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CHAPITRE lY. — DESCRIPTION DES TYPES DE PONTS EN MAÇONNERIE

h?s figures 4 et 5 de la planche XV en donnent une élévation d'amont ainsi «iu'une coupe en travers sur Taxe d'une arche.

Ce pont se compose de quinze arches en anse de panier surbaissée au tiers et à onze cenlres.

L'ouverture de chaque arche est de 24",56, leur flèche 8™,12 et leur épaisseur à la clef! %50.

Les piles ont 4'»,90 d épaisseur; leur avant-bec est ogival en plan et a une saillie de A^'ll sur le plan de la tète; leur arrière-bec est demi-circulaire.

La largeur entre les têtes est de ÏA^fii, sur lesquels la chaussée occupe 8°»,80.

Les voussoirs des têtes sont appareillés par redans et les tympans sont remplis en pierres de taille.

On remarquera la forme bizarre des piles et de leur couronnement, qui paraît d'assez mauvais goût.

Les fondations de ce grand ouvrage étaient défectueuses, et une partie des voûtes s'écroula avant Tachëvement; on s'était servi, parait-il, de pieux avariés et non consolidés par des enrochements.

En 1855, M. Beaudemoulin, ingénieur en chef, reconnut l'existence de nouveaux tassements dans les piles qui s'étaient creusées à Tintérieur et qu'il parvint à consolider au moyen d'injections de mortier; nous avons rendu compte de ce travail délicat dans notre traité d'exécution des travaux.

Le raccordement du pont de Tours avec ses abords est heureusement combiné; les murs de quai sont raccordés avec chacune des tôles par une voussure en pendentif dont la directrice en plan est un quart de cercle de 12"^, 15 de rayon, ayant son point de tangence au droit du milieu de l'arche.

C'est une disposition analogue à celle adoptée pour le pont Royal dans lequel un pan coupé réunit au quai le sommet des arches de rives; mais la voussure du pont de Tours est beaucoup plus élégante qu'un mur vertical.

A la suite des premiers tassements observés sur les piles, on a enlevé une grande partie du remplissage des tympans, dont l'intérieur a été évidé par des voûtes transversales.

O» Pont du Port-de-Piie, sur la Creuse. — Les figures 1 à 5 de la planche XVI, représentent le pont construit à Port-de-Pile, sur la Creuse, pour le passage du clieinin de ter de Tours à Bordeaux (1" section). M. Beaudemoulin, ingénieur (Ml clief et Groizette Desnoyers, ingénieur ordinaire.

Cet ouvrage comprend trois arches en anse de panier de 31 mètres d'ouverture et de 11 mètres de flèche. Les naissances de ces arches sont placées à 5 mètres au-dessus de l'étiage. Cette disposition ne fait pas très-bon effet sur le dessin, mais elle est de nature à produire un excellent effet dans la réalité, car il est rare que les eaux d'une rivière soient à l'étiage, et, lorsqu'elles ont quelque élévation, elles baignent les retombées des voûtes dans les cas ordinaires.

Dans le cas actuel, il n'y a rien à craindre sous ce rapport, et les eaux ordinaires dissimuleront ce que le soubassement paraît avoir d'excédant d<î hauteur; les courbes se développeront alors tout entier à l'œil du spectateur.

Les piles ont 5'»,50 de largeur aux naissances et sont profilées en ironc de cône, leur couronnement est placé un peu au-dessus du niveau des plus grandes eaux ordinaires; les plus grandes crues connues s'élèvent encore à 2"»,/t0 et au diilà.

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158 PONTS EN MAÇeNNIEfiiE.

Dan» les culées oiv a' ménagé de petites areh«3 de 3p^,ô0 d'ou^ertare et de o mètres de hauteur, destinées au h^age et au passago de deux chemins vicinaux détournés.

La largeur entre les têles est de 8°,60; 8 mètres sont léservés à la voie et. le •reste aux parapets qui sont du reste posés un peu en encorbellement.

L'èpaisstur des voûtes à la clef est de i'",50; celte épaisseur va croissant vers les naissances, et la courbe d'extrados se raccorde av-ee Taiigie supérieur du couronnement des piles. H va sans dire que 1rs voussoirs inférieurs participent à la Xois à la voûte et aux avant et arrière-bocs.

Le chapeau conique des piles est formé par deux assises de pierres et la mou* lure subjacente est d'un seul morceau.

Les culées de 7™,50 d'épaisseur sont prolongées dans la direction des têtes par des murs de 9™,30 de longueur dont la section transversale est nettt^raeut indiquée sur la figure 5. Ces murs sont réunis à leur sommet par un plein r-^intrft supportant la petite voûte de liaiage.

Les fondations des piles ont été exécutées, au moyen de caissons foncés, comme nous Tavons expliqué en détails, dans le traité de l'exécution des travaux.

Les tètes et les angles et toutes ks parties saillantes du pont ont été exécutées en bonnes pierres de taille; le corps de douelle est formé de petites pierres de taille n ayant que 0"»,70 de queue; mais la liaison, tant a-vec les têtes qa'avec la maçonnerie de remplissage est assurée au moyen de chaînes horiaontales ayant, comme la clef de tête, 1",30 de queue.

Les parements des culées et des arches de lialage sont exécutés avec des moellons smillés avec Iveaucoup de soin ;. quant aux tympans, on les a construits avec de simple moellon débvuti sur lequel se détachent beaucoup mieux les tètes et la plinthe.

On n'a pas reproduit de demi-pile sur les rives, comme on le fait quelquefois: ^ette disposition, inspirée par un amour peut-être exagéré de la symé'rie, est inutile.

Seulement, on a donné à la partie inférieure de la culée le même fruit qu'aux piles, et on a couronné cette partie inférieure avec un cordon reproduisant le^ profil des moulures (;ui terminent les piles.

Les maçonneries des voûtes sont, comme d'ordinaire, protégées par une <;hape et on a ménagé dans les piles,, aux points bas du ivemhlai, les conduits nécessaires à l'évacuation des eaux d'infiltration.

Pont de Lilfoume. — Le pont construit à Libourne, sur la Dordogne, pour le passage du chemin de fer de Tours à Bordeaux, présente de grandes analogies avec le pont de Port-de-Pile. Les ardies en anse de panier, de 20 mètres d'ouverture, surbaisséesau tiers, et ayant leurs naissances à.5™,74 au^dessus.de Tétiage, sont eu nombre de 9.

Les piles et les culées ont des dispositions presque identiques à celles du pont 4e Port-de-Pile; la seule différence est qu'il n'existe point de voûtes de halage dans les culées.

Les fondations sont établies dans des caissons foncés sur pilotis et protégé» par des enrochements, comme au pont de Bordeaux.

Les têtes, en pierres de taille, ont été d'abord appareillées par pedans, puis on a tracé un extrados identique à celui de Port-de-Pile, et on a refouilié toute la partie des voussoirs située au-dessus de cet extrados de manière à la mettre dan£ le même plan que le remplissage des tympans.

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