‹ Manuel de la métallurgie du fer (volume 2)Chapitre 34 sur 83 · DU MOULAGE EN SABLE GRAS · texte numérisé non relu

DU MOULAGE EN SABLE GRAS

83a. On forme les empreintes dans le sable gras

* Ce n’est pas seulement pour la confection des noyaux de bombes ou d’obus que l’on pourrait employer le sable humecté avec une dissolution de sel marin. On trouverait peut-être un grand avantage à s’en servir pour le moulage des projectiles pleins, dont le perfectionnement est devenu si urgent.

En Angleterre , on moule les boulets en sable gras et J’on fait dessécher les moules dans des étuves , afin que la fonte ne puisse blanchir à la surface. On parviendrait plus facilement au même but , en faisant les moules en sable maigre humecté avec de l’eau salée. Mais, comme le sel marin augmenterait la fusibilité du sable, il est assez probable que les boulets se trouveraient couverts d’une couche de terre vitrifiée , dont il faudrait les débarrasser par le lissage dans des cylindres de fonte. Le T.

de la même manière que dans le maigre; le travail ne diffère de l’autre que par la préparation de la matière employée et par le traitemènt qu’on fait subir aux moules achevés. Le sable gras, fait ordinairement de toutes pièces, est un mélange de terre et de sable maigre. Ce moulage n’est donc qu’un moulage en terre exécuté avec des modèles. On en fait usage quand la surface de la fonte doit rester douce , que l’empreinte obtenue en sable maigre ne pourrait se soutenir, et qu’on veut couler de gros objets dont le moule serait exposé à être détruit par le poids et la vitesse de la matière liquide. Il s’ensuit que plus les objets sont pesans, plus le sable doit être gras, afin d’offrir une résistance suffisante; mais on tâche toujours de l’employer le plus maigre possible , afin qu’il soit facile de le sécher.

Dans les usines où les moules sont cuits par un contact immédiat avec la flamme, on les confectionne simplement en terre glaise , à laquelle on n’ajoute que la dose de sable maigre nécessaire pour prévenir le retrait et les crevasses.

833. Il résulte de la nature de ce genre de moulage, que les caisses qui contiennent les moules , ne peuvent être confectionnées qu’en fer. Plus épaisses ordinairement que les châssis dont on fait usage dans la sa-r blerie , et munies d’anses pour être plus maniables pendant le moulage , ou lorsqu’on les transporte dans les étuves, elles sont percées de trous, afin de se laisser mieux pénétrer par la chaleur et de présenter moins

d’obstacles à la dessication.

834. Avant de mettre le sable gras en œuvre , on doit le calciner , le passer par un tamis , le travailler , le tamiser une seconde fois et l’humecter ensuite si peu,

DU FER CRU

que, serré dans la main, il puisse à peine conserver la forme reçue. On le dame dans les caisses avec de pesantes battes de fer; chaque fois qu’on en ajoute une nouvelle quantité à celui qui est déjà damé, on a soin de gratter la surface pour faciliter la liaison.

635. Ce sont principalemeut les objets qui présentent beaucoup de saillies et de creux qu’on doit mouler en sable gras , parce que les moules en sable ordinaire ne seraient pas assez solides; on les dégraderait en y plaçant les noyaux. Il faut donc aussi que l’emplacement de ces derniers soit indiqué sur les modèles par des traits, afin que ces marques puissent guider le mouleur.

836. Les bouches à feu sont coulées ordinairement en sable gras, d’après des modèles dont les dimensions doivent surpasser celles des pièces de tout le retrait de la fonte et de la quantité de fer qu’il faut enlever sur le tour, pour les polir extérieurement.

Le nombre des caisses placées l’une sur l’autre , dépend et de la forme et de la longueur de la bouche à feu. Le châssis du deuxième renfort , où se trouvent les tourillons , doit avoir deux boîtes latérales. Le modèle confectionné en bois ou en métal est divisé perpendiculairement à l’axe , tandis que les tuyaux et plusieurs autres objets que l’on coule horizontalement, le sont dans le sens de la longueur; et comme les différentes parties du modèle doivent être retirées du moule dans la direction longitudinale , il n’est pas très - nécessaire que les châssis puissent s’ouvrir et se partager en deux : si on les fait ainsi, c’est uniquement parce qu’on en trouve l’exécution plus facile.

La fig. 3i, pl. 4, présente un système de caisses destinées à contenir le moule d’une pièce de 12. A est Il 32

le châssis de la culasse , de son bouton et de la tige carrée qui sert à fixer le canon sur le banc de forerie; B , le châssis du premier renfort ; C celui du deuxième renfort ; D celui de la volée ; E celui de la tulipe ; F celui de la masselotte.

Le mouleur remplit (l’abord la caisse B , place C sur B , enlève le tronçon C sur lequel il place D ; ainsi de suite jusqu’à F , et il finit par A. Lorsque tous les moules sont achevés , on les nettoie après en avoir retiré les modèles; on les transporte dans les étuves, on les noircit, on les sèche de nouveau, on les porte séparément dans la fosse, on les assemble en donnant au système la position verticale qu’il doit avoir pour la coulée. Il faut que la fonte soit conduite , dans des rigoles revêtues d’une couche d’argile , jusqu’au dessus de l’axe du moule , afin qu’en y tombant, elle n’en frappe les parois que le moins possible.

837. Pour empêcher l’adhérence de deux segmens de moule placés l’un sur l’autre, on fait usage de poussière sèche , comme dans le moulage en sable maigre *.

D’ordinaire on enduit les parois intérieures des châssis d’une légère couche d’argile délayée dans l’eau , afin que la terre s’y attache plus fortement.

Pour empêcher le bouillonnement de la fonte et la dégradation des moules , on les dessèche avec le plus grand soin. Us doivent être sonores, si la dessication est parfaite. Il ne faut pas employer des terres que la matière liquide puisse entraîner en fusion, parce qu’elles se trouveraient brasées sur le métal après le refroidissement.

* On ramasse cette poussière dans l’usine où elle se dépose en grande quantité sur les poutres de la toiture ou sur d’autres objets élevés. Le T.

DU FER CHU

Plus le mélange des terres est gras, plus il est sujet à se fendre, étant exposé à l’action de la chaleur. On ferme les crevasses avec du sable , ou bien , si elles sont petites, avec la matière liquide qui sert à noircir les moules , et que l’on compose avec de la colle forte , ou de la levure de bière délayée dans l’eau , en y ajoutant de la farine de blé et de la poussière de charbon obtenu avec du bois dur : on fait bouillir ce mélange qu’on applique avec un pinceau sur les moules en couches très-minces. Le but de cet enduit est d’empêcher le sable de fondre et de se coller au métal. Il s’ensuit que la meilleure composition est un mélange de poussière de charbon et de cendres d’os délayée dans l’eau avec une petite dose de colle forte. Noircis , les moules sont transportés une seconde fois dans les étuves; mais il suffit alors pour les sécher, de les exposer quelques instans à une faible chaleur.

838. Les moules de tuyaux ou d’autres objets semblables, reçoivent des noyaux d’argile tournés sur un arbre en fer, ou s’ils sont gros et courts, sur des cylindres creux percés de trous. Pour rendre la dessication plus facile on enveloppe souvent les broches ou les cylindres avec des tresses de paille, que l’on couvre ensuite d’argile. On les tourne à sec et l’on en détermine les dimensions à l’aide d’un compas d’épaisseur.

Tous les autres noyaux se confectionnent dans des boîtes. La plus grande difficulté qu’on éprouve, consiste souvent à leur donner une assiette solide et à les fixer dans le moule.

83g. Les médaillons, les ornemens et les autres articles de luxe , qui semblent ressortir de la sablerie ordinaire, se moulent en sable gras; afin que les empreintes soient plus nettes et que la fonte ne se fige pas

a5a QUATRIEME SECTION.

trop promptement, qu’elle puisse remplir toutes les parties du moule , qu’elle ne devienne pas trop aigre et qu’elle ne se fende pas en refroidissant.

Le mouleur commence par saupoudrer le modèle de ces objets avec la terre la plus fine, de manière à les couvrir en entier, remplit ensuite le châssis de terre ordinaire et noircit à l’instant même les empreintes obtenues, en les tenant au-dessus de la flamme d’un morceau de bois de pin dont la fumée se dépose sur le sable; quant aux jets, il les noircit avec la composition précitée. On dessèche ces moules si fortement, que, frappés avec le doigt, ils rendent un son trèsclair; ajustés après cela l’un sur l’autre, ils sont prêts à recevoir la fonte. Les jets doivent être détachés lorsqu’ils sont encore rouges. Il est évident que le travail ne change point lorsque le modèle est orné sur une ou sur les deux faces.

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