‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 103 sur 136 · DESCENTE DU VIEUX-CALEBAR. A:S · texte numérisé non relu

DESCENTE DU VIEUX-CALEBAR. A:S

On compte ég^deinent par barre au Vieux-Calebar; elle vaut 4 coppers *Vioo» ou 2 Tr. 50 c. de notre monnaie. Le princîpaL commerce du Vieux-Calebar consiste en huile de palme, en ivoire et en un peu d'or.

Les 100 gallons d'huile de palme, en 1844, étaient taxés à 106 barres ^iq, valeur équivalente à 160 francs.

Les objets d'importation sont le sel, sans lequel on ne pourrait trafiquer, les armes, la poudre, la verroterie, les étoffes, les spiritueux, les vins, le tabac, etc., puis tous les articles de fantaisie forn^ant les objets non nomenclatures des douanes.

La descente du fleuve offre plus de difficultés que lors* ues.-cnt« du neuve. qu'il s'agit de le remonter, et cela à cause des brises du large qui suivent généralement la direction du S. vers le N., variables au S. S. 0., au S. O. et à 1*0. S. 0. ; puis, au tournant que fait le fleuve à la pointe des Sept-Brasses, elles prennent la direction de l'O. N. O. et même celle du N. 0.

On a donc le plus souvent, pour descendre le fleuve, le vent contraire, et surtout lorsque les marées de jusant arrivent dans l'après-midi ; car c'est ordinairement vers une heure que se fait la brise du large. Dans la matinée, le calme ou la brise trèsfaible oblige d'attendre le jusant pour quitter le mouillage.

En outre, dans cette partie, depuis le Vieux-Calebar jusqu'à la pointe des Sept-Brasses, la rivière offre peu de largeur pour le louvoyage. On peut néanmoins le tenter, en se défiant toutefois du banc des Sept-Brasses, qui longe, comme nous l'avons déjà dit, la rive gauche du fleuve, et occupe la moitié de sa largeur.

Si les marées de jusant sont le matin, alors, avec le calme ou les faibles brises, on pourra se laisser dériver à la marée en se faisant gouverner par les embarcations, jusqu'à ce qu'on ait dépassé la pointe des Sept-Brasses. Dès qu'on a doublé cette pointe, il faudra rallier de très-près la rive gauche du fleuve, le courant de jusant portant sur le grand banc placé en face du fleuve du Vieux-Calebar, banc signalé, comme je l'ai déjà dit, par trois touffes d'arbres, ressemblant à des îlots.

Le courant qui, de jusant, sort de la rivière Cross, est trèsviolent; il se dirige quelque temps au S., puis, en se réunissant à celui qui est formé par le fleuve du Vieux-Calebar, à la

GOLFE DE BIAFFRÂ.

Rivière Little-Quà.

Rivit'r««H Littlc - B«ckasoy et Bockawy.

hauteur de la pointe des Sept^-Brasses, il pénétre atec rapidité dans le passage formé par l'Ile James et la rive gauche, où j7 serait trés-dangereux de se laisser entraîner, car, dans le S., ce passage est complètement obstrué par des bancs.

Ainsi donc, quand on commencera à se rapprocher de l'ile James, il sera nécessaire de ne pas trop rallier sa partie Nord avant d'être par le travers de l'ouverture de ce canal. Voici la meilleure remarque pour se maintenir dans le chenal :

Tenir la pointe de l'île James (celle du N.O.) et la pointé S. E. de nie aux Perroquets très-rapprochées, mais sans les fermer complètement l'une par l'autre.

Celte remarque de ne pas fermer les deux pointes iadiquces sufBt pour éviter le banc à droite, en descendant, et pour n'être pas entraîné dans le canal formé par l'ile James et la rive gauche, canal qui, dans sa partie Sud., devient un cuMe^sac et n'est pas franchissable.

Après avoir dépassé la partie Nord de l'Ile James, on fera route sur le milieu de l'île aux Perroquets, jusqu'à ce qu'on relève au S. la pointe S.E. de cette lie; alors, quand on sera à la hauteur de sa pointe du N., on longera sa partie Est par des fonds de 6» 6 ou S*» 1 à mi*marée.

Dès qu'on sera parvenu à la pointe S. E. de la même ile, on fera route à peu près sur East-Head, jusqu'à ce qu'on atteigne la rivière Little-Quâ, la relevant à TE., les fonds se maintenant toujours à 6"* 5 ou 7^ Z à mi-marée. Cette rivière est la troisième sur la rive gauche en partant de East-Head, et celle qui suit au S. la rivière Grande-Quâ. Là, on pourra faire le S. du monde jusque par le travers de la rivière Lilile- Backasey et même de la rivière Backàsey, qui, sur cette même rive, succèdent en allant vers le S. à la rivière Little-Quâ.

Avec le jusant et la brise favorable, comme nous TaTons supposé jusqu'ici, il sera préférable ensuite de se tenir un peu au large des brisants de l'entrée, par des fonds de ^^S ou de 8"* 1 , à deux tiers de marée de jusant, vu que les courants, dans cette partie» portent en partie sur les brisants mêmes. Li route de sortie varie alors du S. au S. q. S. E.

Si, dans la route, pour franchir ce qu'on appelle la barre, on s'est rapproche du onp Backàsey, on trouvera |>endant quelque

Kio-M:L.Hfc;v.

lemps des fonds de vase ou de sable vasard, varîani de &^ ^ ix T^ 3 ; mais on n'aura pas lieu de s*eii inquiéter en ponant au S., s'ils ne diminuent pas, etsj suriout on a dépassé l'extré* mité Sud des brisants de l'entrée.

Il faudra néanmoins être toujours prêt à s'écarter de cette rive aussit6e que les fonds viendraient à diminuer : mai& ceui. de 6*^ 5^ vase ou saUe vasard, se prolongent fort loin dans le S. quand, après la sortie, on denture dans TE* de Fembouehuredu Yievx-Calebar; puis ils au|[mement avec une grande rapidité dès qu'ib passent à &^ 1 , 9<» 7 en 1 1 mètres. On trouve peu apj*ès 16, 25, 32 mètres fond de sable , ce qui prouve que les peiila fonds ne se trouvent que sur le plateau de vase qui s'étend au S. du cap Backasey.

Cette ren^rque peut servir pour savoir si« en atterrissant, on se irottve dans TE. ou dans VÔ. de la rivière du Vieux-Calebar. Ck>mn]e je l'ai dit précédemment, dans rO.„ bien que les fonds dimisuent graduelleimeAi q«aii4 on s'approcbe de la c6te, ils se maîntiennent plus considérables (l^^ 13, 11, 9 et 7 mètres) à 3 roiJfes des brisants ; daas TE., à te «lème distance^ on aurait de 4»^ 5 à 6°» 1.

Si, dans la descente de la rivière, on est forcé de louvoyer (ce qui arrive d'ordinaire), on agira comme je l'ai indiqué pour remontei?, soAéant constamment et virant suivant le tirant d eatft, à. distance convenable, sur les deux rives, dont on re^ eoanuli l'approcha par la diminution rapide du fond et sa nature : en général:, ^-ase sur la rive gauche,, sable dur sur la rive droite, surtout à If enitrée du fleuve^

Le Vieux-Calebar, par la rivière Cross qui a son affluent à la hauteur de la pointe des Sept-Brasses, communique avec le Quorra par trois branches. La plus Sud tombe dans le Quorra au vilfege de Kirree, la plus Nord à Damuggo ou Adakuru. C'e^t par ces branches que les habîtants des villes d'Acricocket d*Egboshary, sur la rive droite de la rivière Cross, se rendent aux ng^rchés d'Idds^ et d'Ibo ou Eboé.

Du capBackasey la côte, basse et boisée, court à peu près à TE. l'espnce de 7 milles, jusqu'à une pointe basse et arrondie nommée pointe Backasey; c'est la pointe Ouest d'embouchure du Rto-del-Rey, dans lequel on trouve de bel ivoire.

Pointe Backas(>j.

402 GOLFE DE BÏAFFRA.

Poïntp Pesqueira. Ce fleiive, peu connu, a 5 milles de largeur à son enlrée; sa pointe Est d'embouchure, nommée Pesqueira, reste dans I E. 29^ N. de la pointe Backasey, et la côte court ensuite dans la même direction l'espace de 6 milles. Là, elle est coupée par une seconde rivière qui parait n'être qu'une branche du Riodel-Rey. Entre ces deux cours d'eau et à mi-distance, on en trouve un troisième peu considérable. Un petit ilôt est jeté en face des deux derniers que nous venons de citer. Ce point est le plus a» N. des terres du golfe de Biaffra , il est par la latitude N. 4*> 28' et la longitude E." 6*» 30' 56". De ce point, la côte prend brusquement la direction du N. vers le S., dominée au S. et au bord même de la mer par les montagnes de Camaraos, et, dans le N. E., par les monts Rumby, rejetés à 23 milles dans l'intérieur. Le Rio-del-Rey est situé à l'entrée

^*''*' R^j^'*^^'" d'une baie assez profonde, et il est dans sa partie de l'Ouest. On pourrait la nommer baie de Rio-del-Rey,

Quatre rivières, séparées par des terrains très-bas, se déchargent dans cette baie; trois à sa partie du N., que noos avons indiquées; une quatrième à sa côte de l'Est. La plus considérable et la plus à l'O. esi le Rio-del-Rey. J'ai nommé rivière Rumby celle qui est au N., sur la côte de TE.

Tout le fond de la baie est obstrué par des bancs sur lesquels la sonde ne rapporte que 1™ 8 ou 3"^ 2. Il existe cependant un chenal large de 2 milles dans sa partie la plus étroite, par lequel de petits navires pourraient pénétrer dans le Rio-del-Rey; sa profondeur varie de 4" 8 à 6" 4. Pour donner dans ce chenal, il faudra venir relever au N. 8° E. la montagne isolée, nommée montagne Quâ, et gouverner sur elle en la tenant à ce relèvement.

Mouuij.nf.yu« La montagne isolée appelée Quâ reste du pins haut pic des montagnes Camaraos au N. 20^ O., à la distance de 65 milles; sa hauteur est considérable puisqu'on peut Tapercevoir à 80 milles, ainsi que le dit le capitaine Owen. Le Rio-del-Rey parait couler dans la vallée profonde formée au N. par la montagne Quâ, et, au S., par la chaîne des monts Rumby, qui descend jusqu'à la côte par une suite de pics isolés, d'élévations diverses.

On pont mouiller devant le Rio-del-Rey, à 14 milles de la

RlVlftRK RIIMBY. 1C:{

pointe Backasey, par 16 mètres fond vase, relevant le pic do Camarâos, le plus élevé, à TE. 3° 30' S., et le pic le plus haut des monts Rumby au N. 40» E., la montagne Quâ au N. 8<> 30' Ë.

Dans l'intérieur du Rio-del-Rey on trouve les villages de viiiage» de Bo'fah Bottah et de Cesgué, situés tous deux à sa rive gauche, le premier à 10 milles de la pointe Pesqueira, le second à 22 milles. On assure qu'après une quinzaine de lieues de cours, cette rivière est barrée par des rochers et des cataractes.

On trouve aussi un village à sa rive droite près de la pointe Baekasey, village rapproché d'une crique qui fait communiquer le Rio-del-Rey avec le Vieux-Calebar par la rivière Baekasey, la première au N. de East-Head. Les bords du Rio-del-Rey sont habités par les tribus des Kalbongos.

Devant le Rio-del-Rey, le plateau des sondes s'étend jusqu'à la côte Nord de l'île Fernao-do-Poo, avec des fonds variables depuis 16 mètres qu'on trouve à 13 milles de la côte, jusqu'à ceux de 86 mètres qu'on rencontre à 2 milles du Gabo-Formoso, pointe N. O. de cette île. La distance de la pointe Baekasey au Cabo-Formoso est de 41 milles.

Du Tond de la baie de Rio-del-Rey la côte court à peu près au S., basse et boisée l'espace de 9 milles. Trois villages se trouvent dans cette partie; ensuite elle se creuse et forme un enfoncement peu profond dans lequel est un quatrième village, situé au pied des premières collines qu'on rencontre au N. 0. des montagnes de Camarâos. La pointe Sud de cet enfoncement sai>lonDcnx est aussi l'extrémité Sud de la baie de Rio-del-Rey; elle est peu saillante et formée par l'une des collines mêmes que nous venons de citer : elle reste de la pointe Baekasey au S. 50» E., à 18 milles. C'est la largeur d'ouverture de la baie de Rio-del-Rey qui, sur cette ligne, présente une profondeur de 9 milles jusqu'à la rivière Rumby.

Deux rivières ou cours d'eau se trouvent également sur cette partie de la côte : la première, que nous nommerons rivière Rumby, est la plus Nord ; elle est dans le fond de la baie de vui'^*^e?«"°**hite Rio-del-Rey, au N. du premier des quatre villages indiqués et ^^ «^"o^o'' " au S. d'un pic isolé, fort élevé, situé à 10 milles dans Tinté- Loiig.K.G»WîB"! rieur. La seconde n est qu une rivière sans importance.

Les deux pointes de la rivière Rumby, dont l'entrée reste dans

164 GOLFE DE BIAFFRA.

le S. 40<> 0. du pic central des monts Rumby» sont basses e( boisées; sa largeur à son embouchure est de 1 mille environ, ei« pour y arriver» il faut franchir le grand banc qui garnit toute la côte Est de la baie de Rio-<]el-Rey, qui s* étend dams le S. O. de la rivière jusqu'à la distance de 6 milles, distance où Ion ne trouve que 3"* 6 et 1»° 2 d'eau à la basse mer *.

Plusieurs bancs sont jetés en face de cette rivière et Ton ne trouve sur ces bancs que 0°^ 4 d'eau» il faut chenaler entre eux pour y pénétrer. A la rive gauche d*emboucbure, on voit dans le S. commencer une étroite plage de sable qui forme ensuite le rivage qui court dans cette direction. Unassezgrand village se trouve à l'entrée même de la rivière» et» sur la pointe arrondie, qui est sa pointe Sud d'entrée. Un pavillon écartelé blanc et noir fut arboré sur ce village quand les embarcations s'en approchèrent. Les cases situées ao bord de la mer étaient trèslongues et ^ien construites ; plusieurs pirogue» étaient halées sur la plâ^e» et les habitants paraissaient très-effrayés.

De l'entrée de la rivière on voit les deux rives courir parallèlement à peu près sur une direction N. £. l'espace de 4 milles Vi « Vues de TO. les deux pointes sont bien séparées» parce qu'elles sont situées à peu prèa sur le même méridien ; celle du N. est bien tranchée» tandis que celle du S. est obtuse et arrondie.

Les. deux rives sont basses et boisées » celle du N. n'offrit rien de saillant»

Sur la rive du S.» à 1 mille Vt de l'embouchure, on trouva un village moins grand que le premier» mais aussi bien construit ; il était situé au bord de la rivière et au S* d'un petit marigot coulant vers le S. E.

A 1 mille plus loin à peu près, on trouva l'embouchure d'un second marigot coulant aussi vers le S. E.; à 2 milles V4 au delà de ce marigot la rivière est divisée en deux branches par une ile jetée dans son milieu ; à ee point» elle parut barrée entièrement par un

• Nous empruntons la description de cette rivière à un rapport de M. Déçenès, iientenant de vaisseau, qoi îa fit visiter, en 1834, par des embarcations de la ChantpenoitB et de la Cigogne, soos les ordres de M. l^UYaoroux, enseigne de vaisseau, (Carton aO, pièce It, manusent du Dépét delà marine.)

MONTAGNES Ml CAMARAOS. 405

baoc sur lequel il ne restait que 0™4 ou 0^3 d'eau. Jusqu'à ce point, la profondeur avait été dans son milieu de 4'^ 9 ou de 4 mètres. Dans cette rivière, la mer marne de 0"> 8 près du point où elle se bifurque. ^

A la poime Sud de la baie de Rio-del^Rej, la côte s'élève et présente des pointes élevées qui terminent à ia mer des plans de montagnes singulièrement découpées et dominées par le pic de Hongo^ma-Lobah, le plus Nord et le plus élevé du groupe nommé montagnes de GamarAos; sa hauteur est de 4,197 mè- ****°**^^f ^' très, et on l'aperçoit, dans quelques rares circonstances, à 70 milles du large. Du sommet de ce pic, quand on le voit de rO., les terres descendent des deux côtés en pentes régulières. Son sommet est souvent couvert de neige. La base du groupe occupe une surface de 20 milles de diamètre et, presque jus^ qu'à son sommet, il est couvert de bois et d'une riche végétation ; du côté de TE., un sillon aride et de teinte brunâtre descendant vers la mer ressemble, à petite distance, à un Ht de lave. Le pic Mongo-ma-Lobah parait si énormément élevé, comparativement aux pics qui l'avoisinent, que sa pente ne parait pas interrompue et qu'elle offre l'aspect d'une vaste montagne s'élevant d'une base unique. Les monts Rumby, au contraire, présentent des pics heurtés et séparés; leur hauteur doit être également considérable puisqu'on les aperçoit à plus de 00 milles de distance ^

La direction de la chaîne de Camar&os est du N. au S. dans la partie située au N. du pic de Mongo^ma-Lobah ; elle est le S. S. 0. environ, au S. de cette montagne principale. A l'extré- HÛté Sud de la chaîne , on voit un second pic conique distant de 9 milles du précédent et bien moins élevé : on Tappelle lloogonna-Etindeb; sa hauteur est de 1,775 mètres.

Au pied du groupe sont répandues dans un grand nombre de villages les tribus des Bambokos, des Bakwileh et des Baton^ gos. La rivière Bimbia, qui s'embranche avec la rivière Cama-* r&os, située plus au S., contourne le pied des montagnes du côté de TE. et arrose la vallée comprise entre les monts Rumby, les montagnes de Camar&os, et une chaîne bien moins élevée

* Owen, foyage en Afrique.

466 GOLFE DE BIAFFRA.

qui court dans le N. E., et qui sépare la valiée de la rivière Bimbia de celle où coule la rivière Camaraos.

L'île de Fernao-do-Poo se trouve placée en face des montagnes Camaraos, à la distance de 8 milles Vs ; 1^ plns grands fonds qu'on trouve dans le canal qui les sépare sont de 65 mètres.

Les montagnes Caroarâossontles montagnes leplusNordd'une série de hautes terres, formant Tîle deFernao-do-Poo,rilha-do- Principe, l'ile San-Tboméetriled'Anno-Bom, placées sur une ligne dont la direction principale serait le S. 3ô''0.ouleS.33<'O., à partirdu pic Mongo-ma-Lobah. Celte singularité et les caractères volcaniques bien prononcés que présentent toutes ces terres pourraient faire croire qu'elles ont été produites par un même cataclysme violent de celte partie du globe. ne «ongo-ma- Lc pic Mougo-ma-Lobah est situé au fond du golfe deBiafTra, ut N. 4«>i2'4o|' à peu près à égale distance de ses deux pointes extrêmes, le LoBf. K 6«5i'6" ^^p Formose et le cap San-Joao. Il est presque sur le parallèle du premier et sur le méridien du second. Sa distance du premier est de 196 milles en ligne droite, il est du second à 182 milles.

Les vallées formées par les différents pics qui composent la (haine de Camaraos sont très*boisées. Ces pics sont au nombre de huit principaux formant la crête du groupe; plusieurs autres, moins importants, se trouvent au versant du S. et près du rivage. Les montagnes Camaraos, les monts Rumby et la montagne Quà dominent des plaines considérables.

De la pointe Sud de la baie de Rio-del-Key, la côte, comme nous l'avons dit, s'élève; elle est tantôt rocailleuse et abrupte, tantôt les falaises qui la forment sont garnies à leur pied d'une étroite plage de sable, des brisants paraissent un peu au large; elle se creuse et présente une baie peu profonde dont la pointe <'«p :«•• \ll^'^^„ Sud , nommée cap de l'Ouest (cap Avancé dans quelques instruc- Luiig E rsu'itt" lions), reste de la pointe précédente au S. 18° E., à 12 milles de distance.

Au M. de ce cap nettement accusé, la côte court du N. au S.; dans le S., elle prend la direction du S. 48° E. :' il est donc bien saillant sur la ligne de la côte et bien prononcé. Il esc coupé à pic, et, après s'être élevé en plan incliné jusqu'à une certaine hauteur, il descend eu pente douc^ pour s'unir

ILES AMBAS, MONDOLEH ET BOBYA. 407

a un terrain moins élevé ^ Ce terrain bas, que termine le cnp vers la mer, se relève tout à coup un peu dans l'intérieur et forme deux petits pitons coniques. Le premier est de moyenne hauteur, le second est très-élevé : c'est le pic Mongo-ma-Etindeb, nommé dans quelques instructions le Petit-Gibraltar, bien qu'il ne ressemble en rien au morne de ce nom.

De ce cap au cap Bimbia, extrémité Sud de la chaîne de Camaraos, la côte court au S. 60^ E., l'espace de 18 milles Vs* Elle est rocheuse, ondulée et présente çà et là quelques plages sablonneuses peu larges et peu étendues.

A 9 milles dans le S. 60<> E. du cap de l'Ouest, et presque sur le méridien du pic Mongo-ma-Etindeh, on voit une pointe assez saillante, très-près de laquelle existe un petit îlot rocheux, confondu avec elle quand on la voit du S.

Cette pointe, nommée pointe Batoki, est lapointeOuest d'une Bajo «le B«toki. petite baie, nommée baie de Batoki, au fond de laquelle se trouvent plusieurs villages situés au bord de la mer. On trouve 13 mètres d'eau à 2 milles V2 d^ la côte, et des fonds de 20 à 22 mètres à 3 milles dans l'O. de sa pointe Sud, nommée Lim- Pninif> umboii boh, qui reste de la précédente au S. 60° E., à 1 mille Vs > ^^ dans le S. 5° E. du pic Mongo-ma-Etindeh.

La pointe Limboh est aussi la pointe Ouest de la baie d'Am- B-ie dAmb«K. bas, dont la côte Nord présente plusieurs enfoncements, terminés par des pointes rocheuses garnies de roches et de brisants ; dans quelques-uns de ces enfoncements le rivage est sablonneux.

La côte Est de la baie est formée par une presqu'île surmontée de quatre petits mamelons, dont celui du S. est le plus élevé ; elle se réunit à la terre par une terre basse, étroite et boisée, qui se trouve à la partie du N. E. La pointe Sud de cette presqu'île reste de la pointe Limboh au S. 59° E., à 6 milles Va» largeur de la baie d'Ambas.

Sur le parallèle du mamelon central de cette presqu'île se rien Ambax. Montrouvent dans la baie les deux îles Ambas ou Ameh et Mon-

< Description de la côte d'Afrique, de Saint-Louis à l'iquateur, par feu Baodin, capitaine de frégate, à laquelle, dans ee chapitre, nous avons emprunté quelques renseigrnements.

doleh pl Bobya .

GOLFE DE BIAFFRA.

(loleh. Une troisième île, nommée Bobya, n'est qu'un rocher basaltique situé très-près de la côte Nord de la baie, et dans Je N. 26° O. de Fîle Mondoleh, à 1 mille Va de distance. Elle est entourée et prolongée par des récifs ou des roches qui s'en écartent à Va n^îHe environ dans le S. 0. On les appelle roches

Roches des Pirate». (JeS PirateS.

Ces trois iles forment à peu près un triangle isocèle, dont les côtés auraient 2 milles de longueur et la base 1 mille */$• L'ile Bobya est au sommet Nord de ce triangle. PoiDtedorAiguade. Uu quatrième Ilot fort petit se trouve près de la pointe où Ton fait l'eau; il reste à TE. 9« N. de Ttle Bobya, à Va mille de distance.

Mouiuagps. On mouille partout dans la baied'Ambas, entre les trois îles

dont nous venons de parler. Le fond est très-égal et les sondes varient de 16 à 11 mètres. On peut mouiller de préférence sur Je méridien de l'Ile Mondoleh , et dans le N. de cette île, relevant au S. 730 £. la pointe Nord de l'Ile Ambas ; ou, si l'on veut être plus près de la terre, on viendra, après avoir contourné les roches qui prolongent de Va n^îHe dans le S. l'île Bobya, jeter l'ancre en relevant celte île au N. 60*» O., et la pointe Nord de l'île Ambas au S. 37® 30' O., par 11 mètres d'eau à Vto de mille de la pointe de Taiguade.

La baie d'Ambas * est ouverte à la mer et exposée aux vents du S. au S. 0., qui y occasionnent une houle continuelle et rendent les communications difficiles, surtout en juillet et en août.

iiaMuj.iuieb. L'Ilc Moudolch, la plus grande des trois de la baie d'Ambas, a Va ïndle d'étendue du N. au S., et environ V3 de mille de l'E. à l'Ouest. Quelques roches, partie couvertes, partie décou^ vertes, se trouvent à sa partie du N., à 62 mètres environ de distance. Elle est abrupte, escarpée et couverte de bois. A sa partie du S., on voit un palmier rem<arquable. Une source existe à mi-hauteur de File. Le débarquement y est difficile.

Un petit village se trouve à son sommet. H est bien construit, et les cases sont, en général, assez grandes.

* M. Bouët-Willaumez, capitaine de vaisseau, et Owen, Description de la côte d'Afrique cl Voyage en Afrique.

On peut mouiller dans 1*E. N. E. de celte île, pour s'abriter des vents et de la mer du S. 0. Mais avec ces vents» Tapparetliage est souvent fort dirGcile.

L île Ambas a Vio àe mille du N. 15° E. au S. 15« O., et "« >««* ou

Ambas.

Vt de mille de TE. à TOuest. C'est un rocher presque dénudé, habité, néanmoins, par un grand nombre de pécheurs, qui n'y trouvent même pas, dans la saison sèche, l'eau nécessaire a leurs besoins. Cependant on y trouve en abondance descabfis et des porcs.

L'île Bobya est un rocher basaltique, séparé du continent "« »<>»»■'• par un canal large de Vio ^^ mille, encombré de roches, et dans lequel on trouve des fonds de 1" 8 ou de 2" 7. Cet îlot est plus peuplé encore que les précédents. Les cases sont cachées dans les anfractuosités des rochers, et les habitants passent pour être rapaces et féroces.

La pêche est la principale ressource de tous les habitants des îles. Le poisson est très-abondant dans la baie d' Ambas, et ils l'échangent contre les produits du continent.

La baie d' Ambas offre donc certaines ressources, et, de plus, on y fait à la basse mer, une eau excellente à la pointe rocheuse, située près du quatrième îlot dont nous avons parlé. A la haute mer, cette source est noyée. On se procurera aussi, au continent, quelques fruits et des ignames.

Sur le parallèle de la pointe Sud de la baie du Rio-del-Rey, piat«iu d« wDd«. on trouve un plateau de petits fonds, extrémité de ceux qui obstruent toute cette baie dans le Nord. Ce plateau s'étend à 5 milles dans l'O. de la pointe en question, distance à laquelle on trouve 4 mètres, puis les fonds augmentent graduellement; et, à 13 milles de distance sur le parallèle de la même pointe, on a 16 mètres, fond de vase noire.

Depuis cette pointe, en allant vers le S. et en contournant les hautes terres de Camar&os, la côte devient saine et accore. Dans la baie comprise entre la pointe précédente et le cap de rOuest, les fonds, à 4 milles de la côte, varieront de 8°> 1 à 14 mètres ; et, à 1 mille Va, on trouvera de 7 à 11 mètres sur le parallèle du milieu de cette baie; à 14 milles au large, on aura les fonds de 20 mètres, vase molle et visqueuse.

En arrivant sur le parallèle du cap de l'Ouest, les fonds

470 GOLFE DE BIAFFRA.

augmenteront rapidement, et la côte devient irès-accore. A I mille environ du cap, on aura 31 mètres, puis les fonds augmenteront irrégulièrement en allant vers TO.; ainsi, à 5 milles, on aura 37 mètres ; à 8 milles Vit ^0 mètres ; puis, à 19 milles, 65 mètres, fond de vase.

En continuant de contourner la côte dans le S. E., on trouvera des fonds inégaux, et variant à 2 milles de la terre, de S7 à 21 mètres, jusqu'à la baie d'Ambas. Sur le méridien de celle-ci, les fonds commencent à diminuera la même distance; ainsi, à 2 milles au S. de Tile Ambas, on aura 16 mètres; sur le méridien de l'Ile Mondoleb, à môme distance, 1 1 mètres, et les fonds iront en diminuant de plus en plus, à mesure qu'on s'approchera de l'embouchure de la rivière Bimbia, près de laquelle, en suivant de près la côte, on n'aura plus que ^^ 4, fond de vase.

^'""dTefacr/"^^'' Depuis le cap Formose jusqu'au Vieux -Calebar, le courant général, à une distance de 35 milles de la côte, est dirigé vers TE. ou du N. 88° E. au N. 85«E. Sa vitesse ordinaire est de 24 milles en 24 heures.

Mais, entre le méridien du Nouveau-Calebar et Fernao-do-Poo, on trouve aussi, à une distance de 50 milles, des courants, dont les directions sont très-variables. On en a rencontré portant au S. 85° E., au N. 31° E., avec une vitesse de 24 milles en 24 heures ^ Si l'on jette un coup d'oeil sur les tableaux des routes du chapitre II de cet ouvrage, on verra que, dans une traversée du Gabon au Vieux-Calebar, et dans la route de retour de ce fleuve à Ilha-do-Prîncipe, nous avons nous-même, en mars et en avril, rencontré des courants extrêmement variables, portant du N. et du S. vers l'O. ^, Il serait donc bien difficile de préciser quels sont, au large, les courants du golfe de Biaffra.

Il est probable qu'ils dépendent beaucoup des saisons et même des mois. En outre, ce golfe est la partie de mer où vient se terminer le courant de la Guinée Sud, comme aussi celui de la Guinée Nord , le premier dirigé, en gé-

1 Le capitaine A. Vidal, de la marine royale d'Angleterre. ^ Tome I" de ccl ouvrage. *

COURAiNTS DU GOLFE DE BIAFFRA. 471

néral, du N.N. E. auN. E., le second de l'O. versTEsl. De la rencontre de ces deux courants, animés Fun et l'autre d'une grande vitesse, il est présumable qu'il résulte de forts remous, de vastes tournants dans des directions diverses, et qu'ils ont lieu principalement dans l'O. de Fernao-do-Poo; car, sur la côte Est de cette ile et près de celle du Gabon, on éprouve d'ordinaire des courants portant au N. 0., depuis la baie de Panavia jusque dans le canal qui sépare l'île du continent. Le long de la côte du Gabon, à 16 milles de la terre, le courant général porte au N., avec 15 ou 18 milles de vitesse en 24 heures. Dans la partie de mer comprise entre le cap Formose et rUha-do-Principe, on peut dire, cependant, que le plus souvent les courants sont dirigés vers le N. E. ou vers l'E. N. E., avec une vitesse qui atteint fréquemment 23 milles en 24 heures ^

Entre rilha-do-Principe et l'Ile de San-Thomé, le courant le plus général est du N. N. E. au N.

Dans l'O. de l'Ilha-do-Principe et sur son parallèle, on le trouve souvent à l'E. N. E.; mais dans l'E. de cette île, entre elle et la côte du Gabon, sa direction ordinaire est le N. N. E.

Sur le parallèle de San-Thomé, dans l'O., à petite distance, on trouve le courant équinoxial dirigé vers l'Ouest. Au N. de cette lie, également à petite distance, on le rencontre encore assez souvent.

Mais, sur le parallèle et dans l'E. de celle île, on trouve des courants parfois dirigés à TE., el le plus souvent au N. N. E.

Entre San-Thomé et l'île d'Anno-Bora, sur le parallèle du cap Lopez, le N. N. E. est également la direction la plus générale du courant. Mais plus au S. et près de l'île d'Anno-Bom, on trouve presque toujours le courant équinoxial dirigé vers rO., qui enveloppe cette Ile.

Entre Anno-Bom et la côte, les courants sont souvent variables; cependant, leur direction principale est du N. 0. au N: E. par le Nord. Par exception, et surtout dans les mois de mai, juin et juillet, on trouve, à 60 milles du continent dans cette partie, des courants à l'E., à l'E. N. E., et môme au S., avec

> Voir les cartes des courants da major Rennel et da capitaine Vidal pour le golfe de Guinée.

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des vitesses variables de 6 à 17 milles en 24 heures. Ces courants ne sont qu'accidentels, et n'ont que peu de durée.

Après cette digression qui nous a fait suspendre k description de la côte, nous la reprendrons à la baie d'Ambas.

Nous avons dit que la côte Est .de la baie de ce nom éuîc formée par une presqu'île éuroite, et que la pointe Sud de cette presqu'île était la pointe Est de la baie.

Cette même pointe est l'extrémîté Ouest d'une petite baie Lat^y a^o'sr* irrégulière, dont la pointe Est, nommée cap Bimbia, est formée Long.E.6055>j6". par Ic dcmier piton Sud de la chaîne de Camar&os, qui descend à la mer par une pente douce et régulière. Le cap Bimbia reste de la pointe Limboh au S. 62° E., à 8 milles Vs* C*est une terre assez élevée et très-acoore, près de laquelle on trouve 0°" 4 et 6 mètres d'eau. Il forme la pointe Ouest d'embouchure de la rivière Bimbia, qui contourne dans TE. le pied du groupe des montagnes Canaar&os, et communique avec la rivière de œ nom par les deux criques Itfatumal et Mordeoai.

Dans la baie formée par le cap Bimbia et la pointe S. E. de la presqu'île de la baie d'Ambas, les fonds varient de 7°" 2 à 5">4,

Le cap Bimbia est la partie la plus Sud des terres de Canaràos.

Kocbe dueapBim^ Sur Ic méridien même du cap Bimbia, à 2 milles Va àe dis- ^"^ tance, Purdy, dans son mémoire sur Tpcéan Atlantique, indi-

que, d'après le commodore Owen, une roche couverte, qui brise quelquefois; auprès de cette roche, dit-il, et dans le passage qui la sépare de la terre, on trouve des fonds de 5" 4 et de 7"* 2; mais le fond sur la roche n'est pas indiqué. Mous n'avons pa trouver cette roche sur la carte du commodore Owen *.

Du cap Bimbia, que l'on peut considérer comme la pointe Ouest d'entrée de la rivière de ce nom, la côte court très-découpée, dans la direction du N. ôO^" E.» formant la rive droite d'entrée de cette rivière.

Foute wuiiam. 4^ 1q distaucc dc % dc mille du cap Bimbia, on voit une pointe assez saillante, uommée pointe William, dans le {^. N. 0. de la-

< fp'est coast of Àfrica, sheêt XIX; published at the Hydrographie Office of the admiralty. Loadon, 1S49.

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