‹ Manuel de l'histoire naturelle des mollusques et de leurs coquillesChapitre 64 sur 77 · Rarement un tube · texte numérisé non relu

Rarement un tube

G. CCCIIT. Pnorave, pholas, Lin.

Anim. plus ou moins épais et allongé, rarement raccourci ; manteau se réfléchissant à la partie dorsale pour her ensemble les valves et les pièces accessoires; ouverture antérieure assez petite ; pied court, oblong et aplati; tubes souvent allongés

et réunis en uv seul très extensible et dilatable ; bouche petite, avec de très petits appendices labiaux ; branchies allongées, étroites, un peu inégales de chaque côté, réunies sur une même Ligne dans presque toute leur longueur , et se prolongeant jusque dans le siphon.

Coq. mince, lactée, un peu transparente , recouverte quelquefois d’un Poe épiderme; ME a) allongée : équivalve, inéquilatérale et bällante en arrière, et surtout à la partie antéro-inférieure ; sommets cachés par une callosité; charnière sans dentes hgament douteux ? un cles aplati, ouubE, élargi à son extrémité, s’élevant dans chaque valve, en dedans du sommet; impressions musculaires très distantes, la postérieure gr ande , oblongue, allongée, toujours très visible; antérieure pete, arrondie , peu distincte, ones deux plus ou moins rappr ochées du bord de la coquille, surtout l’antérieure , et liées par une impression palléale , longue, étroite, profondément excavée en arrière. Plusieurs pièces accessoires ou aucune? quelquefois un tube calcaire enveloppant de toutes parts, mais laissant une ouverture en arrière.

Si l’on connaissait d’une manière plus complète les espèces qui composent le genre Pholade , on pourrait les partager en plusieurs groupes tres bien caractérisés par le nombre et la disposition des pièces accessoires qui varient considérablement; mais malheureusement on ne connaît suffisamment ces pièces accessoires que dans un petit nombre d'espèces. Du reste, le genre en lui-même est si mal connu, quoique se Ont en une singulière abondance sur nos côtes, que les naturalistes ne sont pas encore d’accord sur le nombre de leurs impressions musculaires. M. de Lamarck les comprend dans les Dymiaires, et M. de Blainville, toujours si soigneux observateur des caractères, ne voit qu’une seule impression. Quant à nous, nous ne doutons pas un seul instant que les Pholades n'aient deux

MÉTHODIQUE, cCtc. 345 impressions ; nous l'avons positivement reconnu sur le Pholas costata, en suivant l'impression palléale à partir de l'impression musculaire postérieure, qui est toujours assez évidente , jusqu’à l'endroit où la première se termine en avant, Là, on distingue très bien une petite impression irrégulièrement arrondie. Elle a été également observée par M. Charles Des Moulins sur la même espèce ; mais la science doit à ce naturaliste une observation peut-être plus importante au sujet des Pholades, c’est que ces coquilles se montrent quelquefois accompagnées d’un tube calcaire, appliqué comme celui des Gastrochènes à la paroi interne de la cavité qu'elles habitent. Nous n’avons point encore pu vérifier ce fait avec lui sur des espèces vivantes; mais il nous en a montré plusieurs fossiles de Mérignac dans lesquels nous avons complétement reconnu ce caractère important qui établit davantage les rapports que l’on admettait entre les Pholades, les Tarets et les Fistulanes.

Il y a quelques espèces de Pholades qui semblent conduire aux Tarets. Ces coquilles habitent dans les pierres, les madrépores, le bois et quelquefois même dans la vase. Lorsque la mer, par son reflux, les laisse à découvert, et que leurs animaux viennent à être inquiétés, ils lancent par leur siphon, et à une assez grande distance , l’eau que contient leur manteau, et qui baigne les branchies.

G. CCCIV. JouANNÉTiE, Jouannetia, Ch. Des Moul.

Anim inconnu, mais ayant certainement les caractères de la famille.

Coq. sphérique, cunéiforme, équivalve, inéquilatérale, à peine bäillante en arrière, largement bäillante en avant, à valves solides, courtes, courbes, pointues inférieurement , striées obliquement, les stries convergentes vers un sillon médian; sommets peu distincts, étant recouverts de pièces accessoires soudées; un écusson très vaste, lisse, mince, fragile, enveloppant avec l’âge toute la partie antérieure, formé de deux moitiés un peu inégales, s’emboitant l’une dans l’autre, soudées. chacune par un de ieurs bords à l’une des valves,

et resserrant de cette manière le bâäillement antérieur de la coquille; point de ligament ni d’engrenage; un appendice sétiforme , vertical, procédant du sommet, soudé à l’intérieur dé chaque valve, et occupant le tiers de sa hauteur; impressions de encore inconnues ; impression palléale très forte, et profondément excavée en arrière.

Des pièces accessoires, mais soudées; point de tube calcaire enveloppant , le vaste écusson en tenant heu.

C'est une Jolie découverte que celle de la Jouannétie,, que M Charles Des Moulins a dédiée à si juste titre au savant modeste, à qui la science doit de si beaux travaux sur. la géologie et les antiquités du département de la Gironde. qu’il habite. Quand des dédicaces de ce genre seront justifiées par autant de titres, il n’est pas douteux qu’on ne s’empresse de les conserver comme un hommage justement mérité.

Ce genre, que nous avons étudié avec M. Des Moulins lui-même, est bien distinct de celui des Pholades, et sa. place est parfaitement fixée entre celles-ci et les Tarcts auxquels il conduit si naturellement par ses valves. La Jouannétie ne montre pas de tube calcaire enveloppant comme il arrive quelquefois aux Pholades, etc., et quoique nous ne convaissious encore qu’une seule espèce, nous pensons qu’un pareil tube n’existe jamais, si toutefois l'ampleur et la disposition de l’écusson, qui nous paraît en tenir lieu, est un caractère générique. L'espèce connue est la J. semicaudata ; elle est fossile des faluns libres de Mérignac, et se trouve dans l’intérieur des madréperes et des morceaux de. calcaire roulé.

b) Point de pièces accessoires.

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