DE LA CONSCIENCE
On qualifie ainsi le genre d'occupation des ouvriers d'une imprimerie qui sont payés à la journée, et qui , bien qu'ils ne soient pas à la tâche et n'aient pas à rendre compte de leur travail, doivent toujours employer leur temps dans l'intérêt de l'imprimeur qui se fie à leur zèle et à leur probité.
La conscience est ordinairement proportionnée à l'importance d'une maison et a la nature, de ses travaux. Ses fonctions consistent à fournir la distribution aux compositeurs , à établir les nouvelles garnitures , à veiller à ce que la lettre qui provient d'un labeur terminé soit placée dans les réserves. Tout ce qui est nécessaire à Tordre et à l'économie d'un atelier est dans ses attributions. Les apprentis font partie de la conscience.
11 peut arriver que des compositeurs aux pièces soient payés en conscience , à la journée ou à l'heure. Ce mode de paiement s'applique ordinairement à l'exécution des corrections d'auteur, des tableaux, etc.
Les ouvriers imprimeurs ne travaillent en conscience que dans les cas d'impressions soignées avec une attention particulière , et à l'égard desquelles on ne néglige aucun sacrifice pour parvenir à la perfection.
Les apprentis sont chargés de tenir la copie aux correcteurs. Tous les matins, en commençant la journée , ils trient les pâtés que le balayeur a mis sur leur marbre. Ils les composent le cran en dessus, et les remettent aux employés de la conscience pour être ensuite distribués*. Les apprentis font aussi le
Di
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service extérieur de la maison ; ils portent les épreuves aux auteurs, et doivent obéir en tout aux ordres du prote et des correcteurs. C'est une des conditions de leur surnumérariat. Le temps ordinaire de l'apprentissage est de quatre ans , et on ne peut en abréger la durée sans s'exposer à produire dans l'imprimerie des ouvriers inhabiles , et par là onéreux à tout établissement.
Nous ne terminerons pas cet exposé préliminaire sans parler du local qui convient à une imprimerie.
nu LOCAL.
Les presses et la composition doivent autant que possible être séparées. Il serait à désirer que le local d'une imprimerie fût toujours de plain-pied. Si l'on est obligé d'employer plusieurs étages , il convient que les presses occupent le rez-de-chaussée ou les étages inférieurs, et la composition, les étages supérieurs. Les presses se disposent par rangées , et avec la plus grande économie d'espace; elles doivent toutes être alignées entre elles. Due presse ordinaire ne doit pas occuper plus de sept pieds carrés. Chacune d'elles doit avoir une vaste croisée qui répande directement un jour franc et sans reflet sur tout son ensemble. S'il y a plusieurs jours dans l'atelier, on choisit le plus durable , tel que celui du couchant , et l'on tourne la presse de manière à ce que l'ouvrier soit en face du jour.
La tremperie doit Etre à la proximité des imprimeurs; des conduits sont pratiqués pour y amener les eaux pluviales , qui , par leur propreté , conviennent beaucoup mieux pour la trempe du papier que les eaux des rivières , ou les eaux crues
NOTIONS GBJVBfiALES. {3
des puits ou des pompes; ces dernières suffisent pour rincer les formes.
L'emplacement sur lequel . les imprimeurs travaillent doit être planchéié et non carrelé , parce que l'usure des briques produit une poussière fine qui se *»êle à l'encre et s'attache au papier*
Dans les ateliers de composition, les rangs se placent parallèlement les uns aux autres , et ob ne laisse entre eux que l'intervalle nécessaire pour la circulation des ouvriers. A l'extrémité du rang d'un metteur en pages , on peut clouer sur le plancher une rainure 'en bois dans laquelle on place les formes qui sont maintenues en haut par un crochet. Derrière chaque rang, on ajuste une longue galée dans laquelle le compositeur du rang qui suit dépose les lignes de cadrats ou autres objets qui peuvent lui servir de nouveau dans le courant d'un labeur.
Chaque metteur en pages doit avoir à sa portée un marbre doilt il puisse disposer au besoin.
Il faut , autant que faire se peut , que les compositeurs soient rapprochés de leur metteur en pages.
Les ouvriers qui composent des tableaux, et les hommes de conscience , doivént avoir leurs rangs et leurs marbres à part, et travaillent ordinairement dans une pièce séparée du reste de l'atelier.
Il y a toujours une presse spécialement destinée à faire les épreuves; il est à propos de la placer à proximité d'une salle de composition.
Les autres pièces' indispensables sont un magasin à papier et une chambre où se confectionnent les ouvrages de ville, qui rentrent dans les attributions des ouvriers en conscience.
Les correcteurs doivent être placés dans une pièce séparée des ateliers. Le bureau du prote sera , s'il est possible , situé au centre de tout l'établis-
sèment.
meut.
L'étendage se monte dans les pièces qui cdnviennent le mieux sous le rapport de la dimension et de l'élévation. Si l'atelier des presses doit servir d'étendage, il faut que le plafond soit assez élevé
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ne les enlève pas des cordes.