‹ Manuel de l'imprimeurChapitre 32 sur 74 · DE LA DISTRIBUTION · texte numérisé non relu

DE LA DISTRIBUTION

ôte l'enveloppe , les dispose sur le marbre ou sur un ais, l'œil en dessus et le eran tourné de son côté ; il prend de l'eau claire avec une éponge, en mouille la quantité qui lui est nécessaire , et délie ïes paquets à mesure qu'il les distribue.

Lorsqu'un ouvrage est en train , le metteur en

dont il a besoin. U est tenu de la lui livrer toute dégarnie! après en avoir ôté les titres courans , les lignes de pied , et tout ce qui est étranger à la matière courante dont est chargé le compositeur.

Le compositeur pose le plat de sa réglette contre le corps du caractère, du côté du cran et de la main gauche : il appuie le doigt annuitaire de chaque main contre la réglette ; ensuite , pressant les lignes de côté en sens contraire avec l'indicateur et le doigt du milieu, aussi de chaque main, et tirant un peu vers lui , il sépare , puis enlève une quantité de caractères qui s'appelle une poignée. La main droite seule soutient cette poignée un instant , pendant lequel la gauche s'ouvre et se présente, les doigts écartés, pour la recevoir et la soutenir sur le doigt majeur ou sur l'annulaire , appuyée contre le pouce dans toute sa hauteur.

Il prend ensuite sa poignée et la frappe légèrement sur le marbre par le pied de la lettre pour qu'elle se sépare plus facilement en distribuant. La poignée doit être enlevée d'un seul coup , et ne pas dépasser le pouce qui prévient la chute des bouts de lignes. Le compositeur doit faire en sorte que le haut de la page se trouve du côté de l'estomac, afin de prévenir l'embarras de la tourner ensuite pour avoir le cran dessous.

68 CHAFITRB III.

Le coi

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tm.

main droite, deux ou trois mots, suivant leur longueur. Il les lit , et par un petit mouvement des doigts, il met chaque lettre l'une, après l'autre dans le cassetin qui lui est destine. Il entame de même la ligne suivante, et ainsi successivement les autres lignes , jusqu'à ce que. la pôigne'e soit distribuée.

En distribuant, le cran doit être dessous, et l'œil de la lettre tourné du côté du compositeur. Il ne doit pas jeter les lettres de trop haut , ni trop remplir les cassetins, pour éviter le mélange des lettres d'un cassetin à Tautre. L'apprenti qui suivra ces principes parviendra bientôt à distribuer avec promptitude» Nous lui recommandons de ne jamais prendre entre ses doigts plus de lettres qu'il n'en peut tenir librement , et toujours un mot entier ; il faut aussi que sa poignée soit légèrement inclinée, afin de mieux apercevoir l'œil de, la lettre.

Le compositeur doit surtout éviter de faire des coquilles, c'estrà-dire de mettre dans un cassetin les lettres qui appartiennent à un autre. Si en distribuant il lui échappe quelques lettres, il doit les chercher aussitôt et faire en sorte de les trouver pour les mettre à leur place. Il arrive aussi au compositeur de laisser tomber la poignée entière , Tune de ses parties , ou même toute la page , lorsqu'il la mouille sur le marbre; ce qu'on appelle * dans l'imprimerie , mettre en pâte. Le désordre qui résulte de cet accident doit être immédiatement réparé' par celui auquel il est arrivé.

SE tA COMPOSITION. <K) COMPOSITION.

Lav composition est l'assemblage des lettres pour en former des mots, des lignes, des pages et des feuilles.

L'ouvrier doit préparer d'abord son composteur et prendre sa justification. La justification est la longueur des lignes; elle doit être fixée sur une longueur d'interligne. *

La justification prise, le compositeur se munit d'une galée in-fol., in-4% ou in-8°, suivant le format sur lequel il va travailler, et la place sur les petites capitales de sa casse de romain.

Le metteur en pages donne au compositeur une partie de copie plus ou moins considérable , après avoir marqué l'alinéa où il doit commencer. Il doit lui communiquer en même temps toutes les instructions nécessaires pour que la composition d'une feuille, quoique provenant de plusieurs mains, «oit parfaitement régulière dans toutes ses parties , sous le rapport de l'orthographe , de l'emploi des capitales , et de tous les signes usités.

Un auteur doit fournir sa copie orthographiée, ponctuée, écrite lisiblement , et de manière à pouvoir être lue à longueur de bras ; autrement on est en droit d'exiger une surcharge , en raison de la mauvaise copie. La copie d'un auteur doit être bien arrêtée avant d'être remise à l'impression ; car s'il fait de grands changemens sur les épreuves , l'exécution typographique ne peut plus avoir toute la régularité désirable.

Le compositeur fixe la copie à son visorium. Il se place devant le cassetin aux espaces. Il tient son

JO CUAPITRB III.

composteur de la main gauche, le rebord en dessus et en dedans de la main , .les quatre doigts dessous , et le pouce dans le vide que forme le rebord des coulisses et l'équerre qui est au bout du composteur. Il doit lire une phrase entière , s'il peut la confier à sa mémoire , puis avec le pouce , l'index et le doigt du milieu de la main droite , il lève toutés les lettres de sa phrase , l'une après l'autre , dans chaque cassetin où elles se trouvent. Il saisit la lettre par la tête , le cran en dessous , et la pose dans le composteur , où il la maintient avec le j pouce gauche. Pendant ce mouvement, il porte rapidement la vue sur la lettre qu'il doit prendre ensuite , afin de la saisir du premier coup , et sans qu'il sojt besoin de la retourner entre les doigts pour chercher l'œil ou le cran, ce qui occasionnerait une perte considérable de temps. H observe de mettre une espace moyenne , ou deux minces , entre chaque mot , et d'avancer le pouce gauche vers le bout du composteur à mesure qu'il s'emplit, de manière qu'il ne fasse que soutenir les lettres.

Pour bien justifier une ligne, on est souvent forcé de couper un mot. La division des mots se i fait généralement par syllabe ; nous donnerons plus bas les règles qu'il faut suivre à cet égard. Si le dernier mot de la ligne y entre complètement, le compositeur justifie , en mettant plus ou moins d'espaces entre les mots. Si le dernier mot de la ligne n'y peut entrer qu'en diminuant un peu les I espaces , il faut le faire avec une égale répartition. ] Avant de placer la dernière espace, qui arrête ! suffisamment ligne dans le composteur, l'ouvrier

I DE LA COMPOSITION. «jt

wigneux jette les yeux sur sa composition , et corrige à l'instant les fautes qu'il y aperçoit ; ce qui ne doit pas l'empêcher de relire encore chaque page en galée , pour faire disparaître les fautes qu'il aura découvertes de nouveau. Par ces moyens les premières épreuves se trouvant fort peu chargées de corrections , l'ouvrier regagne facilement à sa casse le temps qu'il aurait employé au marbre , toujours fort péniblement.

H faut éviter de coucher la lettre dans le composteur ou dans la galée.

Si l'on est forcé de faire une ligne trop serrée ou trop large 9 c'est-a-dire avec de trop grosses ou de trop fines espaces , il vaut mieux qu'elle soit un peu serrée, parce qu'on le remarque moins à la lecture. On peut, à la rigueur, supprimer l'espace fine avant la virgule. Il ne faut jamais enfoncer de force une espace fine pour justifier, on pourrait la casser ou se blesser; on ôte la dernière lettre pour donner du jeu à la ligne , et l'espace y entre aisément.

H ne faut jamais changer les espaces des lignes qui sont dans la galée , cela ferait varier leur jusûfication ; mais avant de les corriger, on les remet dans le composteur.

Le compositeur doit être parvenu , par l'exercice du coup d'oeil , à saisir presqu a l'instant , et sans plusieurs tâtonnemens inutiles , l'espace qui lui est convenable. Dans* quelques imprimeries les compositeurs ont l'attention de séparer les espaces en distribuant , selon leur force , suivant la progression d'un demi-point , depuis celle d'un point ou espace mince jusqu'au demi-cadratin. S'ils ne peuvent

affecter un cassetin à chaque sorte d'espaces, ce qui serait difficile à observer pour certains caractères , ils disposent pour cet usage de tous ceux du bas de casse qui restent libres , en réservant à la sorte la plus courante d'entre elles le cassetin qui est spécialement destiné aux espaces : cette méthode est préférable.

Quand on compose sans interlignes , on a un filet de justification, coupé exprès; on le place successivement sur chaque ligne dès qu'elle est achevée, pour en composer une autre par-dessus , jusqu'à ce que le composteur soit plein ; alors on enlève les lignes pour les déposer dans la galée.

Quand le compositeur a réuni dans la galée le nombre de lignes nécessaire pour former une page ou un paquet, il prend de la main droite une ficelle coupée de longueur à pouvoir faire deux fois et demie le tour de la page ; il en saisit un bout avec le pouce et l'index de la main gauche pour le mettre au icoin que forme le dernier mot de la dernière ligne de la page , et l'y maintient pendant que la main droite , après avoir tait avec la ficelle un tour entier autour de la page , vient arrêter ce bout en passant par -dessus, serre la ficelle en appuyant contre le bord de la galée, pendant que la mai» gauche maintient la page ; il fait un second tour et vient l'arrêter en tête de la page, dans le coin que forme le dernier mot de la première ligne.

Il doit faire en sorte de laisser dépasser à l'endroit I où il arrête la ficelle un bout long d'un pouce ou I deux, afin qu'elle puisse se dégager facilement quand on la délie.

Lorsque la page est liée , le compositeur la met

DE LA COMPOSITION. «j3

au milieu de la galée pour baisser la ficelle tout autour, le rebord de la galee l'en ayant empêché.

Le compositeur lève de la main gauche le bout de la galee pour donner la facilité à la droite de saisir la page et de la soutenir pendant qu'il prend un porte-page et le présente les doigts étendus pour recevoir la page : le porte-page est une feuille de papier un peu fort , pliée à peu près du format de la page.

Le compositeur reprend ensuite la page de la main droite et la dépose sous son rang.

Il faut avoir le soin de bien justifier les lignes, à cause de l'inconvénient qui résulte d'une ligne trop forte ou d'une ligne trop faible. Une ligne trop faible ne peut pas être serrée dans l'imposition , et met les lettres dans le cas de s'écarter les unes des autres , et môme de tomber , ce qu'on appelle , en termes d'imprimerie , des sonnettes. Une ligne trop forte empêche les autres lignes d'être serrées, en supportant presque seule tout l'effort des coins.

L'espacement entre les mots doit être d'environ le tiers du corps. Si l'on est obligé dé chasser ou de serrer un peu la ligne , la plus forte espace ne doit jamais dépasser le demi -cadratin du corps , ni être moindre du quart.

Le point se place après la lettre , sans être précédé d'une espace. On met une espace d'un point et demi avant la virgule , le point-virgule , le point d'exclamation et le point d'interrogation. Avant le deux-points on met autant de blanc qu'après.

On ne met d'espace ni avant ni après l'apostrophe. La division peut être placée entre deux espaces d'un point , lorsqu'elle unit deux mots dans

^4 CIIAPITHE III.

le courant d'une ligne. Les mots renfermés enli deux parenthèses n'en doivent être séparés que par une fine espace ; du reste , l'espacement de ces mots est le même que pour ceux de la ligne dont ils font partie.

On espace quelquefois les lettres dans les lignes de titres composées en capitales ou en lettres de deux-points , ainsi que dans les titres courans : les espaces employées en pareil cas doivent être proportionnées à la force de l'œil. La répartition égale et régulière des espaces doit être l'objet de l'attention constante du compositeur.

Renfoncer une ligne, c'est la rentrer intérieurement à la justification, à l'aide de cadrats, cadratins ou demi-cadratins.

La première ligne d'un alinéa, quand elle ne commence pas par une lettre de deux-points, 6 renfonce d'un cadrât in.

Toutes les lignes d'un sommaire, excepté la première , se renfoncent d'un cadratin.

Les épigraphes , les citations , les exemples , s<> renfoncent de plusieurs cadratins.

Les vers se renfoncent selon leur mesure : les alexandrins commencent en ligne , ceux de dix syllabes se renfoncent de deux cadratins , ceux de huit de quatre cadratins , ceux de sept de cinq cadratins , ceux de six de six cadratins.

Il faut éviter de finir une ligne par une abréviation ou par une apostrophe.

Il vaut mieux chasser ou serrer un peu la ligne que de faire une mauvaise division. On appelle diviser la faculté qu'a le compositeur de couper à la fin d'une ligne de prose un mot en deux parties.

Ml.

DB IA COJirOSITIO

H île. rejeter La seconde au commencement de la

ligne suivante.

On ne sépare que les syllabes. Les meilleures divisions sont celles qui ont lieu aux mots composés ou entre les doubles, comme dans arc - en - ciel , sous - chef y inter- rompre , etc.

On ne doit point transporter à la seconde partie d'un mot une lettre qui appartient à la première. On ne diyise pas une syllabe muette , ou qui puisse se prendre en mauvaise part ou dans un double sens. Il faut éviter les divisions douteuses, comme Ys doux dans mai -son; le n dans en-nemi ; 1/ mouillé dans pal- lier-, Y ni dans .ex em- pie : 1 x , etc. , appartiennent ordinairement aux syllabes qui les précédent.

Il ne faut pas laisser plus de trois divisions de .suite, et l'ouvrier habile les évitera toutes les fols qu'il le pourra sans nuire à l'espacement. Un metteur en pages soigneux ne doit pas laisser un mot divisé à la dernière ligne d'une page,

11 faut choisir les divisions moyennes pour les bouts de ligues. On ne peut diviser un nombre en chiffres. BB ,

Le compositeur doit jeter un coup d'œil Bur chaque paquet avant de le mettre sous son rang, et s'assurer si les espacemens des mots des lignes supérieures et inférieures ne se rencontrent pas juste et trop fréquemment, ce qui formerait des lézardes et un briquetage auquel il faut remédier en remaniant.

On devrait bannir les lettres de deux-points des commencemens de pages, et les remplacer par des capitales du caractère employé pour le texte. L»

lettre de Jeux-points n'est plus employée que par routine; elle était en usage dans les anciens manuscrits , où les premières lettres étaient chargées de figures et d'ornemens , et si on la conserva dans les premiers temps de l'imprimerie, c'est qu'on voulait toujours que l'impression imitât les manuscrits.

La lettre de deux-points ne se renfonce point. Quand on commence les chapitres par une lettre de deux-points; on devrait toujours la prendre d'un corps inférieur à celle de la première page Je l'ouvrage.

La ligne est un assemblage de mots placés suivant une direction horizontale , et compris dans l'espace donné qu'on appelle justification. On appelle ligne de tête celle qui se place au haut de la page , et qui comprend le folio et le titre courant. La ligne de pied est celle du bas de la page ; on y place les signatures , et l'indication du tome lors^ qu'il y a lieu.

La ligne pleine est celle dont la matière occupe toute la justification.

La ligne de blanc est une ligne de cadrats que l'on place dans les cas où l'alinéa est insuffisant.

La ligne pointée s'emploie dans les citations tronquées, pour indiquer l'endroit où se trouve une lacune.

On appelle page longue celle dont la ligne de pied est remplacée par une ligne de matière , et qui porte par conséquent une ligne de plus que les autres. On appelle page courte celle dont on est obligé de retrancher une ligne. Lès ouvriers soigneux doivent toujours éviter ces licences typographiques.

Le feuillet est la partie de la feuille qui se compose de deux pages, recto et verso. Un feuillet isolé s'appelle onglet : il est ordinairement indiqué par un * placé au bas de la page.

Le carton comprend deux feuillets ou quatre pages pour tous les formats, excepté l'in-4° et l'in-folio.

On appelle forme la moitié de la feuille imposée , munie de toutes les garnitures, châssis, etc. Les deux formes qui composent la feuille se nomment, l'une, celle dans laquelle se trouve la première page, côté de première; et l'autre, celle où est placée la seconde , côté de seconde ou de deux et trois.

La signature est une marque particulière à chaque feuille d'un volume , et qui sert tant pour les assembler que pour les plier selon leur format. Ce signe est représenté par une lettre ou par un chiffre • il est inséré dans la ligne de pied. Si l'on se sert de lettres, on emploie les grandes capitales du caractère du texte de l'ouvrage ; si l'on se sert de chiffres , on emploie des chiffres arabes du même corps , ou plutôt d'un caractère inférieur.

Le nombre et le placement des signatures de la feuille varient suivant les différens formats.

L'in-folio, rin-4°, rin-8°, n'ont qu'une signature; celle de l'in-12 est tantôt simple et tantôt double, suivant son imposition : s'il s'impose par feuille, et en deux cahiers séparés, on met une signature différente à chacun d'eux.

L'in-16, par feuille, porte deux signatures, et par demi-feuille , il n'en porte qu'une.

L'in-i8 se compose de trois cahiers de douze

78 cmpiTRB ni.

pages chacun, qui équivalent a la demi -feuille in-ia, et qui ont chacun une signature particulière.

Pour connaître la correspondance exacte de la signature et du premier folio d'une feuille, il t suffit de multiplier le nombre de pages contenu j dans la feuille , suivant son format , par le nombre qui lui sert de signature. Le tableau suivant présente la série des signatures pour chaque format, avec les folios qui y correspondent.

DE LA COMrOSJ TIOJÏ.

80 CFIAPITRE III.

Les quatre pages de titre ne prennent ni folio ni signature.

Les auteurs doivent toujours chercher à composer un titre aussi court et aussi concis que possible ; car un titre lourd ne peut jamais être disposé avec élégance. Depuis quelques années le style du titre a éprouvé des améliorations sensibles , ainsi qu'on peut s'en Convaincre en comparant les titres du'siècle dernier à ceux d'aujourd'hui. On ne peut donner à cet égard aucune règle bien fixe ; la manière de disposer habilement un titre dépend du goût du compositeur : nous nous contenterons donc de recommander à l'apprenti de consulter les titres qui peuvent être cités comme modèles.

Un titre se dispose de manière que le mot principal frappe d'abord la vue. On diminue ou on augmente les autres lignes suivant le degré d'importance qu'elles ont dans l'ensemble du titre. Il faut éviter de commencer un titre par une ligne pleine ou par celle qui offrirait les plus gros caractères de la page. Il faut s'abstenir, i°. de composer du même caractère deux ou plusieurs lignes de suite, à moins qu'elles ne forment un sommaire ; a°. de faire plusieurs lignes de suite de même longueur; 3°. de donner à trois lignes ou plus , la forme d'un cône droit ou renversé , ce qu'on nomme cul-de-lampe en imprimerie. Pour bien composer un titre, il y a deux conditions essentielles à observer : d'abord la proportion des caractères eu égard au format et à leur position respective , et ensuite la répartition bien combinée des interlignes et des espaces.

Lorsqu'un titre est chargé, il faut ne mettre etv

lignes saillantes et détachées des autres que le> mots qui doivent indispensablement ressortir. 11 est permjjs de mettre en ligne perdue soit un des articles /e, , les, qui peut précéder le titre ; soit les prépositions de , par, qui lient deux membres de phrase ; soit la conjonction ou , qui est le signe d'un double titre. On peut raccourcir ou allonger la justification des lignes du titre lorsque cette licence paraît nécessaire. Le verso du titre doit toujours être blanc.

Le faux-titre se met vers le milieu de la page , mais plus en haut qu'en bas.

Le grand titre emploie toute la longueur de la page. On y qomprend , s'il le faut , les lignes de tête et de pied. On peut même sortir de justification. Les compositeurs habiles cherchent toujours à donner au titre une forme ovale, c'est-à-dire qu'un trait conduit au bord des lignes devrait figurer le profil d'un Vase de Médicis.

Le titre courant se met au milieu de la ligne; on doit le simplifier autant que possible pour que la ligne ne soit pas trop pleine : on ne peut mettre moins d'un cadrât in pour détacher le titre courant du numéro de la page. On compose ce titre en grandes ou en petites capitales du même corps que le texte de l'ouvrage : on espace les lettres d'un point ou d'un point et demi , et les mots d'un demicadratin.

Les principales divisions d'un ouvrage, telles que les titres des livres , commencent en page impaire ou belle page. Les sous-divisions , telles que chapitres, sections, paragraphes, suivant leur importance , commencent en page paire ou impaire.

Les caractères à employer pour les titres de ces divisions doivent être gradués suivant leur degré d'importance; ainsi pour partie, livre, titre, on se servira des lettres de deux-points ou des capitales , au-dessus de celles du corps de l'ouvrage; chapitre se mettra en grosses capitales du corps ; section , article, en petites capitales du corps, les paragraphes et les sommaires en italique du corps*

h'épUre dédicatoire suit ordinairement le frontispice ; on la compose en caractères italiques proportionnés à son étendue ou en caractères d'écriture. On peut se dispenser d'y mettre un titre courant. La préface se compose en caractères plus forts que ceux du texte. \j introduction peut tenir lieu de préface , ou être incorporée au texte. Dans le premier cas, elle est entièrement assimilée à l'objet dont elle tient la place. Lorsqu'elle fait partie du texte , et qu'elle en forme le premier chapitre , comme dans ce Manuel , elle n'en diffère que par son indication au titre courant.

Lorsque le texte de l'ouvrage commence, ou répète le titre principal. On a remplacé les dessins et vignettes qu'on mettait en tête de ce titre par un simple filet double, un tremblé ou une perle; quelques imprimeurs sévères suppriment même tous ces ornemens.

Lorsque la page est de longueur, le metteur en pages y met une ligne de pied. Les lignes de pied se font ordinairement en cadrats du corps. Elles servent à indiquer au relieur , à la première page de chaque nouvelle feuille , le numéro du volume et celui de la feuille.

Le metteur en pages est un compositeur instruit

que le prote a charge de la conduite d'an ouvrage, fl délivre aux compositeurs la copie et la lettre , recueille les diverses compositions, les met en pages, et impose les feuilles.

Le metteur en pages aune longue galée qui peut contenir deux ou trois pages. Il y met la ligne du titre courant à laquelle il joint un ou deux paquets. Il coupe la matière au nombre de lignes convenu , et d'après la mesure d'une réglette de longueur disposée à cet effet , et qu'il applique sur le bord de la page.

Il faut éviter, dans la poésie épique , de couper la page entre deux rimes. Les vers de même mesure doivent être parfaitement alignés entre eux.

On ne doit pas commencer la page par une demiligne ou une fin d'alinéa ; il faut la rentrer dans la page précédente. On peut terminer une page par la première ligne d'un alinéa , pourvu que cette ligne ne commence pas un article.

On ne peut faire une page de trois lignes , à moins qu'on n'y soit forcé à la fin d'un chapitré.

Les notes doivent commencer dans les pages où se trouve le renvoi. Si les notes sont trop longues pour entrer dans la même page , on rejette à la page suivante tout l'excédant. Si l'étendue de la note est telle qu'elle embrasse plusieurs pages, il finit, autant que possible, qu'il se trouve deux lignes de texte à chaque page. Dans tous les cas les notes doivent être également réparties.

On appelle renvoi un signe placé dans le texte pour correspondre à une note précédée du même signe. Pour exprimer les renvois, on se sert de chiffres , de lettres ou d'astérisques.

Entre le texte et les notes on met un filet simple , ou seulement un blanc qui doit être environ d'une ligne de texte , de manière que les notes , dès la première ligne, tombent en registre, recto sur verso, sana nuire au registre du texte. *

Le caractère des notes est ordinairement de deux points au-dessous de celui du texte. Voici les proportions que l'usage a consacrées à cet égard , sauf les modifications que la nécessité peut y apporter.

Texte. Hôtes.

Gros-Romain Saint- Augustin.

Gros -Texte Cicéro.

Saint-Augustin Philosophie. !

Cicéro Petit-Romain. !

Philosophie Gaillarde.

Petit-Romain Petit-Texte , Mignonne.

Gaillarde Nompareille.

Petit-Texte, Mignonne. Parisienne.

On emploie, pour les additions, un caractère inférieur de deux corps à celui des notes. Elles se placent dans la grande marge du côté du folio, et commencent en regard de la première ligne d tt • texte qu'elles concernent.

On met une interligne entre la matière et le* additions pour que les lignes soient détachées entre -, elles.

Lorsque dans une page la justification est divi- ) sée en plusieurs parties, il en résulte autant de séries de lignes placées l'une à côté de l'autre a un certain intervalle , auxquelles on donne k nom de colonnes. On doit toujours éviter de feu*

je colonne boiteuse, c'est-â-dire courte d'une {ne, en regard d'une colonne pleine. Les colonnes uvcnt avoir une justification différente entre ies, et sont ordinairement séparées par un filet » par un blanc.

Lorsque les citations se bornent à quelques mots >ars ou à quelques parties de phrases , on les met 1 italique afin de les détacher du discours. Mais ♦rsqu'elles se composent de phrases ou de morlaux rapportes en entier, il est mieux de ne point nployer l'italique et de les renfermer entre guillemets. Lorsqu'il se présente des citations de vers, il âut les composer avec un caractère inférieur, les lettre en lignes détachées , et les rentrer de ma^ ière à ce que les vers occupent à peu près le milieu e la justification.

; On place Y errata à la fin du livre. Après le titre © dispose quatre têtes de colonnes ainsi conçues :

Page ligne &u Heu de lisez :

is on aligne verticalement chacune de ces parts de lignes comme si elles avaient toutes une tetification particulière. On emploie pour les frata un caractère au moins de deux points plus jjfcit que celui du texte.

\ Les épigraphes se mettent en caractère très petit pmparativement à celui de l'ouvrage dans lequel jlles se trouvent placées.

[Les fractions peuvent être disposées de deux lanières. Si la barre est diagonale , lé*numérateur 6 place en chiffres supérieurs et le dénominateur a chiffres inférieurs. Si la barre est horizontale, 1 faut placer les deux nombres l'un au-dessus de

l'autre. Cette barre doit être de la longueur du plus fort nombre, et le plus petit se place au milieu.

On appelle parangonnage l'opération qui consiste à combiner dans une même ligne plusieurs caractères de différons corps , par le moyen d'épais- j seurs complémentaires.

On place les vignettes au milieu de la justification, et on laisse un peu moins de blanc en tête qu'en pied. On pose les plus petites et les' plus | claires du coté de la lumière : pour les lignes horizontales la lumière Tient du titre* Si la vignette | est perpendiculaire et seule , la lumière vient de la gauche ; si le montant est double , les deux côtés de lumière sont dos à dos. Lorsque la vignette fait cadre , la lumière vient du centre pour tous les côtés.

Les fleurons sont des ornemens gravés , soit sur acier, soit sur cuivre , soit sur buis , ou poly typés en plomb, et ajustés sur bois.

On distingue plusieurs sortes de filets qui servent à la composition des tableaux , aux divers encadremens , et aux divisions des matières. Ce sont les filets maigres, demi-gras, gras, double-maigres ou à gouttières , grâs-maigres , triples.

Les filets azurés servent à l'impression des papiers-valeurs.

On donne le nom de filets anglais à une sorte de filets dont le plein se trouve au centre , et qui vont en s'amincissant jusqu'aux deux extrémités. Ils sont employés à séparer les titres de la matière. On les place aussi quelquefois au frontispice , où ils tiennent lieu de chiffre ou de fleuron.

Les filets tpemblés sont des espèces de festons

qui 8e mettent en téte des principales divisions d'un livre. Les perles sont de petites vignettes qui s'emploient comme des filets tremblas.

Pour faire des tableaux t bilboquets et ouvrages de ville, on ne saurait être trop bien approvisionné de cadra ts de toutes forces, et de toutes sortes d'interlignes , lingots , réglettes , garnitures , chiffres supérieurs, accolades, filets , etc. Ces sortes d'ouvrages sont confiés à des ouvriers habiles ; leur goût et leur expérience les dirigent dans ces travaux, pour lesquels on ne peut donner aucune règle bien fixe.

Les bilboquets, tels que cartes, avis, factures, têtes de lettres et autres objets de fantaisie , se composent d'après le goût du compositeur ; mais il doit toujours se conformer aux règles de l'art.

H serait trop long de donner ici la description des procédés employés pour la confection de certains ouvrages irréguliers d'une exécution très difficile , tels que la composition de la musique mobile , celle des bons d'actions ; les cartes géographiques de M. Firmin Didot, qui sortent de la presse toutes terminées; celles de M. Haes, deBâle, qui se composent sur glace, la copie par-dessous, etc. Les caractères d'écriture se composent par comaison , ou portions de lettres qu'il faut réunir avec intelligence , de manière que deux déliés ne se rencontrent jamais , non plus que deux pleins ; il faut au contraire que les déliés tombent toujours dans les pleins. Quant à la composition de la ronde , il faut également éviter de mettre deux déliés en contact. Voyez , à la fin de ce Chapitre , la manière de composer ces caractères.

Quelques compositeurs aiment à faire des portiques , des colonnades , des verres à liqueur, des profils , des silhouettes , etc. ; mais certaines règles doivent être observées dans ces jeux typographiques lorsqu'on se les permet. Ainsi, pour les dessins d'architecture , il ne faut pas mettre en frise ce qui doit être en montant , ni à la base ce qui doit être au chapiteau. Quand on compose des profils , c'est ordinairement l'éloge de la personne dont on représente la silhouette. On renfonce les lignes plus ou moins , selon le dessin tracé ; on espace en conséquence , et on justifie la ligne par le milieu.

Il nous reste à donner la manière de connaître combien de formes ou de pages la copie d'un manuscrit peut contenir. Pour cela on compose une page , et l'on marque dans le manuscrit l'endroit où finit cette page. Ensuite on compte le nombre des lignes du manuscrit qui sont entrées dans la composition , et on continue de compter sur le manuscrit le même nombre de lignes que celui compris dans la page de composition, jusqu'à ce qu'il y en ait suffisamment pour uuç forme. Enfin on compte combien une forme de composition contient de feuillets de manuscrit. Pour obtenir par ce moyen un résultat exact, il est indispensable que la copie soit écrite régulièrement, ce qui est assez rare. On est obligé alors de procéder de la même manière pour chaque portion de copie qui serait d'une écriture plus ou moins serrée, et d'un nombre de lignes différent. Mais un compositeur exercé doit évaluer assez exactement le nombre de feuilles que peut produire son manuscrit. Lorsque l'on connaît le nombre de feuillets qu'il

DE Là COMPOSITION. 8^

faut pour faire une forme , on suppute combien le manuscrit a de feuillets; et s'il faut dix feuillets pour faire une forme de composition , on saura que quarante feuillets font quatre formes , et ainsi du reste.

de pages qu'il faut pour une feuille de composition.

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