RATES
(4) Or. χιχ. χχχιῖ. Epist. τ, ad Cledon. Christ, patiens. 1-19.
(5) Paræn, χα, ad Pœnit. Τὶ, 111. Syr. p. 499. xzvur. ibid: p.212. Adv. Hær. T, τι. Græc. p. 260.
LA CRÉATION. — L'HOMME, 497 de Didyme (1), de saint Pacien (2), de saint Ambroise (3), de saint Cyrille d'Alexandrie (4), de saint Jérome (6).
(1) In x Joan. v, 19. Cont. Manich, ἢ. vu,
(2) Bapt. n. v. Peccatum Adæ in omne genus transierat. Cfr. ibid. vr.
(3) Antequam nascamur, maculamur contagio; et ante usuram lucis, originis ipsius excipimus injuriam, in iniquitate concipimur : non expressit, utrum parentum, an nostra. Et in delictis generat unumquemque mater sua : nec heic declaravit, utrum in delictis suis mater pariat , an jam sint et aliqua delicta nascentis. Sed vide, ne utrumque intelligendum sit. Apol. David, 1, 11. n. 56. Nempe omnes in primo homine peccavimus, et per naturæ successionem, culpæ quoque ab uno in omnes transfusa successio est... Adam ergo in singulis nobis est, In illo enim conditio humana deliquit, quia per unum in omnes pertransivit peccatum, Apol. 11, 12. n. 72. Cfr. Epl. zxxuir. τι. 8. De Myst, 6. vr. n. 32.
(4) Τῆς ἐν Aîdu παραδάσεως γεγόναμεν χοινωνοί. Müvov δὲ οὐχὶ καὶ τῶν ἐκείνῳ πεπλημυεληυένων ἐχτετίχαμεν δίχας, διαδρα-μούσης εἰς ἅπαντας τῆς ἀρᾶς. καὶ τὸ ἐξ ἐχείνου γένος χατανεμηθείσης τρόπον τινὰ τῆς ὀργῆς. De Ador. in sp. et verit, 1. xr,
T.r. p. 395. ed. Aubert. Οὐχ οἶσθα, ὅτι χατώλισθεν ὁμολογου--
μένως εἰς θάνατον χαὶ φθορὰν à ἀνθρώπου φύσις, καταθήξασα πρὸς ὀργὰς τὸν δημιουργὸν, ὡς ἐν τῇ τοῦ γένους ἡμῶν ἀπαρχἣ;, τουτέστιν, Adau; Ibid. 1. z1. Τ. τ. p. 97. “Epret δὲ χαθάπερ ἐκ ῥίζης χαὶ εἰς ἡμᾶς τὸ xaxdv, τοὺς ἐξ αὐτῆς γεγονότας. Glaphyr. in Num, T. τ. Glaphyr. p. 409. Κατηῤῥώστησε γὰρ à ἀνθρώπου φύσις τὴν φθορὰν, ὡς ἐν ἀπαρχἣ χαὶ ῥίζη τῇ πρώτῃ, τουτέστιν, ᾿Αδάμ. ᾿Ἐπειδὴ γὰρ προςέχρουσε διὰ τῆς παραχοῆς τῷ νομοθέτῃ καὶ Θεῷ, χαὶ παρενέγχοντι πρὸς ὕπαρξιν, ἐπαρατὸς ἦν εὐθὺς, xat θανάτου χατόχος. Adv. Nestor. v. Proœm. T. vr. p. 120.
(9) Omnes homines, aut antiqui propagatoris Adam, aut suo nomine tenentur obnoxii. Cont. Pelag. Dial. 1. rx. T, τι, p. 803. In lege yeteri sub peccati Adam ommes tenebantur elogio (damnatione) ; et ad inferos descendentes consequenter
Mais c’est surtout saint Augustin qui s’est appliqué à soutenir ce dogme du péché originel. II le déclare appuyé sur la tradition et enseigné universellement dans l’Église dès l’origine (1); il le conclut du baptême, prescrit et donné de tout temps comme nécessaire (2), ainsi que des exorcismes et des insufflations (3) qui en accompagnent l'administration ; 1] s'efforce en toutes manières de montrer qu'il est enseigné dans la Bible (4); il explique, en s'appuyant sur des analogies empruntées à la nature, comment les enfants de ceux qui ont été régénérés restent cependant souillés de la tache du péché; il fait observer, par exemple, que les enfants des circoncis sont cependant incirconcis, que du blé séparé de la paille provient du blé mêlé avec la paille(5), que de la semence de l'olivier franc naissent des oliviers sauvages (6).
Saint Justin s'exprime moins exactement sur ce point de doctrine, quand il dit que notre première naissance ἃ lieu selon la nécessité, χατ᾿ ἀναγχὴν, et
lacrymæ prosequebantur, secundum Apostolum, qui ait : et regnavit mors ab Adam usque ad Moysen etiam super eos qui non peccaverunt, Epl. xxu1. (alias xxx1x) ad Paulam super obit. Blesillæ.
(1) Nupt. et concup. 11, 12. ἢ. 25.
(2) Peccat. merit. et rem. 111, 4. n. 9.
(3) Pecc. orig. xx. n. 45. Nupt. et concup. 11, 18. n. 33; 30. n. 5o. br. c. Julian. νι, 5. ἢ. 11. c. Jul. Op. imp. ur, 144.
(4) Rom. v, 12. (cité. Peccat. merit. 1, 9. cont. 2 Epl. Pelag. 1vV, 4.) Sap. x11, 10. (Nupt. et concup. 11, 8.) Eccli. xx, 1, (Op. imp. 1, 28.)
(5) Peccator. merit. et remiss, 117, 8. n. 16.
(6) Nupt.et concup, 11, 34. n. 58.
LA CRÉATION. — L'HOMME. 429 dans l'ignorance, ἐν &yvoix, et qu'il nous faut, pour nous affranchir, une seconde naissance dans la liberté et dans la science (Apol. 1. n. 61). Ilest plus près de la vérité lorsqu'il dit (Tryph. n. Lxxxvur) que nous sommes par la faute d'Adam tombés dans la mort et dans les séductions du serpent. L’expression de Clément d'Alexandrie, que « pécher est inné « dans chacun de nous (1), » est assez vague; mais elle est expliquée par un autre passage où il représente Jésus-Christ comme celui qui régénère l’homme enfanté par la mort (2). Origène déclare aussi que tous nous sommes nés pour pécher (3); ailleurs 1} dit expressément que tous les hommes sont morts en Adam (4); que tous nous venons au monde souillés par le péché (5); que c’est pour cela que les enfants sont baptisés (6). Mais s’il reconnaît dans l’homme
(1) Pæd,. ux, 22. Cfr. Strom. 117, 16. — Cfr. Philo. Πάντι θνητῷ, παρ᾽ ὅσον ἦλθεν εἰς γένεσιν, σύμφυες τὸ ἁμαρτάνειν. Vita Mos. 675.
(2) ᾿Εγὼ (Χριστὸς) σὲ ἀνεγέννησα, χαχῶς ὑπὸ χόσμου πρὸς θάvatoy γεγεννημένον. Qu. div. salv. xxrir.
(3) Ἅπαντες ἄνθρωποι πρὸς τὸ ἁμαρτάνειν πεφύχαμεν. . . μέγα δὲ δύναται προαίρεσις χαὶ ἄσχησις. Cels. 111, 2.
(4) Καὶ γὰρ ἐν τῷ Αδὰμ. (ὡς φησὶν 6 λόγος) πάντες ἀποθνή-σχουσι χαὶ χατεδιχάσθησαν ἐν τῷ δμοιώματι τὴς παραδάσεως Ἀδάυ. Cels. 1v, 4o. Πᾶς ἄνθρωπος ἐν ᾿Αδὰμ ἀποθανών. Ibid: vir, 28. Ἢ πᾶσα γῆ αὐτὴ ἐπικατάρατος ἐν τοῖς ἐργοῖς ἐστὶ τοῦ Ἀδὰμ, χαὶ τῶν ἐν αὐτῷ ἀποθανόντων. Ibid. vir, 29. Jerem, Hom. vrrr, n. 1. In Cantic. vu, 6.
(5) Matth. T. xv. n. 23. In 15. Hom. νι. n. 5. Iu Lev. Hom. VIII. nn. 3.
(6) In Rom. I. v. ἢ. 9. In Luc. Hom,. x1v. In Lev. Hom. VIII, N. 3.
ΒΒ dc al rh croi PS, fr,
un mal originel, nous savons qu’il admettait la préexistence des âmes, et qu’il faisait dériver ce mal d’une vie antérieure. Il en est de même de Marius Victorinus (1) et des autres partisans de la préexistence, chez lesquels il ne faut chercher aucun témoinage qui établisse le dogme du péché originel, bien que leur façon de parler soit en rapport exact avec le langage de l’Écriture et de la tradition.
D'un autre côté, Théodore de Mopsueste fait dériver tout le mal qui est en nous de notre action propre et personnelle ; mais il ne faut pas en conelure que ce füt le sentiment de toute l’école d’Antioche. Théodoret dit, il est vrai, que chacun meurt non pour la faute d'Adam, mais pour sa faute propre (in Rom. v, 12); mais ailleurs il dit formellement que tout le genre humain a été puni de la mort à cause du péché d'Adam. Saint Chrysostome enseigne que c'est Adam qui nous a chassés du paradis; que nous avons été par son péché dépouillés de beaucoup de biens (in Gen. Serm. v. n. 2); que Jésus-Christ est mort pour le péché commun de tous les hommes (in 15. vir. n. 7); aussi saint Augustin cherche-t-il à le justifier ex professo de tout soupcon d’hétérodoxie (cont. Jul. 1, 6. n. 24 sq.).
22, Quant à Nestorius, il s’écarta en ce point, comme en plusieurs autres, de la doctrine de l'Église. Mais ce furent surtout les Pélagiens qui se déclarèrent contre elle de la manière la plus formelle. D’après eux , les enfants naissent dans le même état où Adam fut créé (2), à cette seule différence près, qu'ils n'ont
(1) In Gal. ur, 20. Eph. τι, 3. De Physie. vin.
(2) Cæœlestius. Quoniam peccatum Adæ ipsum solum Iæsit,
LA CRÉATION. — L'HOMME, 431 pas , comme il l'avait, la connaissance, et la liberté de choisir entre le bien et le mal. Adam par son péché ne s’est nui qu'à lui-même (1); sa faute ne pourrait être imputée à ses descendants sans injustice de la part de Dieu (2). La nécessité du baptême ne saurait démontrer l’état de péché dans les enfants; car le baptême leur confère non pas la rémission du péché , mais le royaume des cieux (3); ils recoivent le baptème, non parce qu'ils sont pécheurs, mais parce
qu'ils ne sont pas justes (4). Les enfants qui meurent sans baptême, sont exclus, il est vrai, du royaume des cieux; mais ils ont néanmoins en partage une éternelle félicité (5). Les Pélagiens, au lieu de l’ex- Ὁ 2 pression peccatun originale, employaient plus volontiers les mots peccatum naturale (6), pour en prendre occasion d’accuser les catholiques de mani-
et non genus humanum. — Quoniam parvuli qui nascuntur, in eo statu sunt, in quo fuit Adam ante prævaricationem. — Quoniam neque per mortem vel prævaricationem Adæ omne genus humanum moritur, neque per resurrectionem Christi omne genus hominum resurgit... Ap. Mar. Merc. Commonit. c. 1. n.1. — Cfr. Aug. Gesta Pelag, c. ΧΙ, — Pélage enseigne la même doctrine. — Voy. 4ug. de Peccat. orig. c. xur. De Natur. et grat. 6, ΧΙΧ. ἢ. 21.
(1) Coœlest. cit. ap. Mar. Merc. et aussi Julian, — Voy. Aug. cont. Jul. Op. imp. 11, 64. |
(2) Aug. de Peccat. merit. et rem. 117, 2. Nat. et grat, c.
(3) Aug. de Peccat. merit. et rem. 1, 18. n. 23.
(4) Aug. de Peccat. merit. et rem. 1, 19. n. 24.
(8) Cœlest. in prof. fid. — Pelag. prof. fid. Epl. ad Innoc. — Aug. Grat. Christ. 11. De Pecc. orig. passim, contr. duas Epl. Pelag. 1, 22. ἢ. 40.
(6) Pelag. lib, id. n. 7. — Julian, Vibell, fid. P. tr. n. 10.
432 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE Il.
chéisme; les catholiques, à cause de cela même, s’interdisaient soigneusement ce changement d’expression (1). Les Pélagiens invoquaient en faveur de leur doctrine piusieurs passages de l’Écriture (Deut. xx1v, 16. Æz. χντιι, 9. 20. 11 Cor. v, 10); et parmi les Pères ils croyaient pouvoir revendiquer saint Cyprien (ter. adv. Pelag. Dial. L 11. fin. — S. Aug. cont. duas Epist. Pelag. 1v, 8), saint Hilaire (Æug. nat. et grat. ται), saint Chrysostome ({ug. c. Jul. τς 6), et surtout saint Ambroise (2), dont saint Augustin extrait pour cela même de nombreux témoignages contre la doctrine pélagienne. Le pélagianisme fut extirpé de l’Église par les conciles de Carthage (412,416, 417, 418), de Milève (416), d'Éphèse (43r. Act. vir); mais c'est dans le second concile d'Orange (529) que l’on trouve cette erreur condamnée et la doctrine catholique sur le péché originel formulée avec le plus de clarté (3).
(1) Mar. Merc. Subnot. in verba Juliani c. τι, — Aug. Op. imp. c. Jul, v, 9.
(2) Pelag. Beatus Ambrosius episcopus , in cujus præcipue libris romana elucet fides, qui scriptorum inter Latinos flos quidam speciosus enituit, cujus fidem et purissimum in Scripturis sensum, ne inimicus quidem ausus est reprehendere etc. Ap. Aug. Grat, Chr. xzur. n. 47. Nupt. conc. 1. x. c. xxxv. D. 40.
(3) Si quis per offensam prævaricationis Adæ non totum, id est secundum corpus et animam in deterius dicit hominem commutatum, sed animæ libertate illæsa durante, corpus tantummodo corruptioni credit obnoxium , Pelagii errore deceptus, adversatur Scripturæ etc. ç. 1. Si quis, soli Adæ prævaricationem suam , non et ejus propagini asserit nocuisse ant certe mortem tantüum corporis ; quæ pœna peccati est, non
Le pélagianisme fut renouvelé en plusieurs points par Abailard, qui nia la transmission de la faute d'Adam à ses descendants (1); il l’a été aussi, par les Sociniens, dans des temps plus rapprochés de nous (2). D’après Swedenborg, Adam et Eve sont de simples personnifications de l'Église primitive, et non point des personnes réelles; d’où 11 suit que nous n'avons hérité d'eux aucun péché; c’est de ses propres ancêtres, et non d'Adam et d'Ëve, que chaeun de nous, dit Swedenborg, recoit le péché en héritage.
23. Quant au mode selon lequel les descendants du premier homme participent à la faute de leur père commun, les anciens l'expliquent de diverses manières. Une première opinion enseigne que le peché d'Adam passe à ses descendants seulement par voie d’énitation ; elle ἃ été, cela se comprend assez, rejetée par l’Église; on ne la rencontre, du reste, que chez les Pélagiens dans l'antiquité (3), et chez les Sociniens dans les temps plus modernes. Une autre explication, celle qui admet que le péché d'Adam nous est imputé exlérieurement, n’a pour elle aucune autorité, ou plutot elle a contre elle tous les docteurs;
autem et peccatum, quod mors est animæ, per unum hominem in omne genus humanum transisse testatur, injuslitiam Deo dabit, contradicens Apostolo : per unum hominem οἷς. Cu ur.
(x) Quod non contraximus culpam ex Adam, sed pœnam tautum. 4bæl. err. 1x.
(2) Catechism. Racov. qu. 42. 45. 422.
(3) Aug. Op. imp. c. Jul. 11, 64. Peccat, mer. et rem, ur, 10, n, 18. Epl. exc. — Mar. Merc. Comm, c. 11. n. 2,
saint Cyprien, Rufin, saint Optat de Milève, la combattent même explicitement. Mais beaucoup des anciens Pères enseignent que tous les hommes étant renfermés dans Adam comme dans leur principe et leur type générique, ont ainsi participé à son péché. C’est le sentiment de saint Irénée, d’Origène ou de Rufin (1), de saint Grégoire de Nazianze (Or. τι); de saint Hilaire (in Matth. Comm. c. xvur, n. 6), de saint Ambroise (2), de saint Augustin (3) et de plusieurs autres, spécialement chez les Latins (4). On explique aussi la transmission du péché par la concupiscence désordonnée qui accompagne la procréation (5), et l’on admet à l’appui de cette explication
(1) Siergo Levi, qui generatione quarta post Abraham naseitur, in lumbis Abrahæ fuisse perhibetur, multo magis omnes homines, qui in hoc mundo nascuntur, et nati sunt, in lumbis erant Adæ, cum adhuc esset in paradiso; et omnes homines cum ipso vel in ipso expulsi sunt de paradiso, eum ipse inde depulsus est. Et per ipsum mors, qui ei ex prævaricatione venerat, consequenter et in eos pertransiit, qui in lumbis ejus habebantur. Orig, Comm. in Rom. lb. v. n, 1.
(2) Fuit Adam, et in illo fuimus omnes, Periit Adam, et in illo omnes perierunt. In Luc. 1. vis. n. 234.
(3) Omnes fuimus in illo uno, quando omnes fuimus ille unus... Nondum erat nobis singillatim creata et distributa forma , in qua singuli viveremus; sed jam natura erat seminalis, ex qua propagaremur : qua scilicet propter peccatum vitiata, et vinculo mortis obstricta, justeque damnata, non alterius conditionis homo ex homine nasceretur. Civ. Dei x, 14. Cfr. Pecc. merit. et rem, 1, 10. ἢ. 11.
(4) Pet. Chrys. Serm. exr.— Prosper, ad Object, Vincent. Resp. 111. — Primas. in Rom. v, 12. — Greg. M. lib. 1x, Epl.
(5) Aug, Nupt. et concup. x1, 8. mn. 20.— Mar, Merci Sub-
LA CRÉATION. — L'HOMME, 435 une certaine corruption de la semence humaine ; Tertullien semble déjà pencher vers cette opinion, que saint Augustin admet d’une façon plus décidée, mais à laquelle Duns Scot oppose des raisons tout à fait décisives.
D’après saint Thomas, tous les hommes sont comme les membres d’un même homme, dont Adam est l’âme et le chef, en sorte que son action est celle de toute la race humaine, comme un meurtre que la main exécute, est le crime de tous les membres qui tous en sont punis (1, 2, qu. Lxxxi. Art. 2). Il fait observer que l’explication tirée de l’analogie d’un mal héréditaire, comme la lèpre ou la goutte, est insuffisante, parce qu’elle n’explique pas la transmission de la faute.
A cette question, déjà soulevée par saint Augustin, mais laissée par lui sans réponse (Enchir. ΧΙ, XLVIL), pourquoi un seul des péchés d'Adam et non pas tous les autres, passe à ses descendants, saint Thomas répond que le premier péché d'Adam a été le péché de la nature humaine, mais que tous les péchés qu’il a commis dans la suite ont été des péchés purement personnels (1, 2, qu. zxxx1. Art. 2); il ajoute que le péché d'Adam passe à tous les hommes en tant qu'ils dérivent de lui « par la génération, « comme le mouvement des membres pour le péché « actuel, dérive de Pâme » (ibid. Art. 1v) (x).
not. in Jul. verba c. v. — Leo Serm. xx1. c. 111, — Fulg. de | id. ad Petr. c. τ᾿. xxvr. :
(1) Saint Thomas, dans l’art. 1v de la question 81°, se pro- | pose d'expliquer comment un homme qui serait forme de
Les théologiens protestants donnent de la transmission du péché originel les mêmes explications que les théologiens catholiques; celle de la corruption de la semence se trouve dans la formule de concorde (Part. 11, v, solida declaratio Art, 11); celle du déréglement de la procréation dans Luther (in Gen. 11, 18); celle de la coexistence de tous les hommes en Adam, dans Gerhard, Calov et d’autres encore; il faut ajouter à ces explications celle des théologiens fédéralistes, qui concoivent Adam comme étant non pas seulement le chef naturel, caput naturale où seminale, mais encore le chef fédéral, caput fæderale, du genre humain. Au contraire, la théorie de l’imputation admise et soutenue par beaucoup de théologiens protestants, par exemple, Quenstedt, Hollaz, etc., ἃ; comme nous l’avons dit, le mérite, si c’en est un, de la nouveauté et de la singularité. II en est de même de l'explication désespérée que l’on trouve dans Calvin, et qui rapporte le péché originel à un décret spécial de la volonté divine ({nst. n, 1, n. 7).
24, Quant à la détermination précise de ce qui constitue le péché originel dans’‘les descendants du
premier homme, nous ne trouvons pas chez les an- .
ciens docteurs toute l’exactitude désirable. Saint Augustin le fait consister dans la concupiscence (Nupt.
et Concup. 1, 25, n. 25); la plupart des Scholastiques
le suivent en ce point, regardant, d’après son indication, la concupiscence comme Île znatériel, et la
chair humaine miraculeusement, ne contracterait pas le péché originel. Sa doctrine est, dans toute cette question, d’une admirable profondeur!
LA CRÉATION. — L'HOMMF, 437 privation de la justice comme le formel du péché originel (1). Saint Anselme le place simplement dans la privation de la justice (de Concept. Virgin. c. xxv);il en est de même de Duns Scot. Mais les protestants font consister le péché originel purement et simplement dans la concupiscence (2). C’est contre eux que le concile de Trente établit et déclare (Sess. v, can. v) que la concupiscence n’est pas le péché luimême, et qu'on ne peut lui donner ce nom que dans
(1) Thom. Peccatum originale materialiter quidem est concupiscentia, formaliter vero est defectus originalis justitiæ. 1. 17. qu. 82. Art. 17.
(2) Confess. Helvet. τ. c. vus. — Melanchthon. Loc. theol. de peccato, et de peccato orig. — Luther. in Gen. 11 17. — Conf. Aug. Art. 1. Docent, quod post lapsum Adæ omnes homines secundum naturam propagati nascantur cum peccato, hoc est sine metu Dei, sine fiducia erga Deum et cum concupiscentia. À l’objection présentée par les théologiens catholiques présents à la diète d’Augsbourg, Eck, Faber, Wimpina et Cochlæus (Confut. Aug. Confess.), que les enfants ne sont capables ni de crainte de Dieu, ni de confiance en Dieu , l’auteur de l'Apologie (ir. $ 2. p. 54) répond : Nous enlevons à l’homme né selon la chair, non pas seulement Pacte, mais encore le pouvoir, la faculté de craindre Dieu et d’espérer en lui; « Hic locus testatur nos nor solum actus sed et potentiam , seu dona efficiendi timorem et fiduciam erga Deum adimere propagatis secundum carnalem raturam.» — Quant à l'édit. variata de 1540, voici comment elle s'exprime : Intelligimus autem peccatum originis... reatum, quo nascentes propter Adæ lapsum rei sunt iræ Dei et mortis æternæ, et ipsam corruptionem humanæ naturæ propagatam ab Adam; et hæc naturæ humanæ corruptio defectus justitiæ seu integritatis seu obedientiæ originalis et concupiscentiam comple- , ctitur.
un sens figuré, puisqu'elle demeure dans les baptisés, dans lesquels cependant tout ce qui constitue le péché originel se trouve effacé. .
Quant à l’idée de l’existence substantielle du mal en nous et d’une sorte de transsubstantiation de notre nature dans le péché, que les anciens, et notamment saint Augustin, rejettent expressément (1), elle a été soutenue par Luther (2), et développée par Matthias Flacius, qui, dans la lutte relative au synergisme contre Victorin Strigel, prétend établir que le péché originel n’est pas un simple accident, mais la substance même de l’homme.