V!LL\GE ET RIVIERE DE GALLINAS
L'élablissement américain de Libéria fui fondé, en décembre 1821, par des hommes de couleur des Etats-Unis Fuyant les lois tyranniques de ce pays à Tégapd des. gens de leur caste, lois Trappées depuis d'une juste réprobation par bes Etats-Unis eux-mêmes. Déjà, en janvier 1828, cette petite colonie républicaine avait prospéré; des achats de terrains faits aux rois des peuplades voisines avaient agrandi son territoire; de nouveaux établissements furent créés sur toute la côte des Graines dont le nom fut changé en celui de Libéria, donné par les colons à la république nouvelle. Aujourd'hui, reconnue par la France, r Angleterre et les Etats-Unis, elle est en voiode prospérité et elle a rendu de gpands services en contribuant puissamment à abolir sur la côte qu'elle possède l'ignoble trafic des esclaves. Sa 'tapitale se nomme Monrovia et s'élève dans la baie du cap Mesurade; le président et les principales autorités y résident.
Après cette digression qui nous a un moment écarté de notre sujet, nous allons reprendre la description de cette fraction de côte qui s'étend depuis Gallinas jusqu'au cap Palmas.
Nous avons dit dans le chapitre précédent que , depuis la pointe Hanna jusqu'à Gallinas, la côte courait à l'E. S. E. l'esr pace de 58 milles, côte basse, sablonneuse à son rivage et couverte d'une riche végétation, n'offrant aucun danger, accore et présentant à son approche des sondes diminuant assez gra-^ duellement.
A l'embouchure de la rivière de Gallinas et à celle un peu plus Sud de la rivière Solyman , la houle du large, d'une part , et, de l'autre, le courant qui sort de ces deux rivières, ont produit Longoi3«5»'24 une étroite barre de sable de 6 milles de longueur, peu élevée au-dessus du niveau de la mer, entre laquelle et le rivage est compris une espèce de lac étroit, dans lequel se trouvent plusieurs iles basses et couvertes aujourd'hui de végétation. Une ou deux petites coupures dans cette barre facilitent l'écoulement des eaux des rivières, et ce sont les seuls canaux qui permettent d'y pénétrer, encore ne sont-ils accessibles qu'à des embarcations et quelquefois même qu'à de petites barques. .
Ces deux coupures, en 1839, se trouvaient en fuce de la partie centrale de Tile Kamasoun, et le passage contournait la
Village et rivièra de Galline!».
Lat.N.7"0'8"
Ile Kflmiiioun.
pointe Nord et la pointe Sud de cette Ue , la (dus Ouest des sept qui existaient dans le lac ^
Sur la barre de la passe du N., il existait, à basse mer, 0» 3 d'eau, puis, dans le chenal, 2"" 2 et 0"" 8.
Sur la barre de la passe du S., le fond étaii de 1» 2 à 1» 8,
variable dans la passe qui contournait la partie Sud de l'Ile
Kamasoun. De la pointe Sud de cette île on remontait ensuite
Ile KapïiMting. au N. et Ton venait passer entre l'île Kambating au N. et l'Ile
iieTArp. Taro au S., pour donner dans la rivière.
Sur ces deux iles il existait des barracous, détruits en J84S par les croiseurs angbis.
On remarquait, sur la rive droite de la rivière de Gallinas, le village de Dnmbucora, et dans TE. quelques cases et un grand magasin nommé le Château ; à la rive gauche même d'entrée, l'habitation d'un Espagnol nommé Pedro Blanco, détruite, en 1848, par une expédition anglaise, comme étant le principal foyer de la traite des esclaves sqr cette partie de la côte.
Quelquefois, dans la saison sèche, la rivière de Gallinas est tellement barrée, que des pirogues seulement peuvent y pénétrer. La mer brise toujours sur la barre.
Le village de Taro, dont les cases étaient fort grandes, servait jadis de reconnaissance pour cette rivière, ainsi que trois grands baobabs situés un peu au Nord. L^emboucbure de celle-ci est difficile à apercevoir du large , en raison des lies placées dans FO. qui l'avoisinent, ef les trois baobabs sont la meilleure reconnaissance.
Sur la rive droite, à quelque distance vers l'E., la pliige est plus dégarnie d'arbres qu'ailleurs, et l'on remarque, de distance en distance, de petites touffes épaisses formées par des brous^ sailles an-dessus desquelles s'élèvent des arbres à tronc dénudé et garnis de feuillage a leur sommet.
Le fond augmente graduellement en allant dans 1*0. de la barre de Gallinas ; à Vio de mille, on trouve 5°" 8 ; à I mille, on ail mètres : c'est à cette distance qu'on mouille d'ordinaire; à
* Sailing Directions for the ff'ettern coast of Àfrica^ p. 96 ; Londres, IS49.
POINTE MÂNNA.
2 milles, on trouve 14 mèlres; à 3 milles, on a 16 à 17 mètres. Le fond est généralement vase noire.
L'heure de la haute mer est 6 heures 45 minutes ; la montée Maires, étabiuMde Feau, 1» 4. "•"*
La bngue de sable qui, de la rivière Gallinas, prolonge la côte jusqu'à la pointe de la rive gauehe de la rivière Solyman, distante de 2 mÛles Vio àe la précédente^ n'a qiie ^/lo de mille de brgeur.
A peu prè^ à mi<distance de ces dei^x cours d'eau» on voit, vuiage de oewcer au milieu de grands arbres, le village de De^eer. Le village go- vuiage soiyman iyman est à la pointe même de la rive gauche de la rivière de myièresoiymao. ce nom. Gelle-«ci parait considérable et son embouchyre n'a pas moins de 1 mille Vio àe largeur. Au milieu de cette embpuchnre parait une lie boisée.
A l'époque citée précédemment, ^ile étpit entièrement barrée et elle n'avait d'autre entrée que celle indiquée sur ^^ ?^^ près de l'Ile située au S* de celle de Kamasoun. dans le lac cité précédemment *.
Les Anglais se sont établis pendant quelque temps dans la rivière de Gallinas ponr ep extirper les habitu4çs de traite des esclaves ; ils lont ensuite cédée à la république de Libéria, en 1850, du ippins pn l'assurait.
Ld barre de Gallinas n'est dangereuse, dit-on, que lors des ras de marée; mais il sera toujours plus prudent de la passer ep pirogue que dans des canots.
La rivière ftlauna est à 10 mille;» dans le S. E. de la barre de Rivière Mann* Gallinas ; son embouchure, bien que rétrécie par deux longs bancs de sable» présente un passage étroit accessible aux embarcations- Uu petit Ilot boisé se trouve au milieu de Temboucbure de cette rivière ; à 1 u^ille % au S. d^ sa pointe de la rive louche, on trouve un premier village, un second se voit à 3 milles; devant ces deux villages, on remarque à la plage des roches partie cachées, partie découvertes, s'écartant de Va de mille du rivage ; les villages prennent le nom de la rivière.
La pointe Uanna est à 4 milles V» de lembouchure de la ri* pointe Manna. vière de ce nom ; c'est une pointe basse et rocailleuse, garnie î;îng^ô^744'46''
Sailing Directions for the ff'êtUrn coatt of Afriea, p. 96.
à son Gxlrémité d'un groupe de roches apparenles ei de couleur noire, dont quelques-unes sont couvertes. La plus au large, sur laquelle il reste 3 mètres d'eau, est à Va ^^ inUle de terre.
Dans rO. du village le plus rapproché de cette pointe, on remarque, au bord de la mer, un petit vallon où croissent un grand nombre de palmiers isolés les uns des autres.
L'embouchure de la rivière Manna est reconnaissable à un petit bouquet d'arbres de forme arrondie, et par un très^grand arbre au milieu de la rivière, placé à gauche des précédents. De hautes terres dans l'intérieur s'aperçoivent également de fort loin; ce sont les premières que Ton trouve en descendant cette côte. On peut la longer à 1 mille sans crainte, sauf devant la pointe Manna.
Cette pointe peut être regardée comme la pointe Nord de la baie du cap de Monte.
Baie du cap de Lc cap dc Moutc, poioto Sud de cette baie, est à 8 milles
"°"^ dans le S. 20° E. de la pointe Manna. Entre ces deux pointes,
la côte se creuse et forme une baie profonde de 2 milles, dans
Rivière s urv et lî^^welle cottlcnt la rivière Sugury et celle du cap de Monte. Ces
rivière du ca^ de Jeux cours d'eau ont leurs entrées fermées, en quelque sorte,
par un long et étroit banc de sable qui s'étend devant elles comme
celui qui barre la rivière deGailinas et la rivière Solyman; ainsi
que ces dernières, elles sont quelquefois accessibles aux canots.
Sugury, Dans cette baie et près du rivage, les colons de Libéria ont
Faciorerie araéri- ^mbij plusicurs faclorerics dout la principale est celle de Sugury, éloignée de 3 milles Vs de i^ pointe Manna. La rivière Sugury est à 5. milles de cette pointe.
La rivière du cap de Monte est à 2 milles de la précédente et à 1 mille Vs du cap de Monte lui-même. Les deux rivières ont une embouchure commune, sur la barre de laquelle, en 1845, il restait 2 mètres d'eau dans un étroit passage compris entre deux bancs de sable sur lesquels on ne trouvait que 0*° 8 d'eau; elle était distante de 2 milles du cap; mais ces bancs sont d'onc nature très-changeante. Une fois la barre franchie, on longe à petite distance la langue sablonneuse, étroite et basse, qui se* pare la rivière de l'Océan, jusqu'à l'habitation Canaugb, établie au pied du groupe de montagnes qui dominent le cap et sur leur versant Nord.
caine.