EMBOUCHURE DU RIO-CONGO
réunit au fleuve par 6'' de latitude S. et 12° de fongitude E. à peu près ; puis la rivière de Lumini, qui s'y jette à 43 fieues environ au-dessus des cataractes de Yellala, situées effe-mêmes à peu près à f 12 milles de Tembouchure du Rio-Congo.
Ces deux rivières paraissent se diriger vers le Sud. Le cours supérieur du Rio-Congo semble prendre la direction du N. N. E. Son cours inférieur , après là jonction des deux affluents cités précédemment, fait quelques détours, mais il a pour direction principale le S. 60° O. jusqu'à la mer, durant un espace de 68 milles. It reçoit dans cette partie un nombre considérable de rivières secondaires.
Le Rio-Congo entraîne une masse d'eau énorme, qui s'est creusé un lit étroit, dans lequel ta profondeur est fort variable. Sur plusieurs points, on n'a pas eu de fonds à 360 mètres.
A 40 milles de son embouchure, ses eaux ne sont souvent qu'imparfaitement mélangées avec celles de la mer, et quelquefois, à 9 milles, elles sont encore douces.
Le lit du courant de ce grand fleuve est indiqué par des amas flottants de bambous, ou des débris de tout genre qu'il entraîne fort loin au large. On donne à son courant une vitesse qui varie de 4 milles jusqu'à S milles. L'établissement de la marée est 4 heures 30 minutes à l'entrée du Rio-Congo.
Le courant du Rïo-Congo se fait sentir à une grande distance au large, et les navires qui le traversent pour aller auN. ou au S., doivent prendre pour cela certaines précautions. On assure qu'à 300 milles au large on trouve encore les eaux décolorées, et qu'on ressent à cette distance l'effet du courant du fleuve. Cela n'est pas impossible.
Le Rïo-Congo n'a que 7 milles ^/io de largeur entre la pointe Ouest de son embouchure, nommée Shark (Requin) et la pointe Eist, nommée Boolambemba. La première reste de la seconde dans rO. 11° S.
Il y a 24 milles entre la pointe Rouge (Red), dont nous avons parlé précédemtûent, et Fa pointe Shark, et il y en a 29 entre la pointe Rouge et le cap Padrao *, pointe S. 0. d'^erabouchure du fleuve.
Ktablissement dans le Rio-Congo.
Embouchure du Rio-Congo.
Les Portugais appellent le cap Padiào cap Mouta-Secca (cap du Bois-Sec).
Entre ces quatre pointes, l'embouchure du Rio-Congo forme une sorte d'entonnoir, fort large à sa partie de TO., mais fort étroit entre la pointe Shark et celle de Boolambemba, d'autant que le banc de Mona-Mazea contribue à le rétrécir encore. ^''oliijï ^^ ^^ ^^^^ ^" fleuve , formées de terrains d*aUuvion , sont couvertes de palétuviers» dont une espèce acquiert un développement considérable. Ce palétuvier présente un tronc droit, qui atteint quelquefois une hauteur de 30 mètres, et qui est supporté par une foule de racines, formant arc-boutant, et s'élevant en voûte jusqu'à une hauteur de 6 mètres. L'intervalle qui sépare ces palmiers géants est rempli par des arbres d'espèces différentes et plus petites, parmi lesquelles on remai^ que beaucoup de palmiers. Dans d'autres parties des rives, on trouve une ceinture de palétuviers ordinaires et de petite taille.
Les terres des rives sont basses et marécageuses. Cependant, à quelque distance, on aperçoit dans l'intérieur des collines boisées.
La pointe Shark, couverte des grands palétuviers dont nous venons de parler, est remarquablement plus élevée que les parties de la rive voisine d'elle, à droite et à gauche. Crue du Rio- La cruc du Rio-Congo a lieu un mois et demi après le commencement de la saison pluvieuse, c est-a-dire vers la mi-novembre. On trouve alors dans le fleuve une élévation qui atteint 2" 7 au-dessus du niveau ordinaire. Le courant est très-rapide et le fleuve charrie des îles formées de racines de plantes de tout genre, et couvertes de bambous et d'herbes, qui peuvent devenir un véritable danger pour des navires sous voiles, et surtout pour ceux au mouillage. Quelques-unes ont plus de 90 mètres de longueur.
Les pluies sont, sans aucun doute, pour beaucoup dans la crue du Rio-Congo. Cependant elles n'en sont pas, nous le pensons, la seule cause, et l'on peut en attribuer une partie aux brises fraîches du large qui soufflent à cette époque, et qui doivent nécessairement contribuer à retarder l'écoulement des eaux et à les accumuler dans l'intérieur du fleuve*. En effet,
Ces mêmes faits ont lieu à l'embouchare d^ quelques grands fleuves : je les
rieurs.
RlO-CONGO. - COURANTS EXTÉRIEURS. \U
dans les années 1845, 1846 et 1847, les pluies furent très-rares sur la côte du Congo, le Rio-^Congo n'en déborda pas moins, cependant sa crue fut moins forte qu'à l'ordinaire.
II est à regretter que les navigateurs qui ont eu l'occasion courant* du Riod'entrer dans le Rio-Congo et d'y séjourner quelque temps, n'aient pas donné plus de renseignements sur les marées. Malgré nos recherches, nous ne pourrons indiquer ici que quelques remarques, qui sont loin d'être suffisantes.
Nous parlerons d'abord des courants en dehors de l'embouchure du fleuve.
Les eaux qui sortent d'un fleuve pour se porter au large courants^extétardent peu, en général, à se détourner de leur direction primitive, et tendent à se confondre avec les eaux entraînées par le courant général qui suit la côte à une certaine distance.
L'endroit de la fusion des deux courants varie dans sa distance de l'embouchure du fleuve, suivant que les eaux de celuici sont animées d'une plus ou moins grande vitesse, et que le courant général lui-même est plus ou moins /ort.
Quoique le mouvement de descente et d'ascension du niveau des eaux soit souvent sensible au point de jonction de ces courants, on n'y éprouve plus d'ordinaire l'effet des marées.
A l'embouchure du Rio-Gongo, le commandant de la frégate la Vénusy dans un voyage à Cabenda en 11784, indique avoir éprouvé un fort courant à 21 milles environ au large et dans le N. du cap Padrâo. Étant mouillé par 37 mètres, le courant mesuré par le moyen du loch avait une vitesse de 3 milles à l'heure vers le N. N. O. Mais, d'après les difficultés que la frégate trouva à se rapprocher de la terre, on peut penser que la vitesse du courant était plus considérable, puisqu'en filant trois nœuds> la frégate ne put le doubler, et fut entraînée vers le large après son appareillage. Ce ne fut que près de la côte Nord d'embouchure, et par des fonds de 13 mètres, qu'elle trouva le courant bien plus faible.
ai observés dans le fleuve du Para et le fleuve des Amazones au Brésil, il arrive que, lors de la crue de ces fleuves, le courant de flot a sa plus sprande vitesse, tandis que celui de jusant est alojrs plus faible. {Instructions sur la navigation de la côte du Brésil, entre San-Luiz-de-Maranhào et le Para, par M. C. de Kerhallet, Annales maritimes, 1840.)
ii2
LE CiySGO,
Eaux colorées.
Courants intérieurs.
Dans le milieu même du Ift du courant, le capitaine de la Vénus estime a 6 milles à rheure la vitesse du courant an Kiû- Congo, à l'époque où il se trouvait devairt ce Oeuve, les eo«rants sortaient toujours nonobstant la marée.
Cette observation est importante, et nous verrous ptns lard comment on pourra l'utiliser.
Au large de Tembouefrure du Rio-Congo et *ins un arc de cercle de 35 milles de rayon, les courants extérieurs portent a« N. N. O., ddns le N. du parallèle de la pointe Boolambeinba; à l'O. N. O. sur le parallèle de cette pointe ; au S. O. dafflfs le S. du parallèle du cap Padrâo. Leur vitesse est fort variable, et elle atteint souvent , même à cette distance , 3 et 4 imHes à l'heure. Quelquefois, dans les grandes marges et dans la saison sèche, on peut trarerser le Kt du courant duflenvesans ressentir son inffuenee.
Les eaux devant le Rio-Congo sont fortement colorées en rouge jaunâtre ; elles sont écumeuses et chargées de débris de toute espèce. Trèsieouvent, an S. du cap Padrfto, le long dé b côte, la mer est fortement agitée ou clapotent. A 4ù nÂMes au large de rembouchnre du fleuve, les eaux prennent «ne couksr sombre et noirâtre. Elles sont saumâtres a cette distance.
On dit qu'on a rencontré à 300 nulles a» large dn fleuve tes eaux de la mer encore décolorées, ayant un aspect boueux et une teinte vert olivâtre. On ajoute qu'on a ressenti* ménïe à cette distance, l'inftiience du courant du fleuve *.
If ne faut pas entrer dans te Rio^Congo sans une brise au large, fraîche et bien étabMe. Elle prend, en général, à oh 10 heures du matin, et sonffle du S. S. O. à TO. S* O. On a, comme nous l'avons dit, trouvé le courant de descente dfl fleuve, de plus de 5 milles à l'heure. La direction de ce courant porte de la pmnte Boolambemba sur te baii« de Mona-ltazea, et prolonge la cète en remontant vers^ la pointe Ronge. Sa direction de ce côté est donc le N. q. N. 0., ou le N. N. 0. quand on est près delà rive droite du fleuve.
Dans le nrilieu du fleuve, entre la pointe Boolambemba et
* Le capitaine Maison.