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IMPOSITION

On appelle imposition l'arrangement dans lequel on place les pages sur le marbre , de manière que la feuille étant imprimée, elles se retrouvent en ordre sur le papier. On comprend aussi sous ce nom la formation des garnitures et la manière de les placer pour donner aux pages une marge convenable.

Chaque format prend son nom du nombre de feuillets que présente une feuille de papier, quelles que soient ses dimensions, lorsqu'elle est pliée. Ainsi une feuille in-4° porte ce nom , parce qu'elle offre quatre feuillets ou huit pages ; la feuille in-8°, huit feuillets ou seize pages, ainsi de suite $• d'où il résulte que le nom. d'une feuille n'exprime que la moitié du nombre de pages qu'elle contient.

Les impositions les plus usitées sont l'in-folio, l'in-4% rin-8°, l'in-12 et l'in-18, et maintenant aussi rin-3a.

L*in-folio était autrefois en usage pour tous les livres liturgiques ; l'in-4<> semblait particulièrement consacré aux ouvrages scientifiques , et l'emploi de ce format est devenu assez rare de nos jours. Après l'info, l'in-ia, rin r i8.et l'in-32 sont de tous les formats les plus agréables et les plus commodes*

go CHAPITRE III.

Voyez , à la fin de cet Ouvragé , Planches II et III , la manière dé placer les pages sur le marbre avant de faire la garniture. {

Les in-16, les in-24» * es iû-Ji f les in-48, ne sont que des in-8° et des in-ia doublés ou quadru- " plés. Par exemple, Fin- 16 forme deux in-8° im- | posés de chaque côté d'une barre courte , et un in-3a est quatre in-8° imposés dans chaque quart du châssis.

Dans les demi -feuilles, toutes les pages appartenant au papier blanc et à la retiration sont imposées dans un seul châssis. Lorsqu'une feuille de papier se trouve ainsi imprimée des deux côtés avec la même forme , elle est coupée en deux dans la barre courte, si c'est un in -4° ou un in-8°, et dans la barre longue et la barre courte , si c'est un in-ia; et on la plie comme un in-8° ou un in-ia.

Lorsqu'un compositeur se prépare à imposer, il prend les pages qui sont placées sous son rang en ordre régulier; il les porte sur le marbre, puis il les fait glisser du porte-page qu'il tire en même temps : il place ensuite toutes les pages suivant l'ordre qu'elles doivent occuper dans la feuille; mais avant de mettre lë châssis ët la garniture , il s'assure avec soin qu'elles sont bien placées, ce qu'il reconnaît facilement en remarquant si les pages impaires du côté de première ont leurs signatures convenables , et si de chaque côté le nombre d'une page et le nombre de la page voisine en donnent un de plus qu'il n'y a de pages dans une feuille ou une demi-feuille de l'ouvrage. Ainsi, par exemple , dans l'in-folio un et quatre donnent cinq, dans l'in-4° un et huit donnent neuf, dans

Vîn-$° xin et seize donnent dix-sept. De cette manière , on peut examiner sar deux pages , dans tons les formats, si leurs nombres réunis excèdent d'un celui des pages d'une feuille; s'il en est ainsi, on est sûr que les pages occupent la place convenable.

Après s'être assuré que les pages sont bien placées , on se munit d'une paire de châssis , égaux en grandeur et semblables à tous autres égards , et après les avoir placés sur le marbre pour les deux formes , on prend une feuille de papier de la grandeur déterminée pour l'ouvrage qu'on veut imprimer , et on met entre les pages des bois ou plombs , et le long des côtés des deux barres les réglettes nécessaires pour faire la marge. Le blanc intérieur des pages étant fixé , on place les biseaux au pied des pages et sur les côtés de la forme. Dès que la lettre se trouve convenablement maintenue par la garniture, on ôte les ficelles des pages , d'abord de celles du dedans , puis de celles du dehors , et on pousse en même temps la lettre vers les barres , en prenant bien garde qu'elle ne chevauche ou ne se couche. Pour prévenir cet accident et beaucoup d'autres qui pourraient survenir , on arrête légèrement les coins. Les bois doivent être plus longs que la page , de deux ou trois lignes.

Voici la méthode suivie ordinairement pour faire la marge î Après qu'on a coupé la garniture pour un in -8°, on plie dans ce format une feuille de papier sur lequel l'ouvrage doit se tirer, puis on l'ouvre pour en faire un in-4 P > ou on place un bout contre le folio de la quinzième page , si c'est le coté

dé seconde \ ou contre le folio de la treizième

9a CHAPITRE III.

page , si c'est le côte' de première , pour vérifier si le bout opposé du papier» ainsi plié en format in-4°, arrive jusqu'à la troisième page ou la première, et la couvre entièrement ; dans ce cas , on est sûr que la marge de ce côté est juste , et que les autres peuvent s'y adapter. Après avoir ainsi reconnu la marge sous le rapport de la largeur du papier, on peut s'assurer si elle est proportionnée à la longueur, en remarquant si la partie inférieure de la feuille couvre entièrement la ligne de pied de la quinzième ou de la treizième page, lorsque la partie supérieure en est placée contre le titre courant de la dixième ou de la douzième page ; dans ce cas , on a la preuve que la marge est convenable par rapport à la longueur de la page.

C'est un très mauvais usage que de jeter des bouts d'interlignes ou des réglettes de précaution le long des côtés des barres des châssis, pour donner à l'imprimeur plus de facilité de tomber en registre. La première condition pour faire une bonne garniture est de prendre des châssis bien appareillés et parfaitement d'équerre. Les garnitures en plomb ou en bois doivent avoir également toute la justesse nécessaire pour que les imprimeurs ne soient pas obligés de toucher aux garnitures» ce qui a toujours beaucoup d'inconvéniens.

Tout ce qui vient d'être dit à l'égard de la marge se rapporte à l'imposition de la première feuille d'un ouvrage ; car si l'opération a été bien exécutée pour celle-ci, on imposera sans peine toutes les autres feuilles. Le compositeur peut imposer avec des garnitures et des châssis de formes desserrées, qu'il n'a qu'à placer autour des nouvelles, en

de l'imposition. g3

suivant l'ordre qu'ils occupaient dans celle qu'il dégarnit.

Avant de serrer les formes , le compositeur examine avec soin si les pages de chaque carton sont d'une longueur égale ; car la différence d'une seule interligne les ferait chevaucher. Il ve'rifie leur exactitude en plaçant le plat de chaque pouce contre le centre du bois de pied , et l'élevant avec une légère pression ; et si les extrémités de chaque page se lèvent également avec le bois , il place les coins entre les biseaux et le châssis : la forme demeure dans cet état jusqu'au moment où on la lève. Quoique l'opératipn de serrer une forme paraisse peu importante , elle exige en beaucoup d'occasions une grande attention de la part de l'ouvrier. Lorsqu'il a poussé aussi loin que possible les coins avec les doigts, il emploie le marteau et le décognoir pour les chasser le long des biseaux , en ayant soin de donner des coups égaux et d'enfoncer les coins assez haut vers l'épaulement des biseaux pour que la lettre ne puisse ni faire ventre ni chevaucher ; et quant aux coins du bas , ils doivent être poussés jusqu'à ce qu'ils maintiennent la lettre droite et de niveau.

Il arrive souvent que les coins ayant été placés humides s'attachent si bien à la garniture, qu'il devient difficile de les desserrer; alors on remédie à cet inconvénient en chassant le coin par le haut , au lieu de le pousser par le bas , ce qui le relâche immédiatement et permet dè le desserrer facilement.

Une fois la forme entièrement serrée, on ne taque

plus. Avant d'enlever , on sonde la forme , ce qui

9/f CHAPITRE III.

se fait en la soulevant un peu à plusieurs reprises , pour éprouver si tout est bien également serré , si rien ne danse, si les pages ne forcent pas, etc. , ce à quoi il faudrait remédier sur-le-champ. Il y a des metteurs en pages qui ont l'attention de marquer a la craie les signatures au revers des formes pour les reconnaître. S'il faut monter un escalier pour placer la feuille à la presse, le plus commode est de porter la forme sous le bras, l'œil de la lettre en dehors. De quelque autre manière qu'on transporte les formes, on doit avoir soin de tenir l'œil de la lettre en dedans.

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sition est finie.

La forme ou les formes, s'il y en a plusieurs, se trouvant serrées et en état d'être enlevées , le compositeur les remet à l'imprimeur pour qu'il en fasse épreuve. Il existe dans les imprimeries une ou plusieurs presses spécialement affectées aux épreuves. Quelquefois on les fait avec un rouleau garni de feutre , mais on ne se sert de ce moyen que pour des ouvrages très pressés , et dans ce cas elles sont faites sur le marbre , et par colonnes de texte, liées seulement avec une ficelle. Les épreuves doivent toujours être proprement tirées ; toute négligence à cet égard compromet la correction , qui est d'autant, plus sûre que l'épreuve est plus nette et plus lisible. L'épreuve étant faite , l'imprimeur la lève avec soin , et remet les formes au compositeur auquel elles appartiennent. S'il est tombé quelques lettres en relevant la forme, l'imprimeur doit en prévenir le metteur en pages , et lui remettre à l'instant les lettres qu'il a retrouvées :

DE L'IMPOSITION. g5

l'ouvrier imprimeur doit avoir la même attention après le lavage des formes qui doivent passer sous presse,

La tierce est le premier exemplaire tiré an moment de l'impression et dès que la forme est sous presse. Elle sert à vérifier les dernières corrections faites au bon à tirer, et a s'assurer s'il ne s'y est pas glissé de nouvelles fautes, ou s'il n'est pas tombé quelques lettres pendant le transport ou le lavage de la forme.

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