‹ Manuel de l'histoire naturelle des mollusques et de leurs coquillesChapitre 65 sur 77 · Un tube enveloppant, non soudé · texte numérisé non relu

Un tube enveloppant, non soudé

G. CCCV. Taner, teredo, Linné.

Anim. très allongé, vermiforme, ayant le manteau. très mince , ouvert en avant et à sa partie infé-

rieure, pour le passage d’un pied en forme de mamelon ; tubes séparés, très courts, surtout celui des déjections; bouche petite; appendices labiaux courts; anus silué à l’extrémité d’un petit tube flottant dans la cavité du manteau ; branchies rubanées, réunies sur une même ligne dans toute leur longueur, et un peu prolongées dans le siphon ; un anneau musculaire au point de réunion du manteau et des tubes, dans lequel est implanté une paire d’appendices ou palmules cornéo-calcaires , pédiculés, jouant latéralement l’un vers l’autre.

Coq. assez épaisse, très courte, annulaire, également ouverte en avant comme en arrière ; équivalve inéquilatérale, anguleuse, à valves triangulaires, tranchantes en avant, et ne se touchant que par les deux bords opposés ; charnière nulle; un cuilleron allongé, presque droit, subfliforme; une seule impression musculaire faiblement distincte, l’autre probable par analogie.

Tube cylindrique, droit ou flexueux, fermé avec l’âge à l’extrémité buccale, de manière à envelopper l’animal et sa coquille, toujours ouvert par l’autre, et tapissant la cavité dans laquelle lanimal s’est introduit.

Ce genre renferme plusieurs espèces plus ou moins connues ; l’une d'elles est très commune sur nos côtes, dans nos ports, et même dans nos rivières où elle perce les bois de manière à les détruire promptement ; c’est le T. navalis qui, dit-on , a été importé dans les mers d'Europe par les bâtimens venant des régions australes. Plusieurs espèces sont encore douteuses, parce que l’on ne connaît le plus souvent que le tube et non la coquiile et les palmules singulières, dont l’animal est muni. Il serait donc à désirer que les voyageurs s’occupassent particulièrement de la recherche de ces mollusques. Jusqu’àa présent on n’a signalé qu'une seule impression musculaire à chaque valve des Tarets, encore est-elle faiblement distincte; nous pensons que , malgre cela, cette coquille appartient aux Dimyaires,

car son analogie avec les Pholades est trop évidente pour qu'on ne lui suppose pas au moins les mêmes caractères de premier ordre. Il en est, saus doute, des Tarets comme des Pholades, chez qui nous venons, pour la première fois, de signaler cette seconde impression musculaire que l’on n'avait pas encore aperçÇue, et qui cependant est tellement manifeste dans certaines espèces qu’on ne peut conserver de doutes à son sujet; certainement les Tarets ont un second muscle, mais dont l’impression échappe, sans doute, à l’œil sur une coquille aussi bornée, et nous sommes assez porté à croire que c’est ce second muscle qui transmet à chaque valve le mouvement par lequel elles creusent le bois. Les Tarets sont extrêmement communs, et font de grands dégâts dans les ports. Tout le monde sait que la Hollande faillit être submergée par suite de ceux qu'ils causérent dans les digues qui font toute sa sûreté; en s’introduisant dans le bois, ils suivent une direction tortueuse ; cependant il est facile de s’apercevoir qu’en général ils s’avancent dass la direction des fibres ligneuses. M. Defrance cite quelques espèces a l’état fossile.

G. CCCVI. FisTuLanE, fistulana, Brug.

Anim. semblable à celui des Tarets, mais plus court.

Coq. épaisse, courte, annulaire, très ouverte antérieurement et postérieurement, équivalve, inéquilatérale, non tranchante en avant, sans charnière, mais munie d’un cuilleron allongé; impressions musculaires inconnues.

Un tube peu allongé, épais, solide , fermé en avant, de manière à envelopper la coquille, généralement atténué en arrière, où son ouverture laisse plus ou moins apercevoir une cloison qui sert à la séparation des tubes de l’animal ; présentant quelquefois des cloisons en voûte, dans le fond de sa cavité.

Les Fistulanes pénètrent dans le sable et mème dans le bois, comme nous avons eu occasion de nous en assurer, aiusi donc l’opinion de M. de Blainville est fondée, quand il dit que ce genre pourrait être supprimé, tant il est voisin des Tarets; aussi nous ne l’aurions pas reproduit d’après

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une telle autorité, si nous ne pensions qu’il convient mieux de laisser à quélques naturalistes plus éclairés que nous sur ces animaux, l’avantage de pouvoir, avec connaissance de cause, supprimer définitivement ce double emploi.

M. de Lamarck indique six espèces de Fistulanes; mais M. de Blainville en retire deux pour les porter dans le genre Gastrochène, L’une des quatre espèces qui restent est fossile. :

Nous venons de trouver dans les terrains crayeux de Royan le moule d’un tube fossile qui appartenait, sans doute, à une espèce de ce genre, mais qui établit d’une manière assez remarquable le rapprochement des Fistulanes aux Tarets; car il indique un tube fermé à l’une de ses extrémités, et muni de six à sept cloisons voûtées, complètes, inégalement distantes, comme cela peut arriver dans les Fistulanes, et en mème temps il est très allongé, irrégulièrement sinueux et de grosseur presque égale dans toute sa longueur, comme celui des Tarets.

CCCVIT. CLoIsonNaIRE, septaria, Lam.

Anim. inconnu.

Coq. inconnue.

Tube calcaire, épais, solide, en cône très allongé, et irrégulièrement flexueux , muni intérieurement de petites cloisons annuliformes, incomplètes; terminé à une de ses extrémités par un renflement, et à l’autre par deux tubes grêles et séparés.

Tout porte à croire que ces singuliers tubes, qui sont quelquefois d’une grande dimension , et qui appartiennent bien certainement à un mollusque, sont très voisins de ceux des Tarets et des Fistulanes. Romphius semble confirmer cette opinion en parlant des deux osselets que porte l’animal.

Nous conserverons ce genre en attendant de plus amples renseignemens. Une seule espèce lui sert de type; elle vit dans les sables, et vient des mers de l’Inde. On en voit dans la collection du Jardin du Roi de maguifiques exemplaires, mais incomplets.

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