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CHAPITRE IV. — DESCRIPTION DES TYHilS DE PONTS i:v MAÇONNERIE

Ingénicïîrs : MM. Droeliiig.cl.Malaure.

7"^ Pont sur la Sarthe, an Mans. — Les figurês^G, 7, 8 de la planche XVI, sentent le pent oaiistruit ^r la Sarthe,. au Mans, pour le passage de la ligne de Paris à Rennes.

Ce poîit comprend une travée métallique de 8 moires sur le boulevard du Greffier, trois arches, en anse de panier, de 17 mètres d'ouverture sur la Sarthe et un p'ein cintre de 9 mètres de diamtHre sur le oanaJdes Planches.

Les bandeaux des tètes, les. quatre cliaùies horizontales qui divisent la douelle de chacune des (rois grandes voûtes, les clefs et conlre-elefs , les pilastres, bahuts et tous les angles saillants sont seuls en pierres de taille (granit d'AIençon et marbre); les parements vus des murs en rt^tour et la douelle des quatre voûtes sont en moellon sraillé (tnarbre); et enfin L^s parements vus des tympans au-dessus d' s grandes voûtes eti des deux grands murs de soutènement interposés entre la rivière et le canal, sont tout simplement en maçonnerie de moellons ordinaires épinrés (grès), à joints incertains, avec rejointoiements en mortier hydraulique mélangé de ciment.

Quant aux parements des tympans, dit M. l'ingénieur A. Marliîi, ils ont été exéeutés en moellons ordinaires simplement épincés ou dressés au manteau, wvec rejointoieraent en bon mortier hydraulique mêlé d'un dixiènie environ de mment. Dms quelques cas on s'est même conlenté de l'addition de tuilot pulvélisé, au lieu de ciment. Ces parements économiques, pour lesquels nous n'avons payé, en sus du mètre cube de maçonnerie ordinaire, que 2 francs à 2 fr. 50 par mètre carré, ont été employés pour la presque totalité des ouvrages entre la Loupe et le Mans, section pour laquelle les matériaux,, tels que moellons piqués ou briques , manquent généralement ou reviennent à des prix trèsélevés.

Les culées et le» piles dupent sur la Sarthe ont été fondées sur des pieux de 50 centimètres d'équarrissage, battus dans un- sable assez compacte. Sur les pieux on a posé un grillage formé de traversines normales au cours de la rivière, tieliéespar des longrines parallèles aumême cours ; toutes oes- pièces ont 0'",20 à 0*",2) d'équarrissage, et elles^ sont fixées en même temps sur chaque pieu, par de longues fiches on fer rond de O'^j'iD de diamètre.

Le vide cf^mpris entre la face supérieure du grillage; les pieux et le sol a été rentpli d'une bonne couche de béton fortement damé et maintenu par des enrodiements; et sur la plate-forme on a élevé ensuite le massif de ukaçonnerie des culées et des piles.

Chaque eu iée reposr^ sur 15 files de 5 pieux chaoune en profondeur, et chaque pile^snr 1 7 files de cinq' pieux chacune en largeur.

La pression par centimètre carré de la plate -forme du grillage est de S^OS pour Ites culées et do 2^27 pour les piles*

La pression transmise aux pieux par centimètre oarnèr de leur section ! est! de 25H80 pour les culées et de 52^27 pour les- piles.

Ces charges sont, au-dessous «les liinitesî acceptées pour les pieux complètement enfoncés dans» le sol pour lesquels on admet jusqu'à» 35 kilogrammes de pression par oentimètre carré. Au pont de Neuilly, la pression atteint même 62 kilogrammes par oentimètre carré- des pieu» qui ont 0*",?)^25 dt^ dianiôlre, mais c'est une charge exagérée.

Le travail entier est revena à 2i0franc$*par mètre carré de lft.pro|e6tion horinmtaleetle rapport du vide au pleinest de0,284<.

6. Pont de i*Aiina, ù BiaHsi — Le magnifique pont de* l'Aima,, représenté

par les figures 1,2, 5 de la planche XXIV, empruntées au Traité d'architecture de Reynaud, est le plus grand qui existe à Paris.

Il comprend trois arches elliptiques surbaissées au 1/5, évasées sur les (êtes au moyen de cornes de vache analogues à celles du pont de Neuilly ; nous avons déjà dit notre avis sur l'utilité de ces évasements, qui ont surtout le mérite de lélégance.

Les arches de rive ontSS^jSO d'ouverture pour 7", 70 de flèche.

L'arche médiane a 45 mètres d'ouverture pour 8", 60 de flèche.

Les naissances des trois voûtes sont à 0",65 au-dessus de Tétiage. L'épaisseur :i la clef du corps de voûte est de 1"*,50 et celte largeur va en augmentant jusqu'à .illeindre 2"", 00 à la base. Dans le plan des têtes l'épaisseur de l'appareil visible est de i ",50 seulement à la clef et de 2™,00 aux naissances.

La lari^eur est de 20 mètres entre les parapets, 20", 60 entre les tympans et ^iO^jeO entre les têtes.

La chaussée empierrée a 12 mètres de large; elle est flanquée de deux frottoirs en asphalte de 4 mètres de large.

Les piles ont 5 mètres de large.

Les bandeaux des têtes sont en pierre de taille comme les piles et les culées; la douelle est en meulière piquée. Les tympans sont ornés de belles statues qui ont coûté 110,000 francs les quatre, et ces statues font saillie de 0"*,50 environ sur les tympans.

Comme profil en long, le pont se compose de deux lignes droites inclinées en sens inverse à partir du sommet deTarche médiane, avec une pente de0,02 par mètre.

La corniche en pierre de taille a 0",86 de hauteur.

Le parapet est formé par des balustres et des pilastres ornés, analogues à ceux du ponl de la Concorde.

Ce travail fut exécuté avec des matériaux de choix ; la maçonnerie des voûtes a été hourdée en mortier de ciment de Vassy ; c'est une des premières applications de ce ciment àont l'usage s'est tant développé depuis.

Toutes les maçonneries des voûles ont été enlevées en 25 jours; il y avait un maçon par 5'°'<^,5 en plan. Le travail fut achevé et livré dans un espace de huit mois ; on voit là toute la différence qui existe entre les travaux modernes et les travaux anciens au point de vue de la rapidité.

Lesvoussoirs de tête en pierre de Bourgogne sont sépnrès, tous les cinquante centimètres, par des joints creux ou refends de cinq centimètres de largeur et de trois centimètres de profondeur.

Les piles sont fondées sur des pieux garnis d'enrochements et arasés à 1°»,44 au-dessous de l'éliage ; sur leur plate-forme on a échoué un caisson foncé dans lequel on a épuisé pour établir la maçonnerie à sec.

Au décintrement, on s'aperçut que les piles s'enfonçaient et que le pont les suivait; alors on injecta un mélange de ciment de Portland et de chaux hydraulique au sein des enrochements, et on procéda à l'établissement de voûtes de décharge sous les trottoirs et sous les tympans. Cela ne suffit pas pour arrêter le tassement, et il fallut déraser les voûtes elles-mêmes, entre les pieds-droits ^ des arcades de remplissage, pour diminuer encore le poids transmis aux piles. L'enfoncement des piles s'arrêta après avoir atteint 40 à 50 centimètres.

Depuis la construction on n'a pas eu de nouveau tassement à signaler.

La dépense totale s'est élevée à 1,600,000 francs.

9. Pont de Piessis i<^s-Tours. — Le pont de Plessis-lés-Tours, sur la Loire, est représenté par les figures 1 à 5 de la planche XIX.

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