DE LA TOURBE ET DU CHAEBON DB TOURBE
535. La tourbe^ dont la formation est si nouvelle ^ présente ^ comme on doit s'y attendre de nombreuses variations d^ns ses parties composantes et dans les effets quVlle produit^ comme matière combustible. Ces variations dépendent moins de la nature des plantes auxquelles elle doit son origine ^ que de son degré de compacité et de la présence des terres dont elle est souillée.
Beaucoup de tourbes sont si intimement mélangées avec des terres^ des sulfures et des phosphures de fer ^ qu on ne pourrait les en séparer ^ à moins de détruire le tissu et de changer la nature de ces combustibles. Elles contiennent quelquefois tant de pyrites quVn les utilise très-bien pour la fabrication du vitriol. DVutres espèces ne sont formées que de plantes , et ne donnent pour résidu de Tincinératioa que les cendres contenues dans ces végétaux. Cest cette grande différence dans la dose des terres combinées ou mélangées avec la tourbe , qui modifie Feffet qu^elle produit dan5 la combustion. Son inflammabilité et la chaleur quelle peut développer ^ dépendent donc de la pureté de sa composition et de sa pesanteur spécifique. D en est de très-légères contenant très-peu de matières combustibles sous un
DES MATIÈRES PREMIÈRES. 4l5
Tolume donné ^ et d^autres^ qui aussi pures que celles-ci ^ sont pesantes' et composées de filandres tellement serrées entre elles ^ que pcmr leur effet ^ elles peuvent égaler les bois blancs.
Cest d'^après leur plus ou moins grande pureté^ et lacompacité de leur tissu ^ qu'ion distingue les tourbes par la désignation de piciformes ^ limoneuses ^ papwacées et. filandreuses : cette division n'^est motivée par aucune raison scientifique. Souvent aussi elles tirent leur nom du lieu > d'oeil elles proviennent ^ parce quelles ne portent pas uû caractère distinctif qui puisse servir de base à une classifi^ cation raisonnée. On ne peut bien )uger de leur qualité . que par la combustion ^ elles sont dVutant meilleures . quelles s^allument avec plus de facilité^ qu'houes brûlent plus long-temps et qu^^elles laissent moins de cwindrés« Ik suit de là que les succès qu^on peut obtenir de Temploi dé la tourbe^ dans les travaux métallurgiques^ dépendent en grande partie des localités.
536. Ce qui précède peut expliquer les nombreuses contradictions quV fait naître la comparaison de leffet de la tourbe avec celui du bois. On ne devrait jamais oublier de faire mention dans ces essais^ ni de la pesanteur spéci^« fique du combustible^ après Favoir desséché à la. chaleur de Tébullition de Teau^ ni de la quantité de cendres qu'ail fournit.
La terre mélangée à la tourbe est nuisible ^ non^seulement parce que Tespace qui est occupé par elle^ pourrait Fètre par la matière combustible ^ mais aussi parce qu^elle retarde la combustion ^ en augmentant la quantité de cendrés qui empêchent le contact de Fair atmosphérique. La tourbe est en général d^autant plus mauvaise^ quelle est plus lé^ gère et qu''elle donne plus de cendres. Il en est qui contient une si grande quantité de terre ^ qu''elle ne peut servir k aucun usage.
4l6 DEUXIÈME SECTION.
537. La louri^e pure s^eniploie ayec beaucoup de suooès. pour toua ka feux de flatume. M. Wagner coaclut de ses expériences^ que dans les fours à tôle^ on use un peu plus de deux fois autant de tourbe que de bois^ mesurés au vblume« Desséchée^ on peut remployer pour refondre le fer cm^ mais on doit établir alors un tirage considérable dans les fours à réverbère* Elle est d'un trèsbon service dans le» Terreries et les manufactures de porcelaine« Ce sont ks localités^ le point de vue commercial qa^oh doit interroger sur la préférence que mérite le boii ou la tourbe. Au reste une des premières couditiotts de Tem^doi de ce combustible est une par£dle stccité.
538. MIVL Mushet^ Thomson et Bucholz ont £ûtdes expériences sur les quantités de charbon renfermées dans des tourbes.
Celles qui ont été examinées par Mushet.^ contenaient de o^i5i à 0^262 de charbon^ de o^^26 à 0^728 de substances volatiles dégagées par la carbonisation^ et de 0^022 à 0^121 de cendres« Si Vom admettait qu'il nya point Ae cendres perdues dans la carbonisation, il sW suivrait que ces charbons dé tourbe en contiendraient de
0,08 à 0^44 partie«
Une espèce de tourbe soumise à Texpérience par Thom* son, donna 0,24 de charbon, 0,01^ de cendres, et o^^4^ de parties ventiles. Le charbon ne contenait donc que 6 et demi pour cent de cendres.
Quatre espèces de tourbes analysées par Bucholz, donnèrent 0,255 de charbon, 0,21 5 dß cendres, et o,53 de pairies volatiles^ 0,19 de charbon, o,23 de cendres^ et o,58 de parties volatiles^ 0,1 65 de charbon, o,3o5 de cendres, et o,53 de parties volatiles^ 0,17 de charbon, o,3ö de cendres et o,53 de paities volatiles. Il s'ensuivrait donc que les charbons de ces tourbes contieu-
draient /\5 et demi , 54 trois quarts ^ 65 et 64 pour cent de cendres.
La tourbç donne par la carbonisation les mêmes produits que le boisij mais on en retire moins dWde, et presque toujours une certaine dose d^ammoniaque.
539. M. Chamisso a fait connaître beaucoup de plantes qui entrent danç la constitution de la tourbe. Il résulte surtout de ses recherches que ce combustible a été formé dans Feau douce et qu il s^ forme encore sous nos yeux. M. P(^gendorf trouva dans les cendres de la tourbe les mêmes corps qui constituent les^ cendres du bois:; mais outre Toxide de fer, il y rencontra aussi de Talumine qui ne se présente pas dans les cendres végétales^ on doit Fattribuer aux terres mêlées à la tourbe et proven'ant du sol qui lui donne naissance. Cependant les cendres des tourbes les plu^ pures, ne contiennent jamais des sek alkalins qui, à ce qu^il parait, ont été dissous par les eaux pendant la formation de ce corps.
Il existe de la tourbe qui renferme à peine i p. */, de cendres et qui, par une lente carbonisation, donne 26 à 28 p. y, de charbon, comme les fibres ligneuses qui n'^ont pas encore éprouvé de décomposition (488 — 4^^)^ Si un pareil charbon de tourbe ne vaut pas le charbon de bois, on ne peut en chercher la cause que dans la grande légèreté de ce combustible.
540. Lorsque la tourbe donne beaucoup de charbon^ on doit toujours craindre qu''elle ne soit souillée par une trop grande quantité de terre. Il n'en existe presque pas qui soit entièrement pure^ on en trouve souvent qui contient 10, i5, 20 p. Vl de terre composée presque toujours d'alumine mêlée avec un peu de silice, ce qui rend les cendres de cette tourbe extrêmement réfractaires et s'oppose à leur emploi dans les hauts fourneaux.
541. Les essais les plus positife sur l'emploi de la tourbe T091. I. 53
4l8 DEUXIÈME SECTION.
crue dam les hauts fourneaux^ sont dus à M. Wagner: 3 en résulte^ ainsi que des expériences qu'ion a faites dans un haut fourneau près d^Admont^ en Styrie^ au pied du mont Lichtmesberg et dans les usines royales de Malapane et de Creutzbourg ( Haute-Silésie) :
i"* Que la tourbe crue ne peut être substituée au charbon de bois^ que cependant on peut ajouter à ce charbon un tiers de bonne tourbe desséchée^ prise au volume ^ lorsque le fourneau est en bonne allure^
2** Qu on épargne par cette addition un cinquième ou un quart de charbon ^
y Que la grande quantité de cendres rend les laitiers visqueux et avides de fer^
4" Qu il &ut^ pour régler le fourneau^ cesser de temps à autre d'employer la tourbe ^
5*" Qu elle diminue le produit des minerais ainsi que la production journalière , et que son emploi n est pour cette raison d'aucun avantage ^ du moins pour les fourneaux^ qui avant la mise hors , doivent faire de longues campagnes. Ajoutons que la tourbe contient presque toujours des pyrites dont le soufre agit d'une manière nuisible sur les produits.
L'économie en charbon que produit l'emploi de la tourbe crue ^ ne peut offrir un dédommagement des dépenses qu'occasionnerait l'augmentation de la masse du combustible employé alors ^ ni de tous lesinconvéuiens qui résultent du mélange. Il n'est point douteux qu'on ne puisse employer la tourbe toute seule au traitement des minerais^ mais on en brûlerait une si grande quantité ^ que les frais de l'extraction du fer en dépasseraient la valeur: le travail serait ex« trèmement difficile^ les engoi^emens de l'ouvrage très- frequens et la fonte deviendrait blanche.
En tous cas^ c'est à l'état de charbon qu'il faudrait employer la tourbe pour le traitement des minéiteiis^ si elle
DES MATIÈRES PREMIÈRES. l^Tg-
coateaait assez peu de cendres pour laisser espérer-quelques avantages. M. Moser a &it tout récemment des expériences sur remploi de la tourbe dans un haut fourneau à Weissenhaid. Le succès a été tel^ dit-on^ que le charbon de tourbe produisait plus d''efFets qu^une égale quantité de charbon de bois résineux. Cependant le peu de durée de ces expériences doit inspirer quelque doute sur le résultat annoncé.
L^emploi de la tourbe crue pour T affinage de la fonte y n^a pas été heureux non plus. C^est encore à M. Wagner que nous devons à ce sujet des expériences précises. En ajoutant à la masse du combustible ordinaire^ un sixième en tourbe crue^ il n''a économisé quun dix-huitième de charbon ^ mais le fer est devenu brisant à chaud ^ et la fonte a subi un déchet très- considérable. Si la tourbe contenait une grande quantité de cendres ^ il se pourrait même que raffinage devint impraticable^ parce que tout le métal serait" employé à la vitrification des terres : il s'^ensuit que le charbon de tourbe ^ quoique préférable à la tourbe crue ^ ne donnerait pas non plus des résultats avantageux.
Quant à la possibilité d^employer la tourbe crue pour raffinage de la fonte dans les fours à réverbère^ on^e peut révoquer en doute ^ on trouvera souvent de ces combusti-« blés qui mériteront, pour cet usage, la préférence sur certaines espèces de houille.
Dans tous les travaux où il ne s''agît que de chauffer le fer, les maîtres de forges, lorsque peuvent avoir la tourbe à bon compte, devraient s''imposer Tobligation de remployer: à Tétat cru, elle alimente les fours à réverbère^ carbonisée, elle remplace le charbon de bois dans les feux de chaufferie, de casserie, de platinerie, de rebatterie de boulets , etc. , etc.
D^'après les expériences qu'ion a faites dans les forçes de Croutzbourg, en 1797^ le charbon de tourbe brûlé dans
un feu de chaufferie pour la fabrication de la verge crehe^ lée^ a rendu presque le même service quVne égale quantité de charbon de bois prise au volume. H faut ajouter encore que dans ces feux ^ la tourbe ct'iie comme le bois ^ brûlerait trop rapidement sans agir av£C assez de force sur un seul point ^ et que par le dégagement d*une si grande quantité de gaz qui absorberait une partie du calorique^ la chaleur deviendrait extrêmement passagère.
Les cendres de tourbe ^ si nuisibles dans le haut fourneau^ vu leur grande abondance^ produisent dans les foyers de chaufferie un bon effet^ elles sont vitrifiées à la chaleur blanche et fournissent au fer une enveloppe qui le prdt^ contre Faction de Tair^ sans augmenter le temps de réchauffement. Plus légère que le charbon de bois^ la tourbe carbonisée donne beaucoup de chaleur et de flamme dans un air qui-^n''a quVne faible pression : on pourrait donc^ en couvrant le foyer d'une voûte ^ employer plus utilement la chaleur dégagée.
N''ayant pu nous procurer de bonne tourbe dans la Haute->Silésie^ nous avons été forcé d^interrompre les expériences ^ mais je regarde conune un devoir de ma part de recommander Fusage des charbons de toiirbe pour les feux de chaufferie.
54^« Le sidérurgiste chargé souvent de Fextraction de la tourbe^ doit avoir des notions sur les procédés à suivre pour ouvrir et exploiter les tourbières^ il doit savoir coordonner les fossés d'écoulement^ diviser le banc ^ le déblayer^ Fattaquer à Fendroît convenable pour obtenir Fentaille la plus profonde^ et distinguer les saisons dans lesquelles ces travaux doivent s'exécuter. La tourbe coupée d'^après les dimensions prescrites^ est mise en tas ou en piles pour être séchée. et carbonisée ensuite ou conservée sous des hangars. Celle que Fou veut convertir en charbon doit avoir acquis un très-haut degré de sécheresse^ humide^ ellese
carbonise düScilement ^ subit un grand déchet et donne un mauvais produit.
543. On carbonise la tourbe dans des fourneaux^ dans des fosses ou en meules. La carbonisation en meules ou en. plein air mérite la préférence sur les autres méthodes^ parce que le charbon y reçoit une cuisson complète.
Pour carboniser dans les fourneaux^ on fait usage de vaisseaux en fer qu'ion chauffe extérieurement ^ ce procédé ^ quoique dispendieux^ ne donne pas de très-bons produits. On peut employer aussi des fourneaux construits en pierres et pourvus de grilles^ comme les ibumeaux qui servent à carboniser le bois^ mais il arrive souvent quWe grande partie du charbon étant trop brûlée ^ passe à 1 etat de braise avant que Fautre ait subi Faction du feu : car la tourbe ^ pour être parfaitement carbonisée ^ demande un d^é de chaleur plus considérable que a en exige le bois.
On carbonise aussi la tourbe dans des fosses ^ en faisant dans la terre un trou circulaire de 3 pieds de diamètre et de 3 pieds de profondeur^ on le remplit de tourbe quW y dispose de manière à laisser dans Faxe du trou ^ un vide de 6 pouces de diamètre. On place k la base de cette espèce de cheminée ^ du menu bois pour déterminer la combustion. Après que la fosse a été quatre heures à peu près en feu^ la flamme perce en dehors^ et les morceaux de tourbe commencent à s'^affaisser^ on se dépèche alors de les recouvrir de gazon et de terre pour étouffer le feu. Au bout de 24 heures^ le charbon est presqu^entièrement éteint. Mais il n''est guère possible que par cette méthode la carbonisation pénètre dans toute la masse du combustible. Ne pouvant diriger le feu , on obtient beaucoup de braise et de fumerons. D arrive souvent qu^un des c6tés est réduit en cendres ^ tandis qu''au point opposé ^ on retrouve encore de la tourbe crue.
Les morceaux de tourbe^ pour être carbonisés en mevrr
fyli DEUXIÈME SECTION.
les ^ sont disposés en tas réguliers ^ et de manière k ne Iai&' ser entre eux que le moins d^intervalle possible ^ cesi une raison de préférer cette méthode à la carbonisation dans des fourneaux ^ qiii sont presque toujours chargés tumultueusement. Les mottes destinées à être converties en charbon^ reçoivent des dimensions plus considérables cpon nW donne à celles qui sont brûlées à Fétat brut : les premières ont ordinairement 1 5 pouces ^e longueur ^ 6 de largeur et 5 d'^épaisseur : elles doivent ètre^ comme nous Ta- Yons déjà fait observer^ dans un état de siccité parfaite.
Les meules de tourbes sont construites et traitées de la même façon que les meules de bois ^ mais elles sont pins petites : il j entre tout au plus 5 à 6ooo mottes^ ce qui fait un volume de 1 5oo pieds cubes. On les allume à Faidè de bois résineux placés au centre de la base. Après avoir préparé la faulde^ on y dresse un mat autour duquel on range les morceaux de tourbe en cercles concentriques , et de manière qu''ils soient placés de champ et inclinés vers le centre. On établit au niveau de la base et sur les points cardinaux^ quatre galeries dont on se sert pour allumer la meule ^ pour fournir Tair nécessaire à la combustion^ et pour gouverner le feu^ elles sont assez spacieuses pour recevoir un morceau de tourbe entier. Afin d'^assurer la régularité de la construction ^ on attache à Textrémité dtt mat , une corde avec laquelle on trace les cercles concentriques, La rapidité de la pente quHl faut donner aux meules ne dépend que de la substance terreuse qui doit servir de couverture.
Lorsque la meule est construite ^ elle reçoit d^abord la première enveloppe composée de feuillage , de bruyère^ de mousse ou de gazo^ ^ et ensuite la couverture en terre ^ mais le sommet^ sur un espace d^un pied carré ^ reste à découvert. Ensuite on allume ^ à Taide dWedes galeries horizontales. On ferme les oui^reaux exposés au vent^ et on laisse
DES MATIlÉRES PREMIÈRES. 423
plus ou moins de jour aux autres^ aussitôt que la flamme pommençe à se montrer^ on couvre aussi le point culmj*r uant ^ et Ton pratique des soupiraux dans la calotte«
L^aspect de la fumée qui s^échappe par les ouyreaux de la meule ^ joint à la plus ou moins grande fiicilité avec la-*quelle on perce la tourbe au moyen dVne broche eu fer^ sert à faire juger du degré de cuisson.
Lorsque la carbonisation parait terminée^ on bouche les ouvreaux de la calotte^ on en fait une deuxième série ^ à un pied au-dessous de la première ^ et ainsi de suite ^ jûsqu^à ce qu^on soit arrivé au pied de la meule.
La tourbe doit être attaquée par le feu^ plus fortement que le bois ^ parce qu^elle brûle avec plus de difficulté^ cependant ^ il en existe dont la carbonisation ^ comme celle du bois^ demande beaucoup de ménagement« Les meules sont nettoyées^ et refroidies de la même manière que les meules de charbqn de bois. Si le travail a été bien conduit^ on obtient de 3o à 4o pour cent de tourbe carbonisée ^ prise au volume«
DU BOIS FOSSILE^ DE hk. HOUII^LE ET J>V COKE«
544- Les minéraux combustibles ^^ qui^ par la distillation^ donnent du charbon pour résidu i^ sont au charbon qu'ion en retire^ ce que le bois est au charbon de bois. Dé même que Rumford^ par suite de ses «expériences^ admet que le charbon est entièrement formé dans le bois ^ Proust a voulu prouver qull est aussi tout formé dans les subs»> tances charbot^neuses du r^ae minéral. Quoi qu''il en soit^ on ne Fobtient pas en entier ^ une grande partie de cette matière entre dans la composition des différens produits de la distillation.
Il paraît donc que le résidu doit son existence ^ non-^eu-r lement à la quantité de carbone contenue dans le corps ,
4ïi4 DEUXIÈME SECTION.
mais aussi aux proportions des divers composans^ et qaW' peut regarder le charbon^ tout aussi bien que les autres produits^ comme formé par la distillation. Les substances résineuses analysées par M. Hachett en fournissent un exemple frappant: mises en digestion dans Tacide sulfurique^ elles ont donné de o^4^ ^ ^'ßl ^^ charbon^ tandis que^ distillées dans des vaisseaux clos chauffés jusqu^au rouge ^ elles n'^en ont laissé que de o^ooS à o^o45. Le copal qui^ traité par Tacide sulfurique^ donne ^ diaprés ce même chimiste^ 0^67 de charbon^ serait certainement compté parmi les matières charbonneuses^ si ^ par la voie ordinaire^ on pouvait en retirer une si grande quantité.
En considérant que^ traité par divers acides^ un combustible ne produit pas toujours la même dose de charbon, et que certaines houilles en donhent par Tacide nitrique au-delà de leur propre poids ^ on doit être convaincu que les charbons obtenus par la voie humide ou par la voie sèche ^ n''ont pas la même composition. ^
La quantité de charbon retirée d^un combustible par distillation ^ dépend donc autant des proportions qui existent entre ses divers composans que du carbone qu'ail renferme: le bois qui^ diaprés les analyses de MM. Gay- Lussac et Thénard^ contient o^Ss de charbon en fournit o^sS à 0^27; tandis que le copal qui en contient^ 0^1 7 de plus ^ en donne beaucoup moins. La dénomination de matière charbonneuse^ appliquée aux combustibles minéraux d^une couleur brune ou noirâtre n''est pas exacte ^ parce qu^^elle parait supposer Fexistence du charbon formé dans ces corps, ce qui n''est pas mieux prouvé que J>our le bois et pour le copal. .
545. Les minéralogistes divisent la houille en houille brune*, houille noire et houille éclatante, ou anthracite}
* Houille brime , braunkohle. Le T.
Werner a}oute encore à cptte dÎTision le charbon minéral comme une quatrième espèce. Les transitions de Tune à Tautre sont insensibles^ il existe des échantillons qui lais-« sent toujours quelque doute sur leur classement : la raclure jointe à Féclat ne suffit pas toujours pour faire juger de remploi qu''on doit eu faire dans les difierens travaux mé-* tallurgîques. Il est probable qu^on ne trouvera jamais pour les houilles une classification qui puisse aussi indiquer leurs propriétés considérées comme combustibles,
Nous donnerons pour mémoire ^ trois tableaux de classification selon les systèmes actuels les plus connus: c''est-r à'-dire,} ceux qui ont été suivis par Karsten, Werner et Voigt. Ces systèmes sont établis, soit d'après des principes de géognosie, soit d''après un enchaînement de transitions, qui* lient ces combustibles d'un côté par la houille brune aux végétaux, de Fautre par Faathracite au règne minéral.