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CHAPITRE V. — GÉNÉRAUTÉS SUR LES ÉLÉMENTS DES PONTS, ETC

cations précédentes ont trait principalement aux grandes arches qui demandent des cintres particulièrement soignés.

Otï ne doit pas chercher à trop économiser le nombre des boulons qui réunissent les pièces; ces boulons, bien serrés, concourent à assurer la rigidité de l'ensemble.

CafeuV de» cintres. — te calcuî âes cintres est analogue à celui des ponts en charpente, dont nous nous occuperons plus loin.

La- première difficulté que Ton i encontre dans ce travail est de savoir quelle charge normale cliaque partie de l'intrados iransmet au cintro. C'est une inconnue impossible à dégager, car elle dépend du tassement qui s'opère; ce tassement' peut mémcv ttre asse2 considérable pour que la pression normale devienne nulle et que la voûte soit sur le cintre comme si elle était décintrée. La piression varie donc entre la composante du poids des vou^soirs normale à l'intrados et zéro.

En réalité, le maximum est égal seulement à la composante du poids des poussoirs normale ài Tintrarios diminuée de la vaieup dut frolt-ement dw w)ussoir sur le joint qur le* supporte; mais il est inutile de tenir compte de ce iiiottiment.

11 est à remarquer, du reste, qu'il y a dans celle question beaucwip d'imfirévu, qu'il s'agit d'obèenir non-seulement une charpente capable de porten la vQûte, luaisen outre une ebanpente rigide, ne se déformant que le moins possible, c est-à-dire poss^^dant um grand excès de* résistance eu égard aux charges qu eUe supporte.

Donc, ili serait. cliimémque> de recherdier Teiractâtude dans le calcul des cintres, et le mieux est d'adopter un type ayant déjà réussi, loDsqu/on* se trousve dana un cas usuel .

Lorsqu'il s'agit d'ua eas nouveau, il £aui^ bien vesourir à un< oalcul sommaire, pour se rendre un compte appcoximatil des dimensions à donner aux pièces.

Pour le calcul, on prendra donc latzone la plus pesante qu'une ferme aità porter, on. divisera. celle voùtC: en sections- par des joints normaux à l!in(rados, s>n fera le poids de chaque section et on^en. prendra la* compostante normale à Lintrados. On aura ainsi une série de forces agissanli sur le système en charpente aux points où les pièces principales viennent rencontrer l'intrados, et on appliquera les principes, que nous exposerons dans le livre suivant, à la répartition de ces forces entre les pièces qui leur sont opposées.

Il est encore une manière plus simple d opérer,, à laquelle on peut avoir recours, c'est de diviser la zone de voûte afférente à. une ferme en une série de sections dont les centres dé gravité soient à Taplomb des poteaux montants ou des sommets du polygone en charpente ;. on admettra que chaque section pèi^ede son. poids total sur la verticale de son «entre de gravité, et on fera le calcul dans cett^ hypothèse, qui prévoit une dislocation complète de la voûte en ses diverses sections.

Il va sans dire qu'on ne. tient pas compte du poids de toute la partie de voûte inférieure à l'angle de 50*.

Ge petit calcul sera très-utile pour déterminer notamment la force dés poteaux montants et celle des pieux.

La question de la résistance des piieux est des plus importantes; malhi^ureuaeroent, il' y* a là encore un élément variable dont il est difficile d'apprécier l'influence.

Lorsque les pieux sont complètement enchâssés dans le sol, on sait qu'ils peuvent porter, suivant l'essence du bois, tant de kilogrammes par centimètre carré. Alors, il n y a aucun inconvénient à calculer leur section d'après ce coefficient.

Mais, lorsque les pieux ne sont fichés en terre que sur une partie de leur hauteur et que le reste est à l'air ou dans l'eau, ils perdent une grande partie de leur résistance, et sont exposés en outre à se déverser, s'ils ne sont pas plantés parfaitement d'aplomb. Il faut alors ne leur faire porter qu'une partie de la charge qu'on admettrait s'ils étaient complètement enchâssés.

Et il est bon de les réunir l'un à l'autre, de les moiser, pour les rendre solidaires et s'opposer à un déversement isolé.

Dans les mêmes circonstances, il y aura avantage à réunir deux ou trois pieux par support, surtout sous la clef, afin de former des espèces de chaises plus stables qu'un pieu isolé.

Lorsqu'un pieu n'a que la moitié de sa longueur de fiche, c'est-à-dire s'il est moitié en terre, moitié en Teau, on devra commencer à en enrocher le pied sur une certaine hauteur afin de combattre la tendance au flambage et au déversement.

Enfin, lorsque le fond est du rocher et qu'on ne peut battre de pieux, on établit des supports en maçonnerie ordinaire,' si c'est possible; ou bien, on construit des supports ou chaises en charpente formées de quatre montants solidement reliés et représentant les arêtes d'un ironc de pyramide. On met ce tronc de pyramide en place et on l'entoure d'enrochements sur la plus grande partie de sa hauteur.

Le calcul des cintres retroussés est très-simple : ces cintres reçoivent, en chaque point de l'intrados, la pression normale exercée, par les voussoirs; d'après la théorie de Navier, ils sont donc soumis aux mêmes efforts que la voûte elle-même; leur poussée horizontale à la clef est égale à la poussée à la clef de la voûte, quantité connue. La somm ! des sections verticales des pièces qui composent le cintre à la clef doit donc être assez grande pour résister à la poussée à la clef Q; c'est-à-dire, que si le bois ne doit pas travailler à plus de 25 kilogrammes par centimètre carré, on aura, pour la somme des sections,

^ centimètres carrés.

Du chargement préalable des cintres. — Pour éviter, pendant la construction des voûtes, un tassement considérable, on est dans l'habitude de charger les cintres avant la construction, lorsque les retombées seules sont faites. Ou les charge au sommet afin d'éviter qu'il ne se relève.

Mais, dans certains cas où il serait possible de le faire sans trop de dépense, il serait bon de charger les cintres d'un poids égal à celui des voûtes.

En résumé, la construction des cintres est une des parties importantes de la construction d'un pont et demande des soins particuliers.

La flexibilité des cinires doit être d'autant 'moindre qu'on emploie des mortiers à prise plus ra[)ide.

Avec les ciiueiits, notamment, il faut des cinires très-rigides.

Mais les ciments ont un avantage, c'est qu'on peut n'exécuter qu'un rouleau de la voûte sur le cintre, le laisser faire prise et coiisiruire ensuite le reate de la voûte. Par sa roideur, le premier rouleau forme cintre par rapport

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