 1 sq. — Zert. Apol. ΧΧαΙ. — Cyp. Idol. vanit. — Cyr. Cat. 11, 3. xv1, 15. — Hi. in Ps. exc. ἢ. 14. — Greg. Nyss. Vit. Mos. — Const. apl. τῆ AD EN
(3) Herm. Δύο εἰσὶν ἄγγελοι μετὰ τοῦ ἀνθρώπου " εἷς τῆς δικαιοσύνης, καὶ εἷς τῆς πονηρίας. Past. 1]. 11. mand. τα. τὸ, 2. — Orig. Princ. 111, 2. ἢ. 10. et ailleurs, passim. Legimus (si tamen cui placet hujusmodi scripturam recipere) justitiæ et iniquitatis Angelos super Abrahæ salute et interitu disceptantes, dum utræque turmæ suo eum volunt cœtui vindicare. Quod si cui displicet, transeat ad volumen quod titulo Pastoris scribitur, et inveniet cunctis hominibus duos adesse Angelos ; malum, qui ad perversa exhortatur, et bonum, qui ad optima quæque persuadet. In Luc. Hom. xxxv. — Unicuique duo assistunt Angeli, alter justitiæ, alter iniquitatis. Si bonæ cogitationes in corde nostro fuerint, et in animo justitia pullularit, haud dubium quin nobis loquatur Angelus Domini. Si vero mala fuerint in corde nostro versata, loquitur nobis Angelus Diaboli. in Luc. Hom. x. — Basil. in Is. c. 111, 12. — Greg. Nyss. Vit. Mos. etc. — Cf. Huet. Origenian, 1. 11. qu. v. \ bo. — Petav, Ang. 11, 7.
LA CRÉATION. — LES ANGES. 369 les écrits de saint Antoine le solitaire, et dans les ascèlés des âges suivants. Mais les idées que Molinos ἃ émises sur ce sujet sont tout à fait condamnables (1 ).
Tous les anciens Pères admettent que les démons ve purent entrer autrefois dans le corps des pourceaux dont parle l'Évangile, qu'avec la permission divine (2). Ils admettent aussi qu'ils peuvent avec la permission de Dieu, prendre possession des hommes. Tous prennent à la lettre ce qui est dit dans l’Écriture des possessions et des possédés ; ils témoignent que les mêmes faits de possession et de guérison des possédés ont encore lieu de leur temps(3), et ils invoquent à l'appui de la foi chrétienne, dans leurs apologies, le pouvoir que possèdent les fidèles de chasser les démons (4). Nous retrouvons partout
(x) Deus permittit et vult ad nos humiliandos et ad veram transformationem perducendos, quod in aliquibus animabus perfectis etiam acceptitiis Dæmon violentiam inferat eorum corporibus, eosque actus carnales committere faciat, etiam im vigilia et sine mentis obfuscatione, etc. Prop. xr1. ab Innoc. XI. Damn, in Bulla ann. 1685.
(2) Tert. Fug. in persec. 11. — /oan. Dam. Orth. fid, αι, 4. — Theoph. in Marc. v.
(3) Justin. Apol. 11. n. 6. — Tatian. Græc. xvI. — Jren. 1, 32. ἢ. 4.— Aug. Civ. Dei xx11, 8. — Cyr. Jul. 1. vi. — Cf, Petav. Angel. 111, 3.
(4) Justin. Apol. 11. ἢ. 6. — Minuc. Fel, Oct. xxvur. — Orig. OÙs οὐχ ὀλίγοι χριστιανῶν ἀπελαύνουσι τῶν πασχόντων, σὺν οὐδενὶ περιέργῳ χαὶ μαγιχῷ À φαρμαχευτιχῷ πράγματι, ἀλλὰ μόνη εὐχὴ χαὶ ὀρχώσεσιν ἀπλουστέραις, χαὶ ὅσα ἂν δύναιτο προςάγειν ἀπλούστερος ἄνθρωπος: ὡς ἐπίπαν γὰρ ἰδιῶται τὸ τοιοῦτον πράττουσι. Cels. var, ἡ. 15. --- T'ert. Apol. xx111. Scap. 11. — Clem. Recogn. 1v, 20. 32. — Lact. Quo (nomine Dei) audito tre-
cette croyance aux possessions (1), et à la vertu toute-puissante du nom de Jésus pour délivrer les possédés (2). Saint Justin croyait , il est vrai (Apol. 1, ἢ. 18.), aussi bien que Josèphe (Bell. Jud. var. 6. Cfr. Wetst. in Matth. xn, 27.), que ce sont les âmes des hommes méchants, qui prennent ainsi possession du corps des vivants ; mais son disciple Tatien se prononce de la façon la plus expresse contre cette opinion (adv. Græc. xvi.).
Cependant on voit les médecins de lantiquité, comme Hippocrate, Galien, Arétée (West. N.T. 1, 282) aussi bien que ceux des temps plus récents (3), nier toute espèce de possession. Dans les temps modernes, le cartésien Balthasar Becker s’est aussi déclaré contre les possessions dans un livre bien connu qui a pour titre /e Monde enchanté; les théologiens arminiens , Wetsteins, Leclerc, etc., etc., ont approu-
munt, exclamant, et uri se verberarique testantur; et interroganti, qui sint, quando venerint, quomodo in hominem irrepserint, confitentur, Inst, div. v, 22. Maximis sæpe ululatibus editis ; verberari se et ardere , et jam exire proclamant. Ibid, 11, 16. Cf. ibid, 1v, 27.
(1) Orig. Princ. 111, 3. — Cyp. Idol. vanit, — Cyr. Cat. xvi, 15. — Lact. Inst. div. 11, 14.
(2) Justin. Apol. 11. ἢ. ἡ. — Orig. Οὐ γὰρ ἑώραχε (KéAcoc) τίνα τρόπον τὸ, ἐν ὀνόματι τοῦ Ἰησοῦ, ὑπὸ τῶν γνησίως πιοτευόντων χαλούμιενον, οὖχ ὀλίγους ἀπὸ νοσῶν, χαὶ δαιμονισμῶν, χαὶ ἄλλων περιστάσεων ἰάσατο. VIIL, 58. 111, 36. — Eus. 111, 6. --- Greg. Naz. Or. τι.
(3) Cfr. Orig. T.xur. n. 6. in Matth. — Mick. Psell. Ἀλλ᾽ ἕτερ᾽ ἄττα πείθουσιν ἡμᾶς φρονεῖν ἰάτρων παῖδες, οὗ δαιμόνων ἔχγονα τὰ πάθη ταῦτα λέγοντες εἶναι, χυμῶν δὲ χαὶ αὐχμῶν καὶ πνευμάτων μοχθηρῶν ἐχόντων. De operat, dæm.
vé sa doctrine. Semler s'élève aussi contre les possessions, dans lesquelles il ne veut reconnaître que des maladies (1); il a été suivi en ce point par un grand nombre de théologiens protestants ; Jahn Juimême ne lui refuse pas son assentiment (Voir ses Fragments théologiques).