BAIE DE CABENDA. — COMMERCE
Ils ressemblent, sous quelques rapports, aux noirs du pays de Krou, et s'engagent volontiers pour servir sur les navires pendant leur navigation sur la côte. Ils sont très-utiles pour les travaux d'embarcations et pour ceux des chargements et des déchargements.
On commerce a Gabenda^ d'ivoire, de cire, de miel, et surtout d'esclaves. On y trouve aussi un peu d'orseille et de gomme copale.
De la pointe Palmas, la côte court au S. 18° 0. l'espace de 12 milles, jusqu'à la pointe assez saillante, nommée pointe Rou^e (Red-Point.)
Le banc qui contourne et prolonge la pointe Palmas vers l'O. continue à suivre la côte, dont il s'écarte à 1 mille Va jusqu'à la pointe Rouge. Quelques parties de ce banc brisent d'ordinaire.
La côte entre la pointe Palmas et la pointe Rouge est basse au rivage couvert d'arbres et de palétuviers. Elle s'élève un peu dans l'intérieur par des collines d'une teinte rougeâtre, abruptes du côté de îa mer. Ce premier pïan de collines est surmonté par des montagnes rejetées en second plan, et assez éloignées dans l'intérieur.
Les collines du premier plan, présentant une hauteur assez uniforme, commencent à la distance de 3 milles au S. de Cabenda, et s'étendent jusqu'à l'entrée du Rio -Congo. Leur sommet , très-légèrement ondulé , n'offre que quelques dépressions^ dont les arêtes sont taillées en forme de coins. Dans quelques endroits, on voit des palmiers s'alignant à l'œil comme des plantations régulières. Parfois, les arbres de la plage sont interrompus par des bois de palmiers, présentant le même aspect.
Ces collines d'une nature argileuse, brûlées par le soleil et attaquées par les pluies, sont très-friables et se décomposent facilement. Un très-grand nombre de torrents descendent de leur sommet, et les déchirent profondément. Â sec dans la belle saison^ ils se creusent de vastes lits dans la saison des pluies.
C'est surtout au S. de la pointe Rouge que la côte présente deux plans bien distincts de hauteurs.
Gouiiiiercè.
iOO
Dous-Montes.
Pointe Rottge.
Lat. S. 5® 44' 0"
A 6 milles aii S. de la pointe Palmas, deux de ces collÎBes^ rapprochées et phis élevées que eeMes qui les avoisinetit, ont reçu fe nom de Dous-Montes (les Deux-Monts).
Il ne feut pas , dans cette partie, se rapprocher de la côte pour éviter le banc qui la garnit. A 5 milles, on trouve les fonds de 9 et de 10 mètres, leur nature est vase ; à 6 milles, à la hauteur de la pointe Palmas, on trouve ceux de 16 mètres; à 11 milles, ceux de 32 mètres.
La pointe Rouge est basse à son extrémité, couverte d'aitres Long. E 9° 41 '36". et pcu apparente quand on la voit de TE., mais elle est assez saillante quand on l'aperçoit du N. ou du Sud. Cette pointe se relève ensuite rapidement à peu de distance dans rifitérieur; là elle est dominée par une petite hauteur, point culminant des colMnes le phis rapprochées du rivage ; on appelle cette Montagne Rouge, hautcur la moutagnc Rouge en raison de la couleur du terrain • Dans le voisinage de ta montagne Rouge, on voit au sommet des collines un grand bois de palmiers alignés.
La pointe Rouge est prolongée par un banc qui brise; à Taccore de ce banc, on trouve 5™ 4; commençant à la pointe Rouge, il s'étend à TO. à 9 milles au large et va rejoindre lapointe Sud de la baie de Cabenda ^ .
La côte, entre la pointe Palmas et la pointe Rouge, est habitée et paraît bien cultivée.
De la pointe Rouge à fe pointe Boolambemba, pointe Word d'embouchure du Rio-Congo , la côte court presque en Kgne droite au S. 36° 30' E. l'espace de 27 milles, ou du moins elle ne présente qu'une ligne légèrement ondulée.
La côte, offrant à son pied une étroite plage sablonneuse, présente à peu près le même aspect que celui précédemment Crique des Pirates, indiqué ; ct jusqu'à la crique des Pirates, située un peu au N. de la pointe Boolambemba, on voit une suite de coHines, d'ane hauteur à peu près uniforme, tantôt dénudées, tantôt couvertes par des bouquets d'arbres.
Banc de Mono-Ma- Au S- dc la polutc Rougc, à 4 millcs dc distance à peu près, commence le grand banc nommé Mona-Mazea^. Sur ce vaste
Pointe Boolambemba.
* M. Rouxo de Rosencoat est le seul capitaine qui donne à ce banc une aussi grande étendue au large de la jïôinte Ronge.
* C'est peut-être de ce banc que parle M. le capitaine Rouxo de Rosencoat ;
BANC m MONA-MAZ£A. 101
plateau les fonds varient de 7 mètres qu'on trouve à son accore jusqu'à 3™ 2. Il s'étend jusqu'à 6 milles % de la côte dans son plus grand écartement, et la prolonge jusqft'à l'embouchure du Bio-Congo; mais là, et près de sa limite, on ne trouve pas d^ fond à 90 mètres et même à 186 mètres dans quelques endroits.
Sur le banc de Mona-Mazea, depuis les fonds de 7 ou de 8 mètres, la sonde en général diminue d'une manière asseE graduelle, à mesm^e qu'on s'approche du rivage, pour que ce banc ne soit pas dangereux ; mais cependant on rencontre, dans plusieurs parties, des fonds inégaux, des variations assez brusques; de la scmde» de 7 mètres, par exemple, on passe à 6°» 4. Ce banc ne marque pas d'ordinaire, et il présente seulement par endroits des pâtés de roches sur lesquels la mer brise fortement; dans les ras de marée, il peut devenir redoutable.
Depuis l'accore du banc, en allant au large, les fonds augmentent assez graduellement; ainsi, on trouve 14 mètres à 2 avilies au large de eette accore; 16 mètres à 2 milles Va; 23 mètres à 5 milles Va*
Ce banc est excessivement utile pour la navigation du Rio- Congo, dont nous parlerons dans le chapitre suivant. Le Rio- Congo limite au S. l'empire de Loango.
Avant de décrire le Rio-Congo, le plus grand cours d'eau observations généde l'Afrique occidentale au S. de l'équateur, nous ferons sur "^*''
la côte du royaume de Loango quelques remarques générales.
Bien qu'il soit incomplètement étudié, nous réunirons ici pi«teau des sondes. les observations relatives au plateau des sondes sur cette fraction de côte.
Depuis le cap Lopez, la limite du plateau des sondes, où l'on trouve 100 mètres, s'écarte graduellement de la côte au fur et à mesure que l'on descend vers le S. jusqu'à la rive droite d'embouchure du Rio-Congo. Elle passe sur le parallèle du cap Lopez à 8 ou 10 milles environ, et les grands fonds se trouvent même très-près et dans l'O. de ce cap.
A la hauteur de la rivière Fernan-Vas, le plateau, beaucoup plus étendu, atteint une largeur de 25 ou de 28 milles ; il con-
peut-étre eneore le banc de Mona-Mazea remonle-t-ii jusqu'à la pointe Roug^e, ci qui n est pas indiqué sur les cartes.
102 LE LOANGÛ.
serve à peu près la même dimension jusqu'à la pointe Santa-* Catharina.
De cette pointe, la ligne des fonds de 100 mètres s'écarte de la côte, et sur le parallèle de la pointe de Pedras , on la trouve à 48 milles.
La côte, à partir de la pointe de Pedras, court vers le S. E., et il parait que la limite du plateau la suit à peu près parallèlement, puisque, sur le parallèle de la baie de Loango, on trouve les fonds de 112 mètres à 50 ou à 55 milles au large.
La nature dominante du plateau est de la vase près de la côte jusque par les fonds de 18 ou de 20 mètres ; plus au large, on trouve du sable gris ou du sable vasard, parfois du sable et du gravier et du sable mélangé de corail. Ce dernier genre de fond est plus marqué dans les environs du Rio-Gongo.
Dans quelques parties seulement, comme aux environs de la pointe de Pedras, on trouve des fonds de roches ; ils sont toujours à une petite distance delà terre, et Ton devra s'en écarter dès qu'on trouvera cette espèce de fond.
Sur toute l'étendue du plateau, la diminution de la sonde, lorsqu'on vient de l'O., est assez graduelle au fur et à mesure qu'on s'approche de la terre. Nous avons indiqué dans quelques parties de ce chapitre la loi que parait suivre cette diminution ; elle suffit pour la sécurité de la navigation. Lorsqu'on prolonge la côte, on peut en général s'en tenir à une distance de 2 milles sans craindre de danger.
On peut en outre mouiller partout, par un fond convenable. sahons. Une remarqiie générale sur les saisons de cette fraction de
côte, c'est que, plus on avance vers le S., plus les saisons retardent.
Toutes les fois que le soleil, dans sa marche alternative d'un hémisphère à l'autre, passe au zénith d'un lieu , cette époque, ainsi que nous l'avons dit, est en général celle de la mauvaise saison, celle des pluies, des grains ou des orages.
Dans les lieux situés près de Téquateur, ces passages ayant lieu à peu près tous les six mois, on a cru pouvoir établir deux saisons pluvieuses et deux saisons sèches. Les deux premières, lorsque le soleil est au zénith du lieu; les deux autres lorsqu'il est à son plus grand écartement de l'équateur au N.