‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 27 sur 136 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

COTE DE SIERRA-LEONE >

Nous avons déjà décrit dans le chapitre précédent l'île neTumbo, Tumbo , séparée seulement de la grande terre par un étroit canal, garni de roches et presque à sec à basse mer.

La côte au delà de cette île se creuse profondement , courant à TE. N. E. l'espace de 5 milles. Elle prend ensuite la direction du S. E. jusqu'à l'embouchure de la rivière Mellacoree.

Trois rivières existent dans cet entoncement, mais toutes sont rendues d'un accès difficile et sont seulement praticables pour les petits caboteurs » en raison du plateau de vase qui s'étend au large de la côte à 7 milles environ , et à i'accore duquel, à cette distance on ne trouve que des fonds de 5°^ 4. La limite de ce plateau est assez irrégulière, et les petits fonds qu'on trouve sur le plateau même sont aussi très-variables depuis 3°» 6 jusqu'à 0™ 8, qu'on a près de la côte et aux accores de bancs dont la plupart assèchent et forment les deux côtés de l'embouchure des rivières.

La première au N. se nomme Tannaney. Elle n'est accès- R'^ière Twinancy. sible à mer basse que pour des embarcations, et son cours n'a pas été exploré. On trouve seulement 0°* 8 et 0°* 4 à son entrée.

' À nos observations personnelles nous avons ajoaté, dans ce chapitre, plusieurs renseignements tirés de la Deteription de la côte d'Afrique^ de Saintlouis à ViquateuT, par feu Raudin, capitaine de corvette, ouvrage inédit que possède le Dépôt (carton 60, pièce n» 28). Nous avons pris aussi quelques renseignements dans le Mémoire de Purdy sur l'océan Atlantique , puis aux Sailing Directiom for the fVestem coa$t of Africa.

COTE DE SÏERRA-LEONE

Rivière Mahoeob.

Maréf. établissement.

La rivière plus au S., nommée Mahneah, présente une embouchure large de 1 mille Vs environ.

La côte, qui depuis la rivière Tannaney court au S. E. sur une étendue de 4 milles 74» se dirige brusquement à TE. l'espace de 1 mille Va jusqu'à la pointe de la rive droite de la rivière Mahneah, et remonte ensuite dans la direction du N. N. E. La rive gauche, qui ne présente aucune pointe saillante, court au S. à peu près.

Les deux bancs qui garnissent les rives courent dans le S. 0. et assèchent à basse mer dans une étendue de 3 milles. Cette rivière est à 12 milles dans TO. de la pointe Tumbo ; mais pour atteindre le canal d'entrée il faut l'attaquer beaucoup plus par le S.

Après avoir reconnu les lies de Los, ou en partant du mouillage de ces lies, on fera route à l'E., tenant à TO. la pointe Sud de Factory ; lorsque à cette route on trouvera des fonds de b^ 4, on sera à l'accore du plateau des petits fonds, qui s'étend à 5 milles ^/^ de l'embouchure. On apercevra de cette distance l'entrée de la rivière, reconnaissable ù une coupée dans les arbres qui couvrent la côte, partout basse et boisée. Si l'on a bien conservé la route indiquée, on relèvera cette pointe Nord d'entrée à l'E. 37** N. On gouvernera dès lors à l'E. N. E. Va N. pour venir reconnaître le banc qui prolonge au S. O. cette pointe. Les fonds à basse mer varient depuis 5" 4 qu'on trouve à l'accore extérieure de la ban^e jusqu'à 1» 6, fond qu'on trouvera à sa limite de l'Est. Dès qu'on sera en vue du banc qui forme le côté droit de la passe on le ralliera à la distance de Va de mille pour franchir la barre par le plus grand fond possible. Une fois en dedans, les fonds seront de 1°> 8 à 2 mètres dans la rivière, et il suffira de se tenir dans son milieu pour chenaler. Mais tout bateau calant plus de 1" 6 s'échouera à basse mer dans la rivière. Le fond en général est vase. Sur la barre il est vase noire, parfois mêlée de coquilles.

Le jusant dans cette rivière est fort rapide; mais, ainsi que le floty il porte dans la direction du canal.

L'élabyssement e»t 7 heures 40 minutes. La mer marne de 3" 5. La vitesse du cmirant est de 2 milles avec le Bot , df. 3 milles avec le jusant.

mVIÈRË MOUEBIÂII. 1I&

La miëre Morebiah esta IBmilles eAvîk'OA dans TE. S.£. ViS. BivièreMortbiAii . de la pointe Sud de l'Ile Factoîy , et à t milles dans le N. de Vile Matacong.

Le banc de sable vasard qui garnit la rive gauche de la rivière Mahneah longe toute la càte qui court eii s'a^rondisldnt jusqu'à la pointe de la rive droite de la rivlète Morebiah. Il s'en écarté à 7 milles au large. A son accoré oïl trouve 5" 4. Maïs, dans le S. 0. de l'embouchure de cette dernière, il se créilsè \eH TE. et forme une sorte de baie, de façon à diminuer beaucoup de largeur et à permettre de venir facilement reconnaître les deux bancâ de sable qui forment le chenal.

Le banc du N. court danfe la direction du S. 62° O., à partir de la Hve droite, et se prolonge au large l'espace de 3 milles environ . II assèche dans cette étendue à basse mer et présenté deux plateaux séparés par un petit canal. Celui du S. court aii S. tl° O. re&pace de 4 milles, en partant de h rive gauche. La il se coude bnisquement et prend la direction du Sud. Il est formé de sable noir. Plusieurs parties assèchent à bâtôe mer et d'autres points brisent le plus souvent à toute heure de la marée. Il descend ati 9. jusqu'à l'île Matacong, présentant des profondeurs variables de 0*» 8 à 3 ihètrès et fort irrégttlières. Dans cette partie sa nature est vase. En venant du large, les fonds de 16 mètres qu'on trouve à 14 milles de terre diminueront graduellement jusqu'à cetiX de 6*» 4 qti'on tt-ouve à 7 milles.

Pour attaquer cette rivière en venant du large, on pourra reconnaître les lies de Los ; puis on viendra relever au N. 64° O. la pointe Sud de Factory, faisant route au S. 64° Ê. A cette route les fonds diminueront graduellement de 18 mètres à 7°^ 2, et, si l*on trouvait moins de 7 mètres, il faudrait venir un peu sur tribord : ce serait une preuve qu'on é'approche trop du plateau dés petits fonds. Quaiid oh s'estimera à 12 mifles de Factory, où Verra, si Ton a bien conservé la roiite, droit devant soi l'île Matacong , couverte de grands arbres dont une touffe plus élevée que leâ autres est surtout remarquable et se détachera un peu des terres de la côte par sa couleur plus sombre. On en sera environ à 10 milles. On continuera à la maintenir droit devant, gouvernant au S. 64° E., jusqu'à ce qu'on relève au N. 49° E. la pointe de la rive droite d'entrée de la rivière.

120 COTE DE SIERRA-L^ONE

On aura des fonds de 7^ 3 et on sera à 7" Va de l'île Malacong. Dès lors on gouvernera au N. 49° E., l'espace de 2 milles, sur la pointe Nord d'entrée, et on mouillera par un fond de 6 mètres à Taccore extérieure de Ja barre, relevant la pointe Uord de la rivière au N. A9^ E.; le coude que fait la terre, entre la rivière Mahneah et pelle de Moret^iah, au N. q. N. E.; à l'E. ^S» N., h pointe S. E. d'entrée de la rivière, et le milieu de l'île Matar cong, au S. 50'' E.

Lorsque la marée et la brise seront favorables, c'est-à-dire avec la moitié du flot op les trois quarts suivant le tirantd'eau, on s'engagera sur la barre où Ton trouve à basse mer de 2"^ 2 à 3 mètres : elle a ^ milles ^/a d'étendue. On fera route au N. M. E. jusqu'^ ce qu'on relève à TE. IS^N. la pointe S. E. de l'entrée de la rivière. Pès lofs la route sera sur cette pointe en la tenant à ce relèvement. On s'engagera ainsi entre les deux bancs qui forment le chenal et ne sont dans lefir partie de TO. qu'à Is) distance de ^/lo de mille.

Il faudra dans les routes indiquées se rappeler que le flo( porte en partie sur le vaste banc qyi fofoie le côté S. E. di^ canal. Mais ces bancs asséchant à basse mer et n'ayant que fort peu d'eau à haute mer » leur limite est facile à reconnaître. Lç jusant porte également s)|r ces bancs et il faudra y prendre garde lors de la sortie.

A 1 mille Vs de la pointe S. fl. d'entrée on sç tiendra au mi7 lieu du chen^ à égale distance des deux bancs, et la barre franchip on trouvera les fonds de 4 mètres, abstraction faite de ta marée. Dans quelqui^s parties du chenal le fppd est sable.

Une fois la pointe S. E. dpublée, on tiendra le milieu de la rivière qui durant 7 milles sefnble ne présenter aucun danger. Les fonds varieront de 7 à 11 mettes.

^"''^iah *'**'*^' A 1 ipille Va de cette pointe, on verra à la rive gauche un marigot sur les bords duquel s'élève le village de Morebiah \ et, à 1 mille plus loin sur la même rive^ un second marigot.

Au delà de ce dernier et à 3 milles Vs en ligne droite de l'embouchure , s'élève brusquement du bord de la rivière une masse de rochers de granit ' qui a 12 mètres de hauteur. Ellç

• Sailing DirectioM for the ff'eittm eooit of Afriea.

ILE MATACONG.

a 360 mètres environ de circonférence, et, au dire des gens du pays, de semblables masses sont répandues sur la plaine jusqu'aux montagnes de Sangareab, qui sont, assurent-ils, de même nature. Après avoir dépassé cette masse de granit, on passera pour chenaler sur la rive droite, en la suivant d'assez près. La rivière Horebiah n'a été étudiée qu'à la distance de 2 milles Vs au delà de la masse de granit indiquée. A cette distance elle jreçoit sur ces deux rives plusieurs marigots^ et |a profondeur est de 7" 2 à basse mer.

L'établissement est 7 heures 40 minutes. Dans les grandes marées la mer marne de 3™ 36. Cette rivière, bien que barrée, à son embouchure, est donc accessible à d'assez grands navires f:i parait avoir une certaine importance.

L'Ile Matacongy séparée du continent par un canal large de %o<l6 niille qui assèche à basse mer et daps lequel des bateau)(^ jseuls peuvent passer à marée haute , a une étendue de 1 mille de TE. à l'O. sur Vio àe mille du N. au Sud. ïJUe présente une hauteur à pente très-douce, couverte d'une riche végétation qui contraste par son élévation, bien qu'elle soit médiocre, avec le$ terres basses et marécageuses qui Favoisinent.

Elle est composée en grande partie de laves et de scories. ferrugineuses oflrai|t sur les ppints culminants de grandes fractions granitiques.

Vue du large, up grand arbre plus élevé que tous les autres la fait reconnaître. H est situé dans la partie Est de Tlle, et du côté du Mord. Le sol de cette lie porte comme celui des lies de Los, auqfiel il ressemble, des traces volcaniques non douteuses. Dans sa partie du S. E. un petit marigot la traverse et en sépare une petite lie basse, mais couverte de grands arbres en face de sa c6te Ouest; à la pointe du continent, deux autres petits Ilots boisés ({ominent le plateau de vase qui assèche et la réunit, au gré des marées, à la grande terre.

Cette Ile est la propriété d'un négociant juif nommé Isaac, établi à Sierra-Leonei Elle n'appartient pas aux Anglais. Nos navires de commerce la fréquentent beaucoup. Elle est un dépôt central du commerce d'arachides de la côte de Sierra- Leone.

I^'habitation est bâtie suf le côte Nord de rilo, dans son

Morées, éUiblisi ement.

Ile MotacoDg.

COTE DE 31EIIRÂ*LE0NE

IjH Maison, 1^1. N. 9* 16' 10".

Long.0.15'»4ft'44".

Var. N. 0. 19° 49'.

milieu et au fond d'une petite anse circulaire. On y a ctabH une grue pour le chargement et le déchargement des grandes pirogues ou bateaux qui font le cabotage.

La côte Ouest de l'île est garnie de ibrisants. Un long récif formé de roches court dans TO., environ à 1 mille */« de la pointe S. O. de Ttle, formant un plateau d'une assez grande étendue. Le plateau de petits fonds, sur lequel on ne trouve que de 3 à 4 mètres , s'étend dans l'O. de Tîle à la distance de 2 milles Vio* ^ ^^ accore on a 6 mètres.

Sur le parallèle de l'ile, on trouve, à 6 milles de distance, les fonds de 9 mètres; à 14 milles, on a ceux de 22 mètres; à 83 milles, ceux de 30 mètres irréguliers ; à 47 milles, ceux de 36 mètres ; à 90 milles, ceux de 200 mètres. La diminution est très^raduelle depuis les fonds de 18 mètres jusqu'à l'accore du plateau de 3 à 4 mètres.

Mouillages. Lorsqu'ou veut mouiller aux environs de cette ile pour

communiquer avec elle, il faut venir relever au S. 83® E. la pointe N. 0. et faire route à ce relèvement en sondant sans cesse jusque par les fonds convenables pour le tirant d'eau. A 4 milles dans cette direction, on aura 6" 4 ; à 2 milles Vio> ^^ aura 2*"8 ; à 2 milles, 2 mètres ; en s'approchant plus de l'île, on trouverait des fonds de 1 mètre à 0" 8.

En se plaçant de manière à relever la maison au S. es*' E., les petits caboteurs pourront s'approcher de l'Ile à 1 mille Vs» et mouiller par des fonds de 1^2. Le fond partout est vase noirâtre.

Aspect de la côte. Toutc la c6te des lies de Los à Matacong et de Matacong à Sierra-Leone est très-basse, fort boisée et sahs points de reconnaissance un peu saillants. Elle parait formée do terrains d'alluvion principalement.

Le contraste que cette côte présenté à la vue, suivant les différents états de l'atmosphère, est fort remarquable : avec le temps clair, on voit à grande distance les îles de Los, les hautes terres des monts Soozees, les grande arbres de la côte et en saillie l'île Matacong; avec le ciel brumeux, on n'aperçoit plus qu'une côte basse et bordée de palétuviers, et çà et là une coupure indécise indiquant l'entrée de quelque rivière.

Dans le vaste enfoncement dont les îles de Los seraient J.a,

RIVIÈRE FORËECARREÂII. 123

pointe N. O. et Vi\e Matacong la pointe S. £., ii n*existe aucun danger détaché. On peut s'approcher de la côte sans difficulté, les fonds diminuant graduellement et offrant toujours un bon mouillage ; elle est accessible, en général, jusqu'à la distance de 6 milles, même pour d'assez forts nairires. Cette distance est suffisante pour distinguer la terre et reconnaître parfois l'emboncbure des rivières.

De la pointe de la grande terre, située an N. £. de Tlle Matacong, la côte, en se creusant légèrement, court l'espace de S milles 3/|0 à l'Est. Là se trouve une large coupée, qui est l'embottchure de la rivière Foreecarreab , dirigée vers le Nord, mvière Fomcar Lu terre qui forme la rive Est de cette rivière court au S. en formnnt quelques ondulations , puis se coude vers l'E. pour former la rive droite d'entrée de la rivière Mellacoree.

Depuis Matacong, l'accore du plateau des petits fonds court an S. environ l'espace de 10 milles, puis elle court vers TE. n> joindre la pointe Nord d'entrée de la rivière Mellacoree. Il en résulte que toute l'embouchure de la rivière Foreecarreoh est obstruée par ce plateau. A basse mer, on n'y trouve que des fonds variables depuis 3™ 6 jusqu'à 1° 8.

Plusieurs parties de ce vaste plateau assèchent surtout près de la côte voisine de Matacong, qui, dans toute son étendue jusqu'à Tembouchure du Foreecarrcah , est prolongée par des bancs de sable et de vase s'étendant à plus de 3 millesan S. de cette embouchure.

L'entrée de la rivière a plus de 2 milles de largeur, et le plus faible sondage est de !" 8. Lorsqu'on veut y pénétrer, il faudra, après avoir reconnu l'Ile Matacong, se placer sur son méridien à 5 milles dans le Sud. De là, on viendra ranger de fort près les bancs qui prolongent la pointe Ouest de la rivière, en les veillant avec soin, car ils sont accores, bien qu'ils assèchent à basse mer.

Le banc le plus nu large sera apparent, même de beau temps, sauf à la haute mer, et quand on l'aora reconnu, on pourra le ranger sans crainte par des fonds de 3™ 6 à la basse mer, et par 7 mètres à )a haute mer.

Ce banc , à son accore Ouest , présente un enfoncement assez étendu, dans lequel on doit soigneusement éviter

COTE DE SfERRA-LEONE.

Haréct», éfaibUssemont.

nivi^rp Mellacorce.

de donner en entrant. Pour cela» il ne faudra pas ramener k rO. du N. 37'' 0. la partie la plus élevée de Tile Matacong avant de relever au N. 22? E. la pointe Ouest d'entrée de la rivière; on se dirigera alors vers cette pointe, puis on rangera de préférence cette rive, dont, cependant, il faudra s'écarter de temps à autre pour éviter des bancs.

Le cours de la rivière a peu d'étendue, parce qu'elle est, non loin de son embouchure, barrée par une chaîne de roche, et cela dans presque toute sa largeur.

L'établissement est 7 heures 40 minutes, la mer marne de 3*" 6. Le jusant dans cette rivière est extrêmement rapide, et les remous qu'il occasionne près des roches formant le barrage sont très-dangereux pour ceux qui ne connaissent pas parfaitement les localités.

Nous avons dit précédemment que le plateau de petits fonds s'interrompait un instant devant l'ouverture large de la rivière Mellacorée, et que prolongeant la rive droite de cette rivière vers l'O., il formait par son accore Sud le c6té Nord du chenal d'entrée. Il assèche dans cette partie sur une étendue de 5 milles Va» à partir de la pointe Nord d'embouchure, dont il s'écarte de 10 milles au large. Son accore Sud court à l'O. i^° S. de cette pointe. Le coude de ce plateau de petits fonds se trouve à peu près sur le méridien de l'Ile Matacong, et on trouve à ce point ô'" 4 ; un peu au S. et dans le chenal même, 6*» 3.

AuN. de cette accore, plusieurs parties assèchent également, et garnissent à basse mer la rive gauche de la rivière Foreecarreah.

La rivière Mellacorée est un cours d'eau considérable, dans lequel se déversent plusieurs rivières importantes, dont le com-. merce en bois et en arachides ou pistaches de terre a acquis un immense développement.

En face de la Mellacorée, le plateau de petits fonds qui, sur toute la côte, barre la plupart des rivières de cette côte, s'interrompt pour laisser passage à ses eaux ; aussi est-elle accessible à des bâtiments tirant 3 et 4 mètres, bien que la navigation y soit fort difficile et exige , comme pour la plupart des. rivières delà côte d'Afrique, un pilote local.

niVltRE MELLACORÉE.

Pointe Sallahtook.

Long.O.I5«40'24".

Pointe Ghptisy.

Lôrsqu on relève Tenlrée de la rivière à TE. q. N. E., elle est bien ouverte. A 10 milles delà côte, on trouve 11 mètres dVau, et jusqu'à 21 milles au large, distance où Ton a 29 ou 30 mètres, les fonds augmentent d'une manière régulière.

Comme presque toutes les rivières de cette côte, il faudra attaquer la Meltacorée avec des observations astronomiques, à moins qu'on ait fait le cabotage le long de la côte.

La pointe Sallabtook, pointe Sud de Tembouchure de la Mellacoi'ée, reste au S. 26« È. à 14 milles Vio du milieu de File Matacong. Vue de TO. N. 0., la pointe de ce nom paraît assez élevée, et coupée à pic, effet produit par les mangliers ^ui la couvrent.

De cette pointe, la côte, légèrement ondulée, court au N. 40<> E. environ, l'espace de 7 milles Va jusqu'à la pointe Ghessy, dans rO. de laquelle est le marigot du même nom ; elle est en face a peu près de la rivière Tannah, un des afQuents de la Mellacorée à sa rive droite.

Entre les deux pointes que nous vebons d'indiquer, et remarquable par deux grosses touffes d'arbres bien séparées quand on les voit de l'O., se trouve la pointe Bellangsang, à Point4>Beiiiin8sang 4 milles de distance de la pointe Sallahtook.

Les terres dont nous venons de parler forïnent la rive gauche à ' l'entrée de la rivière Mellacorée. Toute cette rive est prolongée par un grand banc qui assèche en grande partie , et qui prolonge inégalement la rive en traçant la partie Sud dû grand canal ou canal du S.

Dans rO. q. N. 0. de la pointe Sallahtook et sur le plateau, on voit un large banc formé de roches, qui brisent le plus ordinairement, même à la haute mer, et qui s'étendent à 1 mille de la pointe. La limite du plateau , à laquelle où trouve des fonds de 6™ 4, s'étend à 3 milles dans la dii'ection de l'O. q. N. 0.

La côte qui descend vers le S. de l'embouchure de la rivière Foreecarreah se coude et court à l'E. l'espace de 2 mifle» V« pour former la rive droite de la rivière Mellacorée. La pointe Nord de cette embouchure est la pointe S. E. de t'ile Tannah; la rivière de ce nom arrose sa côte Est, et se joint à la Mellacorée à peu près en face de la pointe Ghessy. Celte

12G COTE DE SIERRA-LEONE

pointe Nord rosie de la pointe Sallahtook au N. 30"" E., à 7 milles de distance. L'entrée de la rivière Mellacorée a donc la forme d'un entonnoir, dont rembouchure regarderait TO.

Banc du Miiiou La plu» grande partie de cette entrée est occupée par un grand banc de sable dur, dont la partie lï, E. assèche entière* ment, et dont la partie S. 0. présente des fonds de 2 mètres à 3°* 6 entre des sommets à sec à la basse mer. L'extrémité S. O. de ce plateau reste de la pointe Sallahtook, au N. 57'' 0. environ;son extrémité N. E. est sur le méridien de la pointe Bellangsang. Il forme avec les deux bancs qui garnissent les rives deux passes pour pénétrer dans la rivière, l'une au N., l'autre au S.*i la dernière doit seule être fréquentée par les grands navires.

L'une et l'autre présentent une barre, sur laquelle à la basse mer on trouve 4°^ 5.

(Liniii du Sud. Pour donner dans le canal du Sud, après avoir reconnu l'ile Hatacong, on fera route le long de l'accore du plateau de petits fonds qui garnit la côte au N., jusqu'à ce qu'on relève au S. 70° £. la pointe Sallahtook, se tenant par des fonds de 9 à 11 mètres, fond do sable le plus souvent. A ce relèvement de la pointe, on mettra le cap dessus, la maintenant au même relèvement jusqu'à ce qu'on ramène celle de Bellangsang à l'E. 15° N. Là, on pourra mouiller par des fonds de 7 mètres pour attendre la marée et le vent favorable ; on sera à l'ouvert du chenal du Sud, Si l'on voit l'île Yellaboi dans le S., elle pourra servir à rectifier la position.

En appareillant, on fera route à l'E. 20° N., ouvrant sur tribord la pointe Bellangsang de quelques degrés, et ralliant de préférence la partie Sud du banc du Milieu, qui est accore, mais de laquelle la diminution du fond indique l'approche; la coloration des eaux la signale également. On ne doit pas s'approcher, au contraire, du banc de la rive Sud, oii les fonds sont trèS'irréguliors, et sur lequel çà et là se trouvent quelques têtes de roches.

Dès qu'à cette route on sera parvenu sur le méridien de la pointe Sallahtook, en mettra le cap sur la pointe Est d'embourluire de la rivière Tannah , qu'on verra dans TE. de la pointe Nord d'entrée de la Mellacorée, et Ion courra sur celte pointe

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