CHAPITRE PREMIER. - QUESTIONS PRËUMINAIRES
La lettre représente la vitesse moyenne du courant naturel, c'est-à-dire le quotient du débit par la section de la rivière.
Si nous appliquons cette formule à l'exemple précédent, en procédant encore par approximations successives, nous trouvons pour y environ 0">,05.
Cette formule donne donc une valeur un peu moindre pour le remous ; il sera plus sûr de se servir de la première.
Observation de Vicat. — Dans une note publiée en 1836, Vicat a scrupuleusement étudié rinfluence du pont de Souillac, que lui-même avait construit, sur la surface des eaux de la Dordogne, aux abords de cet ouvrage. — Cette étude met bien en relief, non-seulement les cataractes longitudinales, mais encore les courants traversaux dont les levées d'accès insubmersibles déterminent la formation. {Voir les figures 1 à 4 delà planche 2...)
En février 1 835, dit Vicat, des pluies abondantes combinées avec la fonte des neiges de la haute Auvergne, firent monter la Dordogne aupFus haut point où on Tait vue depuis i783. La vallée, dans toute sa largeur, offrait Taspect d'un, grand lac. Les avant-becs des piles du pont de Souillac étaient couverts jusqu aux couronnements, et les, eaux en se précipitant sous les arches, y formaient d'effrayantes cataractes.
En amont du pont, le cours de la rivière, figure 3, est rectiligne et arrive à angle droit sur l'axe longitudinal de cet ouvrage ; en aval, il dévie à gauche en formant une courbe d'un immense rayon. La plaine qui s'étend sur la gauche offre une dépresssion parallèle au cours de la rivière, à environ 300 mètres de la rive ; c'est la trace d'un ancien lit. Cette plaine est traversée par la levée insubmersible qui accède au pont {fig. 1). Quand les eaux débordent, elles arrivent des régions supérieures par la dépression susdite, et rencontrent la chaussée contre laquelle elles s'élèvent en formant une nappe qui, stagnante d'abord, prend de la pente à mesure que Ton s'approche de la rive, et finit par produire un courant rapide qui longe la chaussée et se précipite enfin sous la première arche. A l'issue de cette arche, ce même courant, augmenté d'une partie du trop plein de la rivière, tourne subitement à gauche, et se jette avec force dans la plaine d'aval, où l'appelle puissamment la dépression dont on a parlé.
De l'amont à l'aval de la levée, il s'établit une dénivellation d'un mètre.
Sur la première pile rive droite où se portait le plus fort du courant, on remarque (fig. 4) une dénivellation de l",i25 de l'avant-bec à l'arrière-bec, etil se formait, le long de cette pile, une cataracte dont le maximum de dépression était de 3°*,62 conune la figure l'indique.
Il fallait des fondations bien solides pour résister à de pareils effets. Il est évident qu'il eût fallu ménager, dans la levée rive gauche, à i50 mètres au moins du pont, une large voûte de décharge, afin d'offrir une issue directe aux eaux dirigées suivant la dépression de terrain signalée plus haut.
Il eût été préférable, en outre, de substituer des arcs de cercle aux voûtes en plein cintre, dont la naissance commençait près de l'étiage ; car, à 6'',00 audessus de l'étiage, des voûtes en plein cintre ou en anse de panier, ne laissent point que d'intercepter une notable partie du débouché linéaire.
Vicat fait remarquer que les avant-becs circulaires apportent un obstacle à l'écoulement, et qu'à part les considérations de coup d'oeil et de durée, les âvan^bec8 triangulaires sont rationnellement et effectivement préférables. — Haia nous aurons lieu de revenir ultérieurement sur cette question de la forme i donner aux piles.
»éi«nnbiafioii dn déibovché. — Nous avons maintenant tous les éléments
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U SONTS EN MâÇOMË&S.
nécessaires pe^ur apfirécier si Le déboudié d'ua onTiagè projeté est suCûsant. ^-^ Il \a sans dire que ces éléments doivent être pris au momeat des plus grandes crues eu cours d*eau.
Le débouché d'un pont qpi'on projette, dit Gauthey, est moins difficile à bien déterminer lorsqu'il existe psî.'^ de son empiacement d'autres ponts siur la même rivière. Alors on a soin de mesurer pendant les crues la section du fleuve au pesage de ces ponts et d'observer la vitesse de l'eau et la chute qui se forme ' ordinairement en amont. — Au moyen des comparaisons fournies par ces doniiées, on peut quelqpiefois, fixer le nouveau débouché d'une manière aasea exacte.
Cette règle deGautlicy se doit pas être appliquée aveuglément, car elle pourrait conduire à des résultats absurdes. Elle est bonne lorsque les circonstances, locales de pente et de lit ne varient pas entre le pont projeté et le pont ancien que l'ffli prend coonne peént de départ. Mais, si quelque variation se produit, il £aut se gard^ d'adopter la règle précédente ; les remarques de Dupuit, que nous aviNis citées, le font bien voir; k hauteur d'une mémie crue est esseï]^ tieUeraent variable anx divers points d'un cours d'ean, elle dépend de la ûoniformation du lit en chaque point, et il serait imprudent d'appliquer à deux poistsméme veâsins, mais ptacés (hue des conditieos dift&rentes, lesrésuUats trouvés pour l'un d'eux.
Tout ce qu'on a le droit de faire^ c'est d'ad^er la valeur du débit» oakulte' exactement ea un de oes poiats, en lui faisant subir une correction que nous in» dàqueroBS fdas loin.
Gautiiey émet, relativement au débouché^ une seconde observation qui nous pandt: aussi contestable. Il prétend qu'il y a danger de d<»mer à im pont un, débenehé trop gnnd. Supposez que la section libre, soua un poiU, soit super risnre à celle que le oouors d'eau présente anx environs ; il se produira au passage un ralentissement de vitesse qui déternwnra des atterrissemènts ; mais ces. Mterrissenenls ne tarderont à s'arrêter lorsque la section d'écoulement sera ramenée à des proportions convenables. On aura tout, sinaplement construit ua pont d'une trop< grande largcnr, nuiis nous ne pensons point qu'il puisse se manifester des inconvénients au point de vue de l'éicoulefnent .
Lee ponts ne périssent jamais que par défaut de débouché; la trop grande dimination de la section est seule à craindre. L'augmentation n'a guère d'inconvénients qu'au point de vue de la dépense.
Ainsi, le desideratum serait d'établir le pont sur toute la largeur qu'occupend les plus fortes crues; il n'y aurait plus que les piles qui formeraient obstacle à réeoulement, et, comme nous l'avons dit, dans l'état actuel, leur épaisseur est géoèraiement asses f»ble relativement à l'ouverture des arefaes4
Tel est l'avis formulé par Dupuit.
Hm, y est bien rare que l'on agisse ainsi, car sa serait entraîné fréquemment kéimner aux ouvrages, ua dëveloppenwflt trop considérable. Les ponts n'occupent d'ordinaire que la hffgeur du lit proprement dit de la rivière ; quelquefois même, les culées feoC saiKie en rivière aotammeoÉ sur les rives, convexes.
U y a donc un rétrécisseinetti notable dn ht, soit que celnipci soit profondémeot ^caisse, et que le cours d'eau ne déborde jnmais, soit au contraire que le cours d'ean sait suaccfilible de déborder et de former des courants latéraux dans ta vaUée.
Toutes les lois que ces courants latéraux existent, il faut lent ménager des îàsues ^péeiale% au. moyen d'arcbes< de dimension plno ou moins grandes» oon«
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