‹ Manuel de l'homme de bon tonChapitre 9 sur 18 · DE SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

DE SOCIÉTÉ

En annonçant un choix de jeux de société , je n'ai pas prétendu donner l'explication îles jeux les plus connus et peut-être les plus agréables , tels que le colin-maillard , la pincette, la sellette, ÎNI. le curé, la main chaude , le pied-de-hœuf, le corbillon , le petitbonhomme vit encore, pigenn-vole, le jardin de matante, la boite d'amourette , j'aime mon amant par A, le siflLt , le furet, et tant d'autres que tout le monde sait. Ceux que je me bornerai à décrire répan Iront de la variclc> et doubleront l'ogrémeut d'uuc

société où on les jouera alternall veulent avec les autres , parce qu'ils sont moins connus , et que d'ailleurs j'aî fait choix de ceux dont le succès m'a paru le plus certain.

Les Eîémens,

Chacun choisit trois noras d'animaux, tels que bœuf, hirondelle, anguille, de manière que ces noms appartiennent à des espèces qui habitent des élémens difTéreiis. Si on jette une pclotle ou un mouchoir à l'un des joueurs, en disant : Air ^ cette personne doit ré[)ondre hirondelle; car si elle répondait bœuf ou anguille, elle douinerait un gage, l'air n'étant habité m par l'un, ni par l'autre. Quand la personne qui jette le mouchoir dit Fcu^ on garde le silence, le feu n'étant habité par aucun être vivant; et au mot cléinens, on doit nommer les trois

( a<^0 ) noms (pi Ou a choisis. vSi IOti nmrunir i\ runc (le ces coiulilioiis, un donne lin gage.

Za Fiuillc d'amour.

ITpo (les personnes (k* la société prend im jeu de Irenfe-deux cartes, et en dislrilme deux ou trois, selon que la société est plus ou moins nond)reuse; s'il reste des cartes après la distribution, elle les garde et s'adresse à son voisin il droile. Avez vous \\i la feuille d'amour? — R. Oui , j'ai lu la feuille d amour. — D. (Qu'avez- vous vu sur la feuille d'amour? Le voisin doit nommer une carie dilTérente de celles (]u'il tient dans sa main. CIjaque joueur examine les cartes; et celui qui a la rarte nommée vient l.i d(''|)oser entre les mains de la personne (]ui lait jouer le jeu; et, s'il est d'un sixe ditTérent de celui qui a nommé la carte, il va

Fembrasser. Quand il arrive que la carte nommée appartient à une personne de même sexe , elle rend de même sa carte, et donne un gage»

Celui qui a répondu interroge à son tour, et ainsi de suite jusqu'à ce que toutes les car* es soient rentrées,

A force de nommer des cartes, on en nomme souvent une rentrée. Le joueur qui commet cette inattention donne un gage ; c'est pour cela que celui qui recueille les cartes doit avoir soin d'examiner chaque fois celles qui sont en ses mains.

La Volicre,

Une personne se charge de recueillir les noms des oiseaux qui composeront la volière. Chaque personne choisit le nom de Toiseau qu'elle veut cire, et le dit has à l'oreille de celle qui forme la volière. Dans une société uu peu

(au )

i)<>nil»rrii<^<\ il srr.iil fnrl «liffirilo de Iti(Mi ,sr rnp()«*l('r hms les noms s.'tiis s rinliiniiillrr ; ( \'st pourquoi on p< ul les écrirr avrc un crayon.

I^a volièr»' iHanf ftirtnre, on nonirne tons li's oiseaux qui la cuntposent, en ciiang«Mnt l'onlrc dans lequel on a recueilli les noms; ensuite on interroge chacun en parliculicr. Auquel donnez-vous votre cœur ? auquel conùt'7. \ ous votre secret ? auquel arrachczvoiis une plume ? On répond à ces questions en nommant à chaque un des oiseaux de la volière.

Lorsque tous les oiseaux ont parlé, celui qui conduit la volière tlécouvre les personnes que désignent les oiseaux; alors on enUirasse celui au(]u«d on a dofuié* son cœur; on fait uu(* coufid«*nco à celui au<|utl ou a tlouné son secret, et c«'lui ^luquel on arrache luie plume donne un ^age.

L 'Açocat,

Chacun choisît un avocat , de manière que chaque personne de la société se trouve avocat et accusée. On désigne un accusateur qui entame une accusation. Par exemple , supposons trois cavaliers et trois dames : Saint- Edme, Edouard, Alfred, Eugénie, Camille, Lucile. Saint -Edme sera l'avocat d'Eugénie; Edouard, celui de

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Eugénie sera l'avocat d'Edouard ; Camille, celui d'Alfred; et Lucile, celui de Saint - Edme. Supposons encore im septième joueur, Amand, qui jouera le rôle d'accusateur.

Amand, accusateur.

•< Lasociétéréclame la punition d'un grand coupable, dont le cœur enchn'ci n'est même pas poursuivi par les re-

( 2»5 ) mords. Il rst accusi^ d avoir baisé la main (luiir des dt noisclk'S réunies ici, ot de lui avoir fa' nue declaraliou où respirait Taniitie la plus vive; ce coupable est AitVed.w î/aci usaleur doit être au milieu du c<tcIc, et s'arrêter devant cbaquc personne qu'il uoriime).

Le défeuseur d Allrrd , Caujille, doit prendre de suite la parole eu faveur de 1 accusé. L'accusateur, satisfait de la défense, continue: « Qu'il ne soit pas coupable d'une action aussi noire, soit; mais disculpera-ton Edouard d'avoir cueilli la plus jolie rose du parterre? "Eugénie, défeuseur d'Edouard, cherche à le disculper aussitôt. L Accusateur. A qui m'en prendrai je donc?

léserait ce pas plutôt Lucile ipii l'aurait coupée? " Alfred, comme avocat de Lucile, doit replitjuer pour elle, et ainsi de suite.

Tout avocat qui ue repond pas pour

la personne qui l'a chargé de sa défense , ou qui ne le fait pas de suite , ainsi que toute personne qui répond elle-même à Tinterrogation , donnent un giJge. L'accusateur peut embarrasser beaucoup les joueurs en nommant tout de suite plusieurs accusés, et par conséquent faire donner beaucoup de gages. Enfin, plus vivement il conduit ses accusations, et plus il embrouille les joueurs; ce qui augmente le plaisir que Ton tloit retirer de ce jeu.

Le rôle d'accusateur exigeant mie certaine aptitude d'esprit qui fatiguerait à la longue la personne qui a bien voulu s'en cliargor, il faut de temps en temps la remplacer par un des joueurs qui a mérité de donner un gage , ou mieux encore , au lieu d'un accusateur, ou peut donner à l'accusation la forme d'un dialogue, et que

chaque avocat , vu jïminnt la diTcnse do 1 arr se, rrjcttr la faiift! sur une «ititrr prrsciiiit» vu la noniiuant, ou raccuso d'un autre crime 3 par exemple :

Camille.

J'avais un rvrnlail auquel je tenais d'autant plas f{ 10 < éiait un souvenir <1 une amie ; je l'.ii otjMié au dernier sj>ectacle; et, après l'avoir fait reclamer, on m'a dit l'avoir vu entre les mains d'iiugénie.

St.-Ed.mi: , avoral d'Eugénie.

Matlenioiselle , j'é,>rouve un vrrîtal)le rha<2;rin de l'acciisiition que vous porter contre Ku^én e ; car j'.ii la c< ftiluile qu'elle vous 1 aurait rendu, s il eut été en sam\ pouvoir. M us des gens, n)ieux insiruits que ceux (j li v.uis ont donne des renbei^ueniens , assuient

( 2i6 ) que Liicile pourrait mieux que personne >/ous en donner des nouvelles.

Alfred , défenseur de Lucile , réplique; et le jeu suit ainsi.

Les irais Règnes.

Le règne animal comprend tout ce qui a vie et mouvement , et aussi tout ce qui provient d'un être animé , comme la plume, l'ivoire, l'écaillé, la corne, la peau, etc. I^e règne végétal comprend tout ce qui est le fruit de la terre, et que la nature produit parla végétation : comme paille, table, toile. Enfin le règne minéral renferme tout ce (jui n'a ni vie, ni mouvement: comme les pierres, les métaux, les diamans.

Un objet peut cire composé de trois règnes , comme im cabriolet. Par exemple, la capote en cuir est du règne animal, le train en bois est du

rt'irnc v<'*jrcl.il , «l Irs rossorls soiil da r»'gno lulniT.'il. l^nr jx-rsoimi' i\(' la sociélt* sVloi^in' on p.tSM» dans une pii'ce voisine : on son ahsenrc, on ('h:)isil nn mol. Alors on rappelle la ]>ersonnc •orlle, qui pose à chacune des antres des (piestions qui puissent, par les réponses, l'aider à deviner le mot convenu, comme ;

A qutl n'gnc ap par lient l 'objel pensé?

Ksi- il purcmcnl du règne que vous venez de nommer ^ ou est- il composé d'un autre règne?

Est- il lutucUement dans son état naturel ^ ou en œiii're ?

A quoi sert- il ?

Oii se trouve-t-il ? efc.^ etc.

(Quanti la personne qui questionne parvient à trouver le mot, celle qui par ses réponses l'a fait deviner se retire à s(3n tour, et on recommence pour elle a choisir un nouveau mot.

Les Métamorphoses.

Chaque personne de la se iélé indique tonr-à tonr la chose qu'elle voudrait cire. Supposons, par exemple, que la première dame ait désiré être métamorphosée eu violette : elle se retire à l'écart; et, comme à la volière ou à la sellette, une personne recueille les voix, en disant à chacun : Si madame était violette , qu'en feriezvous? ou qu'en penseriez-vous? ou bien encore que voudriez-vous être ? Toutes les réponses étant recueillies , soit de mémoire, soit par écrit, on les répète tout haut, en observant de ne point suivre l'ordre dans lequel elles ont été faites. Ija personne métan)orpliosée doit, à chaque réponse qu'elle entend, indîqu(U' celui qu'elle en croît Tauleur. Si elle a deviné juste, il donne \\\\ gage; si au contraire elle

non ()(n ino pas un , cUo «mi donne iin cIloinônK' , l'I l'on passe à une autre nitt.inu)r|iliosi'.

L 'Amphigouri.

Ç)\\ fait rhoi.sir uno profession »\ ciiaque personne (|iii li«nt nu rnou^ choir ou un cor(l<ni. (^cllc qui conduit le jeu réunit toutes ces pointes de mouclioirs ou ces cordons dans une main, «t ciiLinie \inc hisfoirc chaque fuis qucHe lire de i'autrc main rnn àcs mouchoirs, f^a personne à laquelle il apparient doit sur-le-champ nommer une chose appartenant à son état; celle qui ne [)arle pas à propos, ou qui nomme ileux fois la même chose, donne un pape. Par exemple, je suppose (pip les ('lats choisis soient nu apothicaire, un hoiicher, uru* lin<rère, une marchand.' de nioiles, une couturière, je commence ainsi : Me pro-

menant ce matin clans mon jardin ponr y entendre les oiseaux chanter le lever du soleil, j'ai trouvé dans une allée...

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