SUR LA VIE ET LES OUVRAGES D'HENRI KLEE, ΧΧῚ
particulièrement concilié les suffrages par une savante dissertation sur la doctrine des Millénaires: de Chiliasmo primorum sæculorum. En 1827, il publia son travail vraiment fondamental sur la Confession , et plusieurs morceaux détachés qui furent insérés dans les journaux de ces temps-là, dans le Catholique particulièrement. Il obtint aussi.à Mayence, comme prédicateur, le succès le plus complet. Il est vivement à regretter qu'il n'ait pu, à Bonn, faire valoir ce don de la parole, et que la Providence ne lui ait pas laissé le temps de le produire à Munich.
Pendant que sa réputation s'établissait ainsi à Mayence, pendant que nous honorions et que nous chérissions en lui le prêtre pieux, l'âme droite et simple où rien de faux ne pouvait trouver accès, le professeur plein de science que nous avions vu croître et s'élever au milieu de nous, il attirait aussi l'attention de l'Allemagne catholique, surtout depuis la publication de son « Commentaire sur l'Évangile de saint Jean,» qui parut à
«par la vivacité, la finesse et l'originalité de ses réponses. Quand une « question n’était point posée avec la netteté et la précision nécessaires, il « savait le faire remarquer, et y mettait même quelque malice. Je n’en « citerai qu’un exemple. Le professeur d'histoire ecclésiastique lui avait « adressé cette question : D'où vient que les Romains, qui se sont montrés «si lolérants pour tous les autres peuples, se sont montrés si intolérants « pour les chrétiens ? M. Klee répondit : D'abord, il est contraire à tous les « témoignages historiques que les Romains aient été tolérants envers les « autres peuples; et il cita à l'appui de son assertion une quinzaine de faits « historiques avec les passages à l'appui tirés des auteurs anciens. Puis il « donna dix raisons pour lesquelles les Romains étaient intolérants en- « vers les chrétiens. Le professeur, surpris de tant d’érudition, ne crut pas « devoir pousser plus loin ses questions.
« Chacun se plaisait à reconnailre que jamais on n'avait vu à l’Univer- « sité des examens aussi brillants. 115 durèrent plusieurs jours, et le der- «nier fut public. » Monseigneur ajoute que trois théologiens, au nombre desquels il était lui-même, furent chargés d’attaquer la thèse du candidat, dont le succès fut un véritable triomphe,