Un tube soudé
G. CCCVIII. TÉRÉDINE, feredina, Lam.
Anim. inconnu.
Coq. épaisse , bombée, ovale, assez courte , très bâillante en arrière , équivalve, inéquilatérale , à sommets très distincts, un peu recourbés en avant, munie en dedans d’un cuilleron épais sur chaque valve.
Tube calcaire, épais, solide, subcylindrique, à ouverture terminale postérieure, sans cloison, se réunissant à la partie postérieure des deux valves par une sorte d’écusson.
Ce genre ne contient que des espèces fossiles ; il est encore assez incomplétement connu.
2e sECTION. ACÉPHALES NON TESTACÉS, Cuv.
HÉTÉROBRANCHES, Blainv.
Anim. de forme assez variable, généralement un peu allongé, enveloppé de toutes parts d’un manteau dur, épais ou gélatineux, quelquefois transparent, et percé de deux ouvertures; bouche, anus et branchies à l’intérieur, celles-ci de formes diverses, mais jamais divisées en quatre feuillets, toujours renfermées dans la cavité intérieure.
Coq. nulle.
Marins.
1'e FAMILLE.
LES ASCIDIENS, Lam.
Anim. de forme très variable, enveloppé d’un manteau épais, rugueux, souvent coriace, contractile; adhérent aux corps sous-marins par l’extrémité inférieure, terminé à sa partie opposée par deux
MÉTHODIQUE, etc. 351
ouvertures quelquefois tubuleuses, souvent garnies sur leurs bords de papilles tentaculaires, l’une, qui est toujours la plus élevée, recevant l’eau nécessaire aux branchies, et l’autre servant d’orifice au canal commun, à l’anus et à l’appareil générateur; bouche au fond de la cavité branchiale ; branchies en forme de réseau tapissant cette cavité.
Cette famille, et particulièrement les premiers genres qui la composent , lient parfaitement les Hétérobranches avec les Lamellibranches, car on reconnaît dans l’organisation des Ascidiens, à peu de chose près, la même disposition que dans celle des animaux des dernières familles, que nous venons de décrire, quoiqu’au premier aspect il paraisse y avoir une grande différence. L’enveloppe des Ascidiens est double , c’est-à-dire qu’elle se compose d’abord d’une tu-. nique intérieure assez mince, fibreuse et vasculaire, et ensuite d'un manteau plus ample, enveleppant, cartilagineux et épais.
Ces animaux se fixent sur les rochers et autres corps sous-marins, généralement à des profondeurs très grandes; ils sont de toutes les mers, et très nombreux, mais encore imparfaitement connus, du moins la plupart des genres.
T Ascidiens simples.
G. CCCIX. Ascrpre, ascidia, Lin.
Anim. ovoïde, plus ou moins allongé, quelquefois cylindrique , très variable dans sa forme, ayant le manteau cartilagineux plus ou moins épais et consistant, élargi ou pédiculé à sa base, et terminé supérieurement par deux tubes courts, inégaux, à orifices rayonnés par la présence de papilles tentaculaires.
Ce genre très nombreux, mais dont on ne connaît encore qu'une trentaine d'espèces, pourrait être divisé en deux groupes de la manière suivante :
352 TABLEAU 1er groupe.
Animal à base élargie.
A, intestinalis, etc.
DE groupe.
Animal à base pédiculée, A, clavata, etc.
Dans le nombre des espèces il y en a quelques unes remarquables par leurs couleurs vives; mais en général elles ne sont point d’un aspect agréable à l'œil. Nous avons souvent remarqué qu’elles pouvaient vivre assez long -temps hors de l’eau. Ces mollusques paraissent appartenir plutôt aux mers froides et orageuses qu’à celles des pays chauds, encore les espèces de ces dernières sont-elles bien plus petites, ce qui est le contraire de ce que l’on remarque ordinairement dans les autres mollusques.
G. CCCX. BrPaPicraiRE, bipapillaria, Péron.
Anim. ovale , globuleux , terminé d’un côté par une sorte de pédoncule, et de l’autre par un renflement percé à l’extrémité de papilles coniques par deux orifices garnis chacun de trois tentacules roides , sétacés.
Ce genre trés peu connu, et qui a été établi sur un mollusque observé à la Nouvelle-Hollande par Péron, n'est probablement qu'une Ascidie.
G. CCCXI. Foptre, fodia, Bosc.
Anim. ovale, mamelonné, partagé dans toute sa longueur par une cloison verticale qui contient l’estomac en deux tubes inégaux ouverts à chaque extrémité par un orifice , le supérieur un peu enfoncé et irrégulièrement denté; l’inférieur bordé d’un bourrelet circulaire nr ventouse, et servant à fixer l’animal.
Ce genre, qui n’est pas mieux connu que le précédent, a
MÉTHODIQUE , .etc. | 353
été établi par Bosc pour un mollusque des côtes de l’Amérique septentrionale ; il se pourrait aussi que ce nf une Ascidie.
ff Ascidiens agrégés.
G. CCCXIT. PyuRE, pyura.
Animaux pyriformes , munis chacun de deux petits tubes courts, et contenus dans une loge particulière fermée par leur enveloppe extérieure, réunis au nombre de dix ou douze individus pour former une seule masse de forme variable, et sans ouvertures apparentes au-dehors.
C’est encore un genre qui demande de nouvelles observations.
G. CCCXIIT. Disrome, distoma, Gaertner.
Et Sigilline, Sav.
Anim. tuberculeux, mamelonnés ou coniques, à deux orifices chacun rapprochés et garnis de six dents ou tentacules rayonnés, réunis en nombre plus ou moins grand.
Ce genre , composé de deux espèces seulement, l’une des mers de la Nouvelle-Hollande, et l’autre des côtes d’Angleterre, présente déjà le type de deux groupes.
1<r groupe.
Anim. dont la réuuion forme un corps gélatineux, allongé, conique et subpédiculé. (G. Sigilline, Savigny.)
D. australis , etc.
2e groupe.
Anim. dont la réunion constitue des plaques ou des croûtes qui recouvrent les corps sous-marins.
D. variolatus, etc.
C'est à M. de Blainville que nous empruntons cette coupe et La caractéristique de quelques uns de ces genres.
G. CCCXIV. Borryzze, botryllus, Gaertner.
Diazome, Polycline, Savigny; Polycycle, Botrylle, Lam.
Anim. ovales, plus ou moins aplatis, adhérens par leur face dorsale aux corps sous-marins, et par les côtés entre eux et en nombre plus ou moins grand, de manière à simuler un animal complexe, un peu variable; deux ouvertures bien évidentes aux deux extrémités du corps, sur chaque individu, l’une externe, pourvue de six papilles tentaculaires, l’autre interne subtubuleuse et plus petite.
Nous caractérisons ce genre, que nous n’avons point encore étudié , d’après M. de Blainville, et, comme lui, nous lui réunissons, sous forme de groupe, les genres Diazome, Polycline et Polycycle de MM. Savigny et de Lamarck, qui ne paraissent pas en différer essentiellement.
Voici la division de M. de Blainville :
Jer groupe.
Animaux se groupant en cercles concentriques, de manière à constituer une masse orbiculaire, presque en forme de soucoupe. ( Diazome. )
B. mediterraneus , etc.
2° groupe.
Auimaux se disposant circulairement ou en rayonnant, souvent assez régulièrement autour d’un centre, de manière à former un ou plusieurs systèmes stelliformes enfoncés dans une masse gélatineuse horizontale.
Le corps comme divisé en trois loges. (Polycline.)
B. violaceus , etc.
2) Le corps indivis, disposition en plusieurs cercles concentriques. ( Polycycle.)
B. renier, etc.
3) Le corps imdivis; disposition rayonnée; huit tenta-
MÉTHODIQUE, etc. 355
cules, dont quatre plus petits à l’orifice externe. (Botrylle. )
B. stellatus, etc.
Les espèces de ce genre sont encore en petit nombre, et toutes des mers d'Europe; elles s’attachent sur différens corps, et particulièrement sur les plantes marines.
G. CCCXV. SyxoiQuE, synoicum, Phipps.
Pulmonelle, Lam.; Eucælium, Didermum et Aplidium, Say.
Anim. assez cylindriques, adhérens par la partie antérieure, et réunis entre eux par le côté de leur enveloppe extérieure, de manière à composer une seule masse variable dans sa forme; chaque individu ne présentant qu’une seule ouverture à l’extérieur, munie de six papilles tentaculaires, et conduisant dans la cavité intérieure, au fond de laquelle sont les deux véritables ouvertures pour la respiration et les déjections.
Nous ne connaissons pas encore assez ces animaux pour décider s’il convient d’en former plusieurs genres, comme l’a fait M. Savigny, ou si, à l'exemple de M. de Blainville, il vaut mieux les réunir en un seul. Les bornes resserrées de ce travail ne nous permettant pas d’étendre beaucoup nos descriptions, nous nous contenterons de présenter les groupes établis par le dernier de ces savans, et dans lesquels ils donnent suffisamment les caractères des différens genres dont il s’agit.
1<T groupe.
Animaux réunis en une masse convexe, arrondie. (S. Alcyonaire; G, Pulmonelle, Lam.; Aplidium, Sav.) S. ficus , etc.
2° groupe.
Animaux dont les corps horizontaux se réunissent en croûte mamelounée. ( G. Euncoelium, Sav.) S, sabgelatinosumn , ete.
356 TABLEAU 3e groupe.
Animaux dont les corps verticaux se réunissent aussi en croûte. (G. Didermum, Sav.)
S. fungosum , etc.
4° groupe.
Auimaux dont les corps fort longs, verticaux, se réunissent en espèce de cylindre, n’ayant qu’un seul orifice extérieur commun pour tous les individus.
S. turgens, etc.
Chacun de ces groupes ne contient encore qu’une espèce; c'est dans nos mers qu’elles ont toutes été observées.
LES SALPIENS, Blainv.
Animal libre, errant , pélagien , en forme de tube plus ou moins cylindracé, ouvert aux deux bouts, ou ä peu près; manteau épais, gélatineux, HFAnApAREnR, un] avec la tunique intérieure ; les viscères formant un nucléus à l’intérieur , et près de l’une des extrémités ; branchies en forme d’écharpe oblique et longitudinale.
Cette famille renferme des animaux uniquement Pélasiens, ne se fixent jamais aux corps, et flottant sans cesse à la surface de la mer où ils s'élèvent dans les temps calmes, et particulièrement sous les climats de la zone torride. Ils se meuvent par l'effet des contractions des bords de l’une des deux ouvertures, et, par ce moyen, acquierent ‘souvent assez de vitesse. Ce sont des animaux extrémemeunt mous, gélatineux et d'une transparence quelquefois égale au cristal le plus pur; plusieurs d’entre eux se montrent réunis en société.
Les Salpiens présentent par leur singulière disposition la forme d’un tube, ouvert à peu près aux deux extrémités, et dans lequel l’eau circule librement pour baigner les branchies, porter la nourriture à l'animal et en même temps lui impzimer le mouvement. Quelques auteurs ont
différé d'opinion au sujet de ces deux ouvertures ; les uns prétendent que celle qui est la plus éloignée du nucléus , et par où s’introduit ordinairement l’eau, est la bouche de l'animal, tandis que d’autres y voient l’anus. M. de Blainville a observé, avec juste raison, que ni l’une ni l’autre u’est la bouche ou l’anus , car, comme l’a démontré M. Cuvier dans un Mémoire anatomique sur les Biphores, la bouche et l’anus sont de très petites ouvertures, cachées dans le fond du vaste canal que forme l'enveloppe de l'animal; au surplus, on doit appeler antérieure , l'extrémité où se trouve le nucléus , et postérieure , celle qui lui est opposée. Nous avons remarqué que l'animal qui recoit généralement l’eau par l’euverture postérieure, peut aussi la recevoir par l’ouverture antérieure.
Nous admettons dans cette famille, comme dans la précédente, la division, proposée par M. de Blamville, des animaux simples et des animaux agrégés, parce que, quoiqu'il soit bien vrai que les Biphores se réunissent, soit dans une disposition linéaire, soit dans une disposition rayonnante , nous nous croyons assuré, aprés de nombreuses observations, que ce n’est que dans le jeune âge ; mais il n’en est pas de même du Pyrosome; les animaux qu'il comprend, sont probablement agrégés toute leur vie. Du reste, c’est sur des Hétérobranches que nous manquons le plus de renseignemens, et qu’il est peut-être le plus difficile de s’en procurer; ainsi donc tout notre travail à leur sujet, qui n’est guère qu’une copie de celui de M. de Blainville, n’est que provisoire.