EMBOUCHURE DU RIO-CONGO
la rive gauclia, le courant porte à l'O., et près de la rive gauche il parait suivre la direction de cette rive, c est-à-dire ro. q. S. 0.
Dans la baie de Diegos, eofonceaient que forme la rive gauche au S. de la pointe Shark, il porte vers le N. jusqu'à la hauteur de cette pointe, qu'il contourne, et sur le méridien de laquelle il prend la direction de FO. S. O.
Dans le fleuve et au delà de la pointe Boolambemba, le courant suit la direction des rives.
II arrive encore que, dans leRio-Congo, on trouve un courant courant» inférieur» supérieur rapide et un courant inférieur dirigé en sens in- ®* supérieurs. verse *. Dans le cas où cette observation a été faite, le navire, étant en calme et se laissant dériver au courant, n'était en réalité entraîné qu'avec une vitesse de 1 mille à 1 mille 7â à l'heure, tandis que le courant supérieur paraissait en avoir une de 4 à 5 milles.
M. de la Gondamine cite un fait analogue. Le 28 août 1743, la marée se faisait sentir à Pauxis, situé a plus de 100 lieues de l'embouchure du fleuve de l'Amazone; les courants descendaient constamment; mais, cependant, le niveau des eaux s'élevait, ce qui n'est guère explicable que par l'existence d'un courant inférieur.
Mouillé à 10 milles sur le parallèle du Rio-Pongo de la côte des Bissagos, j'ai observé moi-même un fait semblable. Le courant supérieur portait toujours au N. O. d'après le loch, tandis que la profondeur de l'eau accusait selon la marée une variation régulière et graduelle dans le niveau ^.
Il n'existe pas à l'entrée du Rio-€ongo de mascaret ou de pororoca, bien que ce fleuve paraisse avoir à son entrée une barre, sur laquelle la profondeur est, suivant toutes les probabilités, de 36 mètres, comme le dit le capitaine Owen ^. A 13 milles du cap Padrâo, le plus grand fond que trouva cet officier fut de 81 mètres.
4 Captai n W. Owen , Narrative of Voyages to explore the Shores of Africa, etc.; volume II, page 290.
« Volume II du Manuel, chapitre X, page 96. *
^ Voir la note 1 ci-dessus. '
ii4 LE CONCO.
tas de marée ^ l*époqiie dcs syzygîes, on y trouve des ras de marée daiige'^ reux et qui font briser fortement une partie du banc de Mona- Mazea.
Descri tiondester- ^^"* avons déjà daus le chapitre précédent décrit les terres re» .de lembou- au N. dc lembouchure du Rio-Congo jusqu'à la pointe Boolam-
g». bemba. Nous avons aussi décrit le grand banc qui la prolonge
depuis Ja pointe Rouge jusqu'à cette pointe. Nous ne reviendrons pas sur celle description. Nous dirons seulement qu'entre la pointe Rouge et la pointe Boolambemba, on trouve sur la côte, an milieu de bois de palmiers, les villages de Ma-Camma et celui de Mona-Hazea, le premier à 17 milles Va» '^ second à 3 milles V2 delà pointe Boolambemba; puis, à 11 mille Vsde
Cri eDosMos i- '^ ^éme pointc, la crique ou la rivière Dos-Mosqnitos, signa- ^^ lée à sa rive droite par un bois remarquable, nommé bois des
Crique des Pirates. Fétichcs. Enfin, à 1 milIc ^/g au N. de cette même pointe, la crique ou la rivière des pirates, assez large à son embouchure ;: c'est sur la pointe de la rive gauche de ce cours d'eau qu'est le village de Mona-Mazea. A rentrée de ces deux criques qui souvent donnent asile à des négriers, on trouve 3" 6 d'eau. La crique Dos-Mosquiios est fort étroite et se bifurque peu après son embouchure.
Pointe Booiani- ^^ pointc Boolambcmba, nommée aussi par quelques navibeuiba gateurs Falhomless-Point (Pointe sans fond) , est une pointe basse présentant un bouquet d'arbres un peu plus élevés que ceux des environs ; il est situé à la partie Sud de la pointe. Au delà de la pointe, on voit les terres du Rio-Congo courir dans TE. I0<»N., basses, boisées et coupées par une infinité de criques ou de marigots.
Un peu dans l'intérieur, une rangée de collines court parallèlement à la côte depuis la pointe Rouge jusqu'à la pointe Boolambemba sur le méridien de laquelle elle se termine. Ces collines médiocrement élevées paraissent du large former la côte, qui est à leur pied garnie d'arbres épais. Quelques arbres détachés et clair-semés paraissent au sommet des collines dont nous venons de parler. Lorsqu'on relève au N. 66° E. la pointe Boolambemba et au S. 45» £. la pointe Shark, à 18 milles de distance de la première, la côte basse est à peine accusée par la ligne d'arbres ({ui la bordent et présentent çà et là des cou-
RÎO-CONGO. — CAP PADRAO.
il5
pures. Mais on voit très-distinctement à droite Ie$ collines de rintérieur se terminer par une pente arrondie et assez raide.
Plus au S., on aperçoit les terres basses et boisées de la rive gauche du fleuve, dont les arbres sont en partie noyés à cette distance ; puis» sur la droite, la pointe Shark facilement reconnaissable à ses grands palétuviers.
La pointe Shark^ comme nous l'avons dit, est Textrémité d'une sorte de presqu'île basse et couverte d'arbres, qui s'avance dans le TS* E.; de grands palétuviers forment un bouquet remarquable par leur hauteur , à l'extrémité de cette pointe.
Dans l'E. de la pointe Shark, la côte se creuse et présente une baie obstruée par des bancs sur lesquels on ne trouve que 2°^ 7 d'eau. Ces bancs laissent entre eux un chenal étroit qtii ddit son existence à plusieurs cours d'eau qui se jettent dans le fleuTe au fond de la baie, nommée baie de IHegos.
La pointe Shark est assez accore, et près de la plage sablonneuse étroite qui la contourne, on trouve 13 mètres, puis 46 mètres. Mais, un peu dans l'E. de son méridien, on trouve très-près de la plage sablonneuse 3°" 6, et, dans sa partie de l'E.^ 7 mètres et 9 mètres, en la rangeant de très-près. On peut en passer à Va àe mille et même à V4 de mille.
A 2 milles 2/3 dans le S. 65° 0. de la pointe Shark, la côte forme une légère saillie arrondie, couverte d'arbres élevés, qu'on appelle pointe delà Tortue, et à 3 milles dans le S. 50° 0. de cette pointe est le cap Padrâo.
Vu du N. à la distance de 7 milles, ce cap offre l'aspect d'une falaise coupée verticalement. Cette falaise fait suite à une plage, au-dessus de laquelle on aperçoit des bois. La falaise qui forme le cap s'élève assez rapidement par une pente arrondie ; son sommet est couvert d'une végétation rabougrie, qui paraît formée par des herbes et quelques broussailles. La teinte de la falaise est remarquable par sa nuance rosée plutôt que rouge.
Les terres du cap Padrâo sont peu élevées, et la mer bat le pied de la falaise. Toute la côte est saine dans cette partie, et l'on pourra la prolonger par des fonds de 18 ou|de 23 mètres.
Pointe SharV.
Lat. S. 6» 4' 6".
Long. E. 9® 52' 6^*.
Var. N. 0. 24<»47*.
Baie de Diegos.
Fointo de la Tor> tue.
Gap Fadrflo.
ii6
Routes pour couper le courant du Rio- (lona[o en venant
du N.
Première route.
Quand on est en vue du cap Padrào en venant du S., on re^ connaît dans le N. N. E. les terres de la rive droite da fleuve. On croit souvent de loin y voir une ville et des maisons bâties en amphithéâtre; c'est une illusioâ occasionnée par un amas de roches bouleversées, qui offre cet aspect trompeur^. Du cap Padrâo, les terres vont en s'abaissaot jusqu'à la pointe Sbark.
Entre la pointe Boolambemba et la pointe Shark, rentrée du Rio-Congo se dessine bien, et présente, comme nous Favons dit, une largeur de 7 milles Vt* I^ i*î^e droite du fleuve se dirige alors au N. 80^ E. formant à la pointe Boolambemba un coude assez brusque, tandis que la rive gauche se creuse fégèrementen arc de cercle.
En s'approchant de Tune ou de Tautre rive, les fonds varieront de 1 1 à 14 mètres, sauf près de la pointe Boolanobemba, 011 Ton n'a pas de fond à 186 mètres à la distance de Vs de mille.
Dans le milieu du canal, on ne trouve pas de fond à 150 mètres, à Tembouchure du fleuve et sur une étendue de 25 milles environ de son cours intérieur. Geue circonstance en rend la navigation assez difficile et méo^e quelquefois dangereuse.
Il sera donc toujours prudent de prendre àCabenda ou ailleurs un pilote local, pour entrer dans le Rio-Gongo.
Lorsqu'on veut pénétrer dans le Rio-Gongo, il faut, de quelque côté qu'on vienne, ranger nécessairement la rive gauche du fleuve à petite distance. Si donc on arrive par le N., il faudra traverser le lit du fleuve. Kous allons par suite indiquer de quelle manière il faudra tenter ce passage pour n'être pas rejeté au large par le courant.
Lorsqu'on vient du N. et du large, il suffira, pour traverser le courant du Rio-Gongo, d'avoir une brise fraîche et bien établie du S. O. ou de 1*0. S. 0. Quand nous parlons du large, nous supposons qu'on est à 150 ou à 200 milles de la côte ; à cette distance on prétend que le courant du Rio-Gongo atteint encore à certaines époques une vitesse de 2 oude 3 milles. On ignore à quelle distance ce courant, dirigé ordinairement au N. 0. et au N. N. O., se fond dans le courant atlantiqtie
* Le commandant Le Lieur de ViWc-sup-Arre ; Description de la côte d'Afrique, du cap Lopex à San-Paolo-de-fAtando.