‹ Manuel de la métallurgie du ferChapitre 89 sur 104 · Ligneux · texte numérisé non relu

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Ces subdivisions n'ont de rapport qu à la forme exje-

(IV) Charbon de bois minéral.

tieure^ qui est soumise à des variations accidentelles. Une seule basée sur la géogn,osie parait caractéristique ^ c^est celle de la houille brune ^ parce que cette espèce est toujours de formation postérieure à la houille noire. L^une est plus jeune ou tout au plus contemporaine de la craie ^ tandis que Fautre est toujours plus ancienne. Cependant^ cette subdivision ne reposant que sur des caractères géognostiques^ est tout«- à -fait indépendante des propriétés de ces combustibles.

546. n n^est plus permis de douter que la houille noire et la houille brune ^ ne doivent leur origine à des plantes qui ,^ ensevelies sous terre et recouvertes par de nouvelle^ formations de terrain^ ont subi une décomposition spon-^ tanée. Les résultats de cette opération diffèrent de ceux que montrent aujourd'hui les substances végétales ou animales qui se décomposent spontanément^ cependant on peut expliquer ces différences soit par les propriétés particulières de ces corps ^ soit par les circonstances qui ont présidé à ce travail de la nature. Considéré sous le rapport de la concentration de la matière charbonneuse qui en est résultée ^ on peut le regarder comme une véritable carbonisation ^ inais cette concentration ne s^est pas toujours effectuée de la même manière: tantôt c'était Toxigèhe^ tantôt c'était l'hydrogène qui a été dégagé en plus forte proportion. Le charbon de terre se distingue donc essentiellement du charbon de bois obtenu soit par une élévation de température (488)^ soit au moyen dés acides^ parce que dans l'un et dans l'autre cas ^ la décomposition étant provoquée toujours par les mêmes agens^ ne doit présenter que des différences relatives à son degré de perfection. On peut même en conclure que la carbonisation naturelle ^ si on veut l'appeler ainsi ^ ne pouvait être produite ni par la chaleur, ni par un réactif quelconque, et qu'elle a été le résultat d'une décomposition spontanée.

547« n existe certaines espèces de houilles brunes qfta Ton confondrait sous tous les rapports avec la houille noire) si Ton ignorait leurs gisemens« Cependant il n''est point probable que la houille brune se changera un )Our eu houille noire ) ou que cette dernière se couTertira^ parla suite des siècles ^ en graphite ou en anthracite de terrains primitifs ^ quoique tous ces corps aient une origine Tégétale , et que les diverses espèces de houilles puissent encore se décomposer^ tandis que le graphite et Fhantracite sont les produits d'une décomposition par&ite.

548. Considérés sous le rapport chimique^ Fanthracite et le graphite sont des charbons purs ^ qui probablement ne contiennent ni oxigène^ ni hydrogène, et qu'*on trouve Seulement souillés par la roche qui les renferme. Ils ressemblent au graphite artificiel qu^on obtient dans les hauts fourneaux , bien que ce dernier ne soit pas mélangé avec des substances étrangères. Le charbon de bois, lors même qu'il est très-pur, diilere essentiellement de ces substances charbonneuses par une plus grande combustibilité due à la nature de son tissu. Si la combustibilité du charbon n était diminuée que par la présence accidentelle de corps étrangers, le graphite et le diamant qui sont des charbons purs, devraient être très -combustibles, et comme le contraire est connu, on ne peut expliquer la difficulté quon éprouve à les brûler que par la compacité de leur texture. C'est ainsi que des cokes durs et pesans , quoique bien purs, résistent souvent à un vent faible , et ne peuvent brûler que dans un air très-condensé. Les différentes espèces de charbon végétal même, présentent des phénomènes analogues. 549. Il paraît que les plantes qui ont donné naissance a la houille noire étaient des monocotyledons , tandis que la houille brune semble formée plutôt de dicotyledons. Celle de ces dernières espèces que dans les systèmes oryo-* tognostiqucs on désigne sous le nom de bois bituminfiûX

ûll de houille brune terreuse^ nous offre souvent des fibres ligneuses si bien conservées ^ qu^on pourrait encore reconnaître la nature des arbres auxquels elles ont appartenu. Dans les gîsemens de ces combustibles ^ on trouve souvent des feuilles et des fruits de dicotyledons.

La variété qu^on appelle houille limoneuse^ ressemble parfaitement à la houille noire : souvent même sa poudre est plus noire que celle de la houille ordinaire. Cest donc à tort qu^on donne à ces combustibles le nom de houille b]:une. La dénomination de bois fossile serait plus exacte^ et remplacerait aussi très-avantageusement le nom de bois bitumineux^ d^autant plus que le bitume nVst renfermé dans aucune espèce de combustible et qu^îl n est qu^'un produit formé pendant la distillation. On désignerait ensuite par les qualifications de fibreux et de conchoïde ^ le bois bitumineux ainsi que la houille brune commune. Le bois fossile fibreux forme la véritable transition entre les combustibles minéraux et le bois naturel^ tandis que le bois fossile conchoïde se rapproche , par ses propriétés physiques et par sa composition^ de celles des houilles noires qui contiennent le moins de carbone et le plus d'^oxigène,

55o. Il semble extraordinaire qu^ayant fait de si nombreux essais pour utiliser le charbon de tourbe dans les travaux métallurgiques ^ on nVit pas songé à employer le charbon di^ bois fossile. En voici la raison: le bois fossile fibreux contient en général une grande quantité de cendres^ et le bois fossile conchoïde se réduit par la carbonisation en petits fragmens. Les corps organiques soumis à la distillation ^ diminuent de volume ^ tout en conservant leur forme et une partie de leur cohérence ^ tandis que les corps inorganiques privés d^une ou de plusieurs de leurs parties constituantes ^ entrent en fusion ^ ou bien ils se réduisent en poudre. Le bois fossile ressemble sous ce rapport aux corps organiques ^ mais il est traversé comme la houille par

de si nombreuses solutions de continuité ^ qoe son charbon se trouvant très^-divisé^ ne peut servir à aucun nsage. Cest pour cette raison qu^on ne peut carboniser^ ni le bois fo»* sQe conckoïde ^ ni les bouiUes qui ne forment point par la distillation une espèce de gluten quï^ servant de dment aux morceaux de charbon ^. les réunit en plus grosses masses.

55 1. Quant à la densité^ le charbon du bois fosâle conviendrait mieux que celui de la tourbe^ pour la réduo tion des minerais de fer^ car le bois fossile fibreux donne un charbon qui ^ sous ce rapport^ ne diffère guère du charbon de bois dur^ et celui qu^on retire du boîs fossfle conchoïde ^ se rapproche de plusfeurs espècesr de cokes, mais nous venons dVn signaler les défauts. H existe toutefois du bois fossile d^un très -petit contenu de cendres ef qui conviendrait parfaitement pour ta carbonisation^ s^il se présentait en gisemens réguliers et s^il n'^était pas toujours accompagné dW bois fossile chargé d'aune grande quantité de cendres.

Pour les {eux de flamme et dans les fours à réverbère, le bois fossile est souvent préférable à la tourbe^ exceptons le bois fossile qui contient une une si grande quantité de cendres , qu^elle intercepte le courant d^air^ ce combustîbk brûle alors très -^lentement et ne produit qü^une feible chaleur.

552. n sera question plus bas de ta composition du bois fossile. Voici quelques données sur la quantité de charbon qu''on peut en retirer et sur son contenu de cendres. La carbonisation a été opérée à tfn degré de température moyen.

DES MATIÈiRES PREMIÈRES.

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