BAIE DE MAI.EMBA
La pointe Malemba est formée par une langue de terre, cl*une surface unie, couverte d'herbes. Elle part du pied de falaises élevées et à pic, et se projette vers la mer dans la direction du N. 35° 0. Vue du S., son extrémité, qui présente à sa base des teintes ferrugineuses rougeàtres, descend par une pente longue à la mer et se détache bien par sa nuance sombre sur les terres moins teintées du fond de la baie.
La petite et excellente baie de Malemba est un de ces enfon- Baie de Maiemba. cléments de la côte, affectant la forme commune en quelque sorte à toutes les baies du littoral de l'Afrique au S. de Téquateur. Presque toutes sont creusées dans la direction du S. E., ouvertes dans celle du N, 0. et protégées du côté de TO. par un banc ou une langue de terre, souvent au niveau de la mer, qui, partant de la pointe S. O. de la baie, s'étend à quelques milles vers le N. O., et défend ainsi le mouillage contre la houle et les vents généraux. Cette forme presque constante des baies derAfriqueoçcidentale au S. de réquateur est due très-probable* ment à Taction de la houle du S. et du S. 0., combinée avec celle du Y^ourant général qui remonte la côte du S..au N.,en se dirigeant au M. N. 0. et au N. 0. Cette disposition des baies rend souvent leur reconnaissance difHcilequand on vientde TO., parce qu'alors les bancs qui prolongent les pointes du S. 0. n'étant pas apparents du large ou se confondant avec les terres du fond des baies, on ne peut croire qu'à un simple enfoncement de la côte neprésentantaucunabri. Il eu est ainsi de l'aspect de la baie dont nous nous occupons.
Sa pointe S. 0., la pointe Malemba, est prolongée au large dans la direction du N. 35° O. par un banc sur lequel on trouve 6™ 3 d'eau. Ce banc fort étroit (^/iq de mille de largeur) a une longueur de 1 mille ^/«o à partir de la pointe. Il est -formé par des roches, et sur le sommet de Tune d'elles située à Vio de mille au large de la pointe, on ne trouve que 3°» 6 d'eau. Quelques brisants garnissent le pied même de la pointe Malemba et dan$ rO. de cette pointe le banc s'étend à ^U Je mille. Ce banc qui forme le côté Ouest de la baie de Malemba ne marque pas toujours.
De la pointe Malemba, en allant dans l'E., la côte se creuse et forme, comme dans la baie do la pointe ÎSoire, une presqu'île
saillante, parallèle au riva^^, doD t elle est écartée de* /iode mille. Son étendue depuis la pointe Malemba est de Vio ^^ nnille. Elle est basse et sablonneuse.
La côte ensuite s'arrondit et court au N. 35» E. l'espace de Vs mille environ, puis, de là, elle tourne en se creusant au N. 35** O. environ, courant ainsi jusqu'à la rive gauche de la rivière de Kacongo.
La largeur de la baie de Malemba, entre Textrémité du banc qui prolonge la pointe de ce nom et le rivage, est de ^/fo de mille, cette largeur diminue ensuite graduellement à mesure qu'on s'y enfonce.
uaiic do la poin!e Autour du bauc de la pointe Malemba, à son accore on trouve Maieniba 7, g et 9 mètrcs, fond de vase gluante, ressemblant à de la glaise. Dans la baie, le fond est de môme nature, et sa profondeur générale varie de 8 à 7 mètres. A l'entrée, on a 9 et II mètres d'eau. C'est dans cette partie qu'il faut mouiller à 3 milles à peu près du fond de la baie et à 3 milles de la pointe Malemba, la relevant au S. 30^ E.
La couleur rouge des collines au N. de la baie de Malemba est une bonne remarque , avec la pointe Malemba elle-même, pour la reconnaître.
viiiuge» (le Mayco- En facc do la baio, à 3 milles dans l'intérieur, on trouve le village de Mayooba; puis, plus au S., sur le parallèle même de la pointe Malemba, à 7 milles dans les terres, le village de Kilonga. C'est ce dernier qui a sans doute engagé quelques navigateurs à donnera la baie plus au N., que nous avons nommée Kacongo, le nom de baie de Kilongo, qui ne lui convient pas à notre avis.
La baie de Malemba, excellente pour les petits navires, oe convient pas à ceux d'une moyenne grandeur. Ceux-ci, mouillés en dehors, sont très-génés d'ordinaire par les roulis.
Les ras de marée sont fréquents et très- forts sur ce point, particulièrement lors des syzygies. Ils prennent le plus souvent avec du calme. Aussi, dans beaucoup d« circonstances, les petits navires eux-mêmes évitent de mouiller dans la baie et dans l'E. du banc de la pointe Malemba, car on s'y trouve, lors des orages et lors des ras de marée, dans des circonstances à peu près semblables à celles que nous avons citées pour la baie de Loango, au mouillage intérieur.
MONTAGNE DE CASCAES.
Fartorerles.
C'est pour cela que les navires qui viennent faire de l'eau, préfèrent mouiller dans le S. 0. de la pointe Malemba, par des fonds de 1 1 ou de 13 mètres, vase, ou bien par 14 mètres, fond de sable et gravier, à 2 milles de la côte, qui est abrupte, et qui. présente une plage très-étroiie. On y trouve une chute d'eau de qualité excellente.
On peut aborder en canot au pied et dans TE. de la pointe Malemba, quand on veut se rendre aux comptoirs situés dans la baie.
Quelques factoreries et comptoirs sont établis au sommet de la côte; on y parvient par des sentiers rapides. Ce point est un actif foyer de traite d' esclaves- Un petit ruisseau coule au fond de la baie ; il fournit une Aiguade. eau excellente que l'on fait sans difficulté, et l'on peut débarquer à la plage, lorsqu'il n'y a point de ras de marée,
Malemba passe pour un des points les plus salubres de la ctimat. côte, ce que l'on attribue à la sécheresse du sol, à l'absence des bois, comme aussi à l'active cii*culation de l'air.
Les naturels sont à Malemba d'un caractère doux et tranquille. On les accuse, cependant, d'être assez pillards. On peut se procurer au mouillage de la baie quelques provisions et des vivres frais.
A partir de la falaise rouge qui forme la pointe Malemba, la côte court au S. 35° £. environ ; et à 4 milles à peu près de cette pointe, elle en présente une autre peu saillante et abaissée, qui signale la fin de la falaise : on la nomme pointe Cascaes.
La pointe Cascaes, pointe Nord de la baie de Cabenda, est le Montagne de casprolongement vers la mer de la montagne peu élevée du même nom, qui s'abaisse en arrondissant ses contours jusqu'à ce qu'elle atteigne une très-petite hauteur au-dessus du niveau de la mer; cette montagne, qui fait partie de la chaîne générale, en diffère, cependant, en ce que ses contours ne présentent pas de saillies tranchées. Vue du N. et du S.,. la pointe Cascaes se détache par une teinte plus claire sur les terres dont elle pro- * vient.
Au S. de cette pointe cessent les hauteurs qui garnissaient la côte, et celle-ci présente une plaine basse qui s'étend dans le S. jusqu'à l'embouchure de la rivière Bêlé, située à Ç ii?illes
Pointe Cascaes.
RiTière Bêlé.
Banc de Bêlé.
Baie de Cabenda»
Pointe Palmas.
Lat. S. 5O32'0".
Long. E. 90 45' 0''.
Var. N. 0. 21«30'.
environ de la pointe Caseaes dans la baie de Cabenda^ Dans cette plaine, on remarque un grand nombre de palmiers» elle est assez profonde, et se termine à TE. au pied de montagnes à pentes très-abruptes du côté de l'O.
La rivière Bêlé, située à 6 milles environ delà pointe S. O. de la baie de Gabenda, dans le N. 30'' £., est un petit cours d'eau qui limite au S. le territoire de Kacongo, et au N. celui d'N'goyo, qui s'étend jusqu'à la rive droite du Rio-Congo.
De la rive gauche de cette rivière part un banc formé de sable et de roches, qu'on appelle banc de Bêlé. Ce banc, à rextrémité duquel il ne reste que 5 mètres d'eau, ne brise que lors des ras de marée ; il s'avance dans la direction de l'O. à plus de 2 milles au large, jusque sur la ligne qui joindrait la pointe Malemba à la pointe S. O. de la baie de Cabenda, nommée pointe Palmas ouCabenda-Hook. Pour l'éviter, il faudra se tenir depuis la pointe Caseaes, à la distance de i milles de la côte, ou bien encore par les fonds de 15 mètres au moins, quand on voudra la prolonger pour se rendre à Cabenda, ou qu*on sortira de cette baie pour remonter vers le N.
Du mouillage de Malemba à la baie de Cabenda» la route est à peu près le S. 10^ E., et il faudra sonder constamment pour se maintenir par le fond indiqué.
L'extrémité du banc de Bêlé reste au N. 6° 0. à 4 milles Vs de la ville de Porto-Rico, située sur les hauteurs de la baie de Cabenda ^ Cette ville est aussi nommée Cabenda par quelques navigateurs.
La baie de Cabenda est un des points les plus remarquables de cette fraction de côte, parce que sa population est plus industrieuse et plus civilisée que partout ailleurs, et parce qu'elle est un foyer très-actif de traite d'esclaves. C'est là qu'on expédie tous ceux fournis par le Rio-Congo et le pays adjacent.
La pointe S. 0. de la baie de Cabenda se nomme pointe Palmas, ou Cabenda-Hook^. C'est une terre basse à sonextré^
* Commander Maison, theWett Coast of Africa south of the Equator {Nautical Magazine, 1844, volume XIII; London).
* Hameçon, crochet ; la forme de ces objets représente en effet très-bien celle de la plupart des baies de ta cote d'Afrique au S. de Téquateur.
BAIE DE CABENM. — RIVIÈRE LOLONDO.
mité et co»verle d'arbustes, qui se relève peu à peu et devient à quelque distance de son extrémité d'une hauteur moyenne. Elle pi'ésente à son sommet quelques brotissailles, et des parties dénudées entre le rivage et son sommet. Quelques cases paraissent à fe partie Nord de la pointe.
Un banc prolonge la pointe Pahnas dti côté de TO. et du S. O., il brise cPordinaire; il ne s*étend pas dans le N. à plus de 500 mètres. Dans TE. âe la poime et près d'elle, on remarque quelques rochers^qui tiennent au rivage. C'est là que Ton peut débarquer assez commodément. La côte ensuite se creuse et présente une belle plage sablonneuse, qui décrit une courbe régulière de Î'O. vers l'E. sur un espace de 1 mille Va environ, et qui remowte ensuite en s'arrondissant vers le N.
La ville dePorto-Rico ou de Cabenda, très-apparente du N., se trourve à */2 miîle envircm de la pointe Palmas. Les cases, surmontées de pavillons divers, en sont grandes et bien bâties; des sentiers conduisent du bordf de la mer au sommet du morne ou elles s'élèvent.
A 1 mille Va environ au delà, on voit sur le rivage quelques cases étevées sur la rive gauche d'un petit cours d*eau, qui est ratgoade , et que Ton appelle Locola ; l'eau qu'on y fait n'est pas de très-boniie qualité. Les embarcations peuvent entrer dans cette rivière.
Les terres du fond de la baie sont assez élevées, en partie boisées, et de couleur rougeâtre. Sur ces collines et dans le N. dé Taiguade, s'élèvent plusieurs villages, nommés Vanaté. Au delà et plus au N., se trouve une pointe nommée Umbrella, arrondie et descendant en pente douce à la mer. Cette pointe est à la rive gauche d'une petite rivière, nommée Lolondo.
Les terres ensuite, en remontant vers le N., vont en s'abaissant et deviennent très-basses aux environs de la rivière Bêlé.
Sur les collines du fond de la baie, un peu au S. de la rivière Lolondb, on remarque quelques arbres élevés, qui couronnent le sommet des collines.
En s'approchant de la baie de Cabenda, lorsqu'on vient du N., il faudra gouverner de manière à conserver toujours la ville de Cabenda dans TE. du S.; et, lorsqu'on viendra du S., ne pas
Ville de Porto-Hico ou de Cabenda.
Rivière Locola.
Villages deVaniité.
Pointe UmbreDa et riTlère Lolondo.
Mouillage extérieur.
Mouillage intérieur.
Mnrécs.
Ressources,
l^opulntion.
faire route pour y entrer avant d'avoir ramené la pointe Palma& au S. 45° E.
Ces deux directions feront parer dans leN. le banc de Bêlé, dans le S., celui de la pointe Palmas; Ton pourra alors^ rallier la pointe Palmas pour mouiller à la distance convenable, et par des fonds de 10 ou de 11 mètres, vase, qu'on trouve dans le N, 0. de cette pointe. A ce mouillage^ on est bien en appareillage, mais on est souvent fatigué par les roulis.
Si l'on veut pénétrer dans la baie pour y prendre le nocuillage, on ramènera la pointe Palmas au S. 43° E., ou bien on S. 64° E., et l'on fera roule directement sur cette pointe jusqu'à ce que le fond tombe à 5™ 4. On sera alors près du côté Sud de la passe d'entrée, qui est fort étroite. On fera route ensuite le long du rivage Sud de la baie, en se tenant de la pointe Palmas à ^U de mille, et l'on mouillera par 6"» 3 ou 6°* 4, fond de vase.
Au meilleur mouillage intérieur de la baie, on relève la ville de Gabenda au S., et la pointe Palmas au S. 68"* O., par 6 mètres d'eau, fond de vase.
Il y a encore un bon mouillage, par 8 mètres, à l'entrée de la passe, relevant la ville de Gabenda au S. 33° E. et la pointe Rouge (pointe situéeà 12 milles plus S. que la pointe Palmas),. au S. 19° O.
L'établissement à Gabenda est 4 heures 35 minutes. La mer marne de l™ 7 dans les syzygics.
Au large de Gabenda, on peut mouiller partout, même par des fonds de 63 mètres, hors de vue de la terre. La qualité du fond est bonne partout.
Il n est pas prudent de mouiller dans la baie de Gabenda, par des fonds au-dessous de 6°» 5, et l'on trouve ce sondage longtemps avant d'atteindre le mouillage, car il y a toujours dans celte baie une houle assez forte, surtout dans les moments de la calemay ou époque des ras de marée.
Gabenda n'est pas un lieu d'approvisionnements. On y trouve cependant des volailles, des cabris, et quelques fruits; on paie avantageusement en marchandises et avec de la fazenda^ espèce d'étoffe grossière. La baie, en outre, est très-poissonneuse.
Les habitants de Gabenda sont intelligents et industrieux.