‹ Manuel de l'ingénieur mécanicien constructeur de machines a vapeurChapitre 6 sur 46 · DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

DE L'AUTEUR

haut. Cette pétition fut envoyée au comité de commerce et manufactures, auquel l'auteur donna des explications très étendues sur les divers objets qui l'occupaient. Le comité fît un rapport favorable, et obtint la permission de présenter un bill. Ce bill portait en substance que tout breveté qui vivrait encore à l'expiration du terme de son brevet ( qui est de quatorze années), aurait la faculté de le faire prolonger de sept années, en remplissant les mêmes formalités que pour l'obtention du brevet original; ce bill fut favorablement accueilli par la chambre. L'auteur se flattait de l'espoir qu'il verrait bientôt ceux de ses concitoyens qui, comme lui, s'occupent à faire d'utiles découvertes ou des perfectionnemens, délivrés de l'oppression , de l'injustice et des privations sous lesquelles ils gémissent, et placés sur un pied d'égalité avec leurs semblables. Pendant qu'il se berçait de ces espérances , il publia le prospectus d'un ouvrage portant pour titre : Manuel du jeune Ingénieur-Mécanicien Constructeur de Machines à vapeur ( The young Steam Engineers Guide ) , afin d'obtenir des souscripteurs en attendant que le bill devînt une loi. Mais à la troisième lecture du bill , il s'éleva une forte opposition dans la chambre , fondée sur des pré-

tentions auxquelles on ne s'attendait pas , et l'on produisit des argumens qu'il n'est pas nécessaire de répéter ici. Ceux des membres qui étaient favorablement disposés ne se trouvant pas préparés à répondre aux objections élevées à l'improviste par leurs adversaires, le bill fut rejeté. Voyant ainsi échouer ses espérances d'un avenir plus flatteur, l'auteur fut contraint d'étouffer la forte propension qui le poussait vers de nouvelles inventions et de nouveaux perfectionnemens , quoiqu'il eût la conviction que les améliorations que lui seul pouvait apporter aux moyens d'exécution pratiqués avant lui, vaudraient bientôt à la patrie le travail effectif de cent mille bras.

Les inventeurs ingénieux de perfection nemens utiles ont encore à lutter, non-seulement contre les sarcasmes et l'opposition de ceux qui, se croyant des sages, prennent plaisir à condamner tous les projets, mais aussi contre des pertes inévitables , et quelquefois la ruine entière , même quand ils réussissent. Les neuf dixièmes des privilèges exclusifs que l'on accorde seront toujours onéreux aux inventeurs dans les États- Unis pendant les premières quatorze années, surtout s'ils demandent leurs brevets avant que leurs inventions ne soient en pleine activité;.

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d'un autre côté, s'ils diffèrent jusqu'à cette époque la demande d'un brevet, quelque plagiaire pourra tenter de surprendre le gouvernement et obtenir un brevet pour les principes de l'invention, avant l'inventeur lui-même , et forcer ainsi ce dernier à supporter les frais d'un procès avant de pouvoir établir ses droits exclusifs à cette propriété.

Il s'est écoulé dix-sept années depuis la découverte faite par l'auteur du moyen d'appliquer le principe développé dans le présent ouvrage, jusqu'au moment où il commença à le mettre à exécution ( ce qui n'eut lieu qu'en 1 80 1 ) , sans que dans cet intervalle il ait jamais pu trouver un seul individu qui voulût convenir que le principe valait la peine d'être soumis à l'épreuve de l'expérience. Tous ont condamné le projet, à l'exception toutefois de deux hommes auxquels il a soigneusement expliqué ses idées à ce sujet, après qu'il eut commencé à les mettre à exécution. Un troisième, qui a acquis la réputation d'un ingénieur célèbre , et auquel l'auteur avait également expliqué son procédé, a continué à en condamner les principes longtemps même après qu'ils furent en pleine activité. Aujourd'hui, quelques personnes prétendent que les principes leur étaient connus ainsi

qu'à d'autres; qu'on pouvait facilement les déduire des expériences du docteur Black , etc. A peine veulent-ils reconnaître que l'inventeur mérite tant soit peu d'estime pour son invention. Mais il se flatte que le lecteur impartial trouvera dans ce petit ouvrage, l'application du plus grand perfectionnement qui ait encore été fait à la machine à vapeur par un seul homme. Car, quoique les physiciens connussent l'existence des principes sur lesquels ce perfectionnement est basé, cependant ils n'en connaissaient pas l'application. Plusieurs années se sont même écoulées depuis que l'auteur a eu un brevet de la législature de Maryland , en date du 2 1 mai 1 787, avant que personne , physicien ou autre, ait communiqué une pareille idée. En 1794-95 il envoya en Angleterre un mémoire et des dessins pour être montrés aux ingénieurs , en les invitant à en mettre le principe en pratique et à prendre un brevet pour compte commun , en leur nom et en celui de l'auteur; mais ils s'y sont refusés, parce qu'ils ne purent comprendre le projet, et le regardèrent comme chimérique. M. Joseph Stacy Sampson de Boston, qui porta les pièces en Angleterre, y est mort; mais ces pièces peuvent avoir été conservées.

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