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CHAPITRE Y. — GÉNÉRALITÉS SUR LES ÉLÉMENTS DES FONTS, ETC. i

piles du pont de Vernon-sur-^Seinc, couronnement dout reffet est très-satisfaisant, et a figure 4 représente le couronnement plus simple du viaduc du Guetiu.

Le cône qui termine le chapeau des piles est toujours appareillé en pierres de taille; pour éviter dans ces pierres les angles trop aigus> on les appareille quelquefois par redans et retouillements, mais cette disposition a rinconvéniont de faire perdre de la pierre et lorsqu'on le peut, il faut 1 éviter, et exécuter le demi'< cône en un seul morceau ou en deux morceaux.

Appareil de bandeaax. — Trois systèmes sont en usage pour l'appareil des bandeaux : 1® on les appareille par redans, et cette forme convient surtout aux arcs de cercle surbaissés ; on doit s'arranger de manière à avoir des hauteiirs de redans peu différentes : le raccordement des assises des tympans avec les bandeaux des tètes est trè&<facile, et les moellons des tympans conservent leur forme carrée; 2* on limite les bandeaux à une courbe parallèle à Fintrados, de sorte que tous les voussoirs sont égaux entre eux ; c*est un avantage pour la cons(ruc« tion; mais il y a un inconvénient, c'est que les assises horizontales des tympans rencontrent l'extrados obliquement, et qu*il faut recouper sous un angle diiférent chaque moellon touchant à l'extrados. En somme, cet inconvénient est peu de chose, et l'effet n'est pas sensible, si Ton a soin de placer les tympans en retraite de quelques centimètres sur les bandeaux ; il y a du reste tendance à n'employer pour les tympans que des matériaux de petite dimension, et c'est peu de chose que de les recouper sur le tas ; 3* on limite les bandeaux à un extrados non parallèle à l'intrados, de manière à faire croître la longueur de clef des voussoirs depuis la clef jusqu'aux naissances; c'est la forme la plus rationnelle lorsqu'on tient compte de la résistance des mortiers, puisqu'elle se rapproche des solides d'égale résistance, et c'est elle qui produit l'effet le plus satisfaisant; elle exige un panneau spécial pour chaque voussoir et est affectée du même inconvénient que l'extrados parallèle en ce qui touche le raccord avec les tympans.

Les joints des voussoirs sont accusés par des refends; cette disposition qui donne de l'énergie aux bandeaux est en outre favorable à la conservation de l'édifice; elle empêche les pressions de se porter sur les arêtes des voussoirs et de déterminer des épaufrures.

C'est une bonne précaution de relier par des tirants en fer deux bandeaux opposés construits en pierre de taille, lorsque Tintervalle est rempli en moellons et qu'on se sert de mortier ordinaire; en effet, au décintrement, les compressions sont inégales et les têtes ont tendance à se séparer du corps de douelle. Avec du mortier de ciment, on a une maçonnerie monolithe et la précaution précédente perd toute son utilité.

Hais, lorsqu'on a recours à du mortier de ciment, les pierres de taille deviennent partout inutiles et l'on peut bien employer sur les tètes tout simplement du moellon piqué en ayant soin de découper les joints. C'est une économie notable en même temps que l'exécution est plus facile.

Généralement, les bandeaux des ponts sont plans, non décorés de moulures ; cependant, les bandeaux ou archivoltes moulurés ont été adoptés dans quelques circonstances où l'on voulait une ornementation soignée ; nous en avons vu un exemple ru pont de Munich et au pont de la Trinité à Florence ; la figure 5, plan* che XXXII représente la coupe du parapet, de la plinthe et de l'archivolte de ce dernier ouvrage.

Tympans. — Les tympans ne servent qu'à remplir les vides entre les voûtes ; c'est une partie accessoire de l'ouvrage, elle doit donc être traitée avec moins de vigueur et de luxe. Généralement les tympans se garnissent en moellons pi-

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qués ou en briques. On obtient aussi un excellent effet aTec ce qu'on appelle la mosaïque (opusincertum), c'est-à-dire, avec un parement composé de moellons à tête polygonale quelconque. Nous avons vu qu'au pont de Pau, on avait tiré trèsbon parti des galets du Gave pour la décoration des tympans.

Lorsque les piles sont assez larges pour supporter, outre les voûtes, des tympans pleins, on peut remblayer ceux-ci entre leurs murs dé tête ; on se sert à cet effet, soit de bonne terre franche bien pilonnée, et alors on applique la chape sur l'extrados des voûtes, soit de béton de sable ou mortier très-maigre, qui forme une masse compacte et incompressible sur laquelle la chape est appliquée.

Aujourd'hui, presque toujours, on évide les tympans à Tintérieur, soit par des voûtes transversales, soit par des voûtes longitudinales. Dans ce cas, il est conforme aux principes de l'architecture d'accuser à Textérieur le vide intérieur.

La chose est facile avec des voûtes transversales, il su£Qt de leur faire percer les tètes et de les laisser à jour sur les tympans.

Avec des voûtes longitudinales on ne peut en faire ressortir la disposition, mais on peut au moins en indiquer le vide au moyen d'un œil-de-bœuf ménagé dans les tympans.

Chape. — Le massif des maçonneries des voûtes est recouvert d'ordinaire d'un manteau protecteur ou chape. Tous les mortiers sont perméables et livrent passage aux eaux d'infiltration ; cette circonstance s'accuse nettement par des taches d'humidité ou même par des taches blanches provenant de la cliaus entraînée, lesquelles taches se montrent sur les douelles des voûtes.

A dire vrai, une voûte peut être très-perméable et laisser passer beaucoup d'eau sans perdre de sa solidité ; l'eau finit par se créer des conduits spéciaux, et la maçonnerie, quoique perforée, n'en résiste pas moins.

Mais il est évident qu'il est préférable d'éviter cet effet et de recevoir les eaux d'infiltration sur une chape dont les pentes sont disposées de manière à aboutir à des gargouilles ménagées, soit au sommet des voûtes, soit dans le massif des piles.

Plusieurs systèmes de chape sont en usage :

Le plus simple consiste en une chape de bon mortier hydraulique, de 0"»,08; on l'exécute en deux couches égales, bien battues et comprimées avec une planche fixée au bout d'un manche, ou bien encore avec la savate dont on se sert pour les étanchements des canaux.

Un autre système de chape se compose d'une couche de béton maigre de 0"',iO d'épaisseur, recouverte d'une couche de mortier de 0™,02 seulement.

Souvent on se contente d'une chape en mortier de ciment de 0"',02 à 0",05 d'épaisseur, et on en lisse la surface avec soin, en veillant à ce que les divers morceaux soient bien soudés entre eux.

Enfin, la chape mixte en mortier et asphalte est considérée comme la meilleure ; sur une couche de mortier de 0",02 à 0",03 on pose une couche en asphalte de 0'",015.

Le grand avantage de l'asphalte est de jouir d'une certaine élasticité qui permet aux maçonneries de prendre quelques mouvements sans déchirer la chape; au contraire, les chapes en mortier se fissurent au moindre mouvement et ne possèdent qu'une imperméabilité relative.

Dans une grande ville, où l'asphalte est facile à réparer, le plus simple est de placer la chape à la surface même de la chaussée et de construire une chaussée

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GHÂPmiE Y. » GËNËRAUTËS SUR LES ÉLÉMENTS DES PONTS, ETC. SOI

en asphalte ; on peut alors se contenter d'une chape mince en mortier ordinaire placée sur les voûtes.

Lorsqu'on a des tassements à craindre, la chape d'asphalte est ce qu*il y a de

mieux ; suivant H. Graeff, il faut alors interposer entre la couche de mortier et

la couche d'asphalte une assise de papier d'emballage, avec lequel l'asphalte ne

prend pas d'adhérence ; la chape peut alors suivre les petits mouvements des

\ maçonneries.

Pour les ponts, la chape en mortier bien faite est suffisante. On ne saurait 1 trop recommander de relever la chape sur les bords et de bien la souder avec les pierres du couronnement ; car, sans cela, les infiltrations se produisent par les bords et on s*en aperçoit bien sur les douelles des voûtes.

La chape en asphalte, particulièrement, se soude mal aux maçonneries, et il convient d'en loger les bords dans un refouiUement qu'on pratique dans la pierre.

Plinthe et parapet. — Les observations que nous avons émises au sujet du couronnement des piles sont vraies aussi pour la plinthe ou corniche.

On ne doit pas chercher à y multiplier les moulures, mais il convient de les accuser énergiquement en hauteur et en saillie.

Cette remarque s'applique surtout aux viaducs élevés ; pour que la plinthe produise bon effet en exécution, elle doit paraître trop forte sur les dessins, car cette plinthe est destinée à être vue à grande distance et de bas en haut.

On rencontre fréquemment des plinthes soutenues par des consoles ou modillons : c est un bon motif de décoration qui, en outre, a l'avantage de permettre de placer la plinthe et le parapet en encorbellement.

Le parapet d'un pont de pierre doit être en pierre ; c'est la règle générale. Si les tympans sont à jour ou si Ton veut donner une apparence de luxe, on aura recours à un parapet à jour formé de balustres ou simplement à un parapet en briques dans lequel on peut ménager des évidements de diverses formes.

En tout cas, il convient d'indiquer sur le parapet la clef des voûtes et l'axe des piles par des dés ou bahuts en pierre d'une ornementation plus soignée.

Le garde-corps métallique est bien gi^le sur un pont en pierre, surtout le garde-corps en tôle. 11 a l'avantage de prendre peu de place, et, si on le met en encorbellement, il permet de réduire d'une manière sensible la largeur de l'ouvrage. C'est là un avantage sérieux : on devra donc, dans les petits ponts et dans les ponts d'un système économique, adopter un modèle simple de garde-corps enfer, i

Le garde-corps en fonte prend facilement l'aspect de parapet en pierre ; le rapport du vide au plein peut y être assez élevé, surtout si l'on évide la fonte par des oves allongés. Recouverte de pointure grise, la fonte prend une teinte analogue à celle de pierre et les apparences sont sauvées. Mais le garde-corps en fonte coûte cher, et il faut absolument tenir à la place pour l'adopter. Comme tous les garde-corps métalliques, il a l'inconvénient d'exiger un entretien coûteux, car il faut lui donner de temps en temps une couche de peinture.

On peut obtenir avec la tôle ondulée un parapet plein et mince, susceptible de produire assez bon effet.

Mais, à moins d'être très-gêné par l'espace disponible, on peut presque toujours se dispenser du garde-corps métallique et adopter un parapet plus mince que ceux qui couronnent les anciens ponts. Avec des dalles de pierre dure de 0*^,15 d'épaisseur, scellées à la base dans des crampons en fer; avec une épaisseur jde briques, soit O'^jSS, et du mortier de ciment, on obtient des parapets très-

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%2 PONTS EN MÀÇONNËaiË.

résistants et occupant peu de place; on peut, du reste» les placer en eoeerbellement.

Nous aToiis déj& donné de nombreux types de plinthes et de parapets. Envoie! encore quelques-uns :

Les figures 8 et 9 de la planche XXXII r^rèsentent la coupe du parapet et de la plinthe, ainsi que la coupe d'un banc et Télévation d'un dé du Pont-Neuf, sur la Seine, à Paris ;

La figure 4 ebi la eoupe du parapet et de la plinthe du pont Marie, sur la Seine, à Paris ;

Les figures 10 à 13 de la planche XXXIU représentent le garde-corps et laplin* the du pont de TAlma : les balustres tournés sont interposés entre une semelle et une main courante en pierre de taille ; de gros dés sont placés à rapioinb des {nies, et d'autres dés plus petits sont placés à intenralies égaux dans le corps du parapet, de manière à en rompre la monotonie. Il va sans dire qu'un couronnement de cette richesse coûte horriblement cher.

La figure 14 de la planche XXXII représente le parapet et la plinthe du pont de Cbalonnes, sur la Loire. Le parapet est formé par des pierres de taille évidées de manière à former des oves, supportant une main courante de U*",53 de large. La plinthe a {"'«^O do longueur, elle supporte le parapet en encorbellement et est elle-même supportée par des modilions faisant saillie de 0°^,2S sur les tympans; ces modilions ont O'^.SO de largeur horizontale et sont espacés de 0",60 d*axe en axe. Le vide est donc égal au plein ; c'est la proportion adoptée pour des modilions de petite dimension, comme ceux qui nous occupent.

On voit sur les figures 6 delà planche XXXII la disposition adoptée pourU plinthe et les parapets du pont, de Vernon; la plinthe est très-ornée et ne peut être taillée que dans de la pierre tendre ; le parapet est un bloc plein de 0'>,45 de largeur et 0'»,96 de hauteur. A chaque bout il se termine par un dé orné dont les figures donnent l'âévation sur les deux faces ; après ee dé terminal, oo a placé une borne de direction.

Les figures 7 de la planche XXXII donnent le couronnement simple et accentué du pont du Guetin (chemin derfer du centre) ; la plinthe y est soutenue par des modilions & tôte carrée. 11 eût été plus élégant d'abattre en chanfrein ou en quart de rond l'arête inférieure des modilions, le travail aurait gagné en légèreté.

Abovds de» panin. — llaeeorfleiveBt avec le« qvala. — - La chaussée d'un pont doit se raccorder avec les voies existant aux abords, et, comme les exigences de la navigation au sujet de la hauteur des arches vont sans cesse en augmentant, on se heurte souvent à des difficultés sérieuses et on est forcé d'exhausser les rues et quais arrivant au pont.

On atténue le mal en adoptant pour le profil en long une forme en dos d*âne ; comme nous l'avons déjà dit, cette forme est très-gracieuse et doit être préférée pour tous les ponts routes. Seulement la pente longitudinale ne doit guère dépasser O'^.OIS par mètre, sans quoi la circulation est gênée.

Le profil longitudinal, formé d*un arc de cercle ou d'un arc de parabole est plus élégant que celui qui se compose de deux droites inclinées en sens inverse et se coupant au milieu du pont.

Pour le raccord de la chaussée du pont avec la chaussée qui le prolonge, si les largeurs sont égales il n'y a pas de difficulté ; mais presque jamais il n'en est ainsi, et le pont est plus étroit que la chaussée qui lui fait suite.

Le principe du raccordement est que, pour une voiture rasant les bordures de

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