DE L’AFFINAGE DE STYRIE A UNE SEULE FUSION
97 1 . On affine ordinairement par la méthode styrienne une excellente fonte blanche, que l’on fait fondre trèsdoucement et passer à l’état de fer ductile, au moyen de la sorne et des battitures, sans qu’on ait besoin de soulevei le gateau. Cette méthode a reçu quelquefois le nom de styrio -wallonne ; elle ne différé effectivement de la méthode wallonne que pàr la grosseur des loupes. Le creuset est construit avec des plaques dé fonte ; sa longueur est de 78 centim. , sa largeur de 62 et sa profondeur de 5 2 ; mais on le garnit de fraisil de manière qu’il ne reste qu’un creux de 3i à 37 centim. de diamètre et de 2 r à 23 de profondeur. La tuyère a une pente des plus fortes : elle plonge de 25 à 3o degies. Toutefois cette réglé n’est pas générale; il existe des ouvriers qui ne donnent que 5 degrés de plongement à la tuyère.
Le fer cru est en forme de blettes ou de plaques ; on en fait des trousses de 75 à 100 kilog., qui, retenues dans des tenailles , sont disposées de manière que la partie qui doit entrer en fusion se trouve à r3 cent, au-dessus et à 1 o centim. en avant de la tuyère. Pendant la fusion de la fonte, on chauffe et l’on forge le fer de la pièce précédente. On jette une assez grande quantité de battitures sur les lopins, d’autant plus
qu’elles doivent déterminer la coagulation de la masse fondue. C’est aussi pour favoriser la décarburation du métal, que la fusion est lente et que les blettes se trouvent placées à une si grande hauteur au-dessus de la tuyère*, mais ce sont principalement les additions de scories douces qui, dans ce travail, comme dans la méthode précédente, opèrent l' affinage. Lorsqu’un morceau de fonte se détache de la trousse, l’ouvrier doit le ramener au vent, ou le mettre en contact avec les battitures. Aussitôt que la liquéfaction de la fonte est terminée, la loupe doit l’être. Si elle paraissait encore trop molle, on l’arroserait avec de l’eau, pour la faire sortir ensuite et la porter sous le marteau. A mesure qu’on en détaché les lopins , on les place dans le feu préparé déjà pour une fusion subséquente.
En chauffant les lopins dans les laitiers riches , on achève d’en chasser le carbone qu’ils contenaient encore *, il faut donc apporter beaucoup de soin à cette opération.. On les étire d’abord en gros bidons, qui sont convertis ensuite en petit fer, sous des marteaux plus légers.
Le /déchet d’après M. Schindler n’est que de 8 pour cent 5 le maître forgeron est obligé de fournir 5o4 quintaux de fer en barres pour 536' quintaux de fonte qu’on lui délivre ; et souvent il fait encore des bénéfices considérables 5 mais il emploie ordinairement près de 2mèt*cu\ de charbon de bois par 100 kilog. de fonte, parce qu’il est forcé de ralentir la
fusion à un point extreme.
Il est évident que ce procédé exige une fonte trèspure. Au reste il est peu recommandable, puisqu’il entraîne une si grande consommation de charbon.