THÉORIE DES VOUTES
Théorie des ▼oAtes. — Les architectes Italiens, tels qu^Alberti, Palladio, et Serlio, ont indiqué quelques régies empiriques pour déterminer les dimensions des voûtes; mais ces régies, établies presque au hasard d'après l'examen de quelques ouvrages anciens, ne pouvaient inspirer aucune confiance, et Ton peut dire qu'en somme la seule règle était la fantaisie de chacun.
En France, au dix-huitième siècle, Gauthier, dans son traité des ponts, fixait répaisseur des voûtes à la clef au quinzième de leur ouverture ; cette proportion qui peut convenir pour de petites ouvertures est beaucoup trop considérable lorsqu'il s'agit de grandes arches comme celles que Ton fait de nos jours.
Perronet donna la règle suivante, qui conduit à des résultats plus économiques; l'épaisseur (e) d'une voûte à la clef s'obtient en fonction de l'ouverture L par la formule
celte formule n'a pas non plus une grande consistance et conduit, comme la précédente, à des épaisseurs trop fortes pour les grandes ouvertures.
C'est au dix-huitième siècle que les mathématiciens cherchèrent à établir la théorie des voûtes, qui ne fil de progrès sérieux que dans le siècle actuel, lorsqu'on se fût rendu, par l'observation et l'expérience, un compte exact des phénomènes qui se passaient pendant la construction des voûtes et surtout au moment de leur décintremont.
Pour bien faire saisir la théorie, il convient donc d'exposer au préalable les recherches expérimentales, qui jettent un grand jour sur la question.
Les premières expériences sont dues à Couplet en 1729; elles furent reprises par Danisy, et par Perronet qui observa avec soin les phénomènes que présentèrent les arches des ponts qu'il eut à construire.
Boistard, ingénieur en chef des ponts et chaussées, refit toutes les expériences sur les voûtes en les variant de bien des manières, et, nous examinerons ses travaux en détail, sans nous arrêter à ceux de ses prédécesseurs.
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