Quant à la nature de l’âme, on se borne dans
(1) Εἰ μέν τοι ἐγνώχει (KéAcoc) διαφορὰν τοῦ κατ᾽ εἰκόνα Θεοῦ γεγονέναι τὸν ἄνθρωπον, πρὸς τὸ καθ᾽ ὁμοίωσιν - καὶ ὅτι ἀναγέγρα-πται εἰρηχέναι ὃ Θεὸς, Ποιήσωμεν ἄνθρωπον χατ᾽ εἰκόνα χαὶ ὁμοίωσιν ἡμετέραν ἐποίησε δὲ 6 Θεὸς τὸν ἄνθρωπον κατ᾽ εἰχόνα Θεοῦ, ἀλλ᾽ οὐχὶ καὶ χαθ᾽ ὁμοίωσιν ἤδη. Cels. 1v, 30.
(2) Justin. περὶ ψυχῆς. --- Tert. de anima. — Greg. περὶ ψυχῆς. — Nemes. Nat. hom.— Aug. de Anim. et ej. orig. — Claud. Mamert. de statu anim, — Maxim. de anim. — Cassiod. de anim.— Alcuin. de animæ ratione. — Hincmar. de diversa et multiplici animæ ratione.
(3) De incorporali 1. 1. in Gall, rv. p. 503 sq.
(4) Thom. P. 1. qu. Lxxv. Art. τι.
990 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE Ill.
les temps très-anciens à poser en principe qu’elle est une substance distincte du corps (1). Saint Justin (2) et Tatien (3) croient devoir nier que l’âme soit incorporelle, et par conséquent incorruptible, afin d’assurer à l'immortalité et à la félicité éternelle le caractère d’un don particulier de la grâce divine. Saint Irénée ne réclame pour l’âme qu’une quasi-immatérialité (4); Tertullien lui attribue l’indivisibilité pour la maintenir immortelle (5); d’un autre côté pourtant 11 la suppose corporelle (6), et même (Anim. xxxv1) il lui donne un sexe. D’après Origène, la simplicité appartient à Dieu seul, et l'âme ne possède qu'une quasi-immatérialité (7); ce Père convient d'ailleurs que la doctrine de l’âme est embarrassée de grandes difficultés (Joan. T. vi ) Saint Méthode soutient que l’âme est matérielle, sur ce fondement qu'elle est passible (ap. Phot. Cod. cexxxrv). L'immatérialité de l’âme est soutenue d’autre part, entre autres, par Eusèbe (In Luc. x, 24), qui se fonde en un endroit sur la ressemblance de l'âme avec Dieu (Præp. ἔν. xr, 27); par Nemesius (Nat.
(1) Orig. Proœm. in Prince, ἢ. 5.
(2) Dial. cum Tryph. c. 1.
(3) Adv. Græc. c. v.
(4) Incorporales animæ, quantum ad comparationem mortalium corporum. v, 7. ἢ. 1.
(5) Anim. €. v. x1V. xxxvIr.
(6) Anim. v-1x. xx1r1. xxxvi. Carn. Christ. χα. Res. carn. XVII, XLV. LIII. ;
(7) Exh. ad Martyr. n. 1. m1. χα. xzvu. Princ. Proœm. n. 9. Princ. 1, 1. n. 2. 7.
hom. c. 11), par saint Basile (1), par saint Grégoire de Nysse (2), par Titus de Bostra (adv. Manich. 1, 26); par l’auteur des Constitutions apostoliques (vi, 11), par saint Chrysostome (3), par sant Augustin (4), par Claudien Mamert, qui s'appuie aussi sur ce que l’âmeest faite à la ressemblance de Dieu (Stat. anim. 1, 5, n.2); par le prêtre Anastase (Mai, vu, 1, Ρ- 197), par saint Maxime (de Anim.), par saint Isidore (de ordine creat. c. xv), par Hincmar (5). Les Scholastiques soutiennent aussi l’immatérialité de l'âme, et la déduisent de la nature de la pensée (6).
49. La liberté de l'âme est établie contre les paiens, contre les Gnostiques et les Manichéens, contre le fatalisme et le dualisme, par saint Justin (7), Tatien (Gr. vu), saint Théophile d’Antioche (Autol. τι, 27), saint Irénée (ιν, 37, ἢ. 2. 11. 39, n. 17. 4), Minucius Félix (Oct. xxxvi), Tertullien (8), Clément d'Alexandrie (9), Origène (10), saint Méthode (11),
(1) Hom. in illud : Attende tibi ipsi. n. 7. Hom. xx. quod mundan. adhærend. non sit. ἢ. 5.
(2) De anim. et resurrect. T. ui. p. 189. ed. Mor.
(3) In Gen. hom. xx1. n. 6. xru1, ἢ. 3. De Proph. obsc. τι. n. 3. Hom. in illud : Ego Dominus Deus feci lumen. n. 1.
(4) Civ. Dei vu, 5. Trin. τι, 8. n. 14. Gen. lit. x11, 33. n. 62. vit, 21. n. 27.
(5) Dediversa et multiplici animæ ratione, €. T.
(6) Thom. P. τ. qu. zxxv. Art, τι.
(7) Tryph. er. Apol. 1. n. XXvIIT. XLHIT,
(8) Adv. Marc. 11, 5. 6. anim. χχι. XXII,
(9) Str. τι, 5. mr, 9.1v, 23. V. IS VS τὰς
(10) Princ. Prol.n. 5.11, 9. n. 6. Matth. T.x. n. 11.
(11) De lib. arbitr. (ap. Zeont. Rer. Sac. 1, τι. im Mai. vrr. p. 92.) lib, de resurr. ibid.
Eusèbe (1), et beaucoup d’autres (2). Ils la démontrent par le sentiment que nous en avons (3); par la contradiction dans laquelle s'engagent ceux qui nient la liberté, puisqu'ils se conduisent comme s'ils la reconnaissaient, punissant, par exemple, les fautes de leurs subordonnés (Æug. Epl. cexzvi); par le fait que Dieu invite homme à la piété, ce qui suppose évidemment que l'homme est libre (/ren. 1v, 37, n. 3); par l'exemple d'Adam, à qui Dieu donna un commandement en y ajoutant la menace d’une punition ( 771. Marc. τι, 5). Ils rappellent d’ailleurs qu’il n’y ἃ qu'une obéissance et un culte libres qui puissent plaire à Dieu (4), et aussi convenir à l’homme (5), puisqu'il est doué de raison; que, sans la liberté, il ne saurait y avoir ni moralité (6) ni mérite (7); que la
(1) Isagoge fragm. (ap. Leont.et Joan. Rer. Sac. |. τι. Mar. vu, 95.)
(2) Macar. (ap. Leont. cit. p. 94.) — Basil. in Ps. xzvrr. — Nemes. Nat. hom. ce. xxxix sq. — ÆEphr. de libert. — Archel. Disput. cum Man. xxxtr. — 7, Bostr. adv. Manich. 11,
3.— Const. apl. νι, 11.— Chrys, in Gen, Hom. xIX. D. 1. XX. |
n. 3. xx. n. 1. — Aug. lib. arbit, 11. 3. — Aier. adv. Jovin. 1. 11. P. ui. Το 1v. p. 195 (ed. Mart.).
(3) Τὰ. Bostr. adv. Manich. 11, 5. 6.
(4) Method. lib. arbitr. — Bas. quod Deus non est auctor mali. c. vi. γι. — Chrys. in Matth. Hom. xxui. ἢ, 6, — Aug. vera Rel. c. x1v. n. 27.
(5) Ephrem. adv. Scrut. Serm. xxxI.
(6) Orig. Cels. 1v, 3. — (Pseudo-) Clem. Recogn. 1x, ἡ. — Greg. Nyss. Hom. opif. c. xvr. Or. cat. xxx. — 711. Bostr. adv. Man. 11, 3. — Chrys. de Anna serm. 1. n. 2 etc.
(7) Justin. Apol. x. n. 43. — ren. τν, 37. n. 2. 6. 7. — Tert. Marc. τι, 6. 7. — Greg. Naz. Carm. iamb. xwanr, 122 sq. — Hier. adv. Jovin. 1, τι, Τὶ αν, p. 195. (ed. Wart.)
mn er «Ὁ
LA CRÉATION. — L'HOMME. 399 liberté est une propriété du principe intelligent (1), qu'elle distingue l'homme des animaux (2), qu’elle constitue sa ressemblance avec Dieu (3), qu'elle fonde son bonheur à venir (4).
Dès les premiers temps on trouve chez les Pères cette remarque fort juste, que la liberté est destinée à s'élever au-dessus de sa condition originelle, où elle a le pouvoir de pécher (C/em. Str. νι, 12); qu’elle doit se dégager de ses faiblesses et de son imperfection (/ren. 1v, 38, n. 3. 4), et en venir à l’impossibilité de pécher (ibid. 1v, 37, n. 6; 38, n. 1. 2); qu’elle n’atteint sa plénitude et sa perfection, qu’en s'élevant au-dessus du péché (saint Aug. Ench. cv) et des passions (Clem. Str. m, 5). Or, dans ce développement de la liberté par elle-même, le bien est la propriété de l’homme (5). Les Ophites sont les seuls qui aient enseigné que la liberté n’a commencé qu'avec la chute et par la chute; comme les Pélagiens ont seuls prétendu que l'étendue de la liberté doit se mesurer sur celle des tentations; ce que saint Augustin rejette comme monstrueux (Cont. Jul. Op. imp. 1v, 52).