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CHAPITRE IV. — DESCRIPTION DES TYPES DE PONTS EN MAÇONNERIE

pierre de taille et les voussoirs, de largeur uniforme, ont une queue égale alternativement à 0«,59 et à 0»,44.

Les pieds-droits des piles sont aussi en pierre de taille.

Les douelles sont en libages.

Le remplissage des tympans est en maçonnerie de galets ; le parement est formé par des assises horizontales de deux briques, séparées par des galets régulièrement disposées en arêtes de poisson. Ces galets, employés avecleur forme arrondie, forment saiHie, et leur surface est polie et nettoyée en la frottant avec de la graisse.

Il en résulte un dessin régulier, agréable à l'œil.

Au-dessus des piles, on a ménagé des écussons circulaires sur lesqueb sont sculptées les armes de la ville de Pau.

On remarquera dans la coupe en travers Tarmature en fer qui assure la stabilité de la dalle formant parapet et qui, scellée dans la maçonnerie de remplissage, s'oppose au renversement de la dalle.

Les dispositions que nous venons de décrire sont fort ingénieuses, et très-monumentales.

Si Ton voulait obtenir quelque chose de plus économique, voilà ce qu'on pour* rait faire, en admettant toutefois que Ton dispose d'avant et d'arrière-becs asseï saillants et assez solides :

On ferait reposer sur ces avant-becs, soit un arc en maçonnerie (voir plus loin le viaduc d'Edimbourg), soit un arc métallique, et sur cet arc on établirait le trottoir. La charge fixe et éventuelle pouvant être notablement réduite, on adopterait pour Tare ainsi construit des dimensions assez faibles, et la dépense pourrait être maintenue dans de justes limites.

L'élargissement par un arc en fer a été opéré à Paris sur le pont de la Touruelle qui met l'ile Saint-Louis en communication avec la rive gauche de la Seine.

m. — VUDUCS.

La désignation de viaduc {de via, voie, et ducere^ conduire) pourrait s'appliquer à tous lés genres de pont ; mais, comme nous l'avons dil au commencement de ce traité, on réserve la dénomination de viaducs aux ouvrages traversant des vallées sèches ou des vallées parcourues par un faible cours d*eau ; leur hauteur est relativement à leur longueur, beaucoup plus grande que pour les ponts établis sur de larges fleuves. En général, un viaduc pourrait être remplacé sur une grande partie de sa longueur par un simple remblai, et c'est surtout par raison d'économie que l'on substitue aux remblais élevés des arcades en maçonnerie.

La section et par suite le cube d'un remblai de longueur donnée croissent très-rapidement avec la hauteur (en admettant que la plate-forme supérieure et l'inclinaison des talus soient constantes) ; si l'on admettait que la largeur de h plate-forme croît proportionnellement à la hauteur, la section croîtrait comme le carré de la hauteur ; mais en réalité l'accroissement est moins rapide.

Avec un viaduc, la dépense, considérable pour une hauteur même assez faible, ne croît pas très-vite avec la hauteur ; de sorte que, pour les petites hauteurs, le remblai est moins cher que le viaduc, et pour les grandes il est plus cher.

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ilA PONT& EN ]fÂ%Q]^«iERI6.

Il ; a une hauteur pour laquelle il est indiffèrent d'établir l'un ou l'autre.

Cette hauteur limite serait facile à calculer: il suffirait d'établir les prix par mètre courant de remblai et par niètre courant de viaduc en fonction de labau. teur et d'égaler ces deux prix.

Hais un pareil calcul n aurait ptânt d'utilité pratique, car Ie& chiffres sâ modifient dans chaque cas particulier suivant Tabondance des remblais dont on dJ3pose, suivant les prix des maçonneries, suivant le terrain de fondation.

Le calcul est donc à recommencer dans chaque cas, si Ton veut savoir à ^el genre d'ouvrage il convient de donner la préférence.

C'est en général de 20 à 25 mètres de hJauieur qaê. la substitulioa du viaduc au remblai commence à devenir avantageuse..

La construction des viaducs ne diffère guère de celle des ponts, et, f m» la faire comprendra, nous allons décrire les principaux types connus.

t. ¥ladac du chemin de fer de WlnceBiies (gare de !& BastUBe). — Les^ ft> gures 1 et 2 de la planche XXV représentent le viaduc de la ligna de Vincennes, qui touiche à la gare de la Bastille^ La hauteur n'exigeait pas un viaduc ; mais le terrain est si cher en cet endroit qu'il était indispensable de l'économiser ;en construisant une série d'arcades, on pouvait les transfonaet en.miag^ins: utiles et de location facile.

Ce viaduc, d'environ 1,200 mètres de long, est composé de 71 arches en plâin cintre de 10°*, 04 de diamètre ; l'épaisseur du co^ps des. voùies est uniforme et égale à 0°>,60 ; sur les têtes, cette épaisseur a été pjortée à O'^jôS,. et les bandeaux en pierre de taille font saillie de 0°^,05 sur les tympans en bri^pMs de Bourgogne.

Les piles ont un fruit de 1/15 ; leurs extrémités sont en pierres de taille et le reste de leur parement en moellons piqués ; elles reposent sur un socle, posé lui-même sur une couche de béton de O^yhQ de hauteur. 11 n'y m donc pas ea de difGcylté de fondation.

Les tympans en briques sont ornés d'écussons en pierre de taille çt le couronnement est formé de voûtes en mâchicoulis.

Ce couronnement est d'un bon effet ; mais, il paraît, suivant nous, n'être pas terminé ; nous pensons que s'il a-vaS été placé un peu plus bas et surmonté d'un parapet en pierre, il eût paru plus élégant.

Les tympans sont évidés à l'intérieur au moyen de voûtes longitudinales et toutes les maçonneries sont protégées par des chapes.

les arcades communiquent par une voûte longitudinale en plein cintre que Ton aperçoit sur la coupe.

Toutes les maçonneries des voûtes sont hourdées en mortier de ciment, ce qui a permis d'imprimer à la construction une grande rapidité.

Ingénieurs : MBf. Vuigner et Bassompierre.

». Ttadne de Dfnan. — Le viaduc de Dinan a été exécuté vers 1847, sur la vallée de la Kance pour livrer passage à la roule nationale n« f 76 de Caen à Lamballe. C'est à M. l'ingénieur Fessard que l'on doit ce magnifique ouvrage, dont on trouvera les principales dispositions représentées par les figures 5 à 8 de la planche XXT et par la figure 4 de la planche XXIV.

Ce viaduc se compose de dix arches en plein cintre de 16 mètres d'ouverture ; la voie est à 41'°, SO au-dessus du niveau normal de l'eau dans le canal d'Ille et Rance, qui passe sous une des arches, et la plus grande hauteur entre la base des fondations et le sommet du parapet est de 49»,Ï5.

La fondation de chaque pile est un tronc de pyramide, dont toutes les faces

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