COTE DE LIBÉRIA, OU DES GRAINES
L*exploratioadu littoral occidental de l'Afrique embrasse une période de cent-quarante-quatre années, depuis les premiers établissements attribués aux Dieppois, en 1354, jusqu'au fa^ meux voyage de Vasco de Gama qui doubla, en 1498, le cap des Tempêtes, nommé depuis cap de Bonne-Ëspérance , re*connu, en 1487, par le portugais Barthélémy Diaz.
Bien que plusieurs auteurs aient prétendu que les Portugais furent les premiers à exploiter la côte occidentale d'Afrique, nous croyons tout aussi fondée la version qui attribue aux har» dis pécheurs dieppois l'honneur d'y avoir établi les premiers des établissements commerciaux durables.
Ce fut à la côte des Graines, anciennement de Halaguette, que les navigateurs français créèrent ce qu'on nommait alors de» loges et ce qu'on appelle aujourd'hui des comptoirs.
L'an 1364, deux navires armèrent à Dieppe dans le mois de novembre, disent les vieilles chroniques maritimes *. Ils touchèrent aux lies Canaries, de là descendirent jusqu'au cap Yerl,
« Dans ce chapitre, j*ai adopté la nomenclatare anglaise, la meilleore et la plu» complète de cette côte.
rai emprunté principalement à Y on^rhieSailing Directions for theff^estem coast of Afriea, et à la Deteription d$ la côte d'Afrique, de Saint-Louia à l'équaUur, par feu Baudin, capitaine de conrette, ouvrage inédit que possèdt le Dépôt des cartes et plans (carton 60, pièce n» 2S).
• Relation de VillanU de Bellefond.
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et commuant leur route au S. , atteignirent ia rivière de Grand-Bassa, où ils établirent une loge. Frappés sans doute de quelque ressemblance locale, ils donnèrent à ce point le nom de leur ville natale et le nommèrent le Petit-Dieppe.
L'année suivante, en 1365, au mois de septembre, une compagnie se forma entre les négociants de Dieppe et de Rouen.
Quatre navires furent armés pour aller commercer au cap Vert et au Petit-Dieppe; mais deux d'entre eux devaient pousser plus loin vers le S. la reconnaissance de la côte.
L'un de ces derniers s'arrêta à la côte de Malaguette, et y chargea de poivre à un point nommé le Grand-Dieppe par les navigateurs. C'est aujourd'hui la rivière Cestos.
L'autre continua sa route, longea la côte de Malaguette, traita à un point qui fut appelé le Petit-Paris (aujourd'hui le Petit-Sesters), puis à un second plus au S., désigné sous le nom de Grand-Paris (aujourd'hui leGrand-Sesters), en mémoire de la capitale de la France.
Les navigateurs normands continuant de là à suivre la côte, doublèrent le cap des Palmiers (cap Palmas), et visitèrent la côte des Dents et partie de la côte d'Or, où ils reçurent un assez mauvais accueil de la part des habitants. Cependant, le navire revint chargé d'ivoire et rapporta une assez grande quantité d'or.
Des expéditions depuis cette époque eurent lieu tous les ans; des loges furent établies et, en 1583, la chronique dit qu'une loge fut fondée sur la côte d'Or, sous le nom de la Mine, en raison de la grande quantité d'or qui fut recueillie sur cette côte.
Ceci se passait sous le règne du sage roi Charles V ; mais, sous le règne agité et désastreux de son successeur, on vit en peu d'années périr le commerce de la côte occidentale d'Afrique.
En 14 10, la Mine fut abandonnée, et, jusqu'en 1450, les Normands cessèrent de paraître sur ce littoral.
Nous ne trancherons pas ici le débat historique élevé à ce sujet entre les Français et les Portugais; nous dirons seulement que ces derniers parurent pour la première fois et s'établirent à la Mine en 1471.