‹ Manuel de la métallurgie du ferChapitre 87 sur 104 · CENDRES · texte numérisé non relu

CENDRES

COIfTEKTJES

SSSENCZS.

dans

dans

le boif.

lo cliarbon.

Jeune cliéne. . • •

Vieux chêne • « •

Jeune hêtre. • • .

Vieux hêtre. • b •

Jeune charme. • •

Vieux charme. • «

Jeune anne • • . ^

Vieux aune. • • •

Jeune bouleau. . •

Vieux bouleau. • .

Jeune ëpicia. . • .

Vieux épicia. . • ♦

Jeune sapin. • • .

o,aa5

x,ia5

Vieux sapine . . .

Jeune pin. » « • •

o,fa

Vieux pin. ....

Tilleul

Paille de Seigle. .

Fougère. * è » • *

Roseau. • . ^ .^.

Les expériences les plus précises qui ont été faites sur la composition des cendres ^ sont dues à M. Berthier. Elles prouvent que le carbonate de chaux forme la partie domi«« nante de leurs composans^ qu^elles contiennent en outre des sulfates et des phosphates ^ du carbonate de potasse et un peu d'^oxide de fer^ quWles ne renferment point d^alumine^ et que c'^est à tort qu^on leur attribuait un contenu notable de silice.

494* Le cbarbon dur ou pesant exige un air plus condensé^ pour brûler avec la même vitesse que le charbon léger ^ celui-là se consumerait lentement et sans produire beaucoup dViTet ^ dans les mêmes circonstances où celui-ci brûlerait avec la flamme la plus vive. -

495. On ne doit point s''étonner que la nature des bois^ Fadresse des ouvriers et dWtres circonstances accidentelles^ influent si fortement sur la quantité de charbons obtenue^ dans la carbonisation en grand ^ puisque les opérations faites avec beaucoup de soin^ par des physiciens distingués ^ présentent dans leurs résultats tant de variations. Au reste ^ on peut compter à peu près sur 20 p. "Z,^ si le bois employé a été séché à Fair.

Le rapport entre le bois et le charbon obtenu dans les opérations en grand , se détermine presque toujours au volume^ et Ton doit admettre que celui de 100 à 5o est trèsavantageux pour du bois de quartier. Du reste, cette donnée ne peut s^applîquer à tous les bois indistinctement , parce que le rapport entre les pesanteurs spéafiques des bois et des charbons, n^est pas constant pour toutes les essences^ le bois tendre ne diminue pas en volume autant que le bois dur, et le bois jeune éprouve une plus forte diminution que le bois vieux, lorsque celui-ci est encore dans toute sa vigueur. Le bois sec et le charbon possèdent, d''après Riunford, presque la même pesanteur spécifique. Il en résulte que le bois ne se retire que pendant la dessica— tion, qui précède sa conversion en charbon^ ce fait prouve Finfluence de Fhumidité sur la carbonisation du bois.

496. Le combustible est un objet d^une si haute importance dans la fabrication du fer, que la coupe et la carbonisation du bois doivent être mises sous la direction immédiate de Fadministration des forges, dans les pays mêmes où Fadministration. forestière est séparée de celle— . ci. LVne désigne les coupes , Fautre se trouve chargée de

leur exploitation: les agens forestiers doivent toutefois surveiller Fexécution de ces travaux ^.

497 • ^^^^ qu'ion ne puisse donner une règle positive sur la saison où Ton doit abattre le bois ^ on peut admettre en thèse générale ^ que le moment le plus favorable est celui où Tancienne sève s'^est changée en bois , tandis que la nouvelle est encore liquide. Dans les endroits marécageux ^ on ne peut choisir que le temps d^hiver. Pour le bois feuillu ^ on préfère ordinairement le mois de mars ^ le mois d^avril et quelquefois même le mois de mai ^ lorsque la sève se dé» veloppe et que les arbres commencent à bourgeonner : on a pour but de favoriser le recru dans les essences qui peuvent se renouveler par rejetons. Pour les conifères ^ on les coupe en janvier, février ou mars, avant Tarrivée de la sève, afin que le bois soit moins susceptible.de se piquer. On pourrait aussi les abattre pendant Tété^ la dessication en deviendrait plus lente , mais les charbons seraient plus compactes et ^us forts que ceux du bois d^hiven

Les coupes dVutomne donnent des bols très-sujets à se ^ter , à cause de Fépaississement de la sève. Le temps, le climat , la nature du terrain et celle du bois , principalement Texposition de la forêt , peuvent quelquefois autoriser les coupes d^été^ mais il est reconnu que les bois sèchent avec doutant plus de lenteur qu'ails ont été abattus dans une saison plus avancée. Lorsqu'^ils sont verts et humides , ils donnent de mauvais produits et augmen* tent les difficultés -de la carbonisation.

Les bois abattus pendant les mois d^hiver, peuvent encore être carbonisés à Tautomne de la même année ^ mab coupés pendant Tété et Farrière saison , ils doivent

* Noos rappellerons encore uae fois , «pie les usines dont il s^agit iei , tappartiennent au gouyemement et sont administrées par ses agens.

Le T.

TOBI. 1. 49 .

386 OEUXIÈME SECTION-

ajourner à Fair pendant lâ ou i5 mois entiers. Dans les années froides et pluvieuses^ sur un sol humide^ et dans les bas fonds ^ on ne devrait jamais faire de coupes d^été ^ parce que les bois seraient piqués avant qu''ils pussent atteindre un degré convonable de siccité.

498. Après avoir abattu le bois ^ on doit le couper à une longueur déterminée ^ le fendre et le dresser par cordes. Il est assez avantageux que les bûches aient une grande longueur, pourvu qu'acné n''excède pas une certaine limite , celle de 6 pieds par exemple : on y gagne sous le rapport de la main-d^œuvre et Ton peut rassembler sous un même volume une plus grande quantité de bois.

Il vaut mieux scier les arbres que de les abattre à la hache. Lorsque le trait de scie est asssez avancé, on les fait tomber à Taide de coins en fer qui servent aussi à déterminer la direction de la chute. Dégagé de ses branches , le tronc est scié en blocs ou billes^ celles-ci sont fendues ensuite en deux ou en quatre , selon leur grosseur.

Les nœuds , qui ne peuvent se fendre et qui se piquent facilement , doivent être dépouillés de leur écorce, afin que la dessication en soit Êicilitée. Les rondins de 16 cent, de diamètre sont fendus une seule fois , lorsqu'^ils sont plus faibles, on se borne à les é^orcer^.

499* On doit transporter le bois des terrains marécageux ou des bas fonds , sur des hauteurs ou sur un lieu sec, pour le dresser par cordes et le soumettre plus tard à la carbonisation. Ces cordes doivent être le plus rapprochées qu^il est possible. Dans le dressage , il faut avoir soin d^éviter les espaces vides provenant des nœuds ou des sou-

* En France la carbonisation des bois suit immédiatement leur coupe ; on. -y carbonise des bois verts , du moins en Alsace , dans la Loiraine et les Ardennes.. Il serait' donc inutile de les écorcer ; ce procédé dViil:kurs ne comicndrait point à nos bois à charbon. Le T.

.DES MA^TIÊRES PREMIÈàES- ^87

ches^ et d'^établîr des <!Ourans d^air par-dessous ^ en asseyant les cordes sur des chantiers^ d'^uue assez forte grosseur.

On distingue le bois de -quartiers des rondins^ ou ^ du bois de branchage^ qui donne de bon charbon quoiqu'^en petite quantité. Trois cordes de ce dernier ne sont comptée» aux usines que pour deux de gros bois. Ce rapport satisfait le vœu de la justice^ iL. doit concilier les intérêts des deux administrations. Si les deux espèces de bois ne sont pas cordées séparément ^ on doit placer les rondins ou les branchages dans la^ partie inférieure de la cordé.

Les agen^ forestiers passent ordinairement un douzième de la hauteur des cordes pour compenser FeiFet du retrait occasionné par la dessication.

n est très -essentiel ^ pour ne point se tromper sur les mesures ^ que la base ou la couche de la corde soit horizontale, n faut rebuter et renverser les cordes qui sont mal dresséesou qui contiennent trop de bois piqué et mort sur pied. Â la réception définitive^ elles sont examinées avec soin^ marquées à la craie et martelées^

On fait avec les bûcherons des .marchés pour couper^ fendre et dresser le bois ^ cette méthode est pré£érablç aHi payement par journées»

5oo. Quelque soin qu''on puisse donner à Fexploitatiön des bois, il n est guère- possible de scier les arbres immédiatement au - dessus de la surface du sol^. On abandonne toujours une petite portion du tronc , qui jointe aux grosses < racines , donne un très-bon -bois à charbon. Pour Textraire de la terre , on fait autour de Farbre une fosse assez profonde , on coupe les racines les plus fortes et on soulève la souche. Mais il vaut mieux que Fextraction se fasse avant que Farbre ne soit coupé.

liC bois de souche, lorsqu'^il est'sarn«^ donne dés charbons

* £1^ ^K^nce ) on les exploite à fleur de -terre, Le T.;

excellents^ mais comme son extraction est dispendieuse^ on en fait rarement usage dans les pays boisés. Il se corde mal^ les racines qui s''étendent dans tous les sens ^ produisent des espaces yides^ dont il est nécessaire de soigner le rempli^^ sage. LVnlèvement des souches est d''un grand intérêt pour Tadmiiiistration forestière : cVst un moyen de préparer le terrain pour les semis ^ sans qu il en résulte de frais pour le gouvernement.

5oi. La carbonisation se fait ordinairement sur les lieux même. On rassemble toutefois les cordes sur un seul point ^ lorsque le bois est répandu sur un vaste espace^ que la pente du terrain est très-rapide^ et que d''ailleurs on peut opérer le transport^ soit par le flottage ^ soit en roulant les billes du haut des montagnes. Souvent aussi , on est forcé de le faire porter hors des coupes pour ménager le recru (comme pour les aunes et les bouleaux). Cette disposition nécessaire à la conservation des forêts^ devient extrêmement onéreuse pour les usines.

Ce qu^il y a de plus avantageux pour ces dernières , c^est Texploitation par coupes réglées ^ dans lesquelles les cordes sont assez rapprochées pour être réunies en tas par les charbonniers ^ autrement on est forcé de les faire voiturer avec des chevaux.

Si la carbonisation se fait sur un seul point, le charbonnier peut exercer une surveillance plus active , et le charbon ne souffre pas autant par le cabotage, puisque son trajet sera moins considérable ^ mais ces avantages sont loin de compenser les frais occasionnés parle transport du bois.

5o2. Si, dans les opérations en grand, on pouvait carboniser le bois dans des vaisseaux fermés hermétiquement, on obtiendrait le maximum de charbon qu il est possible d^en retirer ^ mais la consommation en combustibles employés à réchauffement des vases, détruirait tous les avantages qui résulteraient de ce procédé: on est donc obligé,

DES MATIÈRES PREMIÈRES- SSg

pour entretenir le degré de température nécessaire à la carbonisation , de brûler une partie du bois soumis à Topératîon. Ce nVst que dans la fabrication du vinaigre et du goudron, que Ton emploie une chaleur extérieure : les dépenses en combustibles ^ sont payées alors par les produits de la distillation^ et le charbon obtenu nVst qu^un objet accessoire.

On a maintes fois essayé d'*opérer la carbonisation dans des fourneaux^ mais ^ autant que Je'sache ^ il n''en est résulté aucune économie : on en est toujours revenu à allumer le bois mème^ et à le convertir en charbon par une lente combustion. Il est évident d^ailleurs que la terre qui couvre les meules , s''affaissant à mesure que le bois se retire , le protège bien mieux contre Faction de Tair atmosphérique que les murs ou la voûte d^un fourneau *^.

5o3. Je ne pense pas qu^on puisse obtenir une plus grande quantité de charbon dans les fourneaux de carbonisation que dans les meules^ dont le travail est conduit avec le soin convenable, a moins d''employer des vaisseaux clos et de les chauffer extérieurement. Kacide et le goudron que Tori recueillerait alors, n"*offriraient pas toujours un dédommagement des dépenses occasionnées par cette manière d''opérer, qui du reste serait impraticable pour les grands établissemens.

Quelques fourneaux de carbonisation sont pourvus dans

* On pourrait croire , au premier abord , que les espaces vides, qiii se forment par Tafiaissement du bois , dans les fourneaux dont les parois et le couvercle sont immobiles , devraient occasionner la combustion d^une grande partie de cliarbon ^ mais il n*'eu est pas tout-à-fait ainsi. Les espaces vides se remplissent de vapeurs et de (umée ; et si Topération est «enduite avec beaucoup de ménagement, ces fluides élastiques doivent toujours se trouver en assez grande quantité dans le fourneau , pour qu'ails puissent s^opposer en quelque façon à Pentrée de l'air atmosphérique.

3go DEUXIÈME SSeTION.

la partie inférieure d^une griUe. Cest à Faide de cette §pr31e qu^on établit le faible courant d^air qui doit entretenir la combustion. D''autres sont munis dWyertures pratiquées soit dans la sole^ soit dans les £ices latérales. On serre les bûches très^rès Tune de Fautre^ et leur diamètre est petit ^ afin que la grandeur des espaces Tides soit diminuée autant qu''il est possible. Cest pour la même raison ^ que Fintérieur des fours doit être carré plutât que rond^ leur hauteur est calculée exactement sur la longueur des bûches ou "vice "versd* Le feu doit se propager ayec lenteur et uniformité^ de la grille à la partie supérieure. On le gouverne par les soupiraux qu''on peut fermer à yolonté.

Les vapeurs qui s^échappent du foyer ^ sont recueillies et conduites dans des vaisseaux véfngérans. La partie supérieure du fourneau se trouve fermée soit par une voûte ^ soit par une plaque en fonte ^ quW enlève lorsqu^on renouvelle le chargement. On tire le charbon par une porte latérale ^ qui sert aussi a disposer le bois jus<pi à une certaine hauteur^ cette porte se ferme avec des.briques^ lors— qu'ion met le fouriieau en activité ^.

* On a décrit, dans le joomal de Flndostrie natibnaTe et étxangà« , n®* a6 , 37 et a8 , un procédé de caibonisation qni , parmi les méthodes de son genre^ parait offiir quelques ayanlagcs. L^ôpération se Eût dans des fioumeanx de 9 pieds de profondenr et 10 de diamètre , conslmils en gaion on creusés en terre, sdon TéléTation du sol: leur partie supérieure est fermée par un oouTerde en fer. On peut ou recueillir Tacide pjroligneux et le goudron qui se d^pgent, ou nebliger la récolte de ces produits de la distillation. Mais nous Êôsons observer que les quantités de charbon obtenues par Tauteur de œ procédé , n^excédent pas odles que dans nos forges on obtient par les méthodes ordinaires : car 5oo décastéres de bois de chêne ne lui ont donné que 16000 hectolitres de cfaai^ bon, ce qui bit 3a pour cent \ et dans rarrondissemcnt des foiges de la MoscUe , on obtient ordinairement de 3i à 33 pour cent, quoiqu^on 110 carbonise que des rondins , qui ont souvent un trds4kible diamètre. Gassendi fixe cette quantité dans les mêmes forges, à 34,S pour cent (Aide mémoire pour les officiers d^aitiUerie). Dans les usines de la Silésie, où

5o4. Dans d'^autres fourneaux^ le bois ne se carbonise^ ni par Taccès de Faîr atmosphérique , qui doit entretenir la combustion^ ni par une chaleur extérieure. Des tuyaux de chaleur traviersent en plusieurs sens ces fourneaux^ et communiquent tous avec un tuyau principal qui donne une issue à la fumée. Les bûches doivent être serrées le plus possible. Les vapeurs qui se dégagent sont recueillies et condensées dans un appareil réfrigérant. On doit chauffer doucement lorsque le bois eist humide , afin d éviter les explosions. Dès que les vapeurs aqueuses sont chassées , on donne un coup *de feu plus fort , jusqu''à faire rougir les tuyaux dont la chaleur se communiquant au bois , le convertit jBn charbon. On peut employer pour combustible de la tourbe, des branchages ou des copeaux. Au reste les avantages de cette méthode ne sont pas encore bien prouvés 5 mais il est très-facile de la mettre en pratique partout où Ton réunit le bois sur un seul point, pour en opérer la carbonisation.

- 5o5. Les usines carbonisent leur bois dans àesjbsses^ en tcLS et en meules : la première de ces méthodes , qui

Toni carbonise du bois ûe quartier, on obtient de 4^ ^ ^o pour cent ( Voyez les pars^raphes ^g5 et 53 1 ). Quand les charbonniers de ce pays trayaillent à forfait , on exige d''eux qu^ils fournissent 48 de charbon pour cent de bois ^ le surplus leur est paye diaprés des prix convenus. Si Ton adoptait le rapport fixé par M. Karsten , de Fefiët du bois de quai^ lier à celui du bois de branchage (499)) on devrait retirer de ce dernier au moins 3a de charbon pour cent de bois, donnée qui s^accorde avec nos propres observations. I^'^ensemble de ces faits prouve donc évi~ déminent que la carbonisation effectuée dans les fourneaux , par les meilleures méthodes , ne présente aucun avantage aux propriétaires d^osines à fer , à moins qu^ils ne veuillent spéculer sur les acides , et qu^ils ne comptent payer , à Taide de ces produits de ]a distillation , les firais de transport du bois et les dépenses occasionnées par la construction des fourneaux. Ce n''est donc qu^en perfectionnant la carbonisation dans les meules couvertes de terre , qu'ion peut rendre à Part des forges des services signalés. Le T.

est probablement la plus ancienne ^ ne se pratique que très-rarement. Le bois rangé avec ordre dans des fosses^ allumé dans la partie supérieure^ couTert d''abord trèslégèrement et ensuite avec une plus grande quantité de terre et de branchages ^ est abandonné à une lente combustion.

Les parois des fosses sont quelquefois revêtues de plaques en fonte ou d^un muraillement en pierre ^ quelquefois aussi ^ elles sont pourvues de canaux qui mettent la sèle en communication avec Fair extérieur^ soit pour entretenir Fignition^ soit pour offrir une issue aux gaz que Fon veut recueillir^ de sorte qu^elles constituent de véritables fourneaux. Cette manière d''opérer est très-defectueuse : on n^est pas le maître de gouverner le feu^ on brise les charbons pour les sortir de la fosse ^ et Fon obtient une trop grande quantité àe Jumerons^, Dans la chaîne de FUral , les fosses sont revêtues de murs , les bûches sont couchées et couvertes de terre. Dans Fun des petits côtés ainsi que dans la couverture ^ on ménage des ouvertures pour allumer la meule et pour faciliter la circulation de Fair.

5 06. Parla carbonisation en tas^ le bois est soumis successivement à Finfluence de la chaleur ^ et le charbon se tire à mesure qu''il est formé. Dans la carbonisation en meule au contraire^ on ne tire le charbon que lorsque toute Fopération est achevée. Par Fune comme par Fautre méthode^ les bûches réunies en masses considérables ^ couvertes de terre ^ sont chauffées et carbonisées par une combustion partielle.

So^. La carbonisation en tas se pratique encore dans quelques contrées méridionales de FAllemagne ^ en Russie et en Suède. Le bois est employé en troncs ou rondins.

* Ou /lamerons , morceaux da bois à demi*<carboois48.

DES MATIÈRES PREMIÈRES. 3g3

L'^emplacement du tas ^ appelé aire ou faulde^ a la forme d'ua rectangle qui s^élève du devant vers le derrière, et dont les deux côtés latéraux sont les plus longs. Sur ceuxci on enfonce de forts pieux espacés entre eux de 60 à 90 centimètres, et s^élevaut dVutant plus (px'Hs s^éloignent davantage du devant de la faulde, La pente donnée à cette dernière, varie entre 5 et 1 5 degrés, selon la pente du terrain. La longueur du tas est indéterminée et dépend dç la quantité de bois qyCcm veut carboniser.

L'^écartement entre les deux lignes de pieux est de trois pieds plus grand que la longueur ou la douMe longueur des billes ou troncs ij de sorte qu il reste entre chaque extrémité de ceuxKïi et la ligne de pieux qui lui correspond , un espace de 18 pouces qu^on remplit de fraisil.

Pour dresser la meule , on commence par placer sur la faulde, parallèlement aux grands côtés, quelques rondins de petits diamètres, sur lesqudls on dispose ensuite, dans le sens perpendiculaire, les bûches qu''on veut carboniser. Re^ tenues sur le devant par des bois courbes , elles ne doivent s^élever de ce côté que d^un pied au plus^ tandis que du côté opposé , dies peuvent être ent^sées sur une hauteur de 10 à i5 pieds, selon la longueur de la faulde: sur le derrière du tas , les billes sont retenues par des pieux étan-* çonnés. Il est essentiel que le bois soit le plus serré possible, que les extrémités des troncs soient bien alignées, et que les espaces vides laissés par des bûches trop courtes , soient remplis avec du petit bois«

Après que le tas a été formé de cette manière, on le couvre de tous côtés avec du fraisil humecté. Pour cet effet on appuie d^abord des bardeaux contre la &ce intérieure des pieux, poiur fermer les iiitervalles qui existent entre eux, et Ton remplit ensuite avec du fraisil Tespace de 18° compris entre le bûcher et les bardeaux^ pour garantir ceux-ci du feu , on les arrose fréquemment.

TOM. X. 5o

On allnme le tas par devant. A mesure qne fignition £iit des progrès^ on tire les charbons produits^ et Ton a soin de conserver toujours à la base du tas sa (orme rectangulaire. Pour cet effet ^ Touvrierdoit avoir soin d^'empécher que le feu ne se propage trop rapidement sur Tun des cotés ou vers le milieu du tas. Il doit refouler souvent la couverture^ afin qu^il nes^y forme ni crevasses^ ni cavités.

On prétend obtenir par ce procédé d^excellens charbons et en grande quantité ^ parce qu^on les tire à mesure qu^ils sont formés^ mais c^est presque toujours à la lenteur de Fopération ^ et aux soins particuliers des ouvriers qu^on doit en grande partie les avantages qu^on attribue aux diffénentes méthodes de carbonisation.

508. Le bois qui doit être carbonisé en meule ^ reçoit aussi une longueur déterminée. On peut ou coucher les bûches et donner à la meule la forme d^un hémisphère . ou les dresser et lui Êiîre prendre Taspect d^un cône tronqué. Le charbonnier conduit le travail de la même façon pour Tune ou Fautre meules :^ seule différence est dans Tarrangement des bûches.

509. La saison la plus convenable pour la carbonisation du bois ^ est Tété ^ soit parce quVUe offre au charbonnier les objets indispensables à ses opérations ^ tels que le gazon ^ la mousse^ le feuillage et Feau^ soit parce que le temps est moins humide^ les ouragans moins fréquens^ les journées plus longues ^ et que par suite la surveillance de Fopération est moins souvent interrompue. On ne devrait commencer la carbonisation qu^au mois de mai ^ avant cette époque ^ le bois et la terre sont encore chaînés dliumidité^ la neige et les ouragans sont les plus grands ennemis du charbonnier. Si quelquefois le climat et la nature du sol Fautori— sent à continuer ses travaux pendant Farrière-saison ^ il doit toujours les suspendre au temps équinoxial et pendant Fhiver.

DES MATIÈRES PREMIÈRES. SqS

. 5 lo. Le terrain où Ton rassemble le boîs poui; le carboniser^ doit être sec^ abrité du yent et non sujet aux inondations. Une même faulde peut servir plusieurs fois, si Topération se fait toujours au même lieu. On doit donc apporter plus de soin dans sa préparation : on ne devrait pas négliger en ce cas de la paver, ni de lui donner une pente vers le point central^ parce <ju^à Taide de cette disposition , on pourrait recueillir sans dépense une partie de Tacide et du goudron qui se forment pendant la carbonisation , et qui s^écouleraient dans un réservoir pratiqué au-dessous du niveau naturel. Mais il ne faudrait point établir de courant d^air de bas en haut, en donnant du jour par la faulde.

Si Ton ne voulait pas recueillir Tacide et le goudron , on pourrait rendre les aires entièrement planes , les disposer au-dessus d^une fosse, les murer ^ placer au centre une lai^e plaque de fonte, et allumer la meule en chauffant la plaque par-dessous^ cVst un moyen d^éviter les espaces vides qui doivent nécessairement se former, quand, on port<? le feu dans Tintérieur de la meule *.

5 1 1. Lorsque la carbonisation a lieu dans la foret, il est bien rare qu'on puisse profiter, à plusieurs reprises, d'un même emplacement, à moins que le bois n y soit très-abondant ou qu'il n'ait été rassemblé sur un seul point. Le ter-^ rain est quelquefois si rocailleux et la pente si rapide, qu'on est obligé de se soumettre aux frais de transport, afin d'é?-

* Ce procède revient à celui de M. Brune , de'crit dans les Annales dès arts et manufactures^ t. 5, p« a 49 — ii66. — Les maîtres de foires qui Pont essaye , lui accordent un avantage incontestable sous lé rapport de la quantité de charbon obtenu. Mais la confection des fauldes en toW supportées par un grillage en fer est dispendieuse , d'hantant plus que la . tôle exposée à Taciion de la chaleur et de Facide pyroligneux se corrode et se détruit assez promptement. Nul doute qu''on la remplacerait avantageusement par des plaques de fonte de 5 lignes dVpaisseur ^ mais ce procédé ne peut convenir que pour les usines qui carbonisent dans ui| tràfr-petit nombre d^endroits. Le T.

vlter des dépenses plus fortes qui résulteraient de rétablis* sèment des fàuldes nouvelles. Pour les construire^ il faut souvent miner et Êiir^ satiter le roc^ établir des pilotages et des plates-formes de madriers^ que Fou recouvre ensuite d^un pied de terre. Préparées de cette manière^ les fauIdes sont à^na excellent usage ^ leur sol est s^c ^ sans être ni trop compacte ni trop léger.

5 12. Le motif principal qui doit guider le charbonnier dans le choix d^un emplacement pour les meules ^ c^est la proximité du bois qu'ion veut carboniser.. Le voisinage de Peau ^ ou la possibOité de se la procurer en creusant à une faible profondeur, est une considération qu^il ne doit pas négliger. Il faut que le terrain abrité des courans d^air, ne soit ni trop bas ni trop élevé ^ qu'ail soit sec et disposé de manière que Feau ne puisse y séjourner.

Après avoir trouvé un endroit qui remplisse ces conditions de la meilleure manière quMl soit possible, on aplanit le sol , on le dépouille du gazon , on extrait les souches et les racines. Quelquefois on lui donne une l^ère pente du centre à la circonférence, pour favoriser Fécoulement des liquides.

Le charbonnier craint le$ terres légères , parce que Fair pénétrant au travers du sable de la base, Fempéchede conduire à son gré Fignition du fourneau« Dans le cas opposé , lorsque le sol est compacte , rocailleux ou susceptible de se durcir par la chaleur, Fhumidité ne pouvant sHnfiltrer dans la terre, remonte dans la meule, éteint le feu et produit des fumerons. H ùmi pour cette raison ne point opérer sur un terrain humide. Quand on ne peut Féviter, on le couvre de branchages et de terre; quelquefois même on établit la faulde sur une plate -forme composée de troncs d^arbres jointifs, qu''on charge ensuite de terre et

de fraisil^. LVmploi des bardeaux avec lesquels on la

■ ■■ . , ■ ■ li . . I ...

* Co fraisil est im mélange de poussière de charbon , de cendres et de terre. On Tappelle terre de charbonnier. Le T^

tapisse^ présente beaucoup dWantages^ parce que leur transport est facile et qu^ils peuvttit servir à plusieurs reprises. Ces sortes de précautions ne devraient jamais être négligées pour les terrains humides ou compactes.

Le défaut de succès^ dans Fopération du charbonnier, ne provient souvent que de la négligence avec laquelle il prépare remplacement de la meule. Une faulde très-sèche, dont le terrain n'^est pas assez léger pour laisser en-dessous un accès à Fair atmosphérique, ni assez compacte pour s'*opposer à Finfiltration des liquides, remplit toutes les conditions quVn peut exiger.

Faut-il préférer les fauldes fraîches à celles qui ont déjà servi ou vice versa P Cest une question facile à résoudre, si Fon considère que, pendant la carbonisation, la terre s^imbibe d^humidité*, et qu'*aprés Fopération, il faut en renouveler la première couche, ce qui est d'hantant plus nécessaire, que le fraisil absorl^e Feau avec une grande avidité. Tout dépend donc de la nature du terrain: on travaille mieux, tantôt sur des aires fraîches, tantôt sur des aires qui ont déjà servi ^ mais il faut éviter Femploî des fauldes qui, couvertes de neiges pendant Fhiver, se sont chargées d^une grande quantité d^eau : ^si Fon voulait en faire usage, il faudrait d^abord les dessécher, en y brûlant de la mousse, des branchages, etc. Cependant, lors-* que ces aires sont établies sur des grillages en bois , qu'ion recouvre de fraisil , cette précaution n^est pas aussi nécessaire, pvce que Fhumidité trouve alors un passage par dessous.

Si le terrain est peu convenable au travail du charbonnier, et si Fon craint les dépenses qui résultent de Fétablissement des grillages , quoiquVUes ne soient pas trèsfortes, on doit du moins améliorer les fauldes en faisant un mélange de terres grasses et de terres légères.

5i3. Après avoir préparé la faulde, on place au point

du milieu une perche verticale^ autour de laquelle or dresse le bois par enveloppes concentriques. La grandeur des meules est très -»variable^ il en e;Ki$te depuis deux jusqu'^à dix mètres de diamètre. On préfère dans certains endroits les petites meules et ailleurs les grandes. Les premières exigent presque les mêmes soins que les dernières ^ dont la carbonisation peut en outre s^eflfectuer par un courant d^air plus faible^ parce qu^elles développent une plus grande quantité de chaleur. Les grandes noteules méritent donc la préférence^ si toutefois on peut leur donner une bonne couverture. Cependant ^ le tout dépend plutôt de Tadresse et de la surveillance du charbonnier.

Les meules de 90 à 1 20 stères^ se composent ordinairement de trois piles ;j celles qui sont plus petites n''en présentent qu'aune ou deux. Dans tous les cas^ il doit exister un certain rapport entre leur hauteur et le diamètre de la base. L^étage supérieur^ composé de bûclies dont Finclinaison est bien plus forte ^ doit avoir une forme arrondie^ on Fappelle le petit haut^ et souvent aussi la calotte ^. La quantité de charbon retirée du boifr est plus forte ^ si les bûches sont faiblement inclinées à Fhorizon.

Dans les meules à bois couché^ les bûches se rangent autour de la perche en forme de rayon '^ mais de manière que les espaces vide§ soient remplis par du petit bois et que les diamètres des cercles diminuent à mesure qu^on s^élève ^ de sorte que le tas reçoit une forme hémisphérique.

5 14. On allume la meule au centre de la base : il faut donc placer à ce point quelques matières inflammables^ comme du bois de pin ou du bois sec et menu. On y porte le feu par le vide que laisse la perche après qu^on Ta reti-

* La couverture s^appelle souvent le bouge ^ Tétage supérieur le petit haut: nous lui conserverons le nom de calotte. Bouger, habiller la meule^ c^est la couvrir de feuillage , de terre et de gazon. Le T.

ree ^ ou par une galerie horizontale , ménagée au niveau du sol^ et pénétrant jusqu^au centre du bûcher. Le yîde formé par le mat ne serait pas assez spacieux ^ on est donc obligé de .Félargir ^ en construisant , à Faide de trois pieux disposés en triangle^ une espèce de cuve qui s'élève en même temps que le tas de combustible.

Ou n'est pas d'accord sur la manière la plus avantageuse d'allumer le bûcher : le mieux ^ c'est de porter le feu par la galerie;; on peut alors se passer de la cuve dont le vide est plus nuisible au travail de la carbonisation que celui de l'ouverture horizontale. Quelle que soit du reste la manière d'allumer la meule ^ son traitement est le même : l'ignition doit se répandre dans l'intérieur, en partant toujours dû centre de la faulde.

5 15. Dans les meules à trois piles , les plus grosses billes se placent dans celle du milieu. Les fumerons des opérations précédentes sont rangés autour de la perche, afin qu'on puisse élever la température rapidement , et qu'on n'augmente pas le déchet par une trop lente ignition.

Dans la pile inférieure, les groà bouts des bûches sont tournés en haut^ dans celle du milieu, ils le sont en àe^^ sous. Cette disposition s'oppose au tirage et diminue la quantité de fumerons , en assignant au bois , selon sa grosseur , la place la plus iponvenable. C'est entre ces deux piles que la chaleur acquiert la plus grande intensité. Il faut éviter l'emploi de trop fortes bûches. Si la faulde n'est pas entièrement horizontale, on place Içs plus grosses billes au point le plus bas où le feu s'éteint plus lentement.

Le bois de quartier se dresse de manière que le cœur soit tourné vers lé centre, afin qu'il reste moins d'intervalles entre les bûches. C'est aussi pour cette raison que les blocs ont la même longueur, et qu'on doit Remplir les espaces vides formés par les ergots. Cependant il est impossible qu'ils soient tous remplis, surtout dans les meules dont les

4oO DEUXIÈlfE SECTION.

bûches sont placées debout ^ parce qu'ail £iut tonjouis leur donner une l^ère pente ^ ne seiaitce que pour letenir la couyerture.

LWvrier doit mettre^ pendant le dressage ^ le plus grand soin à remplir les espaces vides^ et à ne donner au bois que Findinaison strictement nécessaire^ c^est particulièrement la construction de Fétage supérieur^ de la calotte^ qui réclame toute son attention. Il est impossible de serrer le bois convenablement^ lorsqu'^on yeut terminer la meule en pointe. Il faut donc coucher les bûches du petit haut et les diriger dans le sens des rayons.

5 16. On doit chercher à donner aux meules une pente très- rapide^ et à serrer les bûches le plus qu'ail est possible : Fune et Fautre conditions sont plus faciles à remplir avec les meules à bois couché quVvec celles dont le bois est debout. La manière la plus avantageuse de construire les meules à bois couché^ consiste à ériger autour de la perche une petite meule à bois debout ^ dont la pente soit très-rapide ^ à ranger autour de ce noyau ^ des couches horizontales et de manière que les bûches soient toujours dirigées vers la perche.

On peut ^ à Faide de cette disporition ^ diminuer les espaces vides ^ et malgré la rapidité de sa pente ^ la sur£ice extérieure de la meule ofire à la couverture de noml^reux points d'appui ^ qui Fempèchent de s'ébouler ^ parce qu'elle est en forme de gradins^ le retrait des bûdies étant r^é par Findinaison du noyau. Les couches horizontales peuvent être composées d'une ou de deux longueurs de bûche^ selon les dimensions du bois et celles qu'on veut donner à la meule.

Observons toutefois que ces meules mixtes demandent encore de plus grands soins pour la préparation des Êiuldes et donnent pli^s de fumerons que les meules coniques ^ si la carbonisation ne s'opère point sur un terrain sec et léger.

517. Le dressage des meules avec du bois de souche exige des précautions toutes particulières. On doit couper les racines qui embarrassent, et sW servir pour garnir les vides. Au reste, si Ton ne peut y mêler d autre bois, il est presqu'^impossible de carboniser les souches avec avantage.

Le bois de quartier et le bois de branchages ne devraient pas être carbonisés ensemble, à moins quW ne fit servir ce dernier au remplissage. Lorsqu^on ne veut pas le carboniser à part , cm ne doit remployer que pour la calotte.

Le bois vert et le vermoulu donnent des charbons friables, qui sont quelquefois écrasés dans la meule et oecaâontient le bouleversement de toute la masse : il faut donc aussi les traiter séparément.

On, ne doit pas mêler le bois dur avec le bois tendre ^ celui-ci se caitonise plus promptement que celui-là. Cependant, lorsqu^on ne dispose que dWe faible quantité de Tune ou de Fautre espèce de bois , et qu^elle ne vaut pas la peine d^être traitée à part , on doit placer le bois dur vers le centre de la meule , dans Tétage du milieu , quand elle ea a trois , et le bois tendre en dehors et dans la calotte.

5 18. Pour empêcher la combustion ou le contact de Tair sur un trop grand nombre de points, on couvre toute la meule d'aune couche de terre. De cette manière on ne sacrifie quWe partie du bois , pour produit« la chaleur nécessaire .à la carbonisation de toute la masse. Mais la terre pouvant s'^insinuer entre les bûches, et éteindre le feu, on la place sur un lit de feuillages, de bruyère, de mousse, de gazon, ou même de feuilles de sapin, dont préalablement on enveloppe la meule; Ce^ différentes substances remplissent le but doutant mieux qu'acnés sont plus compactes. Le gazon vert , dont il faut tourner la chevelure vers le bois, est préférable à toutes les autres, à moins

TOM. I. * 5i

qvCil ne soit très -maigre et très-incohérent ^ la mousse est moins bonne et les feuilles de sapin sont très-mauvaises.

Avant de couvrir la meule ^ on tâche à^en unir la sur&ce^ on remplit avec du bois ^ tous les intervalles laissés entre les bûches. En même temps ^ on fait au pied de la meule ^ i5 cent, aunlessus du sol^ une ceinture composée de menus branchages et retenue dans des fourches de bois qui sont plantées en terre. Quelquefois aussi ^ on remplace ces branchages par de grosses billes de i*^ à i"^a5 de longueur^ écartées Tune de Fautre^ ou disposées sur des pierres convena- ' blement espacées.

Cette ceinture sert de point d^appui à la couverture et ménage une issue au^ vapeurs qui se produisent au mioment de la mise en feu. Lorsque les meules sont grandes et que la pente de leur surface est rapide^ on établit à la moitié de leur hauteur une seconde ceinture qui reposé ^aloment sur des fourches enfoncées dans le terrain naturel.

5 19. Aussitôt que la meule est préparée de cette manière^ on lui donne la première enveloppe composée de gazon ou de substances végétales ^ en commençant à la partie inférieure. L'épaisseur de cette enveloppe est de 8 à i3 centim. selon la qualité des matières employées : on la renforce à la calotte^ aûn que le feu qui se porte toujours vers cet étage ne puisse pas Tendommager«

Ce nVst qu''après cette opération préliminaire que la meule reçoit une couverture en terre. LWvrier se procure cette terre en creusant des trous ^ d^où quelquefois il retire aussi Feau nécessaire à son travail. Une terre trop forte se crevasse par la chaleur^ ne cède pas avec le bois à mesure quHl s'affaisse et produit des cavités dans Fintérieur^ le sable n'a pas assez <^e consistance pour adhérer à la couche de feuillage : il ne faut donc employer ni Fun ni Fautre. On peut se tirer d'embarras^ en les m^ant^ ou^ lorsque la terre est légère ^ en donnant une pente plus douce à la sur-

face de la meule ^ ce qui pourtant est préjudiciable au succès de la carbonisation.

Le fraisil arrosé dVau^ forme la meilleure couverture^ on devrait^ quand on peut Favoir^ s^en servir à Texclusion de toutes les autres substances. On peut même se passer alors de la première enveloppe et le mettre en contact immédiat avec le bois.

Sao. La couverture est en général d^une épaisseur uniforme^ hormis à la calotte^ on la renforce toutefois aux endroits où ^ par une raison quelconque ^ on doit craindre une éruption de la flamme^ comme par exemple^ au côté le plus long des meules inclinées^ aux points où. le bois se trouve plus petit ^ et principalement au côté tourné vers le vent. Le bois humide on piqué lie doit pas être couvert aussi fortement que le bois sain. La couverture en terre a de 5 à 8 cent. dMpaisseur.

Pour en revêtir les meules ^ on ne suit pas toujours le même système ^ ici ^ on les habille en entier avant leur mise en feu^ là on commence par le sommet;; ailleurs^ par les parties inférieures , et Ton n^adiève Topération qu''après le dégagement des vapeurs épaisses et jaunâtres. En suivant la première de ces méthodes^ on doit ménager à ces vapeurs un libre passage au-dessous de la ceinture ;j et lorsqu'on y met les sdins convenables^ ce procédé doit mériter la préférence. En couvrant les meule& par parties ^ on laisse plus d''issue k Fhumidite ^ on les empêche de se déjeter ^ mais on consume une trop grande quantité de bois ^ et le charbonnier qui ne craint pas la peine de construire et dé soigner la ceinture^ peut éconduire les vapeurs^ sans abandonner sa meule sur une si grande surface à Taction de Fair.

521, CVst toujours à la pointe du jour que la meule doit être mise en feu, puisquelle exige pendant les i6 premières heures la plus grande surveillance et qu il est avantageux qu^on ait à cet effet toute une journée à sa

4o4 DEUXIÈME SECTION.

disposition. Il ne faut jamais Fallumer quand il faît dis vent^ le feu se porterait vers un seul oôté^ inconvénient auquel on ne remédierait que difficilement. Si Tignition est trop ßiible, eUe ne gagne pas en largeur^ les région» inférieures restent froides ^ ou du moins la chaleur a est pas assez forte pour chasser Thumidité du bois. H en ré-* suite une grande perte ^ et Fopération jMiend une mau— vaise marche^ parce que les vapeurs ne s'abaissent pas^ pour sortir à travers les espaces vides laissés au-dessous de la ceinture inférieure^ et^ comme dies sont accompagnées de gaz hydrogène carburé ^ elles dérangent la meule et produisent des explosions. Il faut donc^ en élevant la chaleur rapidement ^ s^en débarrasser au plus tot et se rendre ensuite maître du feu«

Le bois contenant beaucoup de résine est plus sujet à faire naître des détonnât ions ^ il en est de même du bois très-sec^ prc^abkment parce que les vapeurs étant moins aqueuses^ possèdent une plus grande élasticité. Le meilleur moyen qu^on puisse employer contre ces aecidens ^ c'^est de ménager aux gaz un libre passage au-dessous de la ceinture^ en ne couvrant la meule à cet endroit ^ quVvec du feuillage.

Un grand développement de chaleur ^ pendant la première période de Topération^ est nécessaire^ non-seulement pour chasser les vapeurs ^ mais aussi pour entretenir Ja combustion^ afin quW ne soit pas obligé de conserver par la suite un fort courant dW. Si le feu est très -«faible^ la carbonisation ne peut avoir lieu que par une forte ignition du bois ^ dans le cas opposé ^ elle s^étend au loin et devient en partie un effet de la température qui règne dans toute la meule. Lorsque Tignition se propage avec lenteur et que^ vu la faible intensité de la chaleur^ elle doit se communiquer de proche en proche à toute la masse du bois ^ les bûches allumées d^abord sont réduites en cendres avant que les autres puissent atteindre leur degré de cuisson.

Les premières vapeurs sont jaunes^ aqueuses et pesantes^ lorsqu'elles se dégagent^ la meule se couvre d^humidité: on dit alors qu'elle est en sueur. Quand on Fhabille par partie ^ il faut appliquer la couverture en terre ^ successive* ment aux endroits d'où il ne s'échappe plus de ces vapeurs jaunâtres ^. Le succès de la carbonisation dépend de la rapide propagation du feu et de son uniformité. Si l'opération est mal conduite^ pendant cette première période^ la meule se déjette ^ le charbonnier consomme trop de bois^ et prolonge le danger des explosfons.

522. Pour accélérer l'embrasement de la meule ^ on place autour de la perche ^ du bois très-«ec dont on remplit les intervalles avec des fumerons. Cependant^ il est visible que par l'incinération d'une partie du bois et par le retrait que subit l'autre en passant à l'état de charbon^ il doit se former des espaces vides qui peuvent occasionner un affaissement inégal ^ et par suite le déchirement de la couverture. Lorsque Tignition est trop lente et que la chaleur est trop faible^ pendant la première période^ ces accidens^ quoiqu'ils arrivent plus tard ^ se répètent un plus grand nombre de fois^ ils sont très-fréquens ^ si le bois est humide ^ parce qu'il laisse dégager plus long-temps des vapeurs épaisses et jaunâtres ^ et qu'il prend un retrait plus considérable.

On prévient les suites de ces accidens^ en remplissant les espaces vides à mesm*e qu'ils se forment. Pour cet effet ^ le charbonnier monte sur la meule ^ la découvre au sommet^ refoule le bois et le charbon^ à l'aide d'une grande perche^ et remplit ensuite le trou qu'il vient de former, soit avec des fumerons ou du bois, soit même avec du fraisil, qu'il

* Quelle que «oit la méthode suivie, la couverture en gazon ou en feuillage doit toujours être donnée à la meule ayant la mise en feu.

Le T. -

4o6 ^ DEUXIÈME SECTION.

ne doit employer toutefois que dans le cas d^oxgenœ ^ et seulement pour les meules dont les bûches sont placées debout^ attendu que cette substance s'^oppose à la circulatioa du feu et de la chaleur. Cela fait ^ Touvrier remet la couverture dans son premier état^ cette opération exige autant de précaution que de promptitude.

523. Lorsque la meule a été entretenoe assez long-temps en sueur ^ on couvre le dessous de la ceinture avec du fraisiL On renforce la couverture avec des matières iraicbes^ on la resserre sur le bois à coups de perche ^ afin, de boucher toutes les crevasses. On la laisse dans cet état pendant deux ou trois jouis ^ en la maintenant à une chaleur uniforme.

Le charbonnier^ dont le soin principal consiste alors à empêcher que le feu ne déploie sur quelque point une ^<'op grande activité^ couvre plus fortement le côté d'^où vient le vent^ celui qui est le plus bas dans les meules dont la base nest point horizontale^ ainsi que les endroits où sont placés les bois menus ou tendres.

Le fourneau doit s^afiaisser uniformément^ le contraire est un indice d^un tirage inégal et trop fort^ dans ce cas^ on obtient du charbon médiocre et en petite quantité. Si en renforçant la couverture sur un côté^ on nVtteînt pas le but qu^on se propose, il faut la percer de plusieurs trous au point opposé. Ce cas arrive fréquemment avec le bois pourri ou les meules qui sont déjetées.

524. Le dégagement des vapeurs acides et oléagineuses, finirait bientôt par étouffer le feu et arrêter Topération, si Ton n'*activait pas la combustion à Taide des soupi— rai,ix pratiqués dans la couverture, qu^on perce avec le manche de la pelle. Mais le charbonnier doit procéder à cette opération avec beaucoup d^intelligence , soit pour ne pas embraser la meule trop fortement , soit pour ne point attirer le feu sur un point plus tôt que sur un autre. Le

travÄÜ «st d'*autant mieux conduit que le courant d'air est plus faible et que la cuisson sVxécute avec plus de lenteur. L'ouvrier qui veut pousser son fourneau^ en aug«^ mentant le courant d'air, obtient toujours de mauvais charbon et en petite quantité.

5 2 5. On dirige le feu à Faide des soupiraux pratiqués au pied de la meule. Leur nombre dépend de Fignition plus ou moins rapide du bois^ ils sont espacés de plusieurs pieds. On les ferme entièrement aux endroits où le feu se porte avec violence. La manière de procéder avec ces soupiraux, quant à leur nombre et à leur grandeur, exige beaucoup de ménagement , surtout dans les premiers jours et lorsque le bois est hutnidè ou gâté, afin qu'il ne s'en brûle pas une trop grande partie.

La meule conserve les soupiraux inférieurs durant toute la cuisson: elle reste dans le même état, sans en recevoir d'autres de 4 ^ S jours , ou pour mieux dire, jusqu'à ce que les espaces vides qui se formetit par le retrait du bois, aient été remplis une deuxième fois. Le charbonnier reconnaît la nécessité de cette opération par l'affaissement de la calotte. Après l'avoir terminée et que le feu ne se porte plus dans la partie supérieure, il perce la couverture d'un certain nombre de trous, au milieu de la hauteur du fourneau, ou à la rencontre de l'étage du milieu et de celui de la base.

5i6. Les grandes meules reçoivent quelquefois aussi une troisième série de soupiraux qui se rapprochent davantage du sommet. Ce procédé est assez vicieux : le feu n'a qu'une trop forte tendance à se porter dans les parties supérieures: on ne pourrait donc avoir pour but que d'abréger le temps , de la cuisson , ce qui serait une mauvaise manière d'opérer. Le bois contenu dans la calotte, peut se carboniser sans cpi'il soit besoin de le mettre en combustion par un courant d'air ^ la chaleur est toujours assez forte dans les ré-

4o8 DEUXIÈME SECTION.

gions élevées^ au lieu d^y favoriser le tirage^ il £iut plutôt Fempècher^ pour obtenir de bons produits et en grande quantité.

527. On acheyerait la carbonisation en entier^ et probablement de la manière la plus avantageuse^ en ne faisant usage que des soupiraux inférieurs^ parce qu^il ne s^agit que de modérer le feu ^ de le diriger et de Tattirer toujours vers la base. La deuxième série de soupiraux nV réellement dVutre but^ que de fiivoriser la carbonisation du bois placé à la sprface de la meule^ parce qu^en contact avec ta couverture que Ton arrose fréquemment^ ce bois qui est trèshumide se carbonise avec lenteur. On doit donc en faciliter Tignition : mais il ne £iut pas que les ouvreaux soient trèsrapprochés entre eux^ le côté d''où vient le vent^ doit en être privé totalement.

Ces trous restent ouverts tant quHls exhalent une vapeur noire et ^paisse ^ on les ferme aussitôt que cette vapeur devient légère et bleuâtre^ ce qui est un indice ai une entière cuisson des charbons vers cette hauteur. Alors à un pied plus bas^ on perce la couverture d^une troisième série de soupiraux quW ferme quand ils commencent à rendre une vapeur légère ^ on continue de cette manière^ jusqu^à ce qu^on soit arrivé aux soupiraux du pied de la meule. K donc les bûches avaient quatre pieds de longueur^ il faudrait à peu près trois séries intermédiaires d^ouverture.

n est presque superflu de rappeler que pendant les jours où il fait du vent^ on doit diminuer le nombre des ouvertures^ humecter Fenveloppe et la resserrer à coups de perche.

528. Nous voici à la fin de la cuisson. La flamme commence à s^échapper par les soupiraux de la base ij le manque de zèle ou de précaution de la part de Fouvrier peut occasionner en ce moment une inutile combustion de charbons. Le travail a été parfaitement bien conduit^ lorsque

DES MATIÈRES PREMIÈRES. 4oQ

l6 fett peroe à la fois par toutes les ouvertures inférieures. Si dans un endroit^ il tarde à paraître ^ cW qae le bois n'^y est pas entièrement carbonisé^ on £ilt alors à ce point ^ dans la couverture^ plusieurs trous et Ton bouche en même temps tous les autres. Cette inégale cuisson provient ou êiun mauvais dressage^ ou de grosses b&ches^ ou des fautes qu^on aura commises en gouvernant le feu.

La meule a changé de forme par suite de la carbonisation : nonf-seulement elle est devenue plus petite par le retrait du bois^ mais la surface n en est plus aussi régulière ^ die présente des dépressions plus ou moins considérables^ sehm la manière dont Topératicm a été conduite. On peut donc^ par Faspect du tas ^ juger en quelque iàçbu. da la quar lité du charbon.

Un temps calme et mèm« un peu humide est favorable à la carbonisation ^ pendant la dernière période :j Thumidité de Taîr et les petites pluies entretiennent la couverture en bon état.

5^29. Âpres avoir achevé la cuisson^ on doit boucher toutes les ouvertures de la me«de^ la mettre à Fabri du contact de Fair atmosphérique et la laisser ainsi pendant 24 heures^ c^est ce quW appelle la rafrßiMr. £n la maintenant dans cet état assez long-temps^ on parviendrait à éteindre le feu entièrement^ mais ne pouvant fermer tout accès à Fair^ on éprouverait une perte considérable. LVxpérience a prouvé d^ailleurs que les charbons étoufies de cette manière^ ne sont pas dVne très-^bonne qualité.

Au bout de 24 heures^ on nettoie la me^le. Le chaibon-** nier enlève la première couverlure avec un baki et la deuxième avec un râteau. Il choisit jensuite le sable ou le fraisil le plus fin et en recouvre toute la surface du tas. Les grains de ces matières s^insinuent entre les charboùs^ et finissent par les éteindre. La pluie est très-préjudiciable à oette opération«

4lO DEUXIÈME SECTION.

53o. La meule traitée de la sorte^ reste i a ou 24 l^cures 7 ou plusieurs jours dans le même état^ selon les moyens de transport dont on peut disposer. Pour tirer le charbon^ Touvrier fait à la base une ouverture qu^il referme avec du sable ou du fraisil ^ aussitôt que sur ce point ^ il a fait un certain vide ^ il continue de la même manière sur tout le pourtour^ en rassemblant les charbons avec un râteau sur un tas alongé.

Uendroit de la meule où Ton commence à tirer le charbon ^ est balayé d'^abord ^ ce qui £iit tomber le sable qui doit étouffer le feu. La première fois on enlève le combustible sur une largeur de 3 ou 4 pieds ^ Topération étant terminée ^lir tout le pourtour^ on laisse reposer la meule de 12 à ^4 heures pour achever de Féteindre ^ on reprend le travail ^ mais avec cette différence qu^on enlève les charbons de la zone qui est immédiatement au-dessus de la précédente et sur une largeur moins considérable. On continue ainsi jusqu^à ce qu^on soit arrivé au sommet^ cela fait^ on recommence par la base.

Lorsqu^on exécute cette opération ^ il faut éviter autant qu'ail est possible ^ les jours où il fait du vent. L^ouvrier doit user de ménagenient pour ne point briser les charbons ^ il doit les examiner avec attention et éteindre avec de Peau ceux qui sont encore allumés : il ne faut pas employer le sable à cet effet ^ à moins quW ue puisse se procurer de Teau daus le voisinage.

53 1. Le temps qu^exige la meule ^ pour parvenir à la fin de la cuisson ^ depuis le premier moment de la mise en feu ^ dépend et de son volume et de son traitement. Six jours suffisent aux petites meules^ il en faut 28 ou 3o pour celles qui ont de fortes dimensions. LorsquVlles contiennent 3ooo ppp.^ on compte à peu près sur i4 à 16 jours. Le bois dur demande plus de temps que le bois tendre^ le bois humide ou vermoulu plus que le bois sec et sain : le pro-

DES MATIÈRES PRERWÈRES. Aw

duit (est meilleur et plus abondant^ si là cuisson est lente. Mais il arrive souvent que des ^charbonniers ^ qui ont des manœuvres à leur solde ^ poussent les fourneaux de crainte d^éprouver des pertes. Il faut donc que le tarif de leur payement soit proportionnel à la quantité de charbon retiré da bois, qu^îls soient indemnisés sur ce pied pour le dressage^ et qu^ils reçoivent en outre une prime lorsqu'ils dépassent une quantité fixée dWance, celle, par exemple , de 5o parties de charbon, pour loo de bois mesurées au volume.

532. Quelles que soient les précautions employées dans ce travail, on obtient toujours des fumerons, surtout en opérant sur un sol imprégné d'eau^ et en traitant du bois humide. H faut donc rassembler les fumerons vers la fin de la campagne et en achever la carbonisation.

En tirant les charbons, on- en fait un triage selon leur grandeur^ ceux qu^on obtient d'abord sont toujours les plus gros , parce que les bois placés vers le centre se cou-» sument davantageé Les plus grands sont destinés pour 1« haut fourneau, les petits pour les fenit d'afilnerie, et la braise, autrement appelée les cœurs ^^ pour le grillage des minerais et la préparation de la chaux...

Âpres avoir tiré les charbons, on les laisse encoi'e une journée dans la coupe ^ pour s'^assurer quils ne contien-* nent plus de feu^ ntiais ensuite, il faut les enlever avec promptitude, sur-tout lorsque le temps est à la pluie. On doit exécuter le chargement et le transport des charbons avec ménagement, pour ne pas les écraser. On emploie^ pour le transport sur essieux, de longs paniers appelés bannes^ Il est essenti^ de prévenir la fraude des charbonniers et des voituriers , qui souvent uétrécissent les bannes avec des coins et des poutrelles, ou les serrent avec des chaînes et des cordages.

* Les cœurs sont les plus petits charbons <jui sont au centre de la meule. Le T.

4ia DEUXIÈME SECTION.

533. LVxpérience a prouvé qae les chai4)Oiis réce&H tnent sortis de la meule ^ bmient ayec plus de fiicârté et ^odiiisetit moins d'^effet qu^après avoir séjourné (pleines Mois dans les halles. Il est difficile d expliquer ce phéno* mène^ qtd ne dépend peut -être que dW arrangemeiat particulier de leurs fibres. M. Hassenfratz rapporte tm essai fait en décembre 1809^ dans un haiït fourneau des Ibi^es de Beauckarap^ avec des ciharbons frais «t des chafbons conservés deux années dans les halles. Les premieis portèrent moins de minerai et donnèrent ^-à égale quamtité de minerai^ une fonte moins cliaude. H ne parait pas que cet effet puisse être attribué à un changement de com|HH sltion survenu dans les halles; car les <5harbons trop cufts^ éteints spontanément ^ brûlent aussi avec une grande ra* pidité^ sans donner ^beaucoup de chaleur^ cependant il serait possible que le charbon frais contint une certaine •quantité de gaz oxide de cai4>one ou dVcide carboniqnei^ qui par la suite se trouverait déplacé par Fâir atmosphe^ rique. Cest peut-être à la présence de ces gaz qu'ion peut attribuer Finfériorité des charbons frais.

Quoiqu'^on ne doive pas user de*chari>on5 nouvellement cuits ^ il est cependant plus désavantageux encore de les eonserver long-temps en plein air. -L^humidité dé Fatmos* phère^ lorsquHls en sont pénétrés^ les détériore complètement: il faut donc les mettre' à couvert sous des hangars.

Ce n''est que dans des circonstances extraordinaires^ quand ^ pour des causes aecidenteDes^ on est obligé de donner un plus grand développement à la carbonisation^ qu'ion doit entasser et conserver les charbons en plein air. On place alors les plus gros entremêlés de branchages, pour consolider le système, vers la surface du tas^ maïs une grande partie s''écrase et le déchet est considérable. Si Fou construit ces tas dans les forêts, il faut choisir des emplacemens secs, aérés et non ombragés.^ mais il vaut

tnieux les ëtaUir à oàtë de Fusineyparce (pie les chtrboa^ ^î ont sejefime à Tair soat trop sujets k se briser dans le transport: on doit d^'ailleiiirs les couvrir pour les protegier contre la 'plnie^ ik seraient perdus sians cette précaution qui est indispensable. Les charbons frais -absoibent sou^ vent de ^o à 2»o p. % d^air et d-eau^ ert si on les laisse esposés long-temps à Fhumidke ^ leur poids peut devenir jusqu^à 5 fois aussi fort qn^il Tétait d''abord.

534* Le charbon végétal qui est d'une bonne qualité^ doit se consumer lentement à Fair atmosphérique^ «ans brûler avec flamme^ il ne doit être ni friable ni tachant^ il faut quHl soit dur^ compacte^ aigi^^ «onore^ d^une couleur noire parfaite^ d^une pesanteur spécifique moindre tjue celle de Feau^ enfin sa cassure doit être brillante et condhoïde.

Les métallurgistes sont encore divisés dans leurs opi*- -nions sur la qualité des charbons obtenus ^ dans des meulos et dans des fourneaux.

L'^opinion de Gamey sur les charbons obtenus par la distillation n'^est nullement fondée : ces chari)ons sont d-une excellente qualité ^ portent beaucoup de minerai^ et donnent ^ par conséquent ^ un haut degré de chaleur^ mais ils exigent naturellemeüt un vent plus fort^. En général^ FefTet des -charbons à volume égal dépend entière^ ment de leur pesanteur spécifique. Les charbons les plus lourds sont aussi les moins inflammables et demandent^

* n est possible qae le cKarbon provenant dWe lente distillation da bois , dans des vaisseaux dos , soit d^ime trés-boime qualité^ mais oe n'^«st pas ce procédé qu^on suit pour Tordiiiaire dans les &briqae8 diacide on de goudron , parce que le produit principal en serait diminué. On esit obligé de donner un coup de feu trés-ylolent, afin de terminer Fopération en cinq ou six heures ; le charbon devient alors léger comme celui qui , dans Tes meules , a éprouvé une chaleur trop intense ou trop prolongée.

Le T.

4l4 DEUXIÈME SËGTIOir-

pour brûler^ un vent plus rapide ou on air plus comprim^^ Les charbons pénétrés d^eau^ c^est-à-dire^ ceux qui ont éprouvé long-temps rhumidité de Fatmosphère (une pluie passagère ne leur fait point de mal)^ ne peuvent plus servir aux travaux métalluipques : ils ne brûlent qu^à force de vent ^ et toute la chaleur semble alors être employée à la vaporisation de Teau qu ils contiennent« L^eflFet des charbons dépend donc de leur siccité^ de leur pesanteur spé^ cifique et de la densité de Fair qui doit opérer la combustion. >

Page 1