CHAPITRE lY. — DESCRIPTION DES TYPES DE PONTS EN MAÇONNERIE
stniction, de réduire d'une manière notable les dimensions des piles ; on pouvait par exemple en évider la partie centrale.
Les quantités de mortier employées dans les maçonneries se sont élevées pour la pierre de taille à. . 0,01 du volume de la maçonnerie.
Le moellon piqué 0, . —
Le moellon brut 0,31 —
La superficie du vide, dans le viaduc de Dinan, forme les 0,673 de Télévation totale, et le rapport du vide au plein est d e 2,06.
Pour le viaduc de Tlndre, le rapport du vide au plein est de.. . 1,72
— Barentin.. 1,88
Aqueduc de Roquefavour 2,03
5. iriadvcs de 1a Feige et des Sapins. — Dans les annales des ponts et chaussées de 1859, M. Tingénieur Groizette Desnoyers décrit les travaux exécutés pour la construction de la ligne du Bourbonnais (section de Saint-Germaindes-Fossés à Roanne).
Cinq grands viaducs existaient dans cette section ; nous empruntons au mémoire de H. Desnoyers les dessins de deux de ces viaducs, conçus chacun dans un système différent.
1» Viaducs de la Feige. — Le premier représenté par les figures 1 à 4 de la planche XXVI, est composé de sept arches en plein cintre de 14 mètres de diamètre, extradossées parallèlement sur les têtes avec des bandeaux de 0'^,90 d'épaisseur.
Le corps de voûte qui a 0"',90 à la clef est extradossé par un arc de cercle de 10 mètres de rayon, limité à une plate-forme horizontale, arasée à 4 mètres audessus des naissances du plein cintre.
IjCs fondations étaient faciles à établir ; elles reposent par l'intermédiaire d'un massif de béton sur du porphyre décomposé ou gore dur.
Les piles à section rectangulaire sont comprises entre des contre-forts dont le fruit se prolonge jusqu'à la corniche.
Les têtes des piles ont elles-mêmes un fruit, plus faible que celui des contreforts, et ce fruit se prolonge même sur les têtes et les tympans des voûtes; la disposition qui consiste à ne pas prolonger le fruit sur toute la hauteur produit en perspective un effet de cassure horizontale fort désagréable.
On s'est attaché à ne pas employer de pierre détaille dans ce travail, sauf pour la plinthe; tout est construit avec des moellons de O^^^SO de hauteur d'assises, èquarris et à parement rustique, formant bossage.
On remarquera aussi qu'on a supprimé les moulures et cordons horizontaux ; l'aspect général de l'édifice y a gagné sous le rapport de la légèreté et de l'élégance. Les grandes lignes se détachent nettement et vigoureusement sans qu'il soit permis à l'œil de s'égarer sur les détails.
Les bandeaux de la voûte prolongent la pile immédiatement sans interposition de corniche, et la hauteur apparente des voûtes en est augmentée.
Les reins des voûtes sont remplis en béton maigre; celui-ci est recouvert par la chape qui amène les eaux pluviales à des gargouilles verticales ménagées au sommet des voûtes.
L'épaisseur du ballast est de 1 mètre sur Taxe de la voie et de O'^fib sur les
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bof^; cette grande épaisseiir a im excellent résultat au pdnt de vue des trépidations et vibrations de toute nature ; le ballast les éteint et les empêche de se propager jusqu'aux maçonneries des voûtes.
Le garde-corps est en fonte, sauf à Tapiombdes contre-forts où Ton trouve des dés en pierre de taille de 0",75 d'épaisseur et de 2 mètres de large,
La culée n'est pas formée avec des murs en retour ; elle occupe totite une section rectangulaire de 10",20 de profondeur ; mais celte section est évidée par un puits vertical à section circulaire ou elliptique. Cette disposition, inaugurée par If. Horandîére au viaduc de ïlndre, semble à ST. Desnoyers bien préférarble à edle des murs en retour.
En effet, dit-il, à moins de donner aux murs en retour une épaisseur énorme qui les amènerait presque à se leocber, le prisme d« terre iriterfN»sè doit^ dans les moments de pluie, exercer une pression à laquelle les murs peuvent difficilement résister. Cette remarque est vraie lorsqu'il faut descendre les fondations des culées à une profondeur comparable à celle qu'on rencontre pour les fondations des piles ; mais, efîe cesserait d'être vraie Fersque le rocher se relève rapidemeBt à flanc de coteau, comme au viaduc de Dinan e«, alors, 1« disposition àes mwF»en retour est parfaitement acceptable.
2® Yiaduc des Sapins. — Le viaduc des Sapins (ingénieur: If. More»») est moins élevé que le précédent (27^,25 au lieu de 31 métrés.} B est représenlé par les figures 5 et 6 de la planche XXTI.
Il est formé de onze arches en plein cintre de 10 métrés d'ouverCnrc seufcment avec des têtes dont l'épaisseur uniforme est de 6*,85.
Il est séparé en trois groupes, un de cinq arches et deux de trois ardics, par deux piles culées.
Ces piles culées ont une largeur double de celle des piles ordinaires et elfes sont munies de contre-forts égaux en élévation aux piles ordinaires.
Les pites culées sont établies en vue d'assiirer la stabrliité de l'ouvrage el d'empêcher la propagation des vibrations.
Elles ont encore un autre avantage ; celui de permettre d'cxécufer Tédifice par parties, en décintrant une section avant que les autres soient constrnttes. Mais il faut alors qu'on ne soit pas pressé par le temps.
Le viaduc des Sapins est traité avec plus de luxe que le précédent; il possède des chaînes et des cordons en pierre de taille, ce qui fait, que, malgré la réduction dans Touverture, il ne paraît pas beaucoup plus élancé.
Nous pensons avec M. Desnoyers qu'au pomt de vue de Teffet architectural il convient de donner un fruit à toutes les parties des têtes afîn d'évrter un effet de cassure; tout au moins, devra-t-on, comme au viaduc de Knan, prolonger jusqu'à la corniche le fruit des contre-forts, en admettant que les bandeaux et le» tympans ne possèdent aucun fruit.
Le parapet du viaduc des Sapins est tout eirirer en pierre de taîFIe.
Le viaduc de la Peige a coûté 2,91 7 francs par ntèlre courant et celui des Sapms 3,T65 francs malgré la moindre haufeur; le prix par mètre superfîdel d'éléva^ tion est de 119 francs pour le premier et de 137 francs pour le second; le mètre cube de maçonnerie est revenu à 51 francs dans- le premier et à 36 francs dans le second.
L'avantage est donc en faveur du vîadnc quia les plus grandes arc*cs.
Avec des matériaux calcaires^ de taille facile, M. Desnoyers csl&we quVnr p«tft faire un viaduc de 30 à 35 mètres de hauteur pour le prix de 160 francs f» mètre carré de TélévatioR fotsle.
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