GOF.FE DE BIAFFRA
Les habitants sont réputés pour être perfides et féroces, même par ceux de TileCoriscOy qui ne communiquent que trèsrarement avec ceux de la côte. On devra donc prendre des précautions, quand on se rendra dans cette rivière, où déjà plusieurs navires de commerce ont été pillés.
Les habitants de Corisco sont paisibles et d*un caractère assez doux ; ils apportent volontiers aux navires tous les vivres frais et les provisions que produit l'île, qui est fertile et bien cultivée.
En mouillant devant cette île, un navire peut «'y procurer un chargement de bois d'ébène ou de teinture, mais difficilement de rivoire. Oti peut, pour cela, mouiller dans TO. N. O. de la pointe S. 0. de Tile. Ce mouillage est assez tranquille, sauf à Tépoque de la saison des grandes brises de S. 0. qui régnent de juin à octobre. En prenant un mouillage plus tranquille dans rË. de l'Ile et sous son abri, on serait avec les tornades du S. E. en mauvaise position, si Ton venait à chaèser, à moins qu'on ne mouillât à gi-ande distance de Tile et dans le milieu du canal de Moondah, pour avoir de la chasse au besoin. On serait alors très-loin du village de Coriâco, à 6 milles environ. Néanmoins, avecde bonnes amarrée, on pourrait mouiller à 2 millos environ de la côte Ouest de Corisco, à peu près sur le parallèle du milieu de Tlle.
Les villages qui se trouvent près du cap San-Joao sont sous Tautoritc du roi de Corisco. Hais lés autres villages qui se trouvent dans la baie sont hnbités par des tribus de Majoombas, race sauvage et fort lâche, que les gens de Corisco nomment lesEinlIamen.
Les jgens de Corisco recherchent principalement les effets confectionnés et le tabac. Le tabac surtout est d*un très-bon débit, ce qui m'a paru singulier, en ce qu'il n'en a que fort peu au Gabon qui est voisin de cette Ile.
Là traite des esclaves se faisait encore, en 1842, dans la baie de Coriâco et dahs les rivières qui s'y trouvent.
Nous avons, dahs les renseignements qui précèdent, utilîsé en partie ceux qui nous ont été communiqués par M. le capitaine Cousin, qui avait une longue expérience de la navigation dans ces parages, et aus^i reux que lious avons pu obtenir d'un pilote local, nomme Acandah, qui nous accompagna depuis le
Gabon jusqu'à Banoko, ()aus Tannée 1^2. Ce pilote paraipisf it conoaitre p^rfailjemenl touie la côte.
Nous avons parié dq plateau des sonde? à la hauteur du cap pi«ieau des sonde» San-Joao. Sur le parallèle de Tlle Corisco, sa limite, où Ton trouve de^ fonds de vase de 319 mètres^ pa^se à 19 milles de l'Ile, et la largeur du plateau est à peu près la même dans toute la partie Sud de la baie jusqu'au cap Esteiras, sur le parallèle duquel elle passe à 24 milles, distance où l'on a 270 mètres, ibud de vase. Peu- après, vei-s l'Q., on perd Je fond à 457 iT|ètre^.
A la limite du plateau, on passe brusqjuemen^ des fonds (}e 319 ou de 279 mètres à ceux de 97 et de 120 mètres. La sonde ej^ui^ ^diuiinue^ lorsqu'on courjLversja /i)aie, mais sai^s une grande régularité jusqu'aux fonds de 29 ei de 25 mètres, qu'on trçuve à 5 milles dans l'O- de niejCQrisco, ou de l'accoredes b^Acs qui la suivent dans le Sud. Leur nature partout est vs^se, 01, quaud on ne voudra pas mouiller, il ne faudra pas, en général, prendre des fonds inoiudres que ceux indiqués en dernier lieu en naviguant dans ce parage.
Sur le parallèle du cap Esteiras, à 18 milles de la terre, on Gourant. t^Quye le courant général dirigé vers le Nord. C'est le courant de lu Guinée méridionale. Mais, sur le parallèle de Tile Corisco, et à h (jl^istance de 13 milles, on le trouve portant au N. £., et à peu près directement sur le cap San-Joao. Sa vitesse varie de 1 à 2 millçs à l'heure. •
Du cap Esteiras, la côte décrit vers TO. une coufbe pei^ prononcée qui se termine à 8 milles, par le cap Santa-Clara, pointe Nord d'emboucbure du fl^euve du Gabon. Le faux cap Esteiras est la partie la plus saillante de cette courbe, et il est en ligne droite, distant du cap de ce nom de 3 niilles Vio* De ce point au cap Santa-Clara, la côte court environ au S^ V». E.
La côte entre le cap Esteiras et le cap San^tanClara présente parfois un rivage sabonneux étroit, dominé par de petites falaises rocheuses d'une teinte brune-rougeâtre. Biais, vers le cap Santa-€lara, la plage cesse de se montrer et les arbres paraissent au bord de la mer. Toute cette côte qui forme la partie Ouest de la presqu'île Esteiras est couverte de bois, et les plus élevés, formant une espèce de monticule, se trouvent sur le faux cap Esteiras.
518 GOLFE DE BIAFFRA.
Un plateau de petits fonds la garnit dans toute son étendue» et s'en écarte à Vio de mille environ. Les fonds y varient de 3" 6 à 4"* 5; quelques roches brisent au pied de la côte. A 1 mille ou à 1 mille Vs» on trouve des fonds variables de 10 à 13 mètres. Mais souvent le fond accuse des roches, et il ne faut jamais mouiller dans les environs de cette partie de la côte sans s'être assuré de son espèce. La limite du plateau des sondes passe de la côte à 22 milles, distance où Ton a les fonds de 270 mètres, vase, tombant rapidement à 120 mètres dès qu'on court sur la terre, et diminuant d'une manière graduelle, sans qu'elle soit toutefois régulière. Jusqu'aux fonds de 41 mètres, l'espèce du fond est de la vase. Mais, au-dessous, on commence à rencontrer çà et là des plateaux de roches.
La côte Ouest de la presqu'île Ésleiras peut se voir à 18 milles de distance. Lorsqu'on viendra chercher l'entrée du Gabon, ce seront les premières terres qu'on apercevra. Deux criques et quelques villages sont sur celte côte. On peut, au besoin, se procurer à ces villages des pilotes pour le Gabon. Fleure du Gabon Lc flcuve OU TEstuaire du Gabào, dont nous avons francisé l'orthographe, et que les indigènes appellent Mpoongwho, est devenu français depuis 1843, époque à laquelle, d'après les ordres de M. Bouët-Willaumez, alors gouverneur du Sénégal, le capitaine de frégate de Monléon, commandant le brick le Zèbre^ * y établit un comptoir fortifié, sous le nom de fort d'Aumale.
Les deux rives du fleuve avaient été précédemment cédées à la France par des traités passés par M. le 'capitaine de vaisseau Bouët-Willaumez avec les difTérents rois des populations voisines. Ce comptoir n'offrit aucune difficulté d'établissement, mais nécessita de nombreux travaux de défrichement et de mouvements de terrain.
Nous devons à l'obligeance de M. Ploix, ingénieur hydrographe de la marine, qui, dans l'année 1850, a fait le plan du Gabon, la description suivante de ce fleuve, à laquelle nous ajoutons nos propres observations , et souvent encore celles de M. Fleuriot de Langle *.
* On trouvera une description très-dctaillée de ce fleuve par M. Fleuriot de Langle, dans la Description nautique de !a côte ocvidcntaïe d'Afrique, de