‹ Manuel de la faune de BelgiqueChapitre 3 sur 1015 · IT. — EMPLOI DE L’OUVRAGE · texte numérisé non relu

IT. — EMPLOI DE L’OUVRAGE

Il faudra d’abord se familiariser avec le maniement du manuel qui est avant tout un outil.

Du commeueement à In fin, jusqu’aux noms des espèces, il y a un système de tables dichotomiques qui renvoie de l’une à l’autre pour la détermination.

En tête de chacun des groupes supérieurs aux familles, l’on trouvera une description des caractères particuliers à chaque groupe; tout ce qui est dit d'un groupe quelconque, ainsi que la bibliographie qui l’accompagne, s'applique à tous les groupes qui lui sont subordonnés et n’est naturellement pas répété dans la définition do ceux-ci. Si l’on ne comprend pas d’abord complètement ces descriptions, qui ont été rendues aussi simples que possible, mais qui ont dû rester scientifiques, il no faut nullement s’en inquiéter, car les tables dichotomiques en sont indépendantes et sont au contraire basées sur des caractères souvent empiriques et faciles à saisir. L’on aura cependant soin de faire attention aux mots imprimés en caractères italiques dans les définitions : ce sont des termes dont la signification est donnée et dont il est fait souvent usage dans les tables.

Il est nécessaire de préciser le sens de certaines expressions.

Les termes en avant et en arrière, antérieur et postérieur, quelle que soit la manière dont ils sont employés, sont toujours relatifs au corps entier de l’organisme : ainsi une rangée d’yeux est courbée en avant lorsqu’elle forme une convexité du côté de la tête et une concavité du côté opposé, et un organe est postérieur à un autre lorsqu’il est plus près de la queue.

Ce qui est qualifié d'interne est plus près de la ligne médiane que ce qui est appelé externe.

La base ou le premier article d’un organe est la partie qui touche au corps, l’extrémité ou le dernier article celle qui en est le plus loin.

Les dimensions des Animaux sont données conformément au système métrique, le zéro se rapportant toujours à l’unité citée : ainsi 0,5 cm. signifie un demi-centimètre. Ces dimensions sont naturellement pour beaucoup d’espèces très relatives : nous avons indiqué en général la taille moyenne de l’adulte, mais, sauf pour les Insectes, il ne faudra pas attacher trop d’importance à ce caractère.

La longueur d’un Animal est la distance en ligne droite entre l’extrémité antérieure et l’extrémité postérieure, les appendices latéraux n’entrant pas en ligne de compte dans cette mensuration.

INTRODUCTION

Nous nous sommes conformé dans la nomenclature des genres et des espèces aux règles actuellement adoptées, et notamment à la loi de priorité, d’après laquelle un Animal doit porter le nom spécifique sous lequel il a été décrit pour la première fois. Ce nom est suivi de celui du naturaliste qui l’a imposé, et assez souvent d’un ou plusieurs synonymes, c’est-à-dire de noms donnés par dos auteurs qui n’ont pas connu ou qui ont mal interprète les descriptions de leurs devanciers.

L’analyse dichotomique des espèces est suivie de leur catalogue raisonne; on y trouvera d’abord la nomenclature, savoir : 1" après un numéro d’ordre, l’initiale rappelant le nom du genre; 2“ le premier nom de l’espèce et parfois entre parenthèses un nom de sous-genre; 3» le nom de l’auteur en abrégé; 4° le ou les synonymes s'il y a lieu; les noms vulgaires, français,^ wallons, flamands. Un mot à propos de ceux-ci : nous avons dû évidemment être très sobre de ces appellations qui varient souvent suivant les localités; en général nous avons choisi les plus répandues, les plus pittoresques ou celles qui diffèrent le plus d’un idiome à l’autre. Outre celles que nous ayons pu recueillir nous même, nous avons emprunté des dénominations flamandes aux auteurs néerlandais et aux ouvrages de P. J. Van Beneden, et des dénominations wallonnes au Vocabulaire des noms wallons d' Animaux par J. Defrecheux.

Vient ensuite pour chaque espèce son habitat, sa répartition dans les diverses régions lorsque celle-ci est connue, et le genre de vie sous les divers états s’il y a lieu. En eo qui concerne l’époque d’apparition, il faut noter que c’esttoqjours celle de l’adulte qui est mentionnée ; l’on ne perdra pas non plus de vue que les indications concernant la vulgarité ou la rareté des espèces s’appliquent aux zones, aux régions ou au pays dans leur ensemble, de sorte que ce qui est vrai pour cet ensemble peutne pas l’être pour l’une ou pour l’autre partie de celui-ci.

Passons à la détermination.

Il est d’abord indispensable d’être parfaitement sûr que l’on a affaire à un Animal ; la confusion est quelquefois possible au bord de la mer ou dans l’eau douce avec des Végétaux, les Eponges, les Polypes et les Bryozoaires ressemblant de prime abord à certaines .Algues et réciproquement, mais l’on saura que les Algues sont toujours vertes, d’un brun verdâtre ou rouges, ce qui n’est pas le cas pour ces Animaux. De plus, beaucoup de Protistes peuvent être pris pour des Animaux microscopiques jeunes ou adultes, pour des larves ou pour des Rotifères : il s’agit surtout de ces Protistes que l’on réunit presque toujours aux Animaux sous le nom de Protozoaires, les Infusoires

INTRODUCTION

par exemple, mais qui ne sont pas des Animaux véritables. Ces Protistes, qui sont aquatiques et la plupart du temps extrêmement petits, sont formés en général d’une seule cellule et ne montrent pas d’organes compliqués dans leur intérieur. Nous donnons ici laflgure d’un typede chacune des catégories d’êtres vivants autres que celle des Animaux.

I. Sarcodé : l’olyitameUa orispa. — II. Sporoioilre ; CUpaiiHna hhttM-m. — ni. nir. cetozoaire : | V. FlapeUate : Tranhelomonaa hinpida^ — V.

Schizopbyte ; fliwufoHa ra.-liana. — VI. Péridinîen : SVociilma mitiarin, prodoiaant la phospboreacetice de la mer. — TH. Diatomée : Rhipidiphora nubaoula. — vm. Infasoire : CarcAaaiwm polypinum. — IX. Végétal j Corallina officinaU»

Pour déterminer un Animal, on doit poursuivre l’analyse de ses caractères en allant do table dichotomique en table dicliotomique, jusqu'à ce que l’on arrive à un nom d’espèce. On se trouvera toujours en présence de deux phrases entre lesquelles il faudra choisir celle qui s’applique à l’organisme considéré ; la phrase choisie renvoie à deux nouvelles phra.ses entre lesquelles il faut encore choisir celle qui convient, et ainsi de suite, de dichotomie en dichotomie. Chemin faisant, l’on devra lire la

INTRODUCTION

description des groupes auxquels renverra l'analyse, afin d’ap- ;

prendre à connaître les termes dont la signification est néoes- i

saire pour aller au delà.

Le débutant fera bien, pour s’exercer, de commencer par un Animal très commun dont il connaît parfaitement le nom vul- i

gaire, l’Escargot de Bourgogne, par exemple. Il prendra la

firemière table dichotomique, celle des embranchements, page 2, ira le n" 1 de cette table et se verra amené à choisir la seconde ''

phrase, celle qui mène au n“ 2 ; du n" 2 il passera au n” 4 et trouvera que l’Escargot est nn Eelminthonoaire, ce qui le conduit à la page 181. Là il pourra lire la définition des Helminthozomres : il ne verra sur son Escargot aucun des caractères énumérés dans celle-ci, car ce sont des caractères anatomiques ou embryogéniques auxquels il ne comprendra même pas grand chose s’il n’a pas une certaine instruction zoologique, mais cela ne fait rien, vu qu’il n’en a pas besoin pour continuer son ana- !

lyse. Nous passons en effet directement à une nouvelle table dichotomique, et l’examen de l’Escargot nous montre que cet Animal est un Trochophore, groupe dont nous trouvons la définition à la page 182. Poursuivons toujours: à la page 183, nouvelle table qui nous amène au mot Mollusques, page 225.

Nouvelle définition, nouvelle table : l'Escargot est un Oastéropode, page 226; c’est un J m'sopleure, page 227 ; ici nous voyons plusieurs termes en caractères italiques dans la description des Anisopleuros; ils sont relatifs aux diverses parties de la coquille, et nous devons les comprendre pour j'ious tirer d’affaire. Une table dichotomique qui suit la définition des Anisopleures nous envoie aux Euthyneures, page 241 ; de là nous sautons aux Pulmonds, page 248, où un nouveau tableau, dans lequel entrent en jeu les caractères de la coquille que nous avons appris à connaître, nous conduit aux Slylommatophores, page 253.

Nous passons à la famille des Büicides, puis au genre Hélix-, enfin une dernière table nous arrête au mot Hélix pomatia à côté duquel nous voyons figurer dans lé catalogue des espèces du genre Hélix le nom d’Escargot de Bourgogne.

Inversement, connaissant un Animal, si l’on veut recueillir la somme de scs caractères, il faudra procéder à rebours, chercher dans la table alphabétique la page à laquelle il est mentionné, et remonter de dichotomie en dichotomie, de table en table et '

de définition en définition, le manuel étant disposé pour être ])arcouru dans l’un et l’autre sens. On devra consulter aussi dans ce cas la table sommaire placée à la fin do chaque volume.

Nous avons choisi à dessein un exemple très compliqué, mais que l’on ne s’effraye pas de cette longue analyse : on n’aura presque jamais à la faire, car on arrivera bien vite, si on n’a pas

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déjà cette notion, à reconnaître directement à quel groupe, à quelle famille, voire à quel genre, appartient un Animal, et il ne sera par conséquent plus nécessaire de procéder à un travail aussi laborieux.

Il ne faut pas cependant se dissimuler que l’on est obligé d’acquérir une certaine haliitudeet de montrer une attention soutenue pour ne pas faire fausse route eninterprétant les caractères décrits dans les tables dichotomiques. Les débutants commenceront par s’égarer souvent de la manière la plus décevante dans les groupes difficiles, mais ils n’en éprouveront qu’une joie plus grande lorsque, avec un peu d’application, ils auront surmonté les premières épreuves. Us devront surtout procéder par comparaison et recueillir un certain nombre d’espèces d’un même groupe afin de les déterminer ensemble. Qu’ils no s’imaginent pas surtout que les Animaux qu’ils auront rencontrés ne se trouvent pas dans le manuel : les grandes raretés tombent entre les mains du premier venu, mais c’est toujours une exception; si l’on est certain d’en avoir réellement trouvé une, on aura recours aux ouvrages cités dans la bibliographie.

Cette détermination ne peut, dans la plupart des cas, se faire à l’œil nu ; elle réclame tout au moins l’emploi d’une loupe, instrument dont ne peut se passer un naturaliste. La loupe doit être bien choisie, et il no faut pas hésiter à la payer un prix convenable, 5 fr. au moins. On peut prendre une loupe à trois lentilles munies de diaphragmes, mais il est beaucoup plus commode de se servir d’une loupe dite Stanhope ouCoddington formée d'un cylindre taillé dans une sphère de verre, monté dans un anneau et à champ rétréci par un diaphragme. Le grossissement devra être de 10 diamètres.

Pour un certain nombre de groupes, quelques Polypes, beaucoup de Vers, les Bryozoaires, les Araignées, les Acariens, les petits Crustacés, les Collemboles et les très petits Insectes, il est souvent indispensable d’avoir recours au microscope simple. On nomme ainsi un système de lentilles pouvant donner un grossissement allant jusqu’à 100 diamètres, monté sur un bras à crémaillère qui est mobile au dessus d’une platine sur laquelle est déposé l’objet à examiner. Le prix de cet instrument est d’une centaine de francs.

Enfin pour les Animaux de taille très exiguë, tels que les Rotifères et les Anguilluliforraes, il est nécessaire d’avoir à sa disposition un microscope composé donnant un grossissement allant jusqu’à 400 diamètres et d’un prix de 150 fr. minimum.

Le microscope composé ne peut pas remplacer le microscope simple, car il est surtout fait pour observer des objets transparents .

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introduction.

Quel que soit l’instrument d’optique dont on ait besoin, on aura soin de ne pas l’acheter chez un opticien quelconque, mais on s’adressera à un constructeur spécial de France ou d’Allem^ne, Nachet ou Prazmowsky à Paris, Zeiss à lena, Seibert ou Leitz à Wotzlar, qui tous envoient leur catalogue gratuitement à ceux qui en font la demande. Il y a à Bruxelles un dépôt de la maison Zeiss, chez M. Drosten, rue du Marais, 49, et un dépôt de la maison Leitz, chez M. Fisch, rue de la Madeleine, 10, où l’on pourra aussi se procurer de bonnes loupes et en général tout ce qui est nécessaire aux manipulations microscopiques.

Les déterminations se feront autant que possible sur des spécimens vivants; si les individus sont morts et conservés dans un liquide, on devra au préalable les en retirer, les essuyer ou même les sécher extérieurement avec du papier buvard, à condition de ne pas laisser la dessiccation gagner l’intérieur du corps s’il s’agit d’échantillons qui doivent dans la suite être replacés dans le liquide conservateur.

Cette observation ne s’applique pas aux organismes dont l’étude ne peut se faire qu’au microscope : à moins qu’ils ne soient déjà desséchés ou qu’il no soient pas du tout transparents, on les examinera dans un liquide, dans de l’eau s’ils sont aquatiques ou terrestres, dans les humeurs de leurs hôtes s’ils sont parasites, dans un mélange à volume égal de glycérine, d’eau distillée et d’ncide acétique si l'on a affaire à des types qui, comme les Anguilluliformes, doivent être éclaircis pour bien montrer leur structure interne.

Les êtres microscopiques seront mis dans une goutte du liquide approprié entre deux plaques de verre : une grande et assez épaisse qui sert de support, que l’on dépose sur la platine du microscope et qu’on appelle lame ou porte-objet; une petite et extrêmement mince qui se place en dessus et qu’on nomme lamelle ou couvre-objet. Si l’organisme est un peu épais, pour que la lamelle reste parallèle à la lame, on interpose entre celles-ci une cellule, c’est-à-dire un anneau si la lamelle est ronde ou bien une plaque percée d’une ouverture circulaire si la lamelle est carrée. Il vaut mieux prendre des lamelles carrées de 18 millimètres de côté: on découpe dans des feuilles de caoutchouc ou de carton do diverses épaisseurs des carrés ayant la grandeur des lamelles et dans lesquels on enlève un cercle au moyen d’un emporte-pièce qui peut consister tout simplement en un bout métallique de parapluie.

Pour mesurer la longueur des petits Animaux, l’on se sert d’un conipas que l’on porte sur un double-décimètre, et la mensuration des cganismes microscopiques se fait au moyen d’un micromètre.

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